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DES EFFETS DE LA FIEVB.E

Nous avons jusqu’à présent considéré le mouvement fébrile comme résultant de causes diverses, comme apparaissant sous des influences variées ; nous avons admis que bien rarement il existe avec le caractère d’essentiaiité que certains médecins s’étaient plu à lui accorder.

Mais ce résultat symptomatique, la fièvre, une fois manifesté, peut-il, par lui-même, devenir cause à son tour, et des effets qui puissent lui être attribués naissent-ils en général à la suite de son développement.

Deux éléments principaux existent dans la fièvre : les troubles du système nerveux , ceux du système circulatoire. 11 en résulte secondairement des troubles fonc-

tionneîs marques, des congestions générales et locales. La nutrition, l’absorption, l’exhalation, sont plus ou moins profondément modifiées. Ces changements ressortent des descriptions symptomatiques que nous avons données. L’intelligence est affaissée, les fonctions digestives s’cxerçent mal, la musculation est languissante, la peau est fortement colorée, elle est plus sèche ou plus humide qu’à l’état normal, toutes les sécrétions sont modifiées.

Nous croyons avoir établi que tous ces symptômes sont sous la dépendance de l’état fébrile; il les présente habituellement, de quelque cause spéciale qu’il tire son origine. Or, il est difficile que de tels changements se fassent dans le jeu des différents organes sans que des altérations plus ou moins profondes puissent en résulter.

Les lésions les plus fréquentes sont des congestions locales qui, habituelles dans les maladies fébriles, sont bien probablement le résultat du trouble de la circulation. Lorsque l’on examine avec soin tous les organes, chez les individus morts d’affections inflammatoires, on trouve que fréquemment des stases sanguines se sont développées dans plusieurs d’entre eux. Il est probable que quelques-unes sont le résultat des troubles de la circulation qui précèdent la mort; mais il en est d’autres

qui, bien évidemment, existaient pendant la vie. La

combinaison intime du sang avec les tissus en est la preuve manifeste. Cependant il faut tenir compte, dans

ces congestions locales, survenant dans les phlegmasies, de l’influence de la déclivité, phénomène auquel les médecins, et les chirurgiens en particulier, ont fait jouer un grand rôle dans ces derniers temps.

Ces congestions peuvent être l’origine d’une série de symptômes qui n’appartiennent pas en propre à la fièvre, mais qui en résultent évidemment dans ce cas. Nous y placerons les convulsions, surtout chez les enfants, et le délire qui peut atteindre les proportions d’un accès de manie. Ces congestions peuvent-elles aller jusqu’à produire des phlegmasies? M. Andra! (cours de 4846) ne pense pas que la fièvre puisse amener ce dernier accident d’une manière directe. Sans doute on voit souvent des inflammations prendre naissance pendant la durée d’un état fébrile, mais, dans le cas où cela a lieu, tout porte à croire que la même cause a produit d’abord la fièvre, puis diverses inflammations. Disons que , si elle n'exerce pas une influence directe, la fièvre peut au moins favoriser, par la congestion qu’elle amène, le développement d’un certain ordre de phlegmasies; elle entre certainement comme élément dans la production des altérations pulmonaires hypostatiques qui apparaissent vers la fin de la vie chez les individus frappés de lièvre, et surtout dans la forme chronique.

D’autres lésions accompagnent fréquemment les affections fébriles; elles portent sur le canal intestinal. Sans leur attribuer l’importance que leur avait donnée une

école célèbre, nous devons soigneusement en constater l’existence. L’anorexie, les nausées, démontrent des altérations fonctionnelles. Ces altérations sont -elles l’origine des lésions anatomiques de la muqueuse ? Nous n’oserions l’affirmer, mais il nous paraît se passer là ce qui se produit dans les organes où ne s’exerce plus l’excitation physiologique. La diète, que le dégoût des aliments impose au malade ou que le médecin conseille comme une des nécessités du traitement, en serait suivant nous le plus fréquemment l’origine. Chez les enfants, ces altérations se produisent avec plus de facilité encore, aussi l’observation a-t-elle appris qu’il ne fallait pas leur imposer une diète à beaucoup près aussi sévère qu’aux adultes.

Le ramollissement du cœur a été considéré par quelques auteurs comme étant un produit de l’état fébrile lui-même.

Mais il est si difficile, dans l’anatomie pathologique, de séparer ce qui tient à la cause même de la lièvre et aux diverses altérations du sang de ce qui est le résultat du mouvement fébrile que nous n’oserions rien affirmer à ce sujet d’une manière absolue.

Auprès de ces opinions sur la gravité du mouvement fébrile se placent, au contraire, les affirmations de quelques auteurs qui le considéraient comme utile. Ceîse, puis Sydenham, le regardèrent comme destiné à chasser les principes morbifiques. Boerhaave pensa qu’en raison

des mouvements qu’il détermine il peut amener la guérison de différentes maladies.

« Febris effectus , eelerior liquorum expulsio, pro- » pulsio, stagnantium agitatio , omnium permixtio, rev sistentis subactio , coctio, secretio cocti 1 crisis ejus »quod stimulo et coagulo febrim produxerat (Aph. 587).

« Atque hinc febris sæpe medicamenti virtutem exer- » cet ratione aliorum morborum.» (Aph. 589).

Lorsque Ton observe ce qui se passe dans l’emploi de certains moyens externes qui déterminent une espèce de fièvre locale, les stimulants par exemple (chaleur, douches de vapeur, etc.), on comprend qu’une excitation générale puisse avoir parfois dans la cure des affections chroniques une influence favorable, que la rapidité de la circulation détermine la résolution d’engorgements chroniques, que l’absorption plus active puisse agir dans la même direction. Il faut donc, avec Boerhaave, Van- Swieten , Hoffmann, admettre, par exception, des effets avantageux de la fièvre, en ayant soin de ne pas généraliser une opinion qui aurait dans la pratique les plus fâcheux résultats.

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