‹ De la fièvre dite bilieuse inflammatoire à la GuyaneChapitre 19 sur 57 · PREMIER DEGRÉ. — FIÈVRE INFLAMMATOIRE LÉGÈRE · texte numérisé non relu

PREMIER DEGRÉ. — FIÈVRE INFLAMMATOIRE LÉGÈRE

Ce degré léger n'est pas uDe maladie bien grave; c'est une simple indisposition; c'est un orage éphémère qui ne laisse pasbeaucoup d'empreinte, à la condition cependant que le sujet soit bien surveillé et qu'il ne soit pas obligé de séjourner dans^ un milieu iDfecté. Ces cas légers ne sont point dangereux em général et cependant si on n'y prend garde, si on ne porte sur? eux toute l'attention voulue et que la cause morbide continue à; agir sur le malade ou qu'il commette un excès quand l'organisme est menacé, il peut en résulter des accidents. Cet état esti difficile à distinguer d'un embarras gastrique fébrile ou d'un simple accès intermittent; c'est souvent ainsi qu'on le caractérise.

Pendant les périodes d'épidémie de fièvre jaune, on voit souvent les habitants d'une ville infectée, légèrement indisposés.*, vaquer à leurs affaires, sans s'aliter; on en voit un grand nombrn poursuivis par des symptômes qu'on ne saurait considérer! comme des prodromes, puisque toute la maladie se borne asse:i souvent à ces indispositions qui n'ont pas de suite sérieuse. On| considère même que c'est un assez bon signe, d'éprouver certains dérangements de la santé assez faibles pour annoncer quoi la cause délétère s'use dans des actes successifs peu dangereux^

Ces malades, au premier degré, éprouvent de l'insomnie e» un certain affaissement moral; les idées sont plus obscures ee ont quelque chose de moins actif; l'imagination se prête plui péniblement aux travaux intellectuels et il y a une grande paa resse d'esprit. L'inquiétude, l'ennui, la mélancolie, la terreuin la fatigue poursuivent certains individus et des rêves pénibles se mettent de la partie.

Des céphalalgies, tantôt sourdes, tantôt superficielles et pas-j sagères se font sentir; la tête est pesante; tous ces symptôme?*! peu prononcés, sont mal dessinés et ne présentent pas une formnj continue.

Les traits de la face paraissent un peu altérés; le teint, sanni! être positivement jaune, est moins animé, plus pâle, plus ble »; fard, le fond de l'oeil est jaunâtre. C'est ainsi que Ton aperçoi dans les promenades, presque toute la population avec un a de mauvaise sant".

FORMES ET VARIETES

La langue se charge souvent; blanche ou jaune, elle semble indiquer la cause de l'anorexie et de ces nausées qui reviennent souvent surtout à l'époque des repas. Avec tous ces symptômes, la nourriture passe sans fatigue ; mais la constipation ou la paresse des fonctions intestinales devient incommode. Parfois aussi ce sont des diarrhées bilieuses qui soulagent ou terminent l'indisposition.

L'excrétion des urines se fait facilement ; elles sont jaunes, et quelquefois déterminent île la chaleur dans le canal de l'urèthre. La respiration est libre. La chaleur ne s'élève pas d'une manière sensible; mais la nuit, la peau est souvent sèche et brûlante. Les transpirations sont augmentées; la peau devient plus rude et finit même par s'exfolier; chez quelques-uns, on aperçoit des éruptions rougeâtres.

Des douleurs vagues se font sentir aux jambes, aux cuisses, et la région lombaire est souvent le siège d'une espèce de pe- >anteur et d'embarras.

Enfin on éprouve une fatigue assez notable, ce qui imprime une espèce de lenteur et fait naître le désir du repos, lors même qu'on sent le besoin de prendre l'air et de se promener.

Au milieu de tous ces symptômes, plus ou moins vagues, plus ou moins prononcés, plus ou moins nombreux, les personnes ainsi affectées ne s'alitent pas; un semblable état, sans observer une marche régulière, persévère dix à quinze jours.

On peut même espérer, après ce genre d'épreuve, que l'on ne tombera pas malade si l'on ne s'expose pas constamment aux dangers d'une nouvelle contagion, et si l'on ne commet pas de graves erreurs de régime.

En temps d'épidémie, on surveille plus attentivement ces états, car on voit souvent la fièvre jaune tâtcr l'organisme par ces légères indispositions, avant de se développer d'une manière sérieuse. En dehors des épidémies, on y fait moins attention et cependant il n'est pas rare d'observer de fâcheuses conséquences. Il est certain que ces accidents sont beaucoup plus à redouter en temps d'épidémie qu'en temps ordinaire ; mais si, en dehors des temps d'épidémie, la marche est moins rapide et si même le type est différent, le résultat peut être aussi fâcheux. Ce n'est pas le lieu ni le moment de nous demander pourquoi elle se présente tantôt avec des caractères de

bénignité extraordinaire et d'autres fois avec des caractèresplus sérieux et plus insidieux. Nous tâcherons plus loin de démêler cette question assez obscure, en tenant compte des condi. tions variées au milieu desquelles se trouve placé le malade.

Pour le moment, je vais me borner à donner les observations | que j'ai recueillies avec soin et sans parti pris, pour ainsi dire j jour par jour et heure par heure. Nous noterons, en passant, si ces observations ont été prises en temps d'épidémie ou en temps ordinaire et quelles que soient les périodes pendant lesquelles on aura observé, nous admettrons les deux formes précitées 1° forme franche ; 2° forme insidieuse.

Dans le premier degré de la fièvre inflammatoire, la marche i de la maladie est souvent indécise et indéterminée ; elle se borne i quelquefois à tâter le malade; c'est ce que j'ai cherché à établir précédemment, pour qu'on soit bien en garde contre ces! indispositions qui durent huit ou quinze jours, se terminant! souvent d'elles-mêmes, mais donnant lieu dans certains cas ài des suites fâcheuses; elles sont souvent le prélude de la fièvre? inflaujmatoire à forme insidieuse.

Dans la forme franche, les sujets sont atteints assez brusquement, au milieu de la santé et le plus ordinairement la nuit. Eni se réveillant, on éprouve une céphalalgie assez violente, les* tempes sont serrées, les mouvements des yeux sont douloureux;; une légère douleur des lombes se manifeste. La peau est cbaudee et sèche ; le pouls est fort, la fièvre se déclare et dure de trois àk quatre jours, sans présenter une ascension thermique bien élevée. La rémission s'établit facilement et graduellement, sans? crises. La température suit une marche régulièrement descendante, avec de très légères exacerbations, à mesure que la température revient aux environs de la normale; le pouls tombe,, la peau devient halitueuse, de sèche et âcre qu'elle était auu toucher, et le sujet entre dès lors en convalescence ; on observe^! un peu de pâleur de la face et du troue; quelquefois une teinte I légèrement subictérique. Les sujets accusent pendant plusieurs-! jours une faiblesse insolite et une prostration particulière desforces; quelques-uns présentent des troubles gastriques ou in- ! testinaux.

FORMES ET VARIÉTÉS

Observation I.

Fièvre inflammatoire au premier degré, appelée fièvre continue.

Gourseray, soldat d'infanterie de marine, 32 mois de Guyane. N'a jamais été malade. Forte constitution. N'était jamais venu au Maroni avant le mois d'avril 1877.

Cet homme entré à l'hôpital de Saint-Laurent du Maroni dans la soirée du 2 août 1877, avait éprouvé le malin, en se levant, un malaise général. Dans la journée ce malaise augmente et vers 2 heures de l'après-midi, au moment d'un orage, il se trouve plus mal. Bouffées de chaleur, céphalalgie violente. Faiblesse générale allant jusqu'à la syncope, le soir à 6 heures nouvelle faiblesse.

A son entrée à l'hôpital, peau très chaude, mais un peu moite.

S heures du soir. T. 40.

Prescription : Tisane d'ayapana, bouillon, quinine 1 gr., lavement sulfaté à 40 gr.

3 août. 8 heures du matin. T. 39,6.

Quelques selles pendant la nuit. Peau toujours chaude, mais moite. Céphalalgie persistante avec quelques douleurs dans les reins et les membres. Yeux injectés; langue sale.

4 heures du soir. T. 40,4. Dans la journée, selles nombreuses, fétides et jaunâtres.

4 août. 8 heures du matin. T. 38.

Légère rémission. Peau moins chaude; la céphalalgie continue. La langue est très jaune et saburrale au centre, rouge sur les bords. Bien du côté du ventre. Pas de inéléorisme. Pas de douleur du côté de la rate; légère douleur dans l'hypocliondre droit. À beaucoup transpiré la nuit. Selles bilieuses. Urines normales; ni bile, ni albumine. Nombre de globules 4,032,000. La numération a été faite avec le compte-globules de M. Malassez.

Prescription : Tisane albumineuse, bouillon.

I quinine 2 gr.

Potion . ,. ",»„

/ sirop iliacoue 30 gr., potion tonique.

4 heures du soir, 40 sangsues derrière les oreilles.

n ... , \ huile d'olive 1oO gr.

Prescription : Lavement .... °

' jus de citron 50 gr., citrate de magnésie 50 gr.

T. 38,8. Les sangsues ont beaucoup saigné. Deux légères selles bilieuses dans la journée.

Agitation assez grande du malade. Languo très sale ; se plaint de quelques nausées ; rien dans les urines.

5 août. 8 heures du matin. T. 37,8. Sous l'influence du purgatif, selles bilieuses, abondantes, maisfétiies. Langue toujours sale au milieu et rouge sur les bords.

Les yeux sont toujours injectés et présentent une teinte subictérique paraissant se développer.

La figure a perdu son colons et présente une teinte pâle. Pas de sommeil. Peau chaude et moite. Transpiration facile et abondante. Les yeux sont sensibles à la lumière.

Prescription : Chocolat, soupe, panade, tisane albumineuse.

i quinine 2 av.

Potion

( sirop diacoe 30 gr., potion tonique.

4 heures du soir. T. 37. Potion morphiuée à 30 gr.

6 août. 8 heures du malin. T. 37. Amélioration très sensible. Le malade a dormi cette nuit. Plus d'agitation.

Langue toujours saburrale, mais semblant se nettoyer. Légère décoloration des gencives.

Prescription : Chocolat, tapioca, albumineuse.

\ sirop diacode 30 gr., potion tonique, sirop de morphine 40 gr.,. Potion . .

( quinine 2 gr.

4 heures du soir. T. 37. Pouls plein, mais régulier.

L'almélioration continue. A un peu dormi dans la journée. La figure esti pâle. La langue est toujours un peu sale et rouge sur les bords. La douleurr à l'épigastre a disparu.

7 août. 8 heùres du matin. T. 37,1 .

Amélioration notable. La langue est revenue à son état normal, le malade a dormi et se sent mieux; il accuse seulement un sentiment de video dans la tête. Les urines déposent facilement et contiennent beaucoup dee matières colorantes; urates et acide urique en plus grande quantité. Laa numération des globules donne 2,239,000.

4 heures du soir. T. 37.

14 août. Le forces ne reviennent que lentement, se plaint de mal h Vu tête et dans les jambes, se trouve toujours faible. Hier a eu une légère.' diarrhée bilieuse.

45 et 16 août. Accès de fièvre, malgré la quinine qui a été continuée tou&s les jours.

24 août. Accès de fièvre, sans frisson, avec chaleur et sueurs, et ayant ûuré de 5 heures du soir à minuit.

25 août. Éprouve encore un accès de fièvre.

Sorlde l'hôpital, le 26 août. Après sa sortie, se sent encore fatigué pen- • dan. d'un mois et enfin la santé revient définitivement.

FORMES ET VARIÉTÉS

Cette observation a été recueillie par moi, à mou premier séjour et des mou arrivée au Maroni. - Je dois dire que la question de la maladie régnante dans la localité n'était pas encore vide.'. Depuis quatre aus, ce pays était soumis à une influence épidémique et contagieuse, mais le diagnostic avait varié suivant les époques et suivant les observateurs. Aussi, pour ne pas Engager l'opinion que je devais émettre plus tard, j'appelais les cas analogues à celui que je viens de relater du nom de lièvre continue.

Cette observation, telle qu'elle est, n'a qu'une importance relative. Seule, elle signifie peu, mais groupée à côté d'autres laits moins discutables, elle peut constituer un échelon très utile à saisir. Elle offre, telle quelle est, plus d'un' enseignement. — Nous voyons la maladie évoluer , malgré l'administration de la quinine; la dél'ervescence ne se fait que lentement et sans se soucier, pour ainsi dire, de l'antipérodique. On voit aussi survenir en peu de jours uue déglobulisation rapide; aussi il n'est pas étonnant que ces atteintes légères affaiblissent, l'organisme et le maintiennent assez longtemps sous leur influence.

Je crois utile de rapprocher de celle-ci une autre observation recueillie dans le service du médecin en chef, à Gayenne, pendant l'épidémie de lièvre jaune de 1877.

Observation II.

Fièvre inflammatoire au premier degré, appelée fièvre jaune légère,

en temps d'épidémie.

Pastureau, âgé de 21 ans, du département de la Sartlie. Ouvrier d'artillerie. Arrivé dans la colonie en octobre 1876. Entré à l'hôpital de Cayenne, le 8 mars 1877.

Le 7 mars, à 8 heures du matin, il fut pris tout à coup d'un frisson violent et prolongé, avec céphalalgie, rachialgie, douleur dans les jambes et fièvre intense. Cet état dura jusqu'à son entrée à l'hôpital.

Le 8, dans l'après-midi, on constate les mêmes symptômes; les téguments de la face sont congestionnés; lu peau est sèche et chaude ; le malade n'a pas eu de moiteur depuis le début de l'affection. Rien dans le thorax, ni dans l'abdomen. La langue est large, étalée, saburrale; les selles sont rares ; la miction se fait bien, mais l'urine est légèrement albumineuse.

,u* CHAPITRE IV.

Prescription : Bouillon, thé punehé, compresses froides sur la téle, frictions avec teinture d'uxham et quinine; saignée de 250 gr., grand bain. 4 heures du soir. T. 40,7 pouls à 1 20. '

9- mars. Les symptômes signalés hier existent tous, mais moins intenses T. 39,8; pouls à 400.

Prescription ; Consommé, Lhé léger. Glace, compresses glacées.

2/4 lavement I décoclion de quinquina 125 gr. ( acide phéniquë 2 gouttes.

4 heures du soir. T. 40,2; pouls à 92.

Môme état. 2 selles dans la journée; il a émis 200 gr. d'urine albumineuse, sans bile, donnant 49 gr. 4 4 d'urée pâr litre.

4 0 mars. 8 heures du matin. T. 38,9; pouls à 72.

Plus de céphalalgie, ni de rachialgie, pas de nausées, pas de sellée, 940 gr. d'urine, sans bile, mais contenant plus d'albumine.

Même prescription ; lavement huileux.

4 heures du soir. T. 39,3; pouls à 80.

330 gr. d'urine. Urée 21 gr. 8b en 24 heures.

44 mars. 8 heures du matin. T. 37,8; pouls à 60.

La nuit a été bonne; le malade a bien reposé. 2 selles. 930 gr. d'urine albumineuse, sans bile et donuant 21 gr. 35 d'urée par litre.

4 heures du soir. T. 37,8; pouls à 60.

Môme état. Urée 26 gr. 90 en 24 heures.

12 mars. 8 heures du matin. T. 37,8 ; pouls à 60.

La nuit à été bonne; le malade est bien. 2 selles. 650 gr. d'urine claire, fortement albumineuse et sans bile.

Prescription : Demi-quart de vin, thé, eau gazeuse, sulfate de quinine 0,50 cent., friction vinaigrée.

4 heures du soir. T. 37,3; pouls à 60. Même état, urée 4 3 gr. 87 en 24 heures.

43 mars. Le malade est très bien. 4 370 gr. d'urine. T. 37,4; pouls à 52. Soir. T. 37,8; pouls à 60. Pas de selles. Urée 29 gr. 25 en 24 heures.

44 mars. Même état. 845 gr. d'urine, sans bile, légèrement albumineuse. T. 37,6 ; pouls à 60.

Soir 37,7 ; pouls à 60. Urée 4 8 gr. 04 en 24 heures.

45 mars. 565 gr. d'urine, sans albumine, ni bile et donnant 18 gr. 20 d'urée par litre . T. 33; pouls à 56.

Soir. T. 37,6; pouls à 00. Urée 4 0 gr. 28 en 24 heures. 4 6 mars. Même état. Urines normales. T. 37,4; pouls à 56. La quinine est supprimée le 20.

Sort guéri le 30 mars 1877.

Eû temps ordinaire, il aurait été difficile d'en faire un cas

FORMES ET VARIÉTÉS. 1 55

de lièvre jaune et on l'aurait décoré du nom fièvre gastrique ou de tout autre nom plus ou moins vague.

Voici maintenant deux observations de fièvre dite gastrique recueillies dans le service de M. le médecin en chef à Cayenne.

Observation M; Fièvre inflammatoire au premier degré ', appelée fièvre gastrique.

Haal, âgé de 24 ans, né en Corse, caporal d'infanterie de marine, 2 mois de Guyane.

A eu la dyseniérie en passant à la Martinique. Depuis son arrivée, santé bonne.

Le 7 mai 1 878 au malin fut pris, sans cause bien appréciable, de frissons, de céphalalgie, avec courbature et nausées, sans vomissements; cet état était accompagné d'une chaleur assez forte, sans sueurs.

Envoyé immédiatement à l'hôpital, on constate l'état suivant : la face est rouge, la peau est sèche et chaude, la céphalalgie et la courbature persistent, la langue est recouverte d'un enduit blanc, les selles sont régulières, rien dans le thorax, ni dans l'abdomen.

4 heures du soir. T. 39,6; pouls à 1 12.

Prescription : Limonade, lavement purgatif.

Lavement I tlu'nme ' &r'

I décoction de quinquina 200 gr. sulfate de soude 30 gr.

8 mai. 8 heures du malin. T. 39,1 ; pouls à 96.

Prescription : Limonade, lotions froides, lavement purgatif. 4 heures du soir. T. 39,5; pouls à 92. Légère amélioration. Pas de transpiration.

9 mai. 8 heures du malin. T. 38 ; pouls à 80. Prescription : Limonade, eau de sedlitz, deux verres. Transpiration assez abondante dans la nuit, la céphalalgie persiste, ainsi

que la courbature, insommie, langue saburrale, quelques nausées, pas de selles depuis le 8 au soir. Rien du côté du foie, la rate ne parait pas augmentée de volume.

4 heures du soir. T. 37,G; pouls à 68. Légère amélioration, plusieurs selles dans la journée, peau sèche, mais moins chaude, la langue se nettoie un peu.

10 mai. Le malade a dormi, mais se plaint de céphalalgie, peau chaude et moite, plusieurs selles dans la uuit. T. 38,4 pouls à 80.

Prescription : Limonade, ipéca, quinine 1 gr. 4 heures du soir. T. 37,8 ; pouls à 60. Le malade esi bien. 11 mai. Matin. T. 37,6; pouls à 64. Même étal. Prescription : Soupe, biscuit, limonade.

\ rhubarbe 0,o0 cent.

Deux paqueis •

f magnésie 0,o0 —

Ces lièvres, dites gastriques, peuvent être facilement confondues, par leur bénignité, avec l'embarras gastrique fébrile. — Quand on songe cependant à l'ensemble de certains caractères dont la description ne peut pas donner une idée complète et que l'on voit la physionomie du malade qu'il faut absolument observer soi-même pour en avoir une notion bien nette; quand on songe aussi à l'état d'anémie et de cachexie dans lequel vous jettent souvent ces états, si légers qu'ils paraissent, il est permis de les rapprocher de la maladie dont je m'occupe.

Observation IV.

Fièvre dite gastrique.

Falquet, soldai d'infanterie de marine, 5 mois de Guyane. N'a jamais été malade.

Le 8 juin 1878, vers 6 heures du soir, il fut pris subitement de céphalalgie, avec chaleur ardente à la peau et courbature générale; on l'envoie immédiatement à l'hôpital.

A son entrée, la face est un peu pâle, le malade est fortement excité. La peau est chaude et sèche; le pouls assez dur, la langue est belle, les selles sont régulières. Rien dans le thorax ni dans l'abdomen.

Prescription : Limonade, 20 sangsues aux mastoïdes, lavement purgatif, sulfate sodique 40 gr.

Soir. T. 39,4; pouls à 90.

9 juin. Même état. Excitation moins prononcée, céphalalgie intense, pas de sudation. 8 heures. T. 39,6; pouls à 82.

Prescription : Limonade, huile de ricin 40 gr., glace, loiions fraîches sur le corps, lavement purgatif.

Soir. T. 39,2; pouls à 80.

Le malade est mieux, légère sudation, 4 selles

10 juin. Le malade, est assez bien, transpiration légère dans la nuit, trois selles, plus de céphalalgie. Matin T. 37,8; pouls à 58.

Prescription : Soupe, limonade.

Soir. T. 37,2; pouls à 56.

FORMES ET VARIÉTÉS

44 juin. q. q. limonade. T. 37,1 ; pouls à 58. Exeat, le 18 juin.

Les deux observations qui précèdent ont été prises en temps ordinaire, c'est-à-dire hors de la période d'épidémie.

Le nom de forme insidieuse implique de prime abord que l'on a affaire à une atteinte dont l'évolution présente plus d'obscurité et d'imprévu. La maladie, au lieu de débuter brusquement, comme dans la forme franche, présente des hésitations, elle semble chercher s'il y a prise sur l'organisme qu'elle a choisi et c'est particulièrement chez les personnes qui ont eu déjà des atteintes antérieures ou qui se trouvent dans le pays depuis longtemps, qu'elle procède de la sorte.

Pour ce premier degré, elle peut s'annoncer par ces indispositions sur lesquelles nous avons particulièrement insisté; ou bien encore c'est tout simplement par des bouffées de chaleur avec constriction des tempes et des élancements rapides et fugitifs en divers points de la tête qu'elle se manifeste.

La marche de la température est moins régulière; il y a des rémissions plus accusées dès le second jour. La transpiration s'établit plus vite et par intervalles; on est surpris, dans une même journée, de coustater plusieurs fois, alternativement de la sécheresse et de la moiteur de la peau.

La défervescence se fait aussi moins régulièrement et est entrecoupée d'exacerhations et de rémissions assez marquées.

Obskuvation V.

Fièvre inflammatoire au degré léger, à forme insidieuse, en temps ordinaire, au Maroni.

Bonnet, soldat d'infanterie de marine, âgé de 24 ans, né dans le département de Saône-et-Loire; 4 8 mois de Guyane; dit avoir eu la fièvre pendant cinq jours aux Iles-du-Salut, pendant l'épidémie de fièvre jaune de

A Cayenne, n'a jamais eu la fièvre et n'a pas eu un seul jour d'exemption de service.

Arrive au Maroni le 44 août 4 878. Il dit qu'en partant de Cayenne, il se sentait fatigué et pouvait à peine se tenir sur les jambes.

Le 1 6 août, étant de garde au port, éprouve un peu de fièvre, sans frisson ; a eu une faiblesse en rentrant au poste.

Le 17, se sentait très fatigué; sans éprouver de fièvre. Dans la nuit du 17 au 18, n'a pas pu dormir; a eu des frissons toute la nuit. Violent mal de tête, douleur dans les reins et les jambes. Peau sèche, nausées.

Le 18 août, entre à l'hôpital de Saint-Laurent du Maroni. A son entrée, faciès bistre, fatigué; céphalalgie très forte. Conjonctives injectées. Langue assez belle; envies de vomir. Un peu de liséré gingival; pas d'érythèmc scrotal; selles régulières. Urines jaunes, ne donnant rien avec l'acide azotique. 8 heures du matin. T. 40,4; pouls à 120. Prescription : Bouillon, feuilles d'oranger, sulfate de magnésie 45 gr.; décoction de quinquina 200 gr. 4 heures du soir. T. 37,8 ; a eu deux selles, se plaint de douleurs dans les jambes et dans les reins.

19 août. 8 heures du matin. T. 37; pouls à 64. La fièvre a cessé sans sueurs. Se trouve assez bien; faciès fatigué, jaunâtre, trois selles dans la nuit. A uriné un litre environ en 24 heures; les urines sont jaunes et ne donnent rien avec l'acide azotique. Prescription : Bouillon; limonade tartarisée à 20 gr., décoction de quinquina 200.; rhubarbe 0,50. 4 heures du soir. T. 37,7 ; pouls à 74, se trouve bien, n'a rien éprouvé dans la journée.

20 août. 8 heures du soir. N'a pas dormi de la nuit. Vers 11 heures du soir, a éprouvé des frissons dans tout le corps et n'a senti de la chaleur que vers 2 heures du matin. Le faciès est jaune, se plaint d'une forte céphalalgie et d'un grand mal de reins. A transpiré légèrement. A uriné environ 600gr.; les urines donnent avec l'acide azotique un anneau blanchâtre assez marqué (anneau de Vidaillet); il existe 15 gr. 96 d'urée par litre. T. 41 ; pouls à 116. Prescription : Bouillon; feuilles d'oranger; ipéca 1 gr. 50; 4 ventouses; potion avec extrait de quinquina 2gr. et noix vomique 10 gouttes; sulfate de quinine 0,50 centig. 4 heures du soir. T. 37/i ; pouls à 80. A vomi beaucoup de matières bilieuses jaunâtres; a un peu transpiré; sent toujours une grande chaleur, 2 selles.

2t août. A bien dormi; la langue est belle, léger liséré gingival ; 2 selles dans la nuit; 600 gr. environ d'urine dans les 24 heures; urée 14 gr. 25 par litre. A éprouvé quelques bourdonnements d'oreille avec 0,50 centig. de quinine. T. 37 ; pouls à 72. Prescription : Bouillon ; feuilles d'oranger ; quinine 0,50 centig.; potion tonique; rhubarbe 1 gr. 4 heures du soir. T. 39; pouls à 88. La faciès est jaune, ainsi que les conjonctives; la langue est assez belle. A eu des étourdissemenls et des bourdonnements d'oreille; a éprouvé de la chaleur dans tout le corps. Éruption de bourbouilles sur la poitrine.

22 août. Faciès jaunâtre; teinte subictérique des conjonctives, la langue est nettoyée, le liséré n'existe plus. Les urines sont rouges et ne donnent rien avec l'acide ; 800 gr. depuis hier matin, urée II gr. 97 par litre. T. 37,1 ;

FORMES ET VARIÉTÉS

pouls à 60. Prescription: Feuilles d'oranger, rhubarbe 0,50 centig., potion tonique. 4 heures du soir. T. 37 ; pouls à 68.

23 août. Faciès plus çjair; langup belle. A uriné un litre en 24 heures; urée 1 5 gr. 06 par litre ; anneau brunâtre dans les urines avec l'acide. Même prescription ; douche. 4 heures du soir. T. 36,5 ; pouls à 82.

24 août. 8 heures du matin. T. 36,6 ; pouls à 48. Les urines sont encore un peu jaunes; urine un litre environ, urée M gr. 40 par litre; anneau bleuâtre se formant lentement avec l'acide. Prescription : Ch.; quart, demie devin; potion tonique. 4 heures du soir. T. 36,8; pouls à 48.

25 août. 8 heures du matin. T. 36,8; pouls à 56. A uriné 1200 gr.; urines pâles, urée 3 gr. 43 par litre. 4 heures du soir. T. 36,8; pouls à 64. Ce soir, les urines donnent 8 gr. 55 d'urée par litre.

26 août. 8 heures du matin. T. 39,8 ; pouls à 56. Peau froide. Urines très pâles, 1 ,200 gr., urée 7 gr. 44 par litre. 4 heures da soir. T. 36,6 ; pouls à 64. Ce soir les urines contiennent 12 gr. 54 d'urée par litre.

27 août. 8 heures du matin. T. 36,6 ; pouls à 52. Les urines contiennent 8 gr. 55 d'urée. 4 heures du soir. T. 37; pouls à 64.

28 août. 8 heures du matin. T. 36,8; pouls à 52. Urine un litre environ par 24 heures; urée 11 gr. 97 par litre, 4 heures du soir. T. 36,8; pouls à 80.

29 août. 8 heures du matin. T. 36,8; pouls 64. Urée 7 gr. 98 par litre. i heures du soir. T. 37; pouls à 78.

30 août. 8 heures du matin. T. 37 ; pouls à 68. Urines jaunes pâles; un litre et demi; urée, 9 gr. 10 par litre. 4 heures du soir. T. 37,2; po»ls à 64.

31 août. T. 37 ; pouls à 56. Un \i[re et demi environ d'urines plus pâles que l'eau; urée 4 gr. 56 par litre. 4 heures du soir. T. 37; pouls à 64.

I" septembre. 8 heures du matin. T. 37; pouls à 52. Les urjnes sont un peu plqs colorées ; un litre epviron ; urée 9 gr. 1 2. f heures du soir. T. 37 ; pouls à 64.

2 septembre. 8 heures du matin. T. 37; pouls à 64. Urée 6 gr. 84. 4 heures du soir. T. 37,2 ; pouls à 64.

3 septembre. 8 heures du matin. T. 36,6; pouls à 52. Urée 3 gr. 90. 4 heures du soir. T. 36,8; pouls à 72.

4 septembre. 8 heures du matin, T. 37; pouls à 60. Urines très pâles; deux litres environ; urée 2 gr. 85 par litre. 4 heures du soir. T. 36 8 • pouls à 56.

5 septembre. 8 heures du matin. T. 37 ; pouls à 52. Urée 10 gr. 26 par '••Ire. 4 heures du soir. T. 37; pouls à 60.

Septembre. 8 heures du malin. T. 36,8; pouls à 60. Urine 2 litres; Jrée9gr. 10 par litre. Faciès un peu pâle; conjonctives très légèrement

jaunes. Ressent encore un peu de faiblesse dans les jambes. 4 heures du soir. T. 37; pouls à 60.

7 septembre. 8 heures du malin. T. 37; pouls à 80. Urines jaunes pâles] 2 litres; urée 7 gr. 41 par litre. 4 heures du soir. .T. 36,8 ; pouls à 64.

8 septembre. 8 heures du matin. T. 37; pouls à 80. Urée 9 gr. 12 pa« litre. 4 heures du soir. T. 37,4 ; pouls à 60.

9 septembre. 8 heures du matin. T. 37; pouls à 72. Urée 6 gr. 84 par litre. 4 heures du soir. T. 37,4.

- Son guéri, le 10 septembre 1878.

La marche de cette affection n'est point celle d'une fièvre continue; mais nous discuterons plus loin si la fièvre inflammatoire peut se présenter sous la forme rémittente et intermittente. Ce que je veux faire ressortir, c'est qu'il n'a été administré qu'un seul gramme de quinine en deux doses et a deux jours de distance qui a produit des bourdonnements d'oreille. De plus, la marche de l'urée est assez remarquable et n'est pas en rapport avec celle des fièvres paludéennes.

Observation VI.

Fièvre inflammatoire légère, à forme insidieuse en temps ordinaire,

au Maroni.

Double, soldat d'infanterie de marine, âgé de 24 ans, du département de la Haute-Savoie. 18 mois de Guyane. Cet homme faisait partie de la compagnie d'infanterie de marine qui avait été placée aux Ilcs-du-Salut, dès son arrivée et qui a été décimée par la fièvre jaune. Pendant cette épidémie, il avait fait 17 jours d'hôpital aux Iles, au mois de mai ; avait présenté un peu de saignement du nez et des gencives. Au mois de septembre, sans avoir quitté les Iles-du-Salut; il entre de nouveau à l'hôpital où il reste 20 jours, présentant la fièvre tous les jours, pendant 15 jours; il n'avait jamais eu de fièvres intermittentes ni d'autres maladies avant de venir à !a i

A sa première entrée, on avait remarqué de l'érythème du scrotum; on i n'avait rien noté la seconde fois.

En quittant les lies, il est allé en garnison à Cayene où il n'a jamais eu de fièvre.

Arrivé au Maroni, le 11 août 1878.

Le 21 août, il s'est senti indisposé.

Le 22, au matin, en descendant la garde du port, a éprouvé un frisson, avec céphalalgie; n'a pas pu manger. A son entrée à l'hôpital, la langue est i

FORMES ET VARIÉTÉS

belle; les conjonctives sont jaunes; pas de liseré, pas d'érythème. Midi. T. 40,4. 4 heures du soir. T. 38,8. Prescription : Feuilles d'oranger; sulfate de magnésie 45 gr.

23 août. 8 heures du malin. T. 37; pouls à 80. A mouillé trois chemises dans la nuii. A uriné environ un litre et demi depuis hier; a eu six ou sept selles. Prescription : Ch. quart; demie de vin ; feuilles d'oranger ; décoction de quinquina 2C0 gr.; douche.

Midi. T. 40,8. 4 heures du soir. T. 39,8 ; pouls à 100, moins dépressible. Vers 10 heures du matin, éiant dans son lit, a éprouvé des frissons dans tout le corps pendant trois quarts d'heure; chaleur et sueurs; a mouillé trois chemises. Courbature générale; céphalalgie; conjonctives un peu jaunes: langue blanc-jaunâtre. A eu deux selles depuis ce matin. Ipéca 1 gr. 50 pour demain matin.

2 i août. 7 heures du malin. T. 37,2. A S heures, au moment de la visite, est pris de frissons. La face esi bistrée; les yeux sont gros et jaunes; la langue belle; le liseré gingival peu marqué. N'a pas beaucoup vomi de bile avec 1 ipéca. T. 40,4 ; pouls à 100, mou et dépressible. Prescription : Bouillon ; feuilles d'oranger; sulfate de magnésie à 30 gr.; quinine 0,50; douche.

Midi. T. 38,8. 4. heures du soir. T. 38,6; pouls à 96. Les urines de ce matin étaient d'un jaune-rouge très léger; anneau blanchâtre avec l'acide azolique. Urée 13 gr. 68 par litre.

25 août. 8 heure du matin. T. 37; pouls 72. La face est encore bistrée; conjonctives un peu jaunes. Urines légèrement rouges ; urée 15 gr. 96 par litre. Prescription : Chocolat; demi-quart; demie de vin; vineuse, décoction de quinquina; douche.

4 heures du soir. T. 37,2; pouls à 8i.

26 août. 8 heures du matin. T. 36,8; pouls à 68. Urines jaunes; un litre en 24 heures; urée 17 gr. 10. Prescription : Sulfate de magnésie, 30 gr.

4 heures du soir. T. 37; pouls à 84, mou, dépressible.

27 août. 8 heures du matin. T. 36,4; pouls à 64. Urines pâles ; urée 9 gr. 12 par litre. 4 heures du soir. T. 36,8; pouls à 76.

28 août. 8 heures du matin. T. 36,8; pouls à 64. Urines pâles; un litre en 2 i heures ; urée 1 1 gr. 40. 4 heures du soir. T. 36,8 ; pouls à 80.

29 août. 8 heures du matin. T. 36, H; pouls à 68. Urée 12 gr. 54 dans les urines. 4 heures du soir. T. 37; pouls à 76.

30 août. 8 heures du matin. T. 37; pouls à 60. Urines pâles; un litre et demi ; urée 9 gr. 1 2. 4 heures du soir. T. 37 ; pouls à 80.

31 août. 8 heures du malin. T. 36,8; pouls à 76. 4 heures du soir. T. 37 >2; pouls à 100.

^septembre. 8 heures du matin. T. 36,8; pouls à 56. 4 heures du soir. »• 37; pouls à 84.

2 septembre. 8 heures du matin. T. 36,8; pouls à 80.

GUYANE. ' F j.

Ce malade sort de l'hôpital le 3 septembre; il reprend son service, et le 7, il éprouve un léger accès de fièvre.

Le 9 entre de nouveau à l'hôpital. Midi. T. 41 . 4 heures du soir. T. 39,6; pouls à 96. 8 heures du soir. T. 37,4. Prescription : Sulfate de magnésie 45 gr.

10 septembre. 8 heures du matin. T. 36,8; pouls à 64. Les urines ne contiennent que 4 gr. 56 d'urée. Midi. T. 38,2. 4 heures du soir. T. 38,8; pouls à 84. N'a pas éprouvé de frissons; a ressenti de la chaleur dans tout le corps, sans transpiration; dix selles depuis le purgatif qu'il a pris hier soir. 8 heures du soir. T. 37.

11 septembre. 8 heures du matin. T. 40,4; pouls à 106. A bien dormi la nuit; a eu un frisson ce malin ; chaleur dans tout le corps; peau chaude et sèche; faciès jaune. Prescription : Feuilles d!oranger. Liqueur de Pearson, 3 gouttes; rhubarbe 1 gr.; potion acétate d'ammoniaque 10 gr.; potion avec décoction de quinquina 200 gr.; et noix vo.mique 10 gouttes; vin de Bordeaux 100 gr.

Midi. t. 39. 4 beures du soir, T. 36,8.

13 septembre, S heures du matin. T. 36,8. Prescription : Chocolat, quart, demie de vin ; potions, ut suprà.

4 heures du soir. T. 37.

14 septembre. 8 beures du matin. T. 30,8. 4 heures du soir T. 37.

15 septembre. 8 heures du matin. T. 36,8. 4 heures du soir. T. 36,8.

16 septembre. 8 heures du malin. T. 36,8. 4 heures du soir. T. 37.

17 septembre. 8 heures du malin. T. 36,8. Urines 120-0 à 1500 gr. en 2i heures et urée 13 gr. 6« par litre. 4 heures du soir à 37.

18 septembre. 8 heures du matin. T. 30,8; pouls à 68. 4 heures du soir- T. 37.

19 septembre. 8 heures du malin. T. -36,6. 4 heures du soir. T. 37.

20 septembre. 8 heures du malin. T. 36,6. 4 heures du soir. T. 37.

21 septembre. S heures du malin. T. 36,6.

Sort définitivement le 24 septembre, et cet homme n'a plus reparu à l'hôpital depuis celte époque.

Voilà un homme qui arrive directement de Fi ance, pour être mis en garnison aux. Il es- du- Salut, que l'on ne peut pas accuseri de contenir de marais. 11 contracte la fièvre jaune, dont ilguériti facilement; quelques mois plus tard il entre de nouveau à l'hôpital des lies, en présentant de ■véritables accès de fièvre.. H faut admettre que la fièvre intermittente règne aux Iles-du-- Salut ou bien que la fièvre jaune avait laissé dans cet organisme une empreinte qui s'est manifestée plus tard sons forme ue fié- vre irrégulière ; lapyrexie n'est, dans ce cas, que la lutte de l'or-

FORMES ET VARIÉTÉS

ganisme pour débarrasser 1 économie de l'épine qui reste encore. A oe propos, je dois dire que mou ami, le docteur Lemoyne , qui était à ce moment-là cbet du service de santé aux Iles, a été triv> surpris de voir se mauilester, quelques mois plus tard, sur les hommes qui avaient eu la fièvre jaune une véritable épidémie de fièvres, soit continues, soit rémittentes ou intermittentes, mais guérissant facilement, qu'il ne savait au juste à quoi rapporter; il aurait été cependant disposé à ne voir là qu'une fièvre inflammatoire, s'il eût été habitué à l'idée que cette liè\re peut atteindre ceux qui ont eu la fièvre jaune; la plupart des hommes qu'il a eus à traiter présentaient l'érytbème scrotum. En tous les cas, cet homme n'a jamais habité de pays paludéen et présente des accès de fièvre intermittente sur un rocher qui n'est pas marécageux. Quant à l'atteinte qu'il a présentée au Maroni, elle est de même ordre; c'est une fièvre qui dure trois jours, mais en présentant des rémissions tellement, marquées qu'elle est prise pour une fièvre intermittente. Il est repris de nouveau après sa sortie de l'hôpital, et c'est toujours sous la même forme qu'elle se présente ; trois jours de fièvre et tout disparaît, sans quinine.

L'urée est ici encore un indice précieux. Loin d'augmenter au moment où la fièvre existe, quand les combustions doivent être plus grandes, elle se tient toujours à un niveau bien au-dessous de la normale. Au momeut .de sa seconde entrée, pendant les jours de fièvre, on constatait à peine i gr. d'urée par litre, sigDe I bien évident que les fonctions n'avaient pas repris leur cours normal et que les oxydations ne se faisaient pas régulièrement. Tout rentre dans l'ordre et la fièvre disparaît pour ne plus revenir, quand l'urée se rapproche de son chiffre normal.

Les deux cas que je viens de relater ont été pris parmi les plus douteux, pour que je ne sois pas accusé de ne rechercher ' que les faits qui peuvent me donner raison,, et pour que la dis- ; cussiun soit ouverte sur la question de savoir si la fièvre inftymmatoire peut se présenter sous une ou plusieurs formes.

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