CHAPITRE II
Conmencement da christianisme. État politique et moral du paganîjme lors de l'établissement de la religion chrétienne.
Mais ce n'était pas assez de ces affreuses convuL sions qui ébranlaient le système politique du monde ,
de Scythie qui fut établi dans la Thrace. Les Gëdines^ les Vandales et les Francs ne purent être fixés y et continuèrent à exercer leurs brigandages dans les endroits où on les avait établis. Il fallut les détruire par les armes. Dioclétien transporta en Pannonie les nations des Carpathiens qui habitaient près du Pont-Euxin , et Constance Chlore fit passer les Bataves dans les proirinces de la Gaule les plus dépeu> plées. Quant à la manière dont on faisait la guerre à ces Barbares, on peut en juger pa^ un trait rapporté parVopiseus , qui nous apprend que l'empereur Probus y non content d'avoir tué dans une bataille quatre cent mille Barbares^ tant Bourguignons que Francs et Germions , mit à prix la tète de ceux qui restaient encore , promettant une pièce d'or à chaque soldat qui lui' en apporterait une. C'est avec bien de la satisfaction que j'opposerai à ces ordres cruels ce que j'ai vu- pratiquer- dans la dernière guerre. Quelques commandans de troupes légères , voulant épargner le sang,, imaginèrent de mettre l'avarice aux prises avec la cruauté , et instituèrent un prix pour tout soldat qui amener^ait un prisonnier sain et sauf. Tel est le progrès des mœurs et de la philosophie , que de nos jours on voit moins de cruautés en temps de guerre que les anciens n'en exerçaient en temps de paix».
solitaire ne fut pas plus trai que le soldat effréné ou le eu époque dans Thistoire que ce.
la fois la décadence de Tempî du paganisme ; qui introduit Si nouveaux peuples et un culte r une nouvelle religion! car in alléguer que le christianisme, mier dogme Funité de Dieu , tement de la foi des Israélites son origine aussi haut que le c le mystère de la rédemption , future, son culte , ses précepte déclare un ordre nouveau d tuelles ; tout caractérise une r tème religieux.
Mais de quelque façon qu^oi objet, il n'en est qu'une que permettre ; c'est cellft nnî «ir»*-
PUBLIQUE. CH. II. 'i^'n
nerons aux théologiens ce qui est incontestablement de leur domaine, et nous ne nous occuperons que de rinfluence de la religion chrétienne sur le bonheur des hommes , dans cette vie seulement. C'est en conséquence de ce principe , qu'obligés par la suite de nos réflexions de développer l'origine et les progrès du christianisme, nous ne parlerons qu des moyens humains dont la Providence s'est servie moyens souvent avoués pai* les pères de l'église, les seuls qui soient soumis à la discussion , pui qu'il est impossible aux hommes de suivre les ^ de Dieu dans les choses surnaturelles , et qu'i Aussi difficile à notre faible raison de savoir d ^uoi il change quelquefois l'ordre de la n; ^}ie d'expliquer pourquoi il ne le change r souvent, ni d'une manière plus propre à na aux fins que nous lui supposons. D'ailleur le cours de cet ouvrage nous n'avons jair ton de la confiance qui enseigne, mais < critique qui doute et qui discute , à con forte raison devons-nous conserve) t tion dans une matière où nous ne e
ployer que les lumières de l'histoire : flexion !
Lorsque les hommes ont médité s ;< révolution du monde moral, deux les frapper particulièrement; la de ancienne religion, et l'établissement ou plutôt ces deux objets se confoi
ciens , les Égyptiens, les Grecs avaient chacun des idées diffei ture et Torigine des dieux qi devait leur rendre. Nulle relat port même entre les noms des vaient seulement pas se traduit une autre. Jetez un regard si anciennes, et cherchez à forn sur Thaut, Birmah ou Bramai Zeus j Jupiter , Odin , etc» un s
' Païen ^ de pagus, village r par chrétiens ayant banni les idolâtres c furent obligés de se retirer dans les Constantin chassa de ses troupes toui chrétiens , et les renvoya dans leur» ' explications n'est satisfaisante. La p toire fait mention des gentils sous le sous le règne de Valentinien, Tan de J< Gothofredus de Statu Paganorum «-«^
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toutes les opinions et qui fasse un point de réunion contre une religion nouvelle. Nous le trouverons , dlrez-vous , et c'est le polythéisme. Mais il s'en faut bien que nous nous contentions de cette réponse ; car nous vous demanderons ce que vous entendez par religion : si c'est l'opinion répandue dans le peuple , nous vous répondrons que parmi les hommes simples et ignorans , toute opinion dégénère en superstition, et tout culte en idolâtrie : etmalheureusèment sur cet article les chrétiens mêmes auraient Bien peu d'avantage sur les païens; car si vous consultiez toute l'Amérique méridionale et quelques nations situées au nord et au sud de l'Europe ' , 'VOUS trouveriez que leurs notions sur la Trinité , la Vierge et les saints, les anges et les démons, ne s éloignent guère de l'idolâtrie. Si vous pensez , au contraire , que dans tous les temps et dans toutes les religions il faut rejeter les idées du vulgaire , vous verrez que parmi les anciens , les prêtres rapportaient toute leur doctrine au déisme , compie toute leur morale à la politique. On sait que le dogme d'un seul Dieu était ta première vérité révélée dans les mystères d'Eleusis. Lactance assure qu'Alexandre l'avait apprise de la bouche de l'hiérophante; et il ne faut avoir qu'une très légère connaissance de l'antiquité pour savoir que cette croyance était la base de toute
' Les Russes ont encore de petites idoles à qui ils rendent le même culte que les païens rendaient à leurs dieux Pénates.
voudrait chercher lepolytht quesnuagesquUs aient env nature des choses et sur les g assurer qu'il n'a pas existé uni eussent rien de commun avec Nous ne nous arrêterons ) de solidité' d'un édifice dont symétrique I et ne correspond La religion païenne , méprisé nistres , décriée par les philos< souvent par le peuple, ne poU racines, ni former un corps renverser. Cependant il est îi en doute le crédit qu'elle a c temps. Il faut donc , pour en n à une cause plus éloignée ; c démontrer avec M. Hume qu première religion qui ait dû gi*ossiers : ce n'*»** —
PUBLIQUE. CH. IL 5t35
polis; et de Tautre, qu^il est prouvé que ses pratiques ont été quelquefois pénibles et cruelles. Il faut donc porter nos regards plus loin , et nous trouverons dans la politique la véritable cause de la longue durée du polythéisme.
En général, si Ton veut comprendre quelque chose à Tantiquîté , il ne faut pas perdre de vue deux faits importans : c'est que l'Asie a été le berceau des sciences, et la Grèce celui de la poésie. De cette seule considération mille conséquences découlent naturellement. Les poètes, c'est-à-dire \es faiseurs \ les premiers d'entre les Grecs qui aient su quelque chose , ont arrangé de leur mieux ce qu'ils avaient pu retenir des idées phéniciennes et égyptiennes sur 1 origine du monde et la génération des dieux ; mais c^ faiseurs ^ fidèles à leur nom et à leur métier, forgeaient beaucoup de fables nouvelles qu'ils mêlaient aux anciennes, et s'efTorçaient surtout de donner le change sur l'origine des Grecs ; origine qu'ils rougissaient de devoir à des marchands ou à des peuples esclaves. Parmi ce^ faiseurs^ Homère obtint bientôt le premier rang. Il eomposa tant de contes, parla de tant de choses, que ses livres, sem-
' Poète, de vtuf^ faire , fabriquer^ composer y etc. On ne prétend pas nier ici que la poésie ne vienne de plus loin, et que les Grecs ne l'aient tenue des Phéniciens; mais on veut parler d'une poésie régulière , devenue le langage des prêtres et des législateurs, et le premier amusement du peuple.
a36 DE LA FÉLICITÉ
blables en cela à TAlcoran , suffisaient seuls pomi fonder une religion. Cependant Torade de Delphes , autre Jaiseur qui faisait en vers hexamètres, et Lycurgue ^\faisaU des lois métriques , soit-disant dictées par Apollon, mais qu'il avait volées aux Cretois ' , Hésiode et tant d^auti*es commencènent a former d'un très petit nombre de connaissances acquises, et d'un grand nombre de conjectures ingénieuses/un échafaudage monstrueux et gigantesque. De tous ces poèmes et de tous ces oracles se composa un langage particulier appelé /tAv9or> par opposition à Kfiyiî'i qui était le langage du raisonnement, et qui ne fut mis en usage que long-temps après. Mais pendant des siècles. entiers le fcJSor avait prévalu; et comme les poètes n'avaient pas manqué de traiter les objets les plus intéressans, comme l'origine des républiques ^ les principes de la législation, les droits des magistrats, les limites des états , etc. la poésie ou la fable, ou si Ton veut , la religion de vint pour ainsi dire le recueil général des. archiver et les titres de noblesse des républiques. De là Tobil gation de lier la politique à la religion; de là la né cessité de conserver les dogmes et les rites. Les ora clés avaient souvent décidé sur les droits des états ; le poètes même avaient fait autorité " : le moyen aprè
' Rethra ou oracle. C'était ainsi qu'on appelait les loi de Lycurgue. Il prétendait les tenir de la bouche d'ApoUoc qui lui parlait à son ordinaire en style mesuré.
* Deux vers d'Homère décidèrent une contestation enti
PUBLIQUE. CH. IL a37
cela de révoquer en doute les oracles , et de manquer de respect à Homère !
Saint Augustin ' rapporte une très belle définition de Varron, dans laquelle cet auteur divise la théologie en trois genres : \e fabuleux y (/.vStKov, le physique ou le naturel , et le civil ou le légal. Le premier contient les fables , la métamorphose , etc. Le second, qui traite de la nature des dieux et des choses , ne s'enseigne que dans les écoles. Le troisième, qui n'est que le rituel des fêtes ou des sacrifices, est confié au sacerdoce. Varron dit que de ces trois genres de théologie , le premier et le dernier Sont les scuk qui puissent être abandonnés au peuple : Prima y inquit , theologia maxime accommodata estadtheainuriy secunda ad mundum («), tertia ad urbem. Mais cette théologie fabuleuse que Varron annexe particulièrement au théâtre , avait une liaison intime ^vec la tliéologie civile , et elles ne manquaient pas <le se réunir contre la théologie naturelle , qui était W plus grande ennemie. Malheureusement celle-ci négligea pendant long-temps les seules armes qu'elle pouvait employer avec succès, l'observation et l'expérience. Elle eut même la faiblesse d'emprunter souvent à la première son langage , et à l'autre son im-
deux républiques qui se disputaient le droit de métropole sur une colonie.
■ De Civitate Deiy lib. vi , cap. 6.
{a) Varron ne se servait point de ce mot mundum pour exprimer ce qu'entend Auguste,
posture et ses mysieres. ties irois systèmes reaj les uns sur les autres, de manière que la relig£o^ devint allégorique , et la philosophie superstitie»5^^ Mais tandis que le commerce des nations, les yoyih ges y les conquêtes multipliaient les objets du cuite par l'adoption des rites étrangers, la curiosité, Témulation, la subtilité mukipliaîent les sectes et les écoles. Que pouvait-il arriver de là, sinon le discrédit dans lequel tombèrent à la fois la philosophie et la religion ? L'extravagance d'adorer toutes sortes de divinités , depw« le grand Jupiter jusqu'au cheu Oe* piius (^} , et de sdutenii* tantes sortes d'opinions depuis le dogmatisme le plus tranchant jusqu'au pyrrhonisme le plus décidé^ plaç^ bientôt au mène rang les prêtres et les sophistes, et parvint enfin à inspirer le sentiment qu'ils redoutent le plus dans les grands , celui de l'indififérenoe.
Au milieu de ces désastres , il restait encore deux grands appuis à la religion ; la vanité dans le peuple, et la politique parmi les magistrats. La Grèce était le berceau des dieux : tout y paraissait rempli de leur présence ; les jeux olympiques et îsthmiques, les panathénées, toutes ces fêtes magnifiques, particulières à chaque cité ;i tant d'oracles accrédités qui avaient promis à la Grèce une splendeur éternelle; quels objets pour un peuple confiant et frivole ! Par malheur , tandis que les Grecs s'occupaient de leur gloire actuelle et de leur grandeur future, un homme
{ù) Ah ! l'on n'adorait pas de même Jupiter et un pet.
de Macédoine , pour me servir de l'expression de DéiDOsthène, vint dérangef toutes leurs idées (c), en insultant à leur législation dont ils ne se souciaient ^re j et en troublant leurs fêtes dont ils étaient idolâtres. A cet homme de Macédoine , il en succéda tu autre du même pays , qui détruisit et fonda la tyrannie , qui renversa une ancienne monarchie , et donna origine à de nouvelles dynasties , toutes guerrières, toutes féroces , sous lesquelles les dieux , les prêtres, les philosophes et les peuples gémirent dans l'oppression.
Ce n^était rien encore, et il restait toujours quel- <{ue chose de ces deux théologies civiles et dramatiques , accommodcUœ ad urbem , adtheatrum. Mais voilà qu'un peuple très mauvais théologien, mais très bon guerrier , vient renverser les successeurs de l'homme de Macédoine, traite comme de vils esclaves les descendans des dieux , des héros et des poètes. Alors toute attente fut trompée , toute prophétie démentie.... La religion perdit donc tout son crédit (^, et s'il en resta quelque vestige, ce fut cette partie qui était destinée au tliéâtre , et qui ne dût sa conservation qu'à l'heureuse alliance qu'elle avait contractée depuis long -temps avec les muses et les beaux-arts.
Il semble , au premier coup d'œil , que les Romains étaient assez puissans pour donner la loi à tout l'uni-
(c) Non , la religion subsista,
{d) Non , les Romains étaient très religieux.
a4o DE LA FÉLICITÉ
vers, même en matière d'opinion*; mais , qu'on me pardonne ce paradoxe , ils n'étaient ni assez savans ni assez ignorans pour fonder une religion. Leun propres dogmes ne leur appartenaient pas , et ne pouvaient former un corps de doctrine. Leurs premières notions de ce genre venaient des Étrusques, peuple très adonné à la divination : aussi la première trace de religion qu'on voie parmi eux , c'est l'usage des auspices établi par Romulus \ Numa, qui était Sabin d'origine, et qui était plus instruit que les Romains, jugea que s'ils avaient pu assassiner un prince guerrier , fondateur de l'empire , ces hommes féroces avaient besoin d'être trompés pour être ré^ duits. Il appela donc la superstition au secours d^ l'autorité ; mais il établit plus de cérémonies qu'il n'en^ seigna de dogmes («)• En général, ce fut le plus doux des charlatans , et sa mémoire mérita les hommages de la postérité. Peu à peu les relations s'étendirent: d'un côté , le commerce avec les colonies grecques; et, de l'autre , l'établissement des Tarquins , ne pouvait manquer tl'accréditer quelques opinions nouvelles. On chercha à concilier ces notions grossières avec les idées plus raffinées des peuples de la Grèce;
' On Ht dans Valère-Maxime ( Lir. i , chap. i ) que longtemps après la mort de Romulus , la république étant déjà florissante , elle envoya en Étrurîe dix jeunes gens des premières familles de Rome pour s'instruire des rites de leur religion. Voyez le même fait dans Cicéron, de Divinaùone,
(e) Et fit bien.
mais les noms , mais les rites qui restèrent les mêmes, déposèrent toujours de la différence essentielle qui existait entre ces opinions et les dogmes primitifs '• Cicéron veut que le mot Jupiter vienne de Juvare aider *, secourir ; et effectivement lorsque nous voyons des autels avec ces inscriptions : Jovi statorij Jof/i feretrioy il paraît que cela veut dire seulement, au pouvoir secourable qui arrêta les ennemis ^ au pou* voirsecourable qui les a frappés. Il est bien sûr aussi que toute l'histoire du Mars Romain n'a nul rapport avec celle de l'^/ièj Grec, Flore même est une divinité toute romaine. Lactance prétend ^ qu'elle doit son origine à une courtisane qui, ayant gagné beau* coup d'argent, laissa par son testament Une somme considérable destinée à des jeux publics qu'on devait célébrer annuellement en sa mémoire. Cet auteur ajoute qu'au bout de quelque temps, le sénat humilié de rendre hommage à une femme prostituée, imagina d'en faire la déesse des fleurs. Il est inutile de raconter ici comment les Romains , peu contens
' Qnel rapport y a-t-il entre Hhronos , Zctos, Ares, Hermès, Poséidon; et Saturne, Jupiter, Mars, Mercure , Neptune ?
* Quelqne»-uns veulent que le mot de Jupiter vienne de Yao Pater y Jehova Pater; mais cette alliance du mot grec Pater avec le mot hébreu Jehova (/) ne me parait pas trop naturelle.
' Irutit, lib. IV , cap. lo.
(/ ) JmIiova n'est point hébreu, TOMX I. ï^
qu'on ne reconnût la trist tait Esculape. Mais ce qu*^ server , c'est qu'à Rome la i resta toujours entre les n servit d'égide contre les en peuple qu'ils opprimaient.
Nous avons déjà vu plus miers siècles de la républic les auspices marquait la d existait entre la noblesse et toire romaine dépose de la pour tous ceux qui devaien magistratures ; et je pourra pies de consuls qui ont abam qu'il avait manqué quelque ration. Tout le monde coni rangues rapportées par Tit camasse , où ces auteurs on principes sur lesquels les pour exclure les plébéiens saient les Annîn* ^» '
^ PUBLIQUE. CH. IL a43
chez les Romains entre le gouvernement et la religion, et surtout entre la religion et l'aristocratie. Aussi ne craignons-nous pas d'avancer que les efforts du peuple frappèrent également sur l'une et sur l'autre, et que de même que Jacques P' avait coutume de dire : Point d^éi^êquesy point de roi y on pouvait dire à Rome : Plws de nobles y plus de religion. ' (g)
La démocratie, ébranlée un moment par Sylla, acquit toujours de nouvelles forces , jusqu'à ce quêtant dégénérée en anarchie, la licence de tous
^ ' Lorsque le peuple eut commencé à secouer les chaînes
qne les patriciens lui avaient imposées , ceux-ci se servirent avantageusement de la religion pour conserver leur crédit. I4 mojen qu'ils employaient le plus fréquemment était de rompre les assemblées , lorsqu'ils prévoyaient qu'elles leur seraient contraires; et pour y parvenir, il leur suffisait de publier que ce jour-là était un jour consacré {Ne/astus, de ne/as, suivant Yarron) : ce qu'ils pouvaient faire d'autant plus aisément y que le peuple étant dans la plus profonde ignorance y eux seuls avaient quelque connaissance du calendrier. Aussi furent-ils très affligés lorsque Cnéius Flavius, fils d'un affinmchiy publia celui qu'il avait trouvé dans les papiers d'Appius Caecus , dont il était secrétaire ; ce qui lui valut l'édilité. Voyez Pline, L. xxxiii; Macrobe , Sat. L. x, C. XV ; et Yalère-Maxime , L. 11 , qui se sert de ces expressions remarquables : fus cmle per multa sœcula , inter sacra ceremoniasque Deorum immortalium abditum , solisque pontificibus notum , etc,
(^) Subtil et faux. C'était le peuple qui était religieux; et on le menait par le licou qu'il s'était formé.
à44 b^ LA PtLlCtTÈ
fit le despotisme d'un seul. Mais il ne faut pas perdre de vue une vérité très importante ; c'est que le peuple ne fait jamais de despote qu'en haine des grands qui le tyrannisent. Nous en avons même un exemple très récent en Danemarck % où le peuple s'est donné lin despote avec le même enthousiasme qui animait les Romains lors de l'expulsion des rois : aussi, pour X peu qu'on étudie l'histoire romaine, il est aisé de
s'apercevoir que les empereurs les plus décriés, tels que les Caligula, les Néron, les Commode, avaient conservé quelque faveur parmi le peuple, par cela seul qu'ils méprisaient le sénat et maltraitaient la noblesse. Mais il ne fallait être ni Caligula , ni Néron , mais seulement un prince politique , pour sentir qtie le peuple, devenu plus vil de joiu* en jour, pouvait être aisément gagné par des distributions et des spectacles; au lieu que les dernières traces du gouvernement subsistaient encore dans le sénat et dans le petit nombre de nobles qui restait de ces femilles illustres, antiques objets de la vénération publique. Or, nous avons fait voir l'union intime qui régnait deipuis long-temps entre l'aristocratie et la religion. D'ailleurs, tout ce qui est ancien, tout ce qui obtient une considération particulière et indépendante, porte aux yeux des despotes un caractère de pédanterie qui les importune (4). Ce fut donc
' En 1660.
(à) Quelle idée! Les empereurs méprisaient la religion
PUBLIQUE. CH. II. a45
^r goût, autant que par politique, que les empereurs laissèrent tomber en discrédit toutes les opinions religieuses ' ; et, malheureusement pour elles, famù te petit nombre de bons princes qui régnèrent depuis Auguste, il ne se trouva que des philosophes trop vertueux pour être exposés à la crainte el au repentir , alimens ordinaires de la supersti- I, lion, el trop éclairés pour prêter a des sottises l'cclat qui rejaillit du trône. Ce fut bie» pis, lorsqu'à des princes, à peine citoyens romains, et par conséquent très indifTérens sur la noblesse, on vit succéder étrangers, lorsque les principaux emplois, civil; [ militaires , furent livrés à des Barbares qui n'avai pu lu Homère, et qui n'avaient jamais ent< pirierni de Mercure ni d'Apollon. Ces homme rocrfi qui étaient accoutumés à adorer leur diei la forme d'un loup, et qui ne révéraient que 1 àe la montagne ou le Génie des tempêtes , ■ ''lient précisément dans le cas des sauvages cl rique, que le plus ignorant de nos laissi convertit par milliers. Pleins de mi Romains , ils reje'»'''^! leurs dieux, dom
tomme yarroit , Cicêron , HorUnsias , Lucrèce, Cèmr, Antoine, Crassm , Pompée, fie. la mrpi^ re, qui, par la politique, porta les a l'.-iiitoritë du sénat, parait avoir él<; ■t des superstitioiu de son paji qu'il trgui potïsme.
a46 DE LA FÉLICITÉ
prenaient pas Thistoire, et dont ils bravaient la puissance.
C'était le temps où la religion chrétienne commençait à s'étendre. Ses membres plus dispersés et plus zélés , toujours animés par Tesprit de prosélytisme , e% souvent irrités par la persécution, enseignant d'ailleurs une doctrine très opposée au mépris que les Romains et les Grecs montraient pour les Barbares ; les chrétiens , dis-je , durent se présenter à ceux-ci sous un aspect plus favorable ; et la simplicité de leurs dogmes (car nous verrons plus bas que rien n'était plus simple que ceux qui furent enseignés par les apôtres et leurs successeurs) se trouva bien plus à la portée de ces âmes simples et droites, qui n'avaient encore été ni infectées de superstitions , ni subtilisées par une vaine dialectique.
Résumons donc , et concluons que la Grèce fîit ta patrie du paganisme; que toutes les idées religieuses établies dans ce pays, et liées à la politique, furent renversées par les conquêtes des Romains; que le gouvei*nement de ceux-ci étant devenu d'aristocratique démocratique, et de démocratique monarchique , la religion, qui était le soutien de l'aristocratie, dut tomber avec elle; enfin que les invasions des Barbares achevèrent de détruire ce qui restait ^es opinions anciennes.
PUBLIQUE. CH. III. a47
CHA>ITRE III.
De l'établissement du christianisme.
^ovs ne saurions trop répéter ce que nous avons (lit plus haut , c'est que nous nous sommes fait une loi de n'examiner dans les progrès du christianisme ^ueles moyens humains ou natui^ls; moyens dont les théologiens même ne peuvent nier l'importance; en effet, si la Providence avait voulu établir son culte sur les miracles * , il lui aurait suffi d'opérer a Rome une petite partie de ceux dont les Juifs furent seuls témoins (a) ; ou même de donner à ceuxlà une telle authenticité , qu'il eût été impossible de
' Origène , dans sa défense contre Celse , accorde à la philosophie païenne que plusieurs miracles ont pu être opérés par magie ; et la seule règle qu'il donne pour distinguer ceux qui viennent du ciel y c'est la morale , la doctrine et l<^s mœurs de ceux qui les opèrent. Personne n'ignore les prodiges enfantés par les magiciens de Pharaon ; et l'on sait ^Qssi que lorsque les païens voulurent opposer les miracles ^'Apollonius de Tyane à ceux de Jésus-Christ , les chrétiens , pour répondre à cette objection , se contentèrent de faire ^ critique de la vie et du caractère de ce philosophe ,. parce ^tt'il importait peu , selon eux y quels miracles il pouvait opérer, s'il était certain que sa doctrine et sa conduite ne
rapports politiques et par i social, comme c^est particul Ici nous avons encore à n resse de Tesprit humain, de inappliqué , qui craint plutôt l'instruction , et qui se conte quelques points principaux su puyer son opinion vacillante. I l voyageurs, qui, du haut d'um
i yeux sur une vaste plaine,
tours , quelques clochers , et s'< < avoir connu le pays. Nous savo
donné son nom à la religion qi I d'hui tous ceux qu'on nomme
\ croyons qu'aussitôt après Jésus
' religion chrétienne. En même
sion qui règne entre les chré les Juifs, nous fait supposer q ment il y eut une scission très très déclarée entre les deux re opinions ne s'accordent nas »^
PUBLIQUE. CH. III. i\i)
fondirent long-temps les Juifs avec les chrétiens W. Je n'en citerai pour exemple que le passage de Suétone, oii cet auteur, racontant les choses louables que Claudius avait faites au commencement de son règne , dit qu'il chassa de Rome les Juifs qui se révoltaient continuellement, a/2/>w^j/?ar Christ '. Or, Suétone écrivait sous Trajan, c'est-à-dire plus de cent ans après Jésus-Christ. Il est vrai que Tacite,, qui vivait dans le même temps , se sert du mot de chrétiens , lorsqu'il nous apprend que Néron (<0 voulut faire tomber sur eux le soupçon généralement répandu qu'il avait lui-même mis le feu à la ville de Rome ; mais il n'en parle que comme d'une société de sectaires sortie de la Judée : repressaque in prœsens exitiabilis supers titio rursus cnimpebat y ^on modo per Judœam , originem ejus maliy etc. I-es chrétiens eux-mêmes ne se donnèrent pas d'abord ce nom respectable * ; ils s'intitulaient les uns Jes-
(c) Oui, mais les Juifs distinguaient très bien les partisans ^Jésu, et les détestaient,
' Judœos assicluè rebellantes incitante Chresto ab urbe ^pulit. Dion parle d'un Acilius Glabrio , qui , sous le règne ^t Domitien , fut accusé d'athéisme pour s'être fait juif. Bingham prétend que c'est clircticn qu'il faut entendre. Voyez Antiquities of the church , liv. i, chap. 1 1.
(rf) Ce fut le peuple , et non pas Néron , qui accusa les chrétiens de rinceneù'e de Rome , comme les protestans accu-
aSo DE LA FÉLICITÉ
séens, de Jessé^ père de David y ou plutôt de Jésus leur maître) les autres Thérapeutes; les autres, Fidèles y Croyans y Élus *> Contemplatif s y, etc.; quelques-uns, Pisciculi y petits poissons , soit parce qu'ils étaient engendrés ou régénérés par les eaux du baptême , soit à cause des lettres initiales de ces mots, Ifiviç Xfnaloç ©«£ Tiiç 2«7»p. Jesus^Christus ,, Dei filius y ServaXory qui forment en grec le mot IKOTS) qui veut dîiTe poisson. Quelques-uns même^ consentaient à passer pour une secte de philosophes , comme on peut le voir par ces paroles de Meliton , dans son traité de Pascha : Hœc enim philosophiœ secta quam profîtemur apud Barbares viguit *. D'ailleurs comme ils n'avaient point de temple , ni de culte public , il était naturel qu'on les regardât plutôt comme de simples sectaires que comme les apôtres d'une nouvelle religion. M. Grevier remarque avec raison ^ qu'avant la persécution de Maximien, c'est-à-dire environ deux cent quarante ans après Jésus-Christ , l'histoire ne fait aucune mention
nouveaux convertis , prirent le nom de chrétiens à Antioche dès le temps des apôtres. Mais il parait que cette appellation n'a passé en usage que long'-temps après.
' ff-i^#}, tnXî^ùy ytêo^ticêi. Voyez Binghamy Antiqidiies qf the church,
* €ette secte de philosophie que nous suivons a commencé à s'accréditer chez les Barbares. Voyez Eusèbe, HisL eccL Liv. iv.
^ Hist, des Emp, tome y , page 1 1 1 .
PUBLIQUE. CH. III. 2ji
([a€ les chrétiens eussent des églises. Amobe, auteur du ti*oi$ième siècle , dit positivement : a Nous n'éle* « vous point d'autels , i^ous n'offrons point d'en-^ c cens ' ; » et un peu plus bas , « Ceux-là ne croient t point aux dieux qui croient qu'ils habitent dans «les temples, qu'on doit leur offrir de l'encens, et « honorer leurs images. » J'ajouterai que si ua em-» pereur aussi instruit , aussi occupé de ses devoirs que l'était Trajan, n'avait aucune connaissance détaillée des opinions chrétiennes, et si les historiens n'en font presque aucune mention jusqu'au règne de Constantin , il en faut conclure, ou qu'elles ont été très peu répandues dans leur principe , ou qu'on ne leur donna point alors l'importance qu'elles' mé- ^ niaient. («)
D'un autre côté , si nous examinons avec attention les ouvrages des pères de l'Église , ou des auteurs consacrés par elle , tels qu'Origène, Eusèbe, Arnobe, TertuUien, Minucius Félix, etc. nous verrons que la séparation des chrétiens et des Juifs ne s'est pas faite aussi promptement que quelques personnes se le sont figuré. Il paraît , à la vérité , par les Jcles des Apôtres , que la prédication de saint Paul et la conversion des Gentils donna naissance à un christianisme plus pur et plus dégagé des observations
' « Non altaria fabricamus y non caesomm sanguinem ani- « mantium damas, non thura , etc. » Lib. vi , adversus Genter
[e) Il eûi été difficUe de connaître la religion chrétienne; elle n'étint pas faite.
a5a DE LA FÉLICITÉ
judaïques ; maïs saint Pierre y resta long-temps attaché j et l'Eglise de Jérusalem les^ conserva avec taiK d'obstination, qu'Eusèbe dit positivement qu'il y eut dans cette ville une succession de quinze évêques circoncis ' (/). L'Église ou ta congrégation • de Jérusalem n'avait donc pas renoncé à la loi de Moïse , quoiqu'elle eût admis la prédication de Jésus-CIirist : il y a même toute apparence que les Juife étant éta^ blis depuis long-temps à Rome conservèrent beaucoup d'influence sur le christianisme naissant. C'est ce qu'on peut voir par la lettre attribuée à saint Clément , pape , que quelques auteurs supposent écrite avant la prise de Jérusalem. Cette lettre ne traite en ' aucune manière des dogmes enseignés par Jésus- Christ, excepté celui de la résurrection qui était connu antérieurement chez les Juifs {g) : encore l'appuie-t- elle de l'exemple du phénix, qui semblé appartenir de plus près à la fable,, qu'à PÉvangile (A). L'objet principal de saint Clément est la discipline
* Voyez Hist, eccL Liv. rv, chap. v.
{J^ Ces évéques étaient comme l'évéque d'Utrecht , comme les évéques latins en Turquie, obscurs ^ cachés, pauvres sectaires,
* Église vient du mot grec '"Ewi^ji^im, qui veat dire assem" hlée , congrégation,
(g) Très vrai. Les Pharisiens en disputaient contre Iç^ Sadducéens,
ift) Clément dit qu'il doutait beaucoup de l'immortalité de l'âme.
■ PUBLIQUE. CH. III. aSÏ
tcclésiflstique , laquelle avait été troublée à Corinthâ pïrune sédition parmi les fidèles : il y enseigne avec laacoup de force et beaucoup d'étendue la subordiaition hiérarchique; mais il se fonde toujours sur die qui est établie à Jérusalem : Le grand-prétre, dit-il , les sacri/ictueurs , les lévites ont leurs Joncthiis; le laïque esl obligé de suivre les préceptes qui ki conviennent , etc. On n'ojj're pas partout la sacrifice perpétuel , ni celui pour les vœux et les péchés, mais à Jérusalem seulement. ' (i)
Ces passages prouvent manifestement l'union premiers chrétiens d'Italie avec la métropole du ju daisme et le temple de Jérusalem ( ). Plus d'un sii
' On trouve aussi lians celle lellre Ip» Danaîdes el filés comme des victime» des soupçons et de la jal Uni vrai qu'il est difficile d'enlcndrc ce passage, ctlt'Ml pai sans raison qne Junius l'a soupçonna: d'iti ladan. Selon lui, ce paisage a été transporte des . it uini Clément d'AlcMndrie. Quoi qu'il en sr-' louJDun qu'un des deux saint Clémenl ait donne 'uplai absurdes la même foi qu'aux dogmes ili t&rétienne, erreur qui doit parature .itseiE liMJqne part qu'elle vienne. Voyez Patre^ ,. Wlere, Tom. i. pag- i5i.
t'eiemple du phùnix allégué en faveur di K trouve aussi dans lei Constitutions apo'
est fort i miiù cela prouve sculeme.
isùtait.
,^n ai-ait autant de disciples que lia a
repousse avec lorce le fîtisnit à ceux qui avaie il répond que ceux qui Christ n'ont jamais quit pelaient seulement Éhù mendians ' ; que saint \
' Ftiyei »on dialogne avt ' Voyei Lih. ii , adveniu ' L'esprit de charité et d'i le commencement du chritti à ses progrès. Sous im goo' comme celai des empereurs, pauvres et de mendiam ; sour vait encore des traces d'ari liommei nouveaux ne pouvai coup d'Iiuroiliations. Les pw< dans le partage des oflraadcs dans les idces d'ûgalitë et de les chrétiens. ((}
Il paraît que les païens éts rite chrétienne qui admettaii et surtout les deux sexes indi
PUBLIQUE. CH. III. a55
l'incienne loi ; qu'il refiisa même de communiquer irecles Gentils, de crainte d'alarmer les Juifs; que samtPaul dit lui-^néme qu'il s'est faitJuifpourle bien desJuifs : enfin il paraît que ce savant homme pensaitque la loi devait subsister jusqu'à ce que les yeux des hommes fussent assez dessillés pour entendre le sens mystique de l'Ecriture, et reconnaître les figures cachées sous les expressions vulgaires. C'est dans cetesprit qu'U cite un passage de l'Evangile où Jésus-
leliqne des savelien, des teinluriers, etc. f^oyn dans Origèoe, Lit. m, avec quelle confiance il réfute cette oli- ÎHtion, en faisant voir que si ces assuinbk-es |iaraissai(-iit a^ritable* par la manière dont elles i-taient coniii»t.<.'t . Ini objet était saint et sublime; et qu'après tout ce pil nn grand mal , si les enfans qu'on y voyait ace ■ (chippalent des mains de leurs frivoles pri'rep tours Inr enseignaient que des fables , etc. Ceux qui vo plu de détails sur les premiers cbrétîeiis doivent et binante dissertation de M. Lami, Dt- i-nuliiioiie lonint, où il fait voir que les apôtres et les discipi "oineuIriDcrit des gens simples et grossiers (w), ma. K trouvait parmi eux des criminels. Il prouve l'i "Unière invincible que les Évangiles sont rei *Ic langage , etc. D'autres savans ont ubservt- «m H'te était écrite en si mauvais latin , cela ven ^' ouc cette traduction était faîte pour des gen s entendu un latin plus cliîgant.
Luc élùtmiJtc
in ; Paul, tai-anl c
•1 enlhûUli
mribué à /eau
elail plalaiticitn ;
un Marc
d«n, "-Tamirii
; Plalon
ce prit de vérité viendra .
a vérité.» Origène ne fai toute la doctrine chrétit l'Évangile, Jésus -Chris trop grossiers pour leui sens mystique de TÉcritt
' Il serait à désirer que le figures et des prophéties n'e leurs les plus estimés. Je pou des abus qui en ont résulté , rapporter quelques-uns , et prouver combien il est néce; de sa raison, lors même qu croire inspiré. Saint Justin rs logie ce passage de la Cent Juddf nec dux à femore eju est, on plutôt qui statuius i voudra ( car Leclerc a fait voii ^.| que ce passage était soupçoni
expectatio gentimn , ligans ac in sanguine u%Ke stolam suai « Drin*»«»« -'" '-
PUBLIQUE. CH. III. a57
(») Cependant le temps était déjà arrivé où les chrétiens devaient se séparer tout-à-fait des Juifs. Depuis la destruction du temple de Jérusalem , il n'y avait plus de point de réunion pour ceux qui restèrent
vgne annonce Jésus^Christ qui > ayant d'entrer dans Jérasalon , délia un âne attaclié à un cep de vigne ^ lavons ia ifuipiine uvœ , le saag du raisin signifie le sang de J^sus- Christ, qui n'étant pas du sang humain, est mieux caractérisé par le sang du raisin ; et stalam ^/us, sa tunique, sa robe, désigne les fidèles qui sont le vêtement de Jésus- Christ. Saint Justin ne s'en tient pas encore à ce commentàiz« ttognlier. Il ajoute que les démons pour tromper les hommu ont imité toutes ces figures dans la fable qui est leur OQTrage. C'est ainsi qu'ils ont imaginé Baccfaus pour ré-(
pondre à ce passage , ligans ad vitempuUum suum^ etlavans in sanguîne uvœ , liant à la vigne, etc. En effet, dit-il, . comme ils ne savaient pas si pullum signifiait un poulain ou. nndnony ils ont fait entrer un âne dans les mystères de fiacchus ( apparemment celai de Silène ) : puis pour n'être pas pris en défaut , en cas que pullum voulût dire un poulain, ils ont imaginé le cheval Pégase. C'est dans cette même ▼ne qu'ils ont composé l'histoire d'Hercule, pour répondre à ce passage de David, ybrlû utgigas. Il est vrai, ajoute-t-^l^ qu'ils n'ont pas parlé de la croix ; mais au défaut des prophéties et de la fable , Dieu a voulu que ce signe de rédemption se trouv&t représenté partout; comme dans les vaisseaux , dont les mâts font une croix avec les vergues ; dan^ les instrumens d'agriculture, tels qu'on râteau; et même dans la structure de l'homme , qui est jdestiné a être droit comme une potence , et dont le nec fait une espèce de croix arec le reste <du corps.- Le même auteur, toujours occupé
{n) Tout ce chapitre est savant ^ profond et trèsjin-
VOMK X. 17
paschal doit être mangé ou à la broche , représenta Lactance, cet écrivain même inconyénient lorsqu nelle n*est qu'une figure d met le cœur à décourert. i taine ressemblance extériev cision-met à découvert et la ilia quœ circumciditur habet (Inst. L. lY.)
Qrigène est un des auteurs plus attaché au sens figuré. I système jusqu'aux idées cab Celse , qui soutient qu'on p< invoquer la divinité sous te Adonaïf Jupiter, Jehopa, eti des patriarches sont mystiqw invocation de démons ne pou:
de se servir des noms à'Abrc la faisait au nom du. père deâ féré y etc.
Saint Cyprien n'est pas m lorsqu'in sis tant sur la nécessî
encriBerà Jérusalem; il n'y avait donc plus moyen
dfâbserver riincieiine loi. C'est l'argument que saint
itin emploie contre Tryphon , et c'est celui dont
eil homme : que l'eau représente le peuple; et llwéluige des deux liqueurs , l'union de Jéius-Cbrist avec :. (Voyez Ilàl. eccl, de Fleury, lom. 11, pag. igo. ) t Barnabe , ou celui qui a composé la lettre qui ■ son nom , a encbéri, s'il est possible , sur toutes (■visions. Il voit ikns le nombre de trois cent dix-huit per- OTOM qu'Abrabam lit circoncire , le nom de Ji-iu-i exprimi' w chiffre, et sa croix représentée par la lettre Taa qui mire dam ee chiffre. D;ins tes trois conslilutions de M""~ m, autrement dit, dans ses défenses de manger des Mn immondes, il découvre une morale cachée qu'i |Bflie ainsi : fous ne mangere'L point de lièvre , sip *» m 'abuserez jiaiiit tiei garçons ; car le lièvre acquie •tau un nouvel anus, fous ne mangerez pas de bétejt Mpiifie, "oous ne serez />as adulti're , impudique , pa ^thétes féroces ( il voulait sans doute dire l'hyène "> ^ sexes dont elles se servent alternativement. ^lOiigerei pas de belettes , doit s'entendre , vous n turapas votre bouche à la plus infdme îles pollut. laie est beaucoup plus clair) , car la mustelle iifiuue par la bouche. Ici la physique et l'h nllc sont aussi en défaut que la logique. .Sai ^ranleur de cette lettre, est si content de I' "Hit, qu'il s'écrie : Je n'ai jamais parlé à p — - —aifj'e sais que vous en ^les dignes : " ' ■« ' i/ttS ?\iytf mMlX tïfm, tri ! d'étendre plus loin cette note, ins quel esprit les auteurs des ]
%6o DELA FÉLICITÉ
Tertullien s'est encore servi après lui. Le christianisme dut alor$ tirer. un double avantage de cet événement; car tandis qu'il portait un coup mortel aux Juifs en détruisant leur empire politique et religieux , n préparait en même temps de nouvelles armes contre le polythéisme , en répandant dans toutes les provinces de l'empire une multitude d'hommes dont la religion avait pour base le déisme, et dont les opinions se rapprochaient bien plus de la doctiîne des chrétiens que des fables du paganisme.
Plusieurs auteurs , étonnés du silence de tous les historiens sur la nation juive , se sont crus fondés à ne la regarder que comme une horde pauvre et méprisée ; mais ils doivent convenir que si elle fut obscure dans son origine, elle s'en dédommagea amplement par la suite. Si nous en croyons Josèphe (p) , la popu« lation de la Judée était immense , eu égard au peu d'étendue de cette province; mais plusieurs écrivains moins suspects de partialité , attestent que , sous les premiers empereurs (ç) , les Juifs s'étaient répandus dans la Palestine , la Syrie , la Gilicie , une grande partie de l'Archipel et presque toute l'Asie Mineure. Ils avaient formé des établissemens dans la plupart des grandes villes, particulièrement à Césarée, à Alexandrie et à Rome même. Mais après les guerres sanglantes de Titus et de Yespasien , il en reflua en-
(j?) Josèphe est un romancier exagérateur, copiste infidèle
de l'ancien Testament.
{q) £t bien aupanwant.
core une plus grande quantité dans toutes les provinces de Tempire. Le plus grand nombre de ces Juifs , ou dispersés et fugitifs , ou établis depuis longtemps dans les villes de commerce , n'avaient eu aucune part à la mort de Jésus-Christ, dont ils igno^ raient même le nom ; et comme jusque-là ils n'avaient tenu à leur religion que par les relations qu'ils avaient conservées avec Jérusalem , et par l'habitude d'aller ou d'envoyer quelquefois sacrifier au temple, il leur fut facile de s'accommoder à la loi nouvelle, qui montrait l'inutilité de ces sacrifices , et qui paraissait si bien justifiée par l'événement. Mais soit qulls consentrssent à embrasser la loi chrétienne, soit qu'ils persistassent dans leurs rites et dans leurs dogmes , le mépris pour les dieux du paganisme , et l'aversion pour le culte qu'on leur rendait servaient de point de ralliement pour les deux religions. De là vieqt que les auteurs profanes ont souvent confondu les Juifs et les chrétiens dans les reproches d'athéisme qu'ils leur ont faits en plusieurs occasions ; mais ces imputations odieuses, destinées de tout temps à irriter le peuple et à animer les magistrats, valurent aux chrétiens de nouveaux prosélytes. *
^ Il y aurait bien des chose» à dire sur la manière dont la destmcrion du temple de Jérusalem influa sur la religion chrétienne. Un auteur moderne a remarqué très finement que le clergé en profita pour ajouter à sa considération : car les évéques ou surveillans, episcopoi^ les anciens ou Ténérables, presbyteroi, et les officians ou s^rv^ns, dior^
se lier avec les chrétiens .
frappés de la simplicité < douceur de leur morale, j crifice , nul culte extériei se contentaient de s'asseï dans quelque grande salle particuliers : là l'ancien ( struction familière , laquetl de quelque lecture tirée de et le tout était terminé pai était composé des offrande
eonoi, qui n'étaient que les n l'égalité était' le fondement , ne à la hiérarchie juive, les premie pontifes (/), les seconds aux pr niers aux lévites. Càm post u ei'ersam spes omnis Judœis adem instaurandi ; Episcopi similes ti maximi Judœorum, Presbytes versari dicebantur , Diaconi c ( Moshemii InsL Hist. eecL , se<
PUBLIQUE. CH. III. a63
talent , chacun selon ses moyens , et ou le pauvre et le riche mangeaient ensemble. Le pain et le vin étaient toujours bénits par l'ancien , et le plus souvent le repas était suivi ou accompagné de quelques cantiques à la louange de Dieu *. L'égalité entre les hommes, la charité , la bienfaisance , l'aumône, étaient à la fois recommandées et pratiquées dans ces pieuses assemblées : quoi de plus respectable aux yeux de l'humanité même et de la vraie philosophie !
Cependant le christianisme commençait à n'être plus renfermé dans une société d'hommes simples
' La forme des assemblées chrétiennes changea par la suite. Les persécutions que les fidèles éprouvèrent les obligèrent souvent de se rassembler avant le jour, de crainte d'être découverts. Alors ils se contentèrent de faire leurs oblations et de bénir le pain et le vin. Pour le repas , il fut négligé, ou indiqué pour le soir, dans quelque endroit où l'on convenait de se retrouver. Il y avait deux raisons qui rendaieut cet arrangejnent nécessaire : la première, c'est (pi'il était extraordinaire de manger dès le grand matin , surtout quand c'était en commémoration de la cène ou du *oupcr de Jésus-Christ ; la seconde , parce que les chré- ^ens craignaient qu'on ne s'aperçût qu'ils avaient bu du vin *Vant riieure du repas , ce qui, n'étant point d'usage, ne Pouvait manquer de les déceler. Depuis, lorsqu'ils com- '^encèrent a jouir de quelque tranquillité , ils continuèrent ^e s'assembler le matin , et de partager le pain et le v\t\ ^près l'oblation et les prières. Alors le service divin était Partagé en deux parties : les catéchumènes , les étrangers ,
a64 DE LA FÉLICITÉ
et obscurs. L'esprit de discussion, si opposé à Tesprit de charité , avait trouvé moyen de s'y introduire ; et, soit que les persécutions eussent obligé les fidèles à examiner davantage leurs dogmes , soit que leurs premiers succès les eussent encouragés' et invités à la controverse, il est toujours certain qu'on les vit bientôt se produire en public et se familiariser avec les écoles. Le platonisme était alors ta doctrine la plus répandue parmi les philosophes dogmatistes : il est vrai qu'il commençait à se corrompre , et qu'il était mêlé avec des idées théurgiques ou magiques , qui en avaient fait une espèce de superstition ; mais
part la forme de nos litanies , pnis on les congédiait , ce qui s'Appelait Missa caiechumenorum , renvoi des catéchumènes. Alors commençaient les prières , qui étaient suivies d'une longue action de grâces ou eucharistie, tp^^ft^m iirt 7« wê)i?i9f et de la communion , après laquelle on renvoyait les fidèles , ce qui s'appelait Missa fideHum.
Nous ne pouvons dissimuler , au reste , qu^il ne se soit glissé quelques abus dans ces premières assemblées chrétiennes , toutes saintes e^ respectables qu'elles nous paraissent . Les évéques reprochaient souvent aux riches de porter au repas , comme à la communion , d«s mets délicats qu'ils gardaient pour eux seuls ; tandis que les pauvres avaient à peine de quoi satisfoire leur appétit. Le contraire se voyait aussi quelquefois , et les pauvres profitaient si bien des offrandes , qu'il leur arrivait souvent de s'enivrer au point qu'on était obligé de les emporter.
Voyez sur toute la note ci- dessus, V Apologie de saint Justin ; la Lettre de FUne\ Bingkam, Antiquities of the church. Liv. xv, etc. 1
PUBLIQUE. CH. III. atiS
le fondement de cette philosophie était toujours le dogme d'un seul Dieu étemel , qui avait agi sur la matière et donné une forme au chaos. Platon supposait que Dieu, qui renfermait en lui l'idée universelle detoutes les choses possibles , n'avait pu se manifester <]u'au moment d'une pensée , d'une raison .-ictive , «(u'il appelait le fils de Dieu, son prpiiiier-iié, son wrbe [Ao'j-or]. C'était par le verbe que Dieu avait placé dans le monde un esprit vivifiant, une âme active; c'était par lui que riioiiime avait été créé , et quH avait eu une âme en partage : c'était encore par lui que le monde avait été peuplé de génies et de démons [a^ffioco;] qui remplissent l'espace entre Dieu qui habite la haute région , et l'iionime atlaché à la surface de !a terre. Ces idées, prises en grande partie des gymnosophistes', s'accordaient bien plus iisément avec le christianisme qu'avec le matérialisme d'Arl^tote et les atomes d'Épicure. De là l'empressement avec lequel on se hàla d'en faire usage ; it là le respect, l'entlu>usiasme même, que la plus grande partie des pères de l'Kglisc ont montrés pour le divin Platon * ; les uns assurant que Dieu lui avait révélé ses mystères , les autres qu'il avait été en Judée et qu'il y avait puisé sa doctrine ; mais cette •fernière opinion n'a pu être admise par saint AugU'it'iii, malgré sa grande vénération pour ce philowphe; il a même pris la peine de rassembler des ' Fayez Hyde , Holwel) , etc.
*yojtx<icCivitaleDei, Lib. nu, cap. ii.
* 9«i«é Je, écoJe. où J', <=«« qu'eue ne lui e.tp„
^ P«>fe.«on de foi d'AU
«^««•PT Je fij.de Dieu ieprenuer-néduPère
(*»y'«.Vî. ™ .'''**' D'eu
"M organisation, Je ve
;«nu pour , ni donne; ; ;*
rP^/e Pi«onicienne ii
«'roitdC; tr ''""■-'**•»''
PUBLIQUE. CH. III. a67
Comme Tenthousiasme et la subtilité n'ont jamais de bornes, il ne laissa pas de résulter quelque inconvénient de cette union de la philosophie et de la reli-
principes , il est un des auteurs ecclésiastiques qui ont le plus abusé de la philosophie platonicienne. Je n'«n citerai qu'un exemple entre mille : il est tiré de son jipologie ( LiT.Tii.) , où rappelant ces paroles très obscures de Platon : In rébus omnibus quas ad scientiam tidhiberi necesse est, tria sunt, quartum autem ipsamet scientia : horum primum est nomen , alterum sermo y tertiwn idolum , quartum scientia : « Trois choses sont nécessaires pour parvenir à la science « qui n'est que la quatrième : d'abord le nom , ensuite le « discours ou la parole, puis V image ou Isijlgure, enfin la « science, » Il dit que les chrétiens ont précisément le même principe 9 puisque saint Jean- Baptiste est le nom, la Tfoix, vox clamantis in deserto , Jésus -Christ le discours ou la parole ; que sat/brme sensible ( forma quœ in anima impressa manet, postquam in Ula Christus suum verbum , sua vuinera impressit) répond à V image ou à latjigure; enfin que le même est encore la science (»). C'est toujours ce délire platonique qui fait croire à Origène que les anges ont en en partage une partie de la Divinité. « Car , dit- il , la « raison qui fait que je ne les adore pas , c'est que j'ai pensé « que y de même que les hommes sont souvent trompés tant « par leurs propres idées que par les erreurs d'autnû , de « même parmi les âmes sorties des corps qu'elles habitaient , « parmi les anges même et les démons , il peut s'en trouver « qui , séduits par quelques probabilités , ou égarés par quel- «que sophisme, soient capables de se donner pour des « dieux. Or, comme il est difficile aux hommes de démêler « tout cela , il est plus simple de ne rendre aucun culte à • tous les êtres de cette espèce. »
(i#) Ah ! fou d'Origène !
gion. En effet , si le dépôt de ia foi fut gardé par un petit nombre d'âmes simples et droites, le monde fut rempli de chrétiens platonisans et de platoniciens christianisans. La passion de la métaphysique se joignit bientôt (x) à celle de la magie , et ce ne fiit plus partout que controverses et prodiges. De là les schismes et les hérésies qui dans les temps les plus prospères ont divisé TÉglise et armé ses enfans les uns contre les autres. Bientôt Tacharnement dans les disputes théologiques fit disparaître toute bonne foi. L'embarras où l'on se trouvait pour étayer des opinions frivoles et obscures obligea de recourir à l'artifice ; et comme la simplicité de la véritable doctrine chrétienne se refusait à toutes ces arguties ^ on supposa des livres , on forgea des oracles de sibylle. Malheu^ reusement ces mensonges ne furent pas seulement , accrédités par le faux zèle; il arriva trop fréquemment que des auteurs , estimables d'ailleurs , donnèrent dans le piège et compromirent ainsi les vérités qu'ils voulaient enseigner. On est fâché de voir un homme comme Lactance (r) ' citer avec confiance les ouvrages de Mercure Trismégiste et les livres de la sibylle Erythrée, ouvrages reconnus pour être supposés, et dont l'imposture se décèle particulièrement par la maladresse qu'ont eue leurs auteurs de s'exprimer plus clairement que tous les anciens prophètes.
{x) La magie bien antérieure* (/) Qui? cet avocat bavard? ' Voyez Instit. Lib. iv.
PUBLIQUE. CH. IIL 169
Le malheur qu'éprouvèrent la plupart des auteurs des trois premiers siècles de TÉglise de tomber dans quelque hérésie , peut être regardé comme une punition d'avoir abandonné la simplicité de l'évangile pour les subtilités de l'école. En effet , sans parler de l'opinion des millénaires , qui fut presque généralement répandue parmi eux, on les voit tantôt soutenir la métempsycose , ou la transmigration des imes dans les corps des animaux, comme saint lustin ^ , tantôt enseigner que l'âme et Dieu même sont matériels, comme Tertullien*, tantôt nier la création des hommes et infirmer le témoignage de la Genèse sur celle du monde , comme Arnobe ^ , etc. Sur quoi j'observerai que tel a toujours été le sort des écrivans livrés à leurs propres lumières , et que si le même malheur n'est pas arrivé aux Pères de
' c Qui autem videndi ( Deum ) facultate indigni judicati « snnty <juidnam (inquit Tryphon), patiuntur? in aliquo tferarum corpore relut in carcere vincinnlur^ atgue id « snpplicium eorom est. » Il dit plus bas , que les âmes étant créées comme le monde y sont périssables comme lui : Qua de causa et monuntur et puniuntur. ( Dialog, )
* « Nos autem animam corporalem et hic profiterour et « in suo Tolumine probamus habentem proprium genus sub» « stantiae et soliditatis per quam quid et sentire et patipossir. « Et ailleurs : Quis negabit Deum esse corpus ? » etc. (x)
' Voyez , Liv. 11 , adt^ersus gentes, où il dit qu'il y a peutêtre une infinité de siècles que le monde est créé, qu'il est impossible de connaître les desseins, de Dieu^ mais que
(2} Tous le* Pères ont cru l'âme corporelle.
— -uiuccretscanom M»B si ces contradi mettoienl un pea le cr " '"^"t convenir qu'e||, 'M des services Iris ,
V" l'.,péri„o. p„„.
«"■■,. l,«]fc,iv«, 41.
'*"°"l"'"p™..olio„ "V" de .'.,^t,„ „
f''"'"»'- '■■%;«. n'.v.i, P««Wd„i„ ,„,..,,«
'•'"■'■!•"•""»■ leur „édi, .■^" ""■"■»'•«., .-il..,.,
' ' " ■""°« l«"q«-il. 1, p,
que la nouvelle doctrine perdait ainsi comme positive, elle les regagnait amplement comme négative. Saint Justin , Tatien , Minucius Félix , Origène, Lactance, avaient scruté avec le plus grand soin tous les dogmes du paganisme ; ils avaient osé lever le voile qui couvrait cette fausse religion ; et comme il arrive souvent que des idées répandues sourdement parmi les gens sensés , n'attendent qu'un moment de liberté, ou seulement l'audace de quelque
ne furent pas observes : de sorte que Constantin fut obligé
d'en indiquer un autre à Arles , où le pape Sylvestre n'as-
siita, ni en personne ni par députés, et dont il n'apprit
^ décrets que par une simple lettre d'avis , sans qu'on lui
demandât ni son accession ni son approbation.... Eusèbe,
9^ rapporte fort au long l'histoire du concile de Nicée , ne
P*rait faire aucune attention à l'évêque de Rome, et se
entente de dire : tiiç ^i yi fiurtMoHrtu- noXtmç ô fctf TF^oirrmç
'•>i^ii hm ySçttç : l'évoque de la ville royale ne s'y trouva
^^, à cause de son grand âge. Sozomène s'explique à peu
*ï^s de même : Tévéque de Rome ÇVmfieCtttf t^irxoTrêç),
^tenn par son grand âge , ne put s'y rendre. Si quelquefois
1 arrivait qu'on s'en rapportât aux églises métropolitaines
ur quelques points de doctrine, c'était un avantage que