RECHERCHES SUR LA. LOCALISATION DES MATIÈRES COLORANTES DES FEUILLES
Dans les études dont ce chapitre résume les conclusions principales, je me suis proposé de déterminer à quelles dispositions anatomiques les feuilles offrant des teintes autres que le vert devaient leur coloration spéciale. Les feuilles présentant des parties blanchâtres, feuilles dont la culture ornementale tire un si grand profit, m’occuperont tout d’abord; à leur suite se placeront les feuilles qui présentent une coloration normale rouge, rose, etc.; enfin j’aurai «à m’occuper des feuilles qui n’offrent une teinte spéciale que dans les premiers temps de leur existence ou, au contraire, vers la terminaison de celle-ci (colorations vernales et automnales).
Je crois utile de donner, à la suite de la description des feuilles normalement colorées, quelques détails relatifs à la localisation des principes colorants dans divers calyces et corolles également colorés, de façon à ce qu’on puisse comparer, sous ce rapport, ces différents organes.
A. — Feuilles présentant des parties blanchâtres.
(Planche I.)
1. Aucuba Japonica. — Ses feuilles offrent des taches blanchâtres passant d’une face à l’autre de la lame : dans les parties vertes
on remarque que toutes les cellules renferment de nombreux grains de chlorophylle en même temps qu’un liquide verdâtre; dans les parties blanches, au contraire, ces mêmes cellules ne contiennent plus que des grains plus petits, à peine glauques et peu abondants.
2. Ligustrum japonicum variegatum. — La coupe de la feuille montre que le parenchyme correspondant aux bandes marginales blanchâtres ne renferme que des grains incolores, tandis que partout ailleurs ses cellules contiennent de la chlorophylle, sauf l’assise confinant à l’épiderme supérieur, laquelle offre toujours ses cellules vides.
3. OEgopoclium Podagraria var. — Les feuilles présentent des zones blanches et vertes: leurs deux épidermes sont formés de grandes cellules tabulaires et vides; quant au mésophylle, ses cellules renferment de la chlorophylle dans les parties vertes, et des grains incolores ou légèrement glauques dans les parties blanchâtres.
4. Codiœum (Croton) variegatum. — Les feuilles de cette plante ornementale sont verdâtres avec des lignes blanchâtres assez régulièrement espacées et perpendiculaires à la nervure médiane; l’examen comparatif de la structure de ces parties montre que les cellules du mésophylle vert renferment de très-nombreux grains de chlorophylle, tandis que dans les parties blanchâtres elles ne contiennent que quelques grains incolores ou à peine glauques.
3. Pulmonaria officinalis. — L’aspect de ses feuilles est trop connu pour qu’il soit nécessaire de le rappeler : ici encore, les parties blanches diffèrent des parties vertes en ce que les cellules du mésophylle ne contiennent qu’un très-petit nombre de granules faiblement verdâtres.
6. Peperomia ( spec . var.). — Feuilles cordiformes verdâtres, marquées de zones blanchâtres; dans celles-ci, grande diminution des grains de chlorophylle.
7. Tradescantia zebrina. — Feuilles lancéolées veinées de vert et de blanc. Dans cette plante, comme chez la précédente, l’examen anatomique du mésophylle étudié dans ses diverses zones montre que les cellules situées dans les zones blanchâtres ne renferment que peu de grains de chlorophylle.
Coprosma ( spec. var.). — Dans les parties blanches de la feuille, les cellules du mésophylle ne contiennent que des grains incolores et des cristaux.
Mentha piperita (var.). — Ici encore, absence totale de matière verte dans les cellules du mésophylle correspondant aux parties blanchâtres.
Iris fœlidissima villata. — Longues feuilles veinées de blanc; dans ces dernières zones, les cellules du mésophylle ne contiennent qu’un petit nombre de grains incolores.
B. — Feuilles normalement roses , rouges, violettes, ou présentant normalement des lignes ou des points marqués de ces couleurs.