‹ De la félicité publique; ou, Considerations sur le sort des hommes dans les différentes epoques de l'histoireChapitre 46 sur 49 · I>E LA FÉLICITÉ · texte numérisé non relu

I>E LA FÉLICITÉ

Cependant on peut insister et demander comment avec une intention si louable de la part de tous les gouvernemens , il s*en trouve encore de tyranniques et d'oppressifs. On n'alléguera pas les états despotiques, parce que le despotisme n'est pas un gouvernement; mais on me citera des monarchies, des républiques même, qui , par système , tiennent dans l'abaissement et l'oppression les peuples qu'elles ont soumis. Pourquoi , me dira-t-on , les Irlandais n'ontils pas les mêmes privilèges que les Anglais ; les habitans du firabant hollandais, que ceux des Provinces-Unies? Pourquoi voit-on en Allemagne, en France, l'obligation du service militaire, le travail pénible des corvées , l'abjection , l'avilissement de différentes classes de citoyens altérer cette propriété

s\ nécessaire des biens et des personnes ? Eli! ne

voyez-vous pas que tout gouvernement vient de la force ? que tous les peuples du monde ayant été en proie à des guerres extérieures ou à des guerres civiles , la force a seule terminé côs débats ? Lorsque les efforts ont été balancés , il en est résulté de véritables traités de paix , c'est-à-dire des arrangemens faits à l'avantage de toutes les parties contractantes, qu'elles ont toutes intérêt de maintenir; telles sont les bonnes et sages constitutions : mais quand la force , ne trouvant pas d'obstacles , ou les ayant tous surmontés, a voulu s'assurer ses propres succès, il s'est fait des espèces de pacifications, que je n'appellerai pas des traités , et qui ressemblent plutôt à

PUBLIQUE. a75

des capitulations , parce qu'elles ont été dictées par le vainqueur : c'est ainsi que les Anglais après avoir conquis l'Irlande , et après y avoir apaisé plusieurs révoltes , n'ont eu pour objet que d'y dicter des lois conformes à leurs intérêts , et propres à perpétuer l'avantage qu'ils avaient sur elle au moment de la pacification. Il en est arrivé de même à l'égard du Brabant bollandais , du pays de Vaux , etc. Un long intervalle de calme et de tranquillité, une soumission éprouvée, ont changé l'état des choses, sans changer les lois et les constitutions; et tel est le grand obstacle à la félicité publique, que tout ce qui est participe de ce qui a été.

C'est une vérité dont les auteurs, tant moralistes que politiques, n'ont pas été assez convaincus. Que de lumières elle eiit répandues sur leurs ouvrages! Sans doute ils auraient absous la raison humaine de bien des erreurs qui lui ont été imputées; ils auraient résolu bien des problèmes qui leur ont paru insolubles. J'en citerai quelques exemples, seulement pour avertir le lecteur , et le mettre sur la voie ; car on ne peut pas tout dire, et il arrive assez communément que celui qui ne devme rien, n'entend rien non plus.

Pourquoi dans les états purement militaires le peuple est-il plus opprimé qu'ailleurs? C'est que la force conservatrice ayant toujours été dirigée vers

l'r»vfror«ioiin 1'» liKi^rfo In r\rr\r»iM*»t*» Mil r»ltrtVf*n . Ont

ic : î^.3H*"ji3 malade ne craint pas la i

, ... . , mort.

Pourquoi les peuples

puis long-temps sous un

■ '"j^GV- fl? ' n'ont-ils pu jusqu'à prési

i'T' ''4|Î'V' % ""''* même réclamer ia li

„it"« ■ 'r--^':'"'. . esclaves sont toujours ti

j 1 jî ' f : . que plus les peuples sot

^ ; dtvidus pour représente!

^ ^ petite armée, un petit m

pour les contenir. Or, I

' s' étant toujours concent

la force n'alternimtjamais

ou d'un coi-ps de ti'oupi

résulter assez d'équilibre

^ de paix, ou, si l'on veut

Pourquoi le pouvoir

toujours augmenté jusqi

gouvernement féodal ay

■ii; ■ ,'' /"■''(■ ; barbare, le peuple opp

classe du peuple , se contentèrent de demander défense et protection, et ne stipulèrent rien pour eux. D'un autre coté, pourquoi le bas peuple en France est-il plus pauvre, plus malheureux qu'ailleurs? c'est que nos paysans ne sont que des serfs affranchis; c'est qu'ils ont la plus grande part possible aux charges publiques et la plus petite dans l'administration ; c'est qu'il existe parmi nous des privilèges odieux , des distinctions funestes entre propriétaire et propriétaire, qui font retomber sur eux seuls l'obligation de la milice , la confection des chemins, et toutes les dépenses publiques, comme logement de gens de guerre, maréchaussées, haras, etc. On a raison, sans doute, de se récrier contre le poids des impôts et l'arbitraire de leur répartition; cependant tout cela ne fait pas qu'en France un journalier se contente de gagner quinze sous par jour, tandis qu'il en demande quarante en Angleterre. La véritable raison est que le premier se fait payer comme un homme, et le second comme un citoyen. Ainsi les malheurs publics viennent bien moins des erreurs présentes que des erreurs anciennes, et c'est injustement qu'on se défie de la raison humaine, dont les progrès auraient un effet plus rapide , s'ils n'avaient à combattre des habitudes et des préventions , toutes nées , toutes formées dans des temps d'ignorance. '

qui nous reste à éviter , c la métaphysique en matîi même sur toutes sortes d'i questions les plus importai vernement , sur les droits ont été agitées. Ici on a vo vernement de l'autorité pat la mort du père de famille , une loi qui soumît les frères à l'un d'entre eux. Ailleurs , social; comme si cet acte s les femmes qui n'y ont auc pour qui on a stipulé. Que le gouvernement est la fore

II SOUS- En Hollande, où le j tique , il gagne trois fois aula preuve de l'influence que l'opin salaires? ANaples, oii l'état de i

dans la société? qu'il est bon et juste , lorsqu sant dans cette vue unique , il n'est que Texprc de la volonté générale, ou du moins de celle di grand nombre? En effet, qu'est-ce qu'un ce s'il n'existe une force pour le faire exécuter, et ( sera cette force qui décidera entre le gouverne et le peuple ?

Toute constitution ne peut se maintenir qu l'équilibre des forces dans les différentes partit la composent , ou par l'intérêt général qu'on ti à la conserver. Au moment présent , tous les consultes, tous les politiques les plus habiles se dent dans la discussion eles droits epie récla les Américains. On dit, on répète à ceux-ci : « « êtes établis en vertu de chartes particulières « nées ele la couronne, et ces établissemens « jamais été regardés ejue comme une émigr « tolérée, ejuelqucfois même encouragée pour l'j ce tage ele la métropole ; » mais ils réponelent : « « sommes des Anglais, des citoyens; nous i « porté cette ejualité avec nous en passant les n c< et nous n'avons pas perdu nos premiers droi « devenant des citoyens plus utiles.» Nul tril: qui ne fut embarrassé de décieler cette ques Mais quoi! la force est en action; elle se conij: et se partage; tôt ou tard un traité de paix su et alors les Américains auront une constitution.

publics et fatigué des guer dans les conséquences de chant toujours i'ortgine à'v siste que dans la force , il illimitée , et ne résider que c Harrington,quï lecombatti pouvoir placer la force de la multitude , et pénétré ài ne sont rien sans les arme blique toute guerrière, oii des soldats, le^ membres c taines, des colonels *. Pou tiques et moins subtils , no une véritable puissance da meilleur gouvernement sers d'influence; de sorte que s peuple est sujet k agir pa d'inconséquence que d'enti

cratie soit sujette à dégénérer dans une oligarchie tyrannique, et que la monarchie penche toujours vers le despotisme, nous aurons une nouvelle justification de nos principes, et nous dirons que les constitutions mixtes n'ont tant d'avantage sur les autres, quelque complexes qu'elles paraissent, que par cette seule raison , que , réunissant plus d'équilibres et de contrastes, elles ressemblent plus à un traité de paix , qui est le véritable exemplaire du

gouvernement.

Combien nos opinions ne sont-elles donc pas éloignées de celles qu'ont avancées , avec peu de succès h la vérité, certains demi-politiques modernes, qui, séduits comme le philosophe anglais, par de vains sophismes sur l'unité et la plénitude de la puissance, ont osé décrier tous les contre-poids et tous les pouvoirs intermédiaires que le sage Montesquieu avait préconisés ? Nous croyons au contraire que l'impression immédiate d'une volonté instantanée, fut-ce celle d'un peuple entier, n'est jamais conforme à la nature essentielle de la législation. Il est inutile sans doute de discuter les idées frivoles sur lesquelles ces systèmes singuliers ont été appuyés. Jn despotisme légal dans un individu soumis à lutes les passions, ou dans une multitude plus pasonnée encore ! La force de l'évidence , parmi des tions qui ont discuté depuis cent ans les questions plus importantes, sans qu'il en soit encore rélé une opinion générale ! Croira-t-on jamais que

que l'emploi de la raison long espace de temps , r qui ne cessent d'être in^ cessent d ttre intéressant que telle est l'importance poids dans le gouverner mieux vivre dans une mo ménages et toujours en a vernement démocratique grand nombre aurait un En effet, si vous suppos rangs et les fortunes soie il n'y a pas besoin de gouv n'ayant rien à envier ni h ] comme cet état de chose ne pas durer , il arrivera tôt attaquée , que les rie la multitude jusqu'à ce q clients, et qu'ils puissent

*{ue convention, quelque compromis, il y aura dèslors mélange d'aristocratie et de démocratie, équilibre de pouvoir, surveillance mutuelle ; enfin , un gouvernement mixte. Or , comme il est bien sûr qu'aucun homme raisonnable et éclairé ne préférera jamais le despotisme, quand même il s'intitulerait despotisme légal ou despotisme de l'évidence, il nous paraît suffisamment prouvé que la plénitude du pouvoir, soit dans un seul homme , soit dans l'assemblée du peuple, ne peut jamais former une constitution politique, et que tout bon gouvernement représentera toujours un traité de paix , avec un équilibre de forces nécessaire pour en maintenir l'exécution. Que s'il arrive quelquefois que les forces de contrepoids ne soient pas sensibles et apparentes, elles n'en existent pas moins dans le fait. Souvent elles ne consistent que dans les opinions, dans les habitudes, dans les richesses, dans les besoins mutuels. Souvent même elles paraissent en plus grand nombre d'un coté que de l'autre; mais, en moral comme en physique, un équilibre rigoureux est difficile à trouver; et jusqu'à ce que les balances soient parfaitement compensées, elles doivent toujours osciller.

Peut-être ai-je trop insisté sur ces réflexions; peutêtre paraîtrai-jc avoir encore échappé cette fois-ci à ces lecteurs empressés de trouver des opinions toutes faites, des opinions bien tranchantes, bien prononcées , qu'on puisse rejeter ou adopter d'une façon péremptoire. Ils se plaindront sans doute de

dant si- l'on veut semées que dédui vera :

i"- Que la natu

de tous les êtres d

vation et de leur i

2". Que rhomm

8 est dérobé à cette

tôt trouvé trop de

il a été exposé à Ve

3°. Qu'il paraît t

de le rendre heurei

plan général de la r

entre l'activité et la

4". Qu'une autre

de l'espèce humaine 1

a établi une grande

de peuple à peuple,

Cuerre et « r'«„^

PUBLIQUE. a85

progrès le plus qu'il est possible ; parce que c'est au terme seul que peut se trouver Tégalité.

6^. Que la guerre ayant été le premier effet de l'inégalité des forces , elle a été le principe de tous les établissemens politiques , et que c'est à elle qu'il faut rapporter les premiers rudimens des sociétés et des gouvernemens.

7*^. Que si l'attaque et la défense ont été l'objet des premières associations, et la pacification intérieure et extérieure, celui des premières lois, il en résulte que toutes les constitutions politiques doivent être regardées comme des traités de paix.

8. Que les meilleurs gouvernemens sont ceux qui , offrant le plus de contre-poids, peuvent être comparés à des traités entre puissances égales, après» lesquels il reste des forces et des intérêts suffisans pour les maintenir.

9°. Que le gouvernement des peuples subjugués et opprimés ne représente qu'une espèce de capitulation que le plus fort a accordée au plus faible ; que ce gouvernement devient vicieux, lorsque les circonstances ont changé, et qu'il est à propos que la législation change avec elles.

lo**. Que c'est une vérité importante, que tout ce qui est participe de ce qui a été : de sorte que la plupart de nos régimes modernes rapportant leur origine à des siècles barbares et à des époques malheureuses, où la violence et l'usurpation exerçaient

la". Qu'il y a donc tou lumières; (ju'elles ont an rem journellement le son loin d'avoir i envier les sic nous regarder comme bea les anciens, vérité qui a él dont le véritaUe Utre est, sidénuions sur U son de', notes époques de fHislo,

Page 1