C . Feuilles automnales rouges
1. Clayera Japonica. — La feuille, assez charnue, est d’abord verte; l’examen anatomique y montre alors les cellules du parenchyme remplies de grains de chlorophylle ; puis, vers le mois d’août, les feuilles prennent une teinte rougeâtre très-prononcée. Le microscope montre alors, dans tous les utricules du mésophylle, des grains incolores et, en outre, dans les cellules en palissade voisines de la face supérieure, un liquide rougeâtre qui donne à la feuille sa coloration automnale.
2. Ampélopsis quinquefolia. — La feuille verte de la Vigne Vierge présente de la chlorophylle dans tous les éléments de son parenchyme ; mais lorqu’elle a pris la teinte rouge que chacun a pu observer vers la fin de l’été, on constate que l’assise de cellules en palissade, situées sous l’épiderme supérieur, renferme un liquide rouge y coexistant avec des grains incolores, tandis que ceux-ci existent seuls dans les autres assises du mésophylle où ils présentent parfois encore une légère coloration verdâtre. (L’observation a été faite au commencement d’août).
3. Cerusus avium. —La feuille automnale est rougeâtre et son examen anatomique montre que la matière colorante est encore localisée dans les éléments du mésophylle.
4. Ribes aureum. — La feuille automnale rougeâtre présente également le principe colorant localisé dans le mésophylle.
5. Ficus elastica. — La feuille rougeâtre contient dans les cellules
en palissade, voisines de la face supérieure, un liquide rouge qui s’y montre en même temps que des grains de couleur glauque ; ceux-ci existent seuls dans les autres parties du mésophylle.
Les recherches précédentes peuvent se résumer ainsi :
a. — Dans les feuilles dont certaines parties offrent une coloration particulière et blanchâtre, on constate que les cellules du parenchyme qui correspondent à ces points ne renferment que des grains incolores ou légèrement glauques, tandis que les cellules du parenchyme vert contiennent de nombreux grains chlorophyllins ; on peut dire qu’ici il y a décoloration et non coloration.
b. — Dans les feuilles à coloration vraie, normale ou pérenne, le principe colorant semble être constamment ou presque constamment localisé dans les cellules de l’épiderme, probablement déchirées dans les cas très-rares ( Strobilanthes , Achyranthes , etc.) où cette matière a été vue dans les cellules du mésophylle (1).
c. — Si dans une même feuille ( Oplisnemus ) il existe à la fois des parties vertes, d’autres blanches et d’autres roses ou rouges, on constate que les cellules du mésophylle contiennent, dans le premier et le troisième cas, des grains chlorophyllins ; dans le second, des grains incolores, taudis que les cellules épidermiques, vides dans le premier et le deuxième cas, renferme un liquide rosé dans le troisième.
d. — Dans les calyces et corolles colorés, les matières colorantes sont localisées dans les cellules épidermiques.
e. — Les colorations vernales sont dues, comme les colorations pérennes, comme celles des fleurs, à des dépôts formés dans les cellules épidermiques.
f. — Dans les colorations automnales, le principe colorant se trouve, non dans l’épiderme, mais dans les cellules du mésophylle.
g. — La teinte brune ou « feuille morte » s’étend jusqu’aux tissus eux-mêmes.
(1) Le Chou Rouge, étudié par M. Morren, semble faire exception à cette règle; mais le principe colorant n’y est pas toujours limité aux cellules du mésophylle, comme l'a pensé ce savant, car les éléments épidermiques en contiennent aussi.