‹ De la fièvre dite bilieuse inflammatoire à la GuyaneChapitre 16 sur 57 · PRODROMES · texte numérisé non relu

PRODROMES

On peut dire, en général, qu'il existe des prodromes dans la fièvre inflammatoire, — souvent ils sont peu marqués et passent inaperçus. — C'est le plus souvent un léger mal de tête qui augmente le soir; la peau est un peu plus sèche ; on éprouve des envies de dormir ou bien au contraire le sommeil est agité. —Quand on a l'attention fixée sur son état, on remarque que les yeux sont plus gros que d'habitude et on éprouve une légère douleur autour des orbites. Les jambes sont brisées. — L'appétit se conserve presque toujours jusqu'au moment où la maladie éclate.

Ces prodromes existent, pour ainsi dire, toujours, mais ils sont plus ou moins marqués, et souvent il faut bien y faire attention pour les percevoir. Ils varient suivant certaines conditions dont il faut tenir compte.

A. Le sujet vient d'arriver dans la colonie, ou bien n'a jamais été malade.

B. Le sujet est acclimaté et a déjà subi une ou plusieurs atteintes de cette fièvre.

Dans le premier cas, les prodromes sont beaucoup moins accusés. C'est principalement le matin, en se réveillant, qu'on éprouve une lassitude générale ; les jambes sont faibles, les tempes sont serrées. On veut vaquer quand même à ses occupations et bientôt la céphalalgie augmente, surtout si on est exposé au soleil, qu'il est impossible de supporter à ce moment. On éprouve des douleurs de reins et tout le corps est courbaturé. Un frisson ouvre la scène. — L'exposition au soleil en est souvent la cause déterminante, etc., c'est surtout en fréquentant des malades ou certains lieux infectés qu'on a contracté le germe.

Dans le second cas, quand le sujet est acclimaté ou^qu'il a eu une ou plusieurs atteintes de fièvre inflammatoire, les prodromes sont plus accusés et durent beaucoup plus longtemps. On peut dire, d'une manière générale, que les prodromes sont d'autant plus longs que le sujet a été exposé plus souvent à des atteintes antérieures.

Plusieurs jours avant que la maladie se déclare, on ressent de temps en temps des bouffées de chaleur, simulant des accès

de fièvre, sans frisson, accompagnés de mal de tête et d'envies de vomir. — La bouche est sèche — avec ou sans douleurs de reins. Le matin en se levant, on se sent mieux, et le soir le mal de tête augmente; quand on ne fait rien pour combattre cet état, les symptômes augmentent d'intensité ; il y a de l'insomnie et la maladie éclate. — J'ai vu parfois cet état durer près de huit et même quinze jours. C'est surtout dans ces cas qu'on est disposé à voir un début intermittent. Nous verrons ce qu'il faut en penser.

Ainsi la maladie est très généralement annoncée par des prodromes qui sont. : une légère douleur de tête siégeant principalement au-dessus des orbites, accompagnée d'une tension du globe de l'œil; les traits de la face paraissent un peu altérés, les yeux sont cernés et le teint présente une coloration particulière légèrement bistrée, indiquant déjà la souffrance de l'orgauisme; il existe une certaine tendance au sommeil avec rêvasseries; les idées sont plus obscures, l'imagination se prête plus péniblement aux travaux intellectuels, avec une grande paresse d'esprit; on paraît fatigué et ennuyé; la langue se charge souvent, elle devient blanche et il existe parfois des nausées à l'époque des repas, mais la nourriture passe sans fatigue ; la constipation ou la paresse des fonctions intestinales devient incommode; parfois des diarrhées de matières jaunâtres ou grisâtres toujours fétides soulagent ou terminent l'indisposition; des douleurs vagues se font sentir aux jambes et aux cuisses, la région lombaire est souvent le siège d'une espèce de pesanteur ou d'embarras; on éprouve une fatigue assez notable faisant naître le désir de repos, lors même qu'on sent le besoin de prendre l'air et de se promener. — Un semblable état, sans observer une marche régulière, persévère souvent dix à quinze jours, sans que le sujet soit obligé de s'aliter. — Quelquefois, tout se borne à ce genre^d'indisposition et on ne se doute pas alors qu'on s'est trouvé sous le coup de la maladie. Mais ceux qui s'exposent constamment aux dangers d'une nouvelle contagion et qui commettent de graves erreurs de régime voient bientôt la maladie éclater. — Souvent la nuit, la peau devient chaude, sèche et brûlante, et le sujet menacé vous dit qu'il a éprouvé un mouvement de lièvre, sans frissons et sans sueurs ; tout s'est borné à une légère exaltation du pouls et de la chaleur.

DESCRIPTION CLINIQUE

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