PLANCHES II ET III
l ro section : Feuilles •présentant une teinte générale rougeâtre.
1. Perilla nankinensis. — Les feuilles rouges montrent les éléments de leur mésophylle contenant une assez grande quantité de granules chlorophylliens, tandis que les cellules des deux épidermes renferment un liquide d’un rouge violacé qui donne à la plante sa coloration.
L’acide acétique avive cette couleur qui devient alors d’un beau rouge; sous l’influence de l’ammoniaque, la matière colorante devient au contraire brune, puis verte.
2. Fagus sylvatica (var. purpurea ). — Les feuilles du Hêtre pourpre présentent un liquide rouge dans l’intérieur des cellules de leurs deux épidermes, mais cette coloration n’est pas générale, certaines cellules épidermiques ne contenant pas de liquide rouge; celles-ci sont alors vides.
3. Achyranihes W erse ha ffeltii. — Les feuilles offrent une coloration rose générale; les cellules des deux épidermes sont remplies d’un liquide rose violet qui parfois même semble se répandre dans le parenchyme, apparence peut-être simplement due à la déchirure des éléments épidermiques.
Les cellules du mésophylle renferment de la chlorophylle et parfois
aussi cetle dernière matière se retrouve dans les poils obtus et recourbés qui se voient à la face inférieure,
4. Betta vulgaris (var. purpurea). — Dans la feuille qui est rougeâtre, on remarque que les deux épidermes renferment dans leurs cellules un liquide rouge violet dont on ne rencontre que très-rarement quelques traces dans le mésophylle.
5. Berberis violacea. — Les deux épidermes présentent un liquide
rose violacé dans leurs cellules. .
2° section : Feuilles colorées sur une seule face.
1. Strobilanthes Goidfussia (var. Sabiniana ). — La feuille est rougeâtre inférieurement; les cellules de l’épiderme supérieur sont vides, tandis qu’un liquide rouge remplit celles de l’épiderme inférieur et peut, par leur rupture, se répandre dans le parenchyme sousjacent.
2. Ricinus sanguineus. — Les feuilles du Ricin pourpre ne sont colorées que sur leur face supérieure ; or c’est également dans les cellules de l’épiderme supérieur que se trouve localisé le liquide coloré.
3. Bégonia rex. — Cette belle plante ornementale forme à peu près le passage entre cette section et la suivante, car si sa face inférieure est seule colorée en rouge d’une façon générale, on retrouve cette teinte sur certains points de la face supérieure, en particulier vers les nervures et les bords. Le liquide rose est d’ailleurs uniquement localisé dans les cellules de l’épiderme inférieur et dans celles de l’épiderme supérieur correspondant aux macules et bords rouges.
Sous l’influence de l’ammoniaque, la matière colorante vire au brun bleuâtre; on obtient cet effet plus rapidement en faisant agir d’abord l’éther, qui dissout une matière grasse déposée à la surface de la feuille, puis l’ammoniaque.
3* section : Feuilles offrant des lignes ou des marques de couleur rouge, etc.
1. Orchis maculata. —La feuille de cette Orchidée présente, sur sa face supérieure, des taches purpurines ou d’un violet foncé, taches
qui s’affaiblissent ou disparaissent même complètement quelque temps après la floraison. Ces taches sont dues à l’existence d’un liquide pourpre ou violet renfermé dans les cellules de l’épiderme supérieur.
Les divers réactifs agissent ainsi sur cette matière colorante :
Eau : ne produit d’abord aucun effet, puis décolore la feuille, tandis qu’elle prend elle-même une teinte violette.
Ammoniaque : la coloration vire immédiatement au bleu verdâtre, puis pâlit et disparaît en peu de temps.
Éther ammoniacal : même action que l’ammoniaque.
Éther : décolore la feuille, qui prend une teinte générale d’un vert jaunâtre.
Alcool : la feuille devient uniformément verte.
Acide acétique : la matière colorante vire immédiatement au rose vif.
Huile: aucune action.
J’ai fait sur les feuilles, souvent tachées de violet, des Orchis mascula et latifolia des observations identiques à celles qui se rapportent à l ’Orchis maculata.
2. Pélargonium zonale. — Les lignes ou zones colorées y sont dues à la présence d’un liquide violacé qui se trouve contenu dans les cellules de l’épiderme supérieur, les utricules du mésophylle renfermant seulement des grains de chlorophylle et des cristaux.
3. Cissus marmorata. — Les cellules de l’épiderme inférieur présentent un liquide couleur lie de vin ; quant à l’épiderme supérieur, qui est relevé en dents assez aiguës, ses cellules contiennent un liquide rosé. La préparation étant placée dans l’eau commune, on ne tarde pas à voir les cellules de l’épiderme inférieur virer au bleu pur.
Ammoniaque : fait immédiatement passer la coloration au bleu foncé.
Éther ammoniacal : même action.
Acide acétique : avive la teinte rose, puis finit par la faire disparaître.
h. Passiflora kermesina. — Les taches colorées sont dues à un liquide violet ou violacé contenu dans les cellules épidermiques ; ce
liquide prend immédiatement une teinte bleue verdâtre sous l’influence de l’ammoniaque.
Les cellules épidermiques sont vides dans les parties de la feuille qui ne présentent pas une coloration spéciale.
5. Canna (discolor?). — Les grandes feuilles verdâtres offrent une coloration rose sur leurs bords et leurs nervures ; en ces points on trouve les cellules des deux épidermes remplies d’un liquide violet.
Le mésophylle présente cette particularité, que les assises immédiatement sous-jacentes aux épidermes sont formées de grandes cellules qnadrangulaires et vides.
6. Calladium discolor. — A la face supérieure de la feuille, on constate que les nervures sont colorées en rose, et que des zones de même couleur s’étendent dans leur intervalle ; dans les parties ainsi teintées on observe que les cellules de l’épiderme supérieur renferment un liquide rose, tandis que ces mêmes cellules sont vides dans les parties de la feuille où la couleur verte se montre seule.
7. Sedum Telephium. — Les feuilles épaisses et charnues de l’Orpin sont verdâtres, avec des bords rosés ; souvent même on remarque que cette coloration s’étend vers le milieu de la feuille. Dans ce cas, les deux épidermes renferment un liquide violacé dont la teinte présente une intensité qui varie suivant la coloration de la feuille ellemême.
8. Hibiscus Cowperii. — Dans les feuilles vertes et roses de cette Malvacée, on retrouve encore le liquide rose remplissant les cellules épidermiques dans les points qui correspondent aux parties colorées.
9. Oplismenus imbecillis. —Les feuilles présentent des bords roses circonscrivant une lame parcourue par des bandes longitudinales blanches et vertes. Voici le résultat de l’examen anatomique de ces diverses parties :
Parties roses : cellules de l’épiderme supérieur et de l’épiderme inférieur contenant un liquide rose ; cellules du mésophylle remplies de chlorophylle.
Parties vertes : cellules épidermiques vides, cellules du parenchyme remplies de chlorophylle.
Parties blanches : cellules épidermiques vides, cellules du mésophylle contenant des grains incolores.
Coleus Vershaffeltii. — Dans les parties colorées, les épidermes et les poils renferment un liquide violacé ; ailleurs les cellules épidermiques sont vides.
Calyces et corolles diversement colorés.
1. Fuchsia coccinea .— a. Calyce. — La coloration rouge paraît plus intense à la face inférieure ou externe des sépales qu’à leur face supérieure ou interne; le liquide rosé est contenu dans les cellules épidermiques.
Voici l’action des réactifs sur ces sépales :
Eau : action nulle.
Ammoniaque : fait virer au violet la teinte rouge puis la fait disparaître; l’ammoniaque prend alors une coloration brunâtre.
Éther ammoniacal : produit une coloration violette, puis décolore rapidement le tissu.
Éther ; décoloration immédiate.
Alcool : décoloration immédiate.
Acide acétique : d’abord aucun effet, puis décoloration de la feuille, solution rose.
b. Corolle. — La matière colorante, violette dans la variété examinée, est localisée dans les cellules épidermiques.
Eau : aucun effet.
Ammoniaque : coloration bleu foncé.
Acide acétique : avive la teinte violette qu’il fait passer au rose, puis décolore la feuille; solution rose.
2. Punica Granatum. — Dans le calyce, comme dans la corolle, la coloration rouge est due à un liquide contenu dans les cellules des deux épidermes ; on remarque que les cellules de l’épiderme supérieur des sépales sont moins vivement colorées que celles de l’épiderme inférieur.
3. Althæa rosea. — Un liquide rosé remplit les cellules épider-
miques, lesquelles contiennent parfois aussi des grains de chlorophylle.
4. Centaurea Cyanus. — Une coupe menée à travers la lame du pétale montre que les cellules de l’épiderme inférieur renferment un liquide bleuâtre.
5. Campanula Medium. — Toutes les cellules de l’épiderme supérieur du pétale présentent un liquide bleu violacé qu’on retrouve aussi dans les utricules de l’épiderme inférieur, mais non plus d’une façon aussi générale, un certain nombre de ces dernières étant vides.
6. Aconitum Stærkianum. — Les deux épidermes du calyce pétaloi'de renferment, dans leurs cellules, un liquide bleuâtre.
7. Calendula officinalis. — Les pétales montrent dans les cellules de leurs deux épidermes des grains jaunâtres et souvent assez gros; ces cellules contiennent parfois des grains brunâtres ou sont même complètement vides.