‹ De la félicité publique; ou, Considerations sur le sort des hommes dans les différentes epoques de l'histoireChapitre 42 sur 49 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

dans un pays où l'on ne par de plaisirs et de spectacles ; i de jeu et de tracasseries ; dam la pluie et du beau temps; je vain et stupide (c) , que sa fri ment y mais qui tend certaine contraire , si je trouvais le^ ei les voyais soumettre à Texam et mauvais , utile ou nuisible ; que souvent méconnu, était 1 cherclies ; si les conversation chagrines , se tournaient soui l'agriculture et le commerce ; intéressantes étaient discutées étaient soutenues, débattues voilà un peuple d^à très esti à être heureux , qui mérite d encore plus par la suite.

L'humeur est mndiiiwnaKli

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contre cette impatience qui naît des petites importunitës. La fermentation des discours et des écrits est incommode , mais n'est point inquiétante (<0. Cromweli n'écrivait pas de North-Brilon , ni Jacques Clément des brochures politiques. J'ai vu bien des Français et même des Anglais se récrier sur les divisions qui agitent l'Angleterre depuis la paix; je n'en ai pas vu un seul qui se soit souvenu que depuis les Tarquins jusqu'aux Césars la république Romaine ne s'était élevée que par les dissensions. Nous l'avons dit plus haut, et nous le répétons encore, sans l'orgueil excessif des patriciens, et sans l'audace effrénée des tribuns , cette vaste république n'aurait peut-être été qu'une démocratie éphémère , ou une aristocratie languissante. Du temps des Scipion et des Emile on n'entendait que plaintes , reproches et censures. Tout fut en silence sous les Néron et les Domitien ; mais , suivant l'expression ingénieuse d'un auteur moderne , ce calme était celui des tombeaux. Heureuse encore la nation française en ce que sa tranquillité n'est pas fondée sur un équilibre toujours incertain et souvent chimérique, mais sur un concours général à soutenir toutes les formes modératrices , à rendre toute propriété respectable , h prévenir toute précipitation dans la confection des lois, à éclairer le législateur lui-même par la liberté de penser , de parler et d'écrire.

vemens intérieurs. Rendons hommes ; c'est que tout pi qu'ils sont, ils auraient mi blés intérêts, s'ils n'avaient distraits qu'aveuglés. En ci une longue distraction les gu conquête du Milanais et du en est de même de celles qi d'abord l'ambition de la mai celle de Louis xiv , et enfin poussée depuis jusqu'à l'exl pardonnera jamais à un min n'avoir pas apaisé dans soi querelle qui a tourmenté 1< l'Europe , et i^e l'a point cha fois terminée , avec quels si dite les esprits ne se sont*ils les objets d'une véritable util sèment ne cherchaient-ils oa

Fagriculture ' ? Je ne parlerai point de la dernière guerre , parce que les faits trop récens sont le domaine de la louange ou de la satire ; domaine sur lequel je n'ai rien à prétendre : mais j'observerai que si les querelles d'ambition ont été de malheureuses distractions pour les peuples qui auraient dû travailler à leur bonheur , le désir injuste d'un commerce exclusif, d'un commerce établi par la domination , et soutenu par la force, fut aussi une cruelle méprise, dont plusieurs nations ressentent encore les effets. Espérons que , las enfin de tant de distractions inutiles et de méprises dangereuses , nous commencerons à sentir que les intérêts de toutes les nations sont les mêmes, et peuvent s'accorder entre eux (g). Espérons que les guerres deviendront moins opiniâtres et plus rares; et pour nous persuader que ces espérances ne sont pas frivoles, entrons dans quelques détails sur les raisons qui les ont fondées.

* Je place ici, pour la première fois, le mot Commerce avflUt celui à' Agriculture , parce que tous les écrits publiés pendant la dernière paix eurent plutôt pour objet le commerce que ragricullure. On n'écrivait, on ne rêvait que commerce. Ce fut alors qu'on agita cette vaine question : Si la noblesse devait être commerçante , comme si le négoce se recrutait comme les armées , et n'avait pas besoin de capitaux plutôt que d'individus. Ces écrits étaient les précurseurs de la raison : Non erant illi lux, sed, etc. Il faut pourtant se rappeler que ce fut alors que M. Herbert publia le premier et peut-rétre le meilleur ouvrage qui ait paru sur la liberté du commerce des grains.

(f) Pas tout-à-fait.

tenant à éloigner cette idée , folle et la plus ambitieuse. I libre suffisant balance les non-seulement chaque état c tuation de ses frontières , ]>ar par un nombre de troupes c portée de résister à un coup des alliances multipliées, de fait de l'Europe une grande mense confédération , dont le rompus que par de longs et pi n'est plus où , en risquant dei espérer la conquête d'un roy memens sont devenus aussi d niers; et les connaissances mili également , doivent par là mi à peu près comme l'égalité e checs ralentit bientôt en &

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tion même des subsides a changé , de façon qu'au lieu de moyens on n'a plus que des ressources. Il faudrait donc plus que de l'ambition; il faudrait une passion bien décidée pour porter les peuples à l'agression. Mais qui est-ce qui excitera celte fureur ? Sera-ce la haine nationale ? Elle n'existe plus que dans la canaille, et tous les jours encore elle est amortie par le commerce , et par la fréquentation réciproque que le goût des voyages a établie ^depuis peu. Sera-ce le fanatisme religieux? La matière n'en subsiste plus, parce que les progrès de la raison sont tels , que s'il existait encore des peuples superstitieux, ils seraient gouvernés par des princes sages et éclairés , et que s'il existait des princes superstitieux , ils gouverneraient des peuples trop instruits pour seconder leur folie. (A)

Voilà déjà des motifs bien consolans pour espérer que le repos des nations policées ne sera plus désormais si souvent et si cruellement troublé ; mais cet amour de la paix, cet intérêt à la conserver, on ne peut l'inspirer qu'aux nations les plus policées ; et tandis qu*un long repos , qu'une sage administration les auront formées à toutes le» vertus , excepté aux vertus guerrières, qui nous répondra qu'une nation pauvre, mais belliqueuse, livrée aux préjugés, mais pleine de mépris pour la mort, ne viendra pas détruire en un jour le brillant édifice de cette prospérité passagère? Qui nous en répondra ?

(h) Brai^!

peuple de Rome n'eût qu'une ; du même coup (0* ie ne sais avaient désiré pareillement qi maître, afin d'en pouvoir trr( mais ce souhait se serait trouv ces peuples étaient peu redou à tous les sièges qu'ils entrepri fermant dans les places , on av de les harceler, la fatigue et raient bientôt détruits ; mais ih que des armées mal disciplin aussi haïs du peuple , que mé[ soldats eux-mêmes étaient poi bares, comme leurs ennemis chancelante à Gonstantinople a des événemens qui se passai si reculées ; les bras qui comi éloignés du cœur qui les anii

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difficile que les conquêtes d'Attila. Que serait-ce, si les Barbares avaient trouvé sur leur chemin des places comme Olmutz ou Schweidnitz ? Que seraitce si , au lieu d'avoir combattu quelque multitude indocile , commandée par des domestiques du palais , par des eunuques même , ils eussent eu affaire successivement h la Prusse , à l'Autriche , à la France? Les Russes ne peuvent plus être regardés comme des peuples barbares; ils font la guerre avec un grand train d'artillerie, de vivres, de munitions, etc. Les Turcs eux-mêmes ont une grande confiance dans leurs canons; et le nombre prodigieux d'esclaves qu'ils conduisent à la suite de leur armée rend leurs campagnes très dispendieuses. Mais je suppose que la manie des conquêtes prenne à ces nations , je crois que ce serait une chose curieuse que de les voir devant une place comme Strasbourg *. Soyons tranquilles sur les Russes et les Turcs. Les Calmoucks ne prendront pas Luxembourg, et les Janissaires n'entreront pas dans Besançon; d'ailleurs, la puissance ottomane tend à sa dissolution , sans que celle des czars devienne plus à craindre. Ces souverains, possesseurs d'un pays immense , et maîtres de faire des conquêtes faciles vers l'Orient, n'en tenteront

' Les Turcs ont réussi au siège de Candie , mais l*art de l'attaque et de la défense des places n'était pas encore porté au point où il Test de nos jours. D'ailleurs^ les Vénitiens manquaient de secours; et malgré cela quelle résistance n'ont>ils pas faite ?

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pas de périlleuses vers Toccident ; faibles et pauvres dans leur grandeur, ils songeront à se policer,'ei lorsqu'ils y auront réussi, ils se diviseront; leur empire se partagera et se démembrera, de foçoii que de $es vastes ruines il naîtra des états libres et heureux, comme autrefois des entrailles d'un taureau naquirent ces essaims d'abeilles dont te miel rendit aux humains une Dourrilure douce et bienfaisante, {i)

Convenona^n : ce n'est plus des préjugés grossiers et barbares que les hommes ont à craindre le retour de leiu*s calamités ; c'est bien plutôt de l'abus qu'on fait de quelques bonnes maximes nouvellement établies. Telle est, par exemple, l'utilité généralement reconnue d'un commerce très étendu. Si l'Angleterre , depuis les gouvememeos d*Elisabeth et deCromwfell; si la Hollande, depuis qu'elle a été affranchie du pouvoir absolu, et la France, depuis qu'Ole y a été soumise, ont acquis par le commerce des richesses et de l'éclat, il n'en faut pas conclure que ces avantages doivent être obtenus par toutes sortes de moyens. Il faut surtout se bien défendre des plus fiiciles, c'est-à-dûre , de la force qui favorise l'usurpation , et de l'exclusif qnî la sou* tient. Qu'une administration à grands projets et à petites vues ait voulu, sur la correspondance d'un intendant avec un bureau , échafauder te système

(ir) Quelle comparaison des débrù d'un empin owc la fable des Abeilles !

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ridicule d'étendre notre dominniion en Amérique, au lieu de rassurer; que la manie de planter des pieux dans la neige pour faire cnsutle des forteresses Fiur des cartes, et lonle celte ainhilion puérile des ious-ordres, aient inspiré au gouvernement l'opiniâtreté de faire la guerre pour la démarcalion de quelquesdéserls, c'est ce qu'on ne conçoit que trop aisément; mais qu'une nation, qui se pique d'èlrn philosophe et politique; qu'un peuple, accoutumé depuis deux siècles à décider de ses propres inlérêls, conserve toujours celte folle prétention à un commerce conquérant et: exclusif; qu'aveuglé sur ses véritables intérêts il sacrifie encore à cette vaine idole , c'est ce qui me par.iît encore plus surprenant , et en même temps plus affligeant, parce que l'esprit des conseils rliaugc Lien plus aisément ipir les préjugés populaires.

Dispensons-nous de rappeler aux Anglais que tout trafic, qui n'est pas fondé sur un lihre échange des denrées, n'est pas commerce, maïs tribut; (|uc le négoce ne peut avoir d'autre objet que de procurer à une nation plus de subsistances et une plus grande variété de consommations ; que , pour remplir cet objet, il doit être étendu, et que par conséquent il ne peut être fondé sur la doniinnlion, parce que toute domination trop étendue doit tomber tôt ou tard, et entraîner le commerce dans sa chute : ces avis et ces remontrances seraient superllus; une lettre d'Amérique leur en dit plus que nolic phi-

losophie; mais, avant d'aller plus loin, il ne sera peut-être pas inutile de faire ici quelques observations sur ces préjuges qui ont perverti jusqu'à présent le meilleur emploi de l'industrie humaine.

'Nous sommes dans le siècle de la métaphysique. Depuis que la mode passagère de ta géométrie est venue débrouiller l'ancien chaos de la discussion, l'ordre et la méthode se sont mis en vogue. On n'a plus écrit sur la politique sans remonter jusqu'à l'origine des sociétés. Une famille s'augmente, se divise , se subdivise , etc. etc. , et Ton suit cette belle progression jusqu'à ce qu'on soit arrivé à une question particulière, très éloignée du point d'où l'on est parti. S'agit-il de commerce , on suppose trois propriétés, trois îles, si l'on veut, dont l'une produit du blé , l'autre du vin , l'autre du chanvre , etc. ; et l'on développe ainsi l'origine de toute chose, à peu près comme le philosophe de Moljère iàit connaître les voyelle's à un disciple de quarante ans : Avocat, passons au déluge; ce déluge, c'est la confusion de toutes choses , le renversement de tout principe, suite funeste des erreurs, des passions, des crimes et de la folie des hommes. Pendant long-temps on n'a travaillé à la chimie que pour avoir de l'or. Les Espagnols n'ont cherché des terres inconnues que pour y trouver de l'or. Les Anglais n'ont attaqué les colonies des Espagnols que pour leur prendre leur or. Cherchons donc les faits, non dans les abstractions métaphysiques, dans les

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discours prcUniinaiies, dan.s les introductions, etc., mais dans l'Iiistoire, et surtout dans les nuteurs qui l'ont écrite sans intention, et qui ont, ponr ainsi dire, traitf les matières sans le vouloir.

Le commerce des modernes, comme nous Pavons dit plus Itaut, ne s'est point établi pour favoriser la communication des denrées, ou pour faciliter les échanges; il est né de l'avarice; il s'est élevé au milieu des fureurs de la guerre et de racitarnement des haines nationales; il a pris, dès son principe, l'esprit d'exclusion et de domination, et il ne l'a que trop conservé do nos jours : Prima mali lahes. Il faut connaître ce mal pour le guérir; il faut en démêler l'oritjine , et redoubler nos efforts poui" tourner au profil de la raison cet ouvrage de nos passions. Un grand point, c'est que l'or et l'argent soient lombes en discrédit, ou , pour mieux m'expliquer, que les mines et le faible commerce qu'elles produisent soient appréciés à leur juste valeur. Mais si quelques Anglais ( je connais trop l'esprit tranibition et de convoitise qui règne encore dan» celte nation , pour dire les Anglais en général ) ; si quelques .\nglais donc méprisent les mines du Brésil et du Pérou , ils on t encore un terrible attrait pour ces galions dont la prise fait une vérit:dtle fortune au particulier , et présente au public le fantôme d'une richesse passagère : Âiiri sacra fumes L.. Eh! sans cliercher ces dangereuses acquisitions, qu'ils partagent leurs communes, qu'ils assimilent

ue 1 exclusif ec ae lagranai paraissent avoir adopté , dep principes plus raisonnables ; i à toutes les nations : « Désab « votive puissance ou de votn a enluminées; gardez-vous sui a vous ces traités de commer « traités de paix que pour les « comme les vers rongeurs s'a <c européens, lorsqu'ils reviei tt ou si vous êtes obligé de pr a gemens réciproques, qu'ils <c base ; que toutes les nations « ment. Songez^moins à avoir 1 (c que les richesses par la paix, a serves de droits et de préfère (c liberté, tout renaîtra, tout

' Quoiqu'on ait déjà partagé et munes en Anirletpm» -i —

a lions ayant toutes une grande quantité de pro- « ductions avec une grande variété de besoins, le a commerce ne sera plus fondé que sur le bonheur « général. »

Nous avons exprimé nos vœux, annonçons nos espérances. Elles portent toujours sur les progrès de la raison humaine; mais comme les événemens politiques accélèrent ou retardent considérablement rette marche , naturellement lente et timide , nous observerons que la guerre dernière, ou plutôt la paix dont elle a été suivie , doit avoir une si grande influence sur l'avenir, que, notre postérité la regardera peut-être comme l'époque d'une révolution mtéressante. Toute paix qui laisse les choses où elles étaient avant la guerre , ne doit être regardée que comme une trêve ou une suspension d'armes. La raison en est bien simple. Chacun avait un objet; cet objet a reçu encore plus d'importance par les efforts qu'il a excités; on s'y est encore plus attaché. Instruit par l'événement, on se croit assuré de prendre de meilleures mesures ; les dispositions sont donc les mêmes , et le feu reste caché sous la cendre. Telle a été la paix d'Aix-la-Chapelle. Les Anglais ayant pris l'île Royale , et les Français Madras , les premiers ont regretté de n'avoir pas conquis tout le Canada , et les derniers de n'avoir pas détruit les établissemens anglais sur la cote de l'Inde. Une armée formidable , encouragée par la présence de son roi, et dirigée par un excellent général, avait

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employé quatre campagnes à s'emparer des villes de Flandre. On se flatta à Londres qu'une autre fois avec de meilleurs généraux, plus d'accord, plus de vigilance , on défendrait mieux la Flandre , tandis que par d'autres conquêtes on se procurerait plus aisément la restitution de ce qu'on y aurait perdu. D'un autre coté , les Français, malheureux en Italie, se rappelaient que sans les échecs de Plaisance et d'Asti , il leur aurait été facile d'y donner la loi; les esprits fermentaient encore. Au premier prétexte de rupture, les projets, les plans d'agrandissement étant prêts de part et d'autre, on reprenait la partie où on l'avait laissée.

Il n'en a pas été de même de la paix de 1762. Les pertes considérables que nous avons faites dans nos colonies, nous avertissaient, pour la première fols ' , de porter notre attention de ce côté-là, tandis qu'une expérience malheureuse nous enseignait à prendre des précautions plus sûres, pour ne pas laisser rallumer une guerre dont le succès est incertain , et dont les désastres sont irréparables. D'un autre côté , le présent dangereux que nous avons £iit aux Anglais, paraît avoir éloigné doublement les sujets de rupture , en détruisant toute contesU-

' Je dis ponr U première fois , parce qu'il est tr^ lAi qne, ilu temps du Louis xiv, les sacrifices faits à la paii d'Utrecht ne furent pas regardés comme des pertes véritables, l'établissement de Philippe v ayant passé «lors pont un dédommagement plus que suffisant.

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lion sur les limites , et en inspirant aux Américains une sécurité qui les conduit à l'indépendance.

Nous nous abstenons de former aucun pronostic sur les événemens qui se préparent au-delà des mers. Peut-être pourrions-nous nous applaudir de voir la guerre exercer ses fureurs dans des climats si éloignés; mais il faut se réjouir de son sommeil, et non pas de son absence. Quand elle est une fois en activité, elle franchit aisément les espaces. Cependant nous observerons que toutes les guerres ne sont pas contraires au bien de Thumanité, comme toutes les maladies ne sontpas contraires à l'individu qu'elles attaquent. Dans l'un et dans l'autre cas, il peut s'opérer une crise favorable , qui guérisse des maux antérieurs , et amène un état de santé robuste et permanent. Ce que tout philosophe doit désirer, c'est que l'issue de la guerre présente soit telle, que l'Amérique continue à se peupler et à se perfectionner; car la raison, la législation, et le bonheur qui en résulte, ne sauraient acquérir trop de surface sur ce globe où tout se tient, tout se correspond par une chaîne, tantôt appai^ente, tantôt cachée. Quant à l'Asie, si je considère nos mauvais succès comme un grand malheur passé, je ne puis m'empêcher de regarder la démolition de nos remparts à Pondicliéri , l'extinction de nos anciennes prétentions dans l'Inde , et surtout l'abolition du privilège de la Compagnie des Indes, comme un grand bonheur pour Je présent et pour l'avenir. Les Anglais, devenue

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