‹ De la félicité publique; ou, Considerations sur le sort des hommes dans les différentes epoques de l'histoireChapitre 13 sur 49 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De l'influence du gouyemement romain sur le bonheur du peuple^ et quelle a été la condition humaine parmi les Romains jusqu'au temps de César.

Le titre de ce chapitre annonce suffisamment que ce ne sont plus les conquêtes des Romains , ni même leurs vertus héroïques qui vont nous occuper. Ce peuple était-il heureux? faisait-il bon vivre à Rome? Telle est la question que nous devons résoudre, comme si nous étions à la place de Lucumon ou d'Appius, lorsque ces deux étrangers vinrent s'établir dans cette ville.

Il est inutile de dire que nous n'examinerons point cette question relativement aux passions et aux habitudes de nos contemporains. Quand il serait prouvé que le sort des Romains ne paraîtrait pas digne d'envie aux Français ou aux Anglais , il ne serait pas démontré pour cela qu'il fût malheureux en lui-même. En effet, quelque penchant que nous ayons à tout rapporter à nos propres idées, nous sommes habitués, de longue main, à admettre quelques suppositions , d'après lesquelles nous consentons que notre âme soit modifiée. C'est ainsi qu'un spectateur philosophe et tolérant partage souvent les fureurs de Séide ou l'enthousiasme de Polyeucte. Mais il y a plus : il y a certaines gêné-

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