CHAPITRE II
Dü RÔLE DE LA FEUILLE DANS LA NUTRITION GÉNÉRALE.
La feuille concourt à assurer l’existence de la plante entière, avec une telle activité et d’une façon tellement immédiate, que les botanistes et les physiologistes ont dû naturellement consacrer à l’étude des fonctions de cet organe une longue série de recherches, dont les résultats fort intéressants sont parfois assez peu comparables entre eux, de telle sorte que c’est une tâche difficile que de résumer d’une
(1) Ledeganck, Recherches histo-chimiques sur la chute automnale des feuilles (Bull, de la Soc. Bot. de Belgique , t, X, n° 3, p. 133. — Bull, de la Soc. Bot. de France t. XIX, 1872, p. 222).
façon générale et cependant suffisante, les données acquises actuellement à la science sur ces importantes questions.
Sans entrer ici dans les détails de l’étude des sucs nourriciers considérés dans leur origine et leur composition, je rappellerai que la sève brute, absorbée par les racines, chemine par les éléments du corps ligneux jusqu’aux feuilles dans lesquelles elle se trouve distribuée dans toute l’étendue de l’organe, grâce aux vaisseaux et aux cellules allongées des nervures. Elle y perd une grande partie de son eau et s’y trouve soumise à des phénomènes respiratoires sous l’influence desquels elle se trouve profondément modifiée, y prenant les caractères qu’on connaît à la sève descendante. Indiquer le rôle physiologique de la feuille, c’est donc aussi exposer en partie le mécanisme des phénomènes de respiration et de transpiration, ce que je vais tenter défaire, d’une façon nécessairement très-résumée.
A. — Phénomènes de transpiration.
On peut définir la transpiration : l’ensemble des actes par lesquels les organes foliacés laissent échapper une quantité plus ou moins considérable de vapeur d’eau (1).
A la vérité, cette fonction n’est pas absolument limitée à la feuille, mais il faut remarquer que la présence d’une cuticule grasse ou cireuse, d’un périderme ou d’une couche d’air adhérente rend la plupart des autres organes souvent inaptes à la remplir. D’autre part,
(1) Parmi les nombreux travaux relatifs à la transpiration, je citerai :
Mariotte, De lavégètation des plantes (Essais de physique, t, I, p. 98, 1679). Guettard, in Mémoires de l’Acad. des sciences, 1748, 1749.
Haies, Statical Essays, 1726.
Bonnet, Usages des feuilles, C. V.
Senebier, Physiologie végétale, t. IV, C. VI.
Unger, Anatomie und Physiologie der Pflanzen, 1855.
Duchartre, Observations sur la transpiration des plantes pendant la nuit (Bull.
de la Soc. Bot. de France, t. IV, p. 1024, séance du 18 décembre 1857).
Id., Recherches sur la transpiration des plantes dans les milieux humides (Bull.
de la Soc. Bot. de France, t. V, p. 105, séance du 12 février 1858).
Voy. aussi les traités généraux de Dutrocbet, Meyen, de Candolle, Duchartre Sachs, etc.