‹ De la félicité publique; ou, Considerations sur le sort des hommes dans les différentes epoques de l'histoireChapitre 36 sur 49 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

possible àe le suivre sans le traduire. Il nous suffira d'observer avec lui que rien n'est plus fautif dans tes manuscrits que tout ce qui a rapport à des vaieucs numéraires, exprimées en chiffres; que les auteurs qui nous donnent l'idée la plus favorable de la population ancienne, tels, par exemple, qu'Hél'odoteet Diodore de Sicile, nous ont transmis des calculs contradictoires et des résultats extravagans; que d'un autre côté ceux qui méritent le plus de confiance, et qui paraissent le mieux fondés en raisons, ne nous donnent pas lieu de penser que la terre ait été plus peuplée autrefois qu'elle ne l'est à présent ; qu'à la vérité l'histoire nous offre toujours quelques exemples d'une grande population; mais que le tout est de savoir si ces exemples ont été simultanés; car il est important de comparer les époques, et de ne pas regarder comme un avantage commun à tous les anciens ce qui n'a été qu'un déplacement successif de bonheur et de prospérité.

Tels sont a peu près les résultats de la dissertation de M. Hume. C'est avec regret que nous nous sommes vus obligés de la dépouiller de l'érudilion variée dont elle est enrichie , et des réflexions ingénieuses dont elle est ornée; mais nous avons cru fiiire plaisir à nos lecteurs en leur donnant une légère idée de cet ouvrage , qu'ils pourront consulter aisément , si nos observations ont eu le bonheur de leur inspirer quelque goût pour ces matières intéressantes.

Passons maintenant à M. Wallace. Ici nous trouvons d*abord de très beaux calculs sur la propagation possible de Tespèce humaine , en la supposant sortie d'un seul couple; et nous avons la consolation d'apprendre qu'au bout de 1^33 ans elle aurait pu s'étendre jusqu'à l\ii^ 3i6, 860, 4^6 individus. Or, comme il y avait trois couples dans l'arche de Noé, notre auteur explique aisément comment les nations les plus anciennes pouvaient être très peuplées malgré la récence de leur origine ; et je pense comme lui , car je ne vois pas même de comparaison entre le nombre des Égyptiens , des Assyriens, des Babyloniens, etc. et celui des poux, des punaises, dos chenilles et autres insectes ou reptiles, sortis du même asile.

Après avoir donné ce premier échantillon de sa philosophie , M. Wallace passe à l'examen des causes qui peuvent aider ou nuire à la population ; ce qui le conduit à avancer que le commerce, les arts et les manufactures y mettent un très grand obstacle. En cfTet, ceux qui travaillent à différens métiers sont obligés de vivre aux dépens des agriculteurs, lesquels, en cultivant pour les artisans, cultivent aussi pour eux-mêmes. Mais si les artisans devenaient cultivateurs, ils feraient naître des productions pour eux et pour d'autres , et ainsi de suite ; de façon que nous aurions une série immense de producteurs de superflu. Rien de plus conséquent sans doute; c'est dommage que les faits soient

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