tome partageait avec les autres. Parmi nombre d'autorités
[ui le démontrent clairement, je ne citerai qu'un passage
le Tertullien ( de Prœscriptione) , où cet auteur enseignant
distinguer les hérésies , de la doctrine orthodoxe , dit
[u'il faut s'en rapporter aux traditions des églises ; si l'on.
a7a DE LA FÉLICITÉ
écrivain pour éclater de tous côtés , et venger les droits de la raison opprimée ; de même tout ce qu'il y avait de gens instruits alors, lut avec avidité ces controverses intéressantes. Il est même probable que Tobligation qu'on leur avait de détruire des préjugés si absurdes et si enracinés, donna quelque faveur aux opinions qui chercbaient à s'établir à leur place : on aima dans les chrétiens les ennemis des prêtres , et on leur sut gré de détruire une ancienne charlatanerie. Quel dommage si une police sévère nous eût alors privés de ces savans ouvrages auxquels parmi tant d'autres obligations nous avons surtout celle de nous avoir transmis les lumières les plus précieuses sui* l'antiquité et sur le long empire de la superstition! Heureusement que la proscription contre les livres ne fut exercée qu'à la fin du troisième siècle; cai* si les empereurs philosophes, tels que Trajan et les Antonin , ont pu rechercher avec trop de rigueur une secte qu'ils devaient tolérer, du moins n'ont-ils jamais étendu la persécution jusques aux ouvrages qui en étaient émanés (om). Ils crurent devoir respecter ces muets et tranquilles dépositaires des pensées des hommes , et ils les regardèrent comme des asiles sacrés ouverts à tous les systèmes, à l'erreur comme à la vérité. 'Aussi les chrétiens se sont-ils récriés particulièrement contre cette nouvelle tyrannie exercée contre les livres : aussi ont-ils opposé* la constance la plus inébranlable aux re-*
{aa) Ils étaient alors inconnus.
PUBLIQUE. CH. m. 273
c\ierches des inquisiteurs, comprenant dans leurs aiiithèmes tous les traditeurs , c'est-à-dire ceux qui avaient eu la faiblesse de sacrifier leurs livres aux. magistrats.
Au reste , ces persécutions ne servirent qu'à donner plus de crédit aux chrétiens. Sous un gouvernement despotique, tout acte dr rigueur est aiséniait laxé d'injustice : et comment irètre pas attendri sur le sort de ces malheureux qu'on traînait journeilemenl au tribunal de quelque nfTi'anchi ou de quelque autre parvenu, qui, sous le titre de préteur ou de proconsul , se croyait en droit de commander à l'opinion et déjuger les consciences?Les chrétiens furent donc plaints et encouragés partout où les prêtres n'avaient pas trouvé le moyen de rendre le peuple fanatique. Intéressés par leur situation à prêcher la tolérance qui leur avait été enseignée par Jésus- (^hrist, ils la recommandaient dans tous leurs écrits. Us fiiyaient surtout la présence des magistrats tyfanniques, et ils allaient dans les provinces de l'empire les plus reculées révéler leurs dogmes à des âmes simples et grossières. Ils enseignaient un Dieu k oepaix, un Dieu qui regardait tous les lioninies ^mme ses enfans, et qui ne mettait point de difîérence entre eux, soit qu'ils fussent nobles ou plé- ''^iens, Aoinains ou Barbares, libres ou esclaves (*i). '^ïïsi le christianisme se répandit dans les provinces, ^^ surtnut dans les Espagnes et dans les Gaules , (*/■■ Ils ont bien changé depiiii.
Mais comme nos réileu qu'à cette grande époque ( sous ses lois le plus vas) existé , employa tout son \ tianisme la religion domina un mom^it au règne de « neroDS ici nos réflexions si les progrès n'ont plus rien ment qu'ils sont l'ouvrage plus absolu des empereurs.
PUBLIQUE. GH. IV. ifjB
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