TABLEAU
DB LA TEMPÉRATURE ET DE i/URÉB.
JOURS
An 1»
de la maladie
TEÏPÉItATUKK
QOANTITB DES CRISES
CRÉE EXCRÉTÉE
TOTAL de
Purée ricrètés
en 24 h .
matin.
soir.
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On comprendra facilement que je n'aie pu donner dans ce tableau qu'un aperçu général des rapports de la température et de l'urée. Il est difficile de prendre des moyennes exactes, quand
ANALYSE DES SYMPTOME?. 247
ou doit tenir compte de ces deux éléments à la fois et. les comparer ensemble. Il eût certainement mieux valu donner plusieurs tableaux reproduisant chacun le résumé d'une observation au point de vue que nous étudions, mais alors j'aurais été entraîné au delà des limites assignées à cet ouvrage. Toutefois, je puis certifier que ce tableau donne une idée assez exacte de l'ensemble des observations.il y a certainement bien des variations à prévoir ; je compte bien ne pas les passer sous silence et je ne manquerai pas de noter au bas des tracés thermographiques la quantité des urines et de l'urée, à certains jours et à
certains moments.
Ainsi j'ai observé quelquefois une augmentation assez considérable de l'urée. J'ai noté dans certains cas 50 et même 60 gr. d'urée par litre, mais d'une manière toute passagère. Pour expliquer ces faits particuliers, devait-on penser à une complication paludéenne ou plutôt à l'exagération du fonctionnement du foie sous l'influence d'une cause palustre concomitante? C'est ce que je ne saurais décider pour Je moment. D'un côté, les variations de l'urée dans la fièvre de nature essentiellement paludéenne ne sont pas encore assez nettement établies, et d'un autre côté, je trouve signalé ces faits d'augmentation brusque et passagère de l'urée dans les maladies diverses : quelquefois dans la lièvre typhoïde, souvent dans la fièvre à rechutes. M. Brouardel a trouvé 70 gr. d'urée dans un cas d'entérite ulcéreuse de nature indéterminée; il fait remarquer qu'au moment où le chiffre de l'urée s'est élevé jusqu'à 70 gr., le nombre des globules rouges est tombé en 48 heures de 4,300,000 par mil. cube à 2,800,000.
Sans nous appesantir plus longtemps sur ces exceptions, nous dirons qu'il semble que le chiffre de l'urée dans la fièvre bilieuse inflammatoire se trouve toujours beaucoup au-dessous du chiffre normal et qu'elle reste longtemps dans des limites tout à fait intérieures.
A.u commencement de la première période, la congestion du foie se traduit par une suractivité de la circulation de l'organe et l'urée augmente légèrement, ce qui explique les chiffres de 29 et 30 que l'on trouve souvent, <]uand on peut observer la maladie dès le début. Il est probable qu'après ce premier coup de fouet donné à l'organe hépatique, la circulation est moins ac-
tive et le fonctionnement de la glande moins régulier; aussi l'urée descend graduellement, malgré la persistance de la fièvre et on la voit atteindre des chiffres relativement peu élevés. Les accès de fièvre que l'on voit survenir quelquefois dans la convalescence ne sont point précédés par une augmentation de l'urée, comme dans les accès paludéens; il m'a toujours semblé que ces accès étaient annoncés par la pâleur de l'urine et la diminution de l'urée. On voit de temps en temps l'élimination de l'urée procéder par poussées qui sont loin d'être toujours en rapport avec la température. Même quand elle augmente, l'urée est loin d'atteindre le chiffre normal. ' Un fait caractéristique, c'est que l'urée tombe à des chiffres tout à fait minimes, longtemps après que la convalescence est établie. Il n'est pas rare de voir l'urée, un mois et même deux mois après le début de la maladie, réduite à 3 ou 4 gr. en 24 heures. S'il survient un accès de fièvre à cette époque, elle augmente peu ou pas du tout. C'est que le foie est à peu près inactif, envahi souvent par la dégénérescence graisseuse, comme le prouve l'anatomie pathologique. Tant que l'urée reste à ces chiffres tout à fait inférieurs, il y a encore imminence morbide et les rechutes ou les complications sont alors faciles à expliquer.
4. Les urates au contraire augmentent de quantité et sont souvent accompagnés de mucus. Il n'est pas rare de trouver 3 gr. d'acide urique en 24 heures. Ce produit se trouve souvent en rapport avec la prédominance des matières colorantes, l'urochone et l'uroxanthine. Ce sont autant de produits secondaires qui prouvent que les combustions ne sont point complètes.
Il arrive un moment, entre la première et la seconde période où les phosphates existent aussi en grande quantité. Ce sont surtout des phosphates ammoniaco-magnésiens qui coïncident souvent avec l'effervescence des urines. C'est précisément à ce moment, en effet, nue les urines sont effervescentes et qu'elles nt une tendance extrême à la décomposition. Cette efl'ervesence et cette décomposition facile seraient-elles dues à la présence des phosphates ou des urates, ou du mucus, nous ne saurions Je dire. Nous signalons la coïncidence de ces phénomènes.
L'effervescence, des urines au moment de la rémission a attiré
ANALYSE DES SYMPTOMES
spécialement mon attention, car j'étais frappé de voir les urines Offrir facilement ce phénomène et se décomposer avec facilité. Quand l'effervescence était considérable, on pensait que les urines avaient séjourné dans un urinoir sale, contenant des ferments et agissant rapidement dans les pays chauds pour la décomposer. Quand elle était peu considérable, et qu'elle se manifestait dans des urines parfaitement pures n'ayant pas séjourné dans l'urinoir, on pouvait penser qu'elle était due à l'acide azotique contenant un peu d'acide hypoazoteux décomposant l'urée. Dans certains cas que j'ai suivis et observés avec soin, il a fallu admettre une tendance à la décomposition propre et spéciale à l'urine, due sans doute aux produits excrétés à ce moment. Il eût été très important de doser la quantité des matières dites extractives dont l'accumulation dans le sang, plus encore que celle de l'urée, produirait l'autotoxhémie (Ghalvet).
Je ne terminerai pas cette analyse sommaire des principales altérations de l'urine dans la fièvre bilieuse inflammatoire, sans jeter un coup d'œil comparatif sur celles qu'on rencontre dans la fièvre jaune. Nous voyons alors l'analogie la plus évidente : présence de l'albumine, diminution de l'urine et de l'urée, augmentation des urates et des phosphates, tendance à la décomposition des urines.