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batailles gagnées. Il sa confié leurs intérêts à rement que le sort des pour l'autre ; que les a avoir une grande valei valeur positive , et que toujours les grands géit' peut gagner un autre n soit très faible lui-mêm< les Indes des empires ei mées qui auraient été n ' Ions de troupes européei battu le duc de Boumot barrasse Condé et Mon regardé comme un gram politique, le citoyen qu courage, parvient à ajout publique , est plus estim tête de cinquattte sateDi
aussi long-temps qu'on ignorera le choix de ses moyens et la sagacité de ses vues. Mais cet empereur a malheureusement donné sa mesure , en se laissant apprécier sur des objets plus intéressans. Il a été l^slateur^ et le lecteur jugera sans peine si notre sévérité est déplacée, lorsqu'il se rappellera que c'est à ce prince que nous devons ce mélange vicieux des deux puissances civile et ecclésiastique , qui , depuis quinze siècles^ a répandu le trouble dans le monde chrétien,
La première trace de l'intervention du pouvoir ecclésiastique dans les afTaires civiles se trouve dans une loi de Constantin sur l'affranchissement des esclaves, A la place des formalités dont ces affranchissemens étaient accompagnés , il veut qu'on puisse se conten* ter désormais de l'attestation d'un évêque; comme si les procès étaient des cas de conscience, et lesjuge- 'ïiens des pénitences *. H n'est personne qui ne sache de quels rapides progrès ce premier pas fut suivi. Dès *ors toutes les voies furent préparées : des privilèges ^ns nombre furent accordés au clergé ; comme per-
' On pourrait soupçonner Constantin d'avoir eu des vues Radiées lorsqu'il fit ce règlement. Un grand nombre d'esclaves, attirés par l'esprit d'égalité qui régnait parmi les Chrétiens, venaient joarnellement embrasser leur religion , ^t se dérobaient ainsi au pouvoir de leurs maîtres. U fallait pourtant rendre ces transfuges lorsqu'ils étaient réclamés; •«nais pour peu qu'il y eût quelque prétexte d'afFranchisse- ^Bent, la faveur qu'on accordait aux nouveaux convertis faisait décidei^ contre les maîtres. Or, c'est peut-être pour
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mission d^ recevoir des legs, exemption de tontes charges onéreuses , telles que collection de deniers ^ offices municipaux , magistratures, tutelles y etc.; faveurs si excessives, que l'intérêt corrigeant bientôt Fenthôusiasme , on fut obligé de les révoquer. Eb effet , pt*esque tous les citoyens , pour mettre leurs biens à couvert , s'étaient faits ecclésiastiques , et Diea était si bien servi , que l'état n'avait plus ni sujets ' ni magistrats. Les intérêts du fisc ont été chez tous les princes les limites de leur foi : mais si Constantin ne voulut pas céder au clergé sur un point si important , il ne craignit pas de lui sacrifier les principes les plus anciens du gouvernement romain, en révoquant la loi Papia Poppea, Par cette loi, ceitf^
doniier plus d'étendue à cette fiiY««r , qu'on chen^ à déro-^ berles procès de ce genre à Tordre civil ^ et qu'on Tonla^ que le témoignage d'un évéque^ chose sur laquelle on pon*^ vait toujours compter^ fût regardé comme suffisant.
* Sous Constantin » le nombre des citoyens était fort diminué 9 tandis que celui des esclaves et des étrangers était considérablement augmenté. Il n'est donc pas étonnant que le poids des inipositi<mt et de tontes les ehaignt publiques f6t deiremi très Innrd poar-ckaqoe particulter. !>« emploîs mnnicipntix étaient «nitout une cbaige si onérettae, que , dans le feit , il ne restait plus ni propriété territoriale ni propriété personnelle. On nommait cuHaiet tous eeoK qui par état étaient obligés de remplir quelque ofiioe pnlUîc. Or, tr'est cet état de cwialis qui , suhrant les principes de i*Églisc, fie ponvait s'accorder avec l'état ecclésiastique, Votcb liingbam , Antiq, ofthc church, Liv. y, cb. in«
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Sttore les citoyens qui ne s'étaient pas mariés , étaient privés de toute succession collatérale, et ceiui qui étant mariés n'avaient pas eu d'enfans, ne , pouvaient prétendre qu'à la moitié des suceessiuns 1 de cette espèce qui viendraient à leur échoir, non I plus qu'à la dixième partie du bien de leurs femmes, F en cas de décès. Constantin ne se conEenUi pas d'ef- I bter ces restes respectables de la sagesse romaine ; I Découragea le célibnt par toutes sortes de voies, i «1 particulièrement en accordant à ceux qui embras- , aifiiit cet état, le privilège de pouvoir disposer de leur bien avant l'âge requis par les lois.
Mais tandis que les exemptions se multipliaient en (àveur du clergé, des impôts exorbilans, et d'un genre tout nouveau, semaient la désolation parmi le peuple. Tous les quatre ans, des ofiiciers de l'empereur venaient , armés de fouets et de bâtons, exiger une capitation nommée Chrysa.rgyre , parce qu'elle K payait indifTéremment en or et en argent. Cette lue était imposée avec une rigueur inouïe. On failli contribuer jusqu'aux mendians et aux femmes prostituées: mais tandis qu'elle excitait les gémisseuens des pauvres qu'on poursuivait de tous côtés à coups de fouet, comme de vils bestiaux, elle ne ''epandait pas moins de conslernatlon parmi les '■'elles; car les dénonciations de toute espèce, leà Irahisous domestiques , et les calomnies publiques étaient le taiif sur lequel on avait coutume de la percevoir.
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2osyine accuse aussi Constantin de n'avoir fait la guerre aux dieux du paganisme que pour trouver un prétexte de piller leurs temples; mais il ne serait pais juste de s'en rapporter à un auteur dont la prévention s'est manifestée en plusieurs endroits, et particulièrement lorsqu'il atti*ibue la conversion de Constantin aux remords que lui inspira le meurtre de sa femme et de son fils. Selon lui , ce prince ayant cherché inutilement des expiations parmi les prêtres dû paganisme , se tourna du côté des chrétiens qui avaient^ dit-on , une manière de laver tous les péchés dans une eau mystérieuse. Mais si c'est un anachronisme qUe de rapporter la conversion de Constantin à un événement qui est arrivé long-temps après , il n'en est pas moins vrai que les crimes dont il venait de se souiller, joints à son acharnement contre des idées généralement reçues, et contre un culte établi depuis si long-temps, l'avaient rendu tellement odieux à ^es peuple^,' quHl fut obligé de quitter Rome, et de chercher un autre asile, où la voix de l'adulation pût seule se faire entendre : sur quoi je remarquerai que les idées relatives au culte extérieur doivent avoir une terrible influence sur la morale, puisque d'un côté les chrétiens ont porté aux nues un empereur coupable des crimes les plus atroces , et que de l'autre , les Romains qui avaient applaudi Néron , lorsqu'il rentra dans Rome aprèâ avoir fait mourir sa mère, ne purent supporter la vue de Constantin , qui avait fait mourir sa femme et son
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Is. C'est ainsi que l'attiu-hement à des rites, à de Bmesccrémonies,prévautprrpctiie]lemeiit sur cette Viique la nature a gravée dans tous les cœurs, mais ualheui'eu sèment en caractères trop superficiels et trop aises à effacer.
Nous ne nous étendrons pas sur la faute grossière i{ue fît Constantin en changeant le siège de l'empire. Cest une chose trop connue cl trop avouée par tous lesauteurs, même par ceux qui ont le plus loué cet tmpereuj-. Nous avons dit les raisons qui le portèrent à cette fausse démarclie ; mais nous devons ajouter qu'il était impossible de mettre plus d'orgueil dans le projet, et plus d'injustice dans Tcxê- «Uioo, Tandis que ce prince fastueux^ est si pressé de jouir de ses édifices, qu'il ne laisse pas aux ai'diilectes le temps de leur donner la solidité, et qu'il ïoil des murs déjà caducs tomber sur ceux qu'on fléve encore; il force |jar des édits rigoureux tous Ifs liabitans de l'Asie Mineure à se construire des demeures dispendieuses dans la nouvelle capitale. Lue loi tyrannique déclare que tous ceux qui n'auront pas un domicile à Conslanlinople , ne pourront tfînsmettre à leurs héritiers aucune possession en «lôds de terres ; et c'est par de pareils moyens qu il •f hâte d'élever cette ville célèbre, dont il vent avoir I horoscope, et à qîii l'on promet une durée de six cent quatre-vingt-seize aimées.
Peut-être le lecteur sera-l-il impeu suipris de voir ^"un aussi bon théologien que Constantin s'avifte
de consulter des astrologues : mais le caractère de àe prince ne paraît nulle part plus inconséquent que dans tout ee qui a rapport à la religion. Également faible et vain , aussi prompt à se décider qu'à changer d'avis 9 les défauts de son esprit ont justifié ceux de son cœur. Car c'est une question qui s'est élevée souvent, si ee prince était enthousiaste ou hypocrite. Les uns , ii^àppés de l'attention souvent minutieuse qu'il porta dans lès affaires ecclésiastiques, de la haine qu'il eut pour le paganisme , et surtout de la dévotion qu'il montra dans les derniers momens de sa vie , ont pensé qu'il était plus persuadé qu'éclairé , et que si la grâce de Dieu n'avait pas jugé à propos de le soutenir contre l'hérésie et le parricide , elle lui avait du moins révélé les principaux dogmes de la foi. Les autres , plus attentifs à sa conduite politique, aux prétendus miracles dont il appuya ses expéditions , et surtout au profit qu'il eji tira , sont tentés de croire que sa foi ne fut jamais bien vive, et que sa religion fut toujours subordonnée à son ambition. Pour moi , je ne sais si c'est que l'hypocrisie est celui de tous les vices pour lequel j'ai le plus d'antipathie; mais j'ai toujours de la répugnance à supposer qu'elle puisse être portée à un certain degré : le rôle d'uii hypocrite me paraît à la fois si pénible et si difficile, que je ne puis comprendre comment on a assez de patience et d'artifice pour le jouer long-temps avec succès. Craignons de trop donner à l'esprit des hommes en ôtant trop à leur
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cœur. Si nous avons quelques talens pour tromper les autres , combien n'en avons-nous pas davantage pour nous tromper nous-mêmes? C'est peut-être Êiute d'avoir assez réfléchi sur le cœur humain qu'on croit si volontiers à l'hypocrisie. Tous ceux qui ont observé l'empire que notre intérêt exerce sur nos opinions y ont dû se persuader que ses propres succès parviennent bientôt à le rendre inutile. On débute par affecter de mauvaise foi certaines pratiques et certaines opinions , et quand cette fausseté nous a mis à portée de jouer un grand rôle , de commander aux hommes , et d'obtenir d'eux des richesses et de la considération, nous commençons à y ajouter plus de croyance ; et il arrive que peu à peu notre intérêt parvient à consolider dans notre esprit le fon. dément de notre autorité. U y a long-temps qu'on a dit que les joueurs commençaient par être dupes , et qu'ils finissaient par être fripons : le contraire aiTive en matière d'opiiûon : on conunence par être firipon , et l'on finit par être dupe. On voit souvent un magistrat, en passant d'une cour dans une autre , changer de principes conune de tribunal. D'abord sa probité , ou plutôt l'opinion qu'il s'est faite de lui-même , est inquiète et mal à son aise ; alors elle appelle à son secours te sophi^ne et la subtilité ; mais bientôt dupe de son propre ai*tifice, elle n'a plus à combattre , et l'homme redevient vertueux par sa sottise. C'est ainsi que dans le clergé il est arrivé quelquefois que des ecclésiastiques pui*ement
mondains et parvenus aux dignités par intrigue ou par faveur, devenus ensuite chefs de parti , et contraints à faire de fréquens sacrifices de leura plaisirs à leur ambition , ont fini par croire eux-mêmes une partie de ce qu'ils voulaient persuader aux autres. Constantin peut avoir été dans le même cas. Nous le disons à l'honneur du christianisme ; jamais sa morale n'a pu s'allier avec les crimes atroces que cet empereur a commis ; et si Dieu l'eût éclairé lui-même , s'il eût voulu s'en servir autrement que comme des Tibère et des Néron, qui tous ont sans doute concouru à ses vues, il ne l'aurait pas exposé à déshonorer sans cesse sa foi par ses œuvres , conune il la trahissait par ses erreurs.
Constantin , selon toute apparence , fut induit à favoriser le christianisme par les raisons que nous avons exposées plus haut. Mais bientôt encouragé par le succès , et enorgueilli par les adulations des évêques , jaloux surtout de changer te siège de l'empire , il prit un véritable zèle pour les dogmes qu'il avait d'abord épousés par intérêt. Cette marche* est même aisée à suivre dans la manière dont il procéda à la réforme générale. D'abord il crut assez faire que de tolérer le christianisme , et bientôt il en fit une religion dominante et exclusive. Humble et soumis aux évêques dans le principe , il ne tarda pas à leur faire la leçon. On voit chaque jour son zèle augmenter avec son influence dans les matières ecclésiastiques ; nulle méthode , nulle règle dans ses
jugemens (/); tantôt modérateur, Uintôt persécuteur, il veut d'atM^d imposer silence à Alexandre et àArius; puis il condamne Anus, puis il t'absout, puis il le condiumie encore , et 6nît par adopter ses piincipes. Je rapporterai ici le commencement de la lettre qu'il écrivit à la fois à Alexandre , évêque d'Alexandrie , et à Arius qui était en dispute avec lui '. a Depuift que vous , Alexandre , vous avez de-
■ mandé à votre clergé ce que chacun pensait sur ■quelques passages de l'Écriture , ou plutôt sur quel-
• ques opinions vaines et frivoles y et que vous, 1 Arius , vous avez élevé des questi(»is auxquelles il <ne Mait jamais penser, ou qu'il ne allait point
• agiter, après y avoir pensé , la discorde s'est mise
• parmi vous, etc.... Abandonnez donc des subtilités
■ sur lesquelles ii ne fallait ni interroger ni répon-
• dre. » Or, ces subtilités. Ces questions vaines et frivoles, n'étaient rien moins que la consubstantialité du Verbe , pour laquelle on assembla bientôt après le concile de Nicée.
Constantin ne fiit pas plus heureux lorsqu'il traita If) Trèt vrai.
' •Cnm eaim ta, Alexander, a presbyteris (uîs reqnî- ' Krci qoid nmuqnUquc eomm de qnodam legU loco sen-
■ lircl , sea potiiu de qniMlam inani qiuestione eos interro- 'giKi; cùmqae ta, Ari, id qaodnanqaain cogilatum, vel
• une cogitatnm silentio premere deberes , imprndenter
< Mcilata inter toi ditcordia , ctc qnidnam vero illud
*«tt? nec interrogare de bujnsmodi rebut, nec interroga-
• tnm respondere, ctc. ■
de la religion chrétienne en elle-même. Ceux qui sont curieux de voir le comble de l'extravagance et de l'absurdité, n'ont qu'à lire les chapitres xviii, XIX et XX de son discoiurs à l'assemblée des saints ( Oratio cul sanctorum cœtum ) {§). Après avoir cité comme authentique un acrostiche de la prétendue sibylle Erythrée , dont les initiales forment ces mots : Jésus Christus, DeiJUius^ servator, comme si Dieu révélait l'avenir par des jeux d'esprit , dignes tour au plus du Mercure ; il s'empare de Virgile comme d'un trésor immense de prophéties très claires en faveur de la religion chrétienne. Il cite entre autres l'églogue : Sicelides MuscBy pauXb majora cana^ mus.,., Paulb majora , s'écrie-t-il , dit déjà beaucoup de choses ; mais Virgile ajoute ensuite :
Ultima Cunuei venitjam earminis atas.
Qui ne sait que la sibylle de Cumes a cessé de prophétiser quand la vérité même est venue dans ce monde ? mais que répondre à ces vers-ci :
Magnus ah iniegro itedantm naseiiur ordo, Jam redit et Firgo , redeunt Satumia régna P
Quelle est cette Vierge qui revient, si ce n'est la mère de Dieu ? Le poète n'ajoute-t-il pas lui-même :
ni modo naseenti ptÊtro , quo ferrea prmuom Ûesùut, «c toto surget gens aurt€ mundo, Costa fave Lucina , etc, ?
N'est-ce pas mot pour mot le Messie ? Docte igi-
{g) Réflexion très juste et très utile.
tur hœc dicta suntj o Maroy poetarum sapientissime /.... etc. etc. (A)
Constantin ne faisait aucun doute que Virgile eût été chrétien (0; mais il croyait que ce poète célèbre aTÛt été obligé de déguiser sa foi, et d'envelopper ses productions des voiles de Tallégorie. Il parait qu'Eusèbe, qui rapporte ce discours en entier et sans observations, était du même avis. Quelle était donc la logique des premiers savans de TÉglise, puisqu'elle leur faisait envisager , sous le même point de vue , Moïse et les sibylles , Isaîe et Virgile ? Mais ces réflexions n'étant pas de mon sujet , je me bâterai de conclure que Constantin ayant vécu dans le crime, et étant mort dans l'hérésie , n'a mérité nos éloges ni comme homme , ni comme prince , ni comme chrétien.
(A) J'ai bien peur que ce fripon d'Eusêbe n'aii prêté ce ducours à Constantin»
(/) Jh ! a n*éiait pas si soi ; mais Eusèbe rétait.
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