‹ De la fièvre dite bilieuse inflammatoire à la GuyaneChapitre 28 sur 57 · Même état · texte numérisé non relu

Même état

2T. Le malade ne souffre pas. L'éruption est plus confluente et prend les caractères <le l'hémophilie; le moindre choc, le moindre attouchement donne lieu à une ecchymose sous-cutanée. On voit survenir une ecchymose de la paupière supérieure gauche, qui s'éiend bientôt à la paupière inférieure et à la conjonctive.

Les gencives présentent le même état; la joue gauche est tuméfiée et douloureuse. La peau est chaude et sèche; le pouls fréquent et vibrant; cependant l'appétit est bon, les voies digestives sont en bon état; les poumons sont sains. Le cœur semble hypertrophié; la pointe bat dans le septième espace, au-dessous du mamelon. La maliié est exagérée de haut en bas. L'auscultation permet de constater un bruit de souflle au premier temps à la base. Ce bruit assez fort se prolonge vers les vaisseaux du cou, où il devient continu et donne à l'oreille la sensation du bruit de diable.

L'examen ophthalmoscopique montre que les hémorrhagies rétiniennes ont augmenté. De nouvelles taches se sont faites autour de la papille et la périphérie est également le siège de petits points hémorrhagiques. L'œil droit aussi est atteint; l'image renversée permet de constater une grosse hémorrhagie, en dehors de la papille, et plusieurs petites à la périphérie. Soir. T. 39,8; pouls à 420.

28. décembre. Le malade est dans un état de somnolence légère et ne se plaint nullement. Matin. T. 39,2 ; pouls à 120. Soir. T. 40; pouls à 118.

29. Même état; somnolence plus marquée; la joue gauche a uue teinte bleu-verdàtre. Matin. T. 38,8; pouls à 412.

30. Légère ecchymose à la paupière inférieure droite; le malade reste couché et mange peu. Matin. T. 39,2; pouls à 424.

Vers 4 0 heures du matin, il a eu un vomissement grisâtre. A partir de ce moment, il n'a plus parlé; il ne veut prendre ni boisson, ni nourriture. Il reconuaît les personnes, mais ne répond pas. Il ne présente aucun symptôme de paralysie, ni du mouvement, ni de la sensibilité, le cœur bat audessous du sixième espace et en dehors du mamelon. Les symptômes sléthoseopiques sont les mêmes. La peau est un peu chaude, la température ne peut être prise, à cause de l'agitation du malade; pouls à 428.

Le malade meurt le 34 décembre 4876, à 3 heures du malin. 11 a présenté un peu d'agitation, jusqu'à ses derniers moments.

Autopsie laite 6 heures après la mort.

llcbitus extérieur. — Homme de taille moyenne, apparence robuste; peau line, blanche, sans le moindre indice d'ictère, parsemée de tacheB de purpura.

Catje thoracique. — Le péricarde renferme environ 400 gr. d'un liquide sanguinolent; les cavités pleurales sont libres de toute adhérence et ne contiennent pas de liquide.

Cœur. — Le cœur est volumineux, dur, contracté; toute sa surface extérieure oft're une coloration noire, due à de vastes ecchymoses sous-périeardiques ; les oreillettes sont vides et épaissies par des épanchements sanguins qui ont leur siège dans les colonnes musculaires. Les deux ventricules sont vides, exsangues et présentent de nombreuses ecchymoses sous-endocardiques. Les orifices auriculo-ventriculaires et artériels n'offrent pas la moindre trace d'altération.

La coupe des parois cardiaques, ainsi que celle de la cloison, permet de constater la présence d'un grand nombre d'hémorrhagiesdans le tissu musculaire lui-même.

Poumons. — La surface extérieure des poumons offre quelques ecchymoses sous-pleurales. La coupe du tissu pulmonaire montre un certain nombre de petits infarctus, surtout périphériques. En général, les poumons sont sains.

Cavité abdominale. — Le tube intestinal n'offre rien de particulier. L'estomac renferme un peu de maiière gris-verdàlre, semblable à celle des vomi sernenls; il n'y a pas d'apparence de sang dans le tube digestif. La cavité périlonéale ne contient qu'une très petite quantité de sérosité; mais à gauche, dans le tissu cellulaire péritonéal de la face postérieure, depuis le tronc cœiiaque jusqu'au bassin exclusivement, on voit une coloration noire due à un vaste épanchement hémorrhagique. Le sang est étalé en couche mince; on ne peut trouver le tronc lésé.

t'oie.— Le foie pèse 4 ,640 gr. et présente quelques adhérences à la paroi abdominale. L'aspect est lisse, un peu pâle ; on voit çà et là sous la capsule,

quelques ecchymoses, le long des veines. 11 est à remarquer que ces troncs veineux traversent l'hémorrhagie, sans rien perdre de leur plénitude; loin d'être exsangues et affaissées, elles sont turgescentes. A la coupe, le foie a un aspect général jaune-pâle et une consistance caoutchouc Les lobules sont très peu distincts; on ne rencontre pas d'hémorrhagies à l'intérieur.

Rate. — La rate pèse 4 45 gr.; est rouge-pâle, d'une consistance normale.

Reins.— Les artères et veines rénales sont presque vides. Le rein gauche pèse 470 gr., est pâle et exsangue; le tissu cellulaire qui l'entoure, le bassinet et les calices participent à l'hémorrhagie sous-péritonéale. Le rein droit est normal et pèse 4 43 gr.

Pancréas.— Le poids, 87 gr. et l'aspect de cet organe sont normaux.

Cerveau. — Les sinus de la dure-mère contiennent peu de sang; au moment de l'ablation du cerveau, il s'écoule une grande quantité de liquide sanguinolent.

La surface des hémisphères offre de nombreuses hémorrhagies sousméningées. Ces hémorrhagies sont petites, en général ; mais à la surface convexe, on trouve à droite une ecchymose large, occupant la partie postérieure de la troisième circonvolution frontale et toute la circonvolution frontale ascendante; à gauche, on remarque une hémorrhagie plus vaste encore, s'élendant tout le long de la scissure de Sylvius. Entre les hémisphères, au-dessus du corps calleux, presque détruit, existe un long caillot de 4 centimètre d'épaisseur, réunissant les deux faces internes.

Le corps calleux est complètement ramolli et désorganisé; le plafond des ventricules latéraux est représenté par une mince lame de substance blanche, parcourue par des vaisseaux gorgés de sang et parsemée de petites hémorrhagies de deux à quatre millimètres de diamètre.

Des coupes pratiquées dans différents sens, dénotent la présence de nombreuses hémorrhagies dans la substance cérébrale elle-même. C'est ainsi qu'à droite, on en trouve à la partie postérieure et en dehors du noyau caudé du corps strié ; dans la capsule externe en arrière du lobule de l'insula; en avant dans la substance grise, à la partie antérieure du noyau lenticulaire du corps strié et dans la substance qui correspond au lobe frontal. A gauche, on trouve des hémorrhagies, en arrière du prolongement ccipilal latéral, dans la capsule externe et l'avant-mur. Le noyau lenticulaire et la capsule interne offrent un certain nombre de petits points hémorrhagiques, de 1 à 2 milimètres; enfin, notons un foyer de 6 à 7 millimètres, siégeant à la partie antérieure de la portion moyenne du noyau lenticulaire et la teinte jaune ecchymotique de toute la substance blanche intérieure.

Cervelet. — Méninges et substance cérébelleuse saines; nombreux points hémorrhagiques dans les deux pédoncules cérébelleux supérieurs.

Protubérance. — Petite hémorrhagie à droite et en haut. Bulbe. — Sain.

Cette observation a été recueillie à Cayenne dans le service de M. le médecin en chef Martialis, par mon excellent camarade et ami, le docteur Hache, à l'obligeance duquel je la dois. Le diagnostic est resté indéterminé, on ne pouvait songer à invoquer l'accès pernicieux ; la rate pesait U5 grammes et avait une consistance normale. On pouvait songer à un cas de purpura hémorrhagica généralisé, mais sous quelle influence se serait-il déclaré chez un militaire robuste, ayant une bonne hygiène, vivant à la caserne au milieu de ses camarades, qui ne présentaient aucun cas de ce genre ?

Il est d'autant plus intéressant à connaître qu'il s'est présenté à une époque où la fièvre jaune éclatait à Cayenne. Dans ce même mois de décembre 1876, on avait constaté dans la ville de Cayenne, 3 décès par fièvre jaune. L'épidémie s'annonçait, mais n'était pas encore constituée. Le génie épidémique n'ayant pas encore toute la force nécessaire pour produire la fièvre jaune, ne pouvait-il pas exercer son action en frappant insidieusement et sous des formes variées? En effet, en ne tenant compte que des militaires, on voit chez eux la mortalité augmenter de nombre, pendant les derniers mois de Tannée 1876 ; les cas de morts étaient plus fréquents ; les maladies prenaient une certaine gravité. Enfin, au mois de janvier 1877, des cas non douteux de fièvre jaune étaient constatés sur les militaires; quelques-uns mouraient, d'autres présentaient des symptômes graves et mal déterminés et finissaient enfin par guérir.

Nous voyons dans ce cas une tendance à l'hémophilie ; des hémorrhagies s'établissent sous la peau au moindre contact, et enfin dans les différents organes. Le péricarde est rempli de sérosité sanguinolente; le tissu musculaire du cœur présente lui-même des ecchymoses et des hémorrhagies. Les poumons offrent des infarctus, la rétine et le cerveau sont hémorrhagies. Le malade conserve sa connaissance j usqu'au dernier moment ; les vomissements sont grisâtres. Il est fâcheux que l'état des urines n'ait pas été mentionné, que le foie n'ait pas été examiné au microscope.

Ce qui prouve combien de phénomènes qui se développent

lentement et insidieusement, passent inaperçus, c'est que ce malade n'a été inquiété de son état, et n'est entré à l'hôpital que lorsque l'hémorrhagie rétinienne s'est déclarée; et déjà l'altération du sang était profonde. Huit jours avant son entrée à l'hôpital il avait vu survenir une éruption de taches rouges. Il est probable qu'il avait été indisposé quelques jours ou quelques semaines auparavant ; il avait pu avoir la fièvre avec des rémissions assez accentuées, qui avaient peut-être fait penser à la fièvre intermittente. Quand on sera mieux fixé sur ces possibilités, on verra combien de faits de ce genre passent inaperçus.

Il est donc très probable que nous nous trouvons encore en résence d'un cas de fièvre bilieuse inflammatoire, mais tout fait supposer que l'on était déjà assez loin du début de la maladie, quand le sujet a été examiné. Il a succombé à une véritable dissolution du sang, et c'est une des terminaisons assez fréquentes de la fièvre inflammatoire, quand le système nerveux n'est pas trop fortement impressionné et permet à la vie de s'entretenir, pendant que l'agent morbide continue son action sourde sur le globule sanguin qu'il transforme et qu'il détruit. A mesure que le sang subit cette transformation, les vaisseaux n'étant plus suffisamment nourris, se dilatent et s'hémorrhagient.

Observation XIX.

Péret, âgé de 23 ans, du département de l'Isère, soldat d'infanterie de ttinflne ; 4 an et demi de service et 5 mois de colonie ; entre à l'hôpital de Cayenne le 30 avril 1878. Antécédents morbides nuls.

Arrivé depuis 5 mois dans la colonie, il a toujours joui d'une bonne santé jusqu'au 27 au soir.

Le 27, dans l'après-midi : céphalalgie, courbature, sensation de fortes chaleurs, sans nausées, ni vomissements.

Le 28, le malaise continue et dans l'après-midi, il prend le lit.

Le 29, il se présente â la visite; on lui donne un purgatif qui occasionne 2 selles; la fièvre ne tombant pas, il entre à l'hôpital le 30 avril 1878.

A son entrée, faciès légèrement pâle; léger vertige dans la station debout; peau chaude, mais moite; céphalalgie; courbature; inappétence; soif vive; langue sale, blanche, rouge sur les bords; abdomen souple, non douloureux; rien dans le thorax. T. 41,3; pouls à 420. Prescription: Bouillon ; thé, ipéca 1 gr. 50; lavement avec quinine 2 gr.

ANATOMIK PATH(M,(ir.lOl'|-.

4 heures du soir. T. 41,1; pouls à 120 Môme élat, vomissements peu Abondants avec l'ipéca; pas de selles; peau toujours ehaudb et moite; transpiration continuelle. Urines claires, albumineuses, donnant 29 gr. 36 d'urée par litre. 8 heures du soir. T. 41,3. Minuit. T. 41.

1" mai 1878. 4 heures du matin. T. 39. 8 heures 38,3; pouls à 88. Le malade a bien transpiré pendant la nuit; céphalalgie peu accusée, plus de courbature. Depuis 7 heures du soir, jusqu'à 7 heures du matin, a eu 6u0 gr. d'urines claires, acides, ne contenant plus d'albumine et donnant 27 gr. 90 d'urée par litre et 16 gr. 62 pour 600 gr. d'urines, rendues en ■12 heures. Midi. T. 38,3; pouls à 88. Prescription: Bouillon; limonade tartarisée à 1 5 gr.; looeh : huile de ricin 45 gr. hydrolat de menthe 30 gr., sirop tartrique 30 gr., jus de citron 4 gr.

4 heures du soir. T. 38,4 ; pouls à 92. Le malade est bien; la peau est moite et fraîche. 200 gr. d'urines, sans albumine, donnant 28 gr. d'urée par litre et 5 gr. 60 pour 200 gr. d'urines rendues; donc, 22 gr. 22 d'urée éliminée à peu près en 24 heures. 8 heures du soir. T. 39,2. Minuit. T. 39,4.

2 mai. 4 heures du matin. 40,2. 8 heures du matin. T. 40,6 ; pouls à 1 00.

Le malade ne se plaint de rien ; sensation de forte chaleur. Celte nuit, a eu des nausées et des vomissements. Rien dans le thorax, ni dans l'abdomen, langue fortement sale, selles régulières, 400 gr. d'urines non albumineuses et donnant 30 gr. 30 d'urée par litre, et 12 gr. 42 pour 400 gr d'urines. Midi. T. 41,2. Prescription : Bouillon, limonade tartarisée à 45 gr.; huile de ricin; lavement : quinine 4 gr. 50, décoction de quinquina à 150 gr.

4 heures du soir. T. 41,8; pouls à 420. Intelligence très nette; pas de nausées; pas de selles. 4 45 gr. d'urine émise, sans bile, ni albumine et donnant 34 gr. 30 d'urée par litre et 4 gr. 97 pour 445 gr. d'urines j d'où 17 gr. 09 d'urée éliminée en 24 heures. 8 heures du soir. T. 41,8. Minuit 41,2.

3 mai. 4 heures du matin. T. 40,3. 8 heures. T. 39; pouls à 400. Môme état; pas de transpiration; selles copieuses pendant la nuit; le malade se plaint peu. 500 gr. d'urine, sans bile, ni albumine et jdonnant 35 gr. 80 d'urée par litre et 47 gr. 90 pour 500 gr. d'urines. Midi. T. 38,8. Prescription ; Bouillon; limonade tartarisée à 15 gr.

4 heures du soir. T. 39,7; pouls à 96. Plusieurs selles'dans la journée. Il ne se plaint que d'un sentiment de faiblesse générale. 350 gr. d'urine sans albumine, donnant 37 gr. 20 d'urée par litre et 4 3 gr. 4 2 pour 350 gr. d'urines; donc 31 gr. 02 d'urée éliminée en 24 heures. 8 heures du soir. T. 43. Minuit, 40,6.

4 mai. 4 heures du matin. T. 41,3. 8 heures 41,4; pouls à 4 42. Pas de céphalalgie; sensation de faiblesse dans les membres; plusieurs selles dans la nuit; pas de nausées; langue légèrement saburrale; légère épistaxis

dans la nuit; pas d'éruption cutanée, pas de transpiration. La pression à 'hypochondre droit est douloureux; la percussion fait constater l'augmentation du foie dans les deux lignes mamelonnaire et axillaire. 500 gr. d'urine, claire, acide, non albumineuse et donnant 39 gr. 30 d'urée par litre et 19 gr. 65 pour 500 gr. Midi. T. 41,0. Prescription : Bouillon, limonade; potion : extrait de quinquina 2 gr.

4 heures du soir. T. 41 ,7 ; pouls à 124. Epistaxis légère dans la journée; la langue est rouge et dépouillée de tout enduit saburral. Le malade a bien transpiré dans la journée, mais la peau est de nouveau chaude et sèche, pas de douleur, légère teinte subictérique des conjonctives et de la voûte palatine. 350 gr. d'urine non albumineuse et donnant 35 gr. 15 d'urée par litre et 12 gr. 30 pour 350 gr. d'urines; donc, 31 gr. 95 d'urée éliminée en 24 heures. 8 heures du soir. T. 42. Minuit. 41.

Vers -2 heures de la nuit, le malade qui, depuis 8 heures du soir, donnait des signes évidents de délire, s'élance par la fenêtre et est ramassé sans connaissance sur le pavé. Immédiatement après l'accident, on constate la perte complète de connaissance ; le malade, pour employer l'expression commune, fume sa pipe; les yeux divergent, mais sont mobiles.

La tête est inclinée à droite. On trouve de la résolution dans le membre supérieur gauche, avec perte de sensibilité ; tandis que le membre droit est au contraire assez fortement contracturé et sensible; comme lésion, une plaie contuse au niveau de la partie antéro-supérieure de la région temporale gauche, une fracture du fémur gauche, au niveau du tiers supérieur; le pouls est petit, très fréquent, on ne peut le compter. Saignée de 500 gr. Carphologie du côté droit, tandis que le gauche reste immobile. La température prise à 4 heures du matin, donne 41,3.

Mort le 5 mai à 5 heures du malin.

Autopsie faite 3 heures après la mort.

Habitus extérieur. — Homme robuste, grand ; teinte pâle générale des téguments; quelques marbrures noires au dos. Plaie contuse à la région temporale gauche; fracture du fémur. Rigidité cadavérique assez prononcée.

Crâne. — La plaie contuse n'est qu'un simple décollement qui s'arrête au périoste. En enlevant les parties molles, on trouve une traînée sanglante sous-périostée qui suit la suture fronto-pariétale, sans continuer avec la plaie. La calotte osseuse enlevée, on trouve la dure-mère intacte.

Après l'ablalion du cerveau, on constate l'intégrité de toute la boîle crânienne. L'hémisphère droit, depuis la partie frontale antérieure, jusqu'au pli courbe, est recouvert par un gros caillot noir, situé dans la cavité arachnoidienne. Rien à gauche.

Le tissu sous-piemérien est partout le siège d'une infiltration sanguine,

mais surtout prononcée à la convexité. La pie-mère enlevée, on constate l'intégrité delà base et des circonvolutions de l'hémisphère gauche.

A droite, toute la partie autérieure est intacte, mais il existe à la partie postérieure de la scissure de sylvius un noyau hémorrhagique de la grosseur d'une noix qu'entoure légèrement la substance cérébrale.

En ouvrant les ventricules, on constate l'intégrité des ventricules moyen et latéral droit, tandis que le ventricule gauche renferme un caillot noir de la grosseur d'une noisette, situé au niveau du noyau iotra-ventriculaire du corps strié. On constate au niveau de ce noyau du corps strié, de nombreuses petites hémorrhagies dont les plus grosses ont le volume d'une tête d'épingle. La cavité renferme un peu de sang, la toile choroïdienne a un aspect rouge-foncé.

Rien dans la substance blancbe , les couches optiques, le noyau lenticulaire, et les pédoncules. Rien dans le cervelet et la protubérance.

Thorax. — Adhérences pleurales anciennes à gauche. Poumons sains ; un peu d'hypostase aux deux bases. Rien au cœur, ni dans les gros vaisseaux.

Abdomen. — Quelques adhérences péritonéales récentes, au niveau de la face inférieure du foie. Distension tympanique du gros intestin.

Estomac normal, renferme un peu de mucus coloré en jaune par la bile.

L'intestin grêle renferme des matières colorées par les pigments biliaires. Les plaques de Peyer sont généralement saines, sauf dans l'iléon où elles sont un peu saillantes et offrent l'aspect de la barbe rasée.

Gros intestin sain.

Reins. — Normaux, un peu pâles, pesant 270 gr.

Rate. — Volumineuse, molle, très friable, pesant 540 gr. La capsule s'enlève avec la plus grande facilité ; le tissu splénique est noir foncé, sans consistance, légèrement en bouillie.

Foie.— Le foie pèse \ 895 gr. Sa surface est lisse sauf à la partie inférieure où l'on trouve quelques adhérences récentes ; sa teinte est normale à la coupe, son tissu est foncé et il s'écoule une assez grande quantité de sang, il offre l'aspect d'un foie congestionné. La vésicule renferme une certaine quantité de bile normale.

Cette observation a été également recueillie à Cayenne, dans le service de M. le médecin en chef Gourrier, par le Dr Hache. Nous avons là un exemple frappant de la marche rémittente de la fièvre bilieuse inflammatoire ; une des formes principales qui ont appelé toute notre attention et dont nous nous sommes occupé tout spécialement. Pour nous en rendre mieux compte,

nous allons donner un tableau comparatif de la température et de l'urée, pour l'observation que nous venons de relater.

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