INTRODUCTION. .X
exotique est incontestable, depuis les magnifiques travaux dont il vient de doter la science, m'a montré avec une affabilité dont je le remercie, des cas de fièvres présentant certains caractères spéciaux et d'une nature particulière. C'est donc à ce maître distingué que j'avais déjà eu le bonheur d'avoir pour chef au Sénégal, que revient l'honneur du travail que j'ose entreprendre, car c'est lui qui m'a donné les premières idées d'une question qui serait peut-être restée obscure pour moi. Qu'il me permette ici de lui témoigner toute ma reconnaissance pour les marques de sympathie dont il m'a si souvent gratifié.
Quel ne fut pas mon étonnement, à peine débarqué à la Guyane, de constater le lendemain de mon arrivée, et précisément sur un de mes amis que j'avais vu bien portant la veille, une maladie toute particulière que je n'avais point encore ou mal observée. Il faut dire qu'un de nos collègues venait de mourir de fièvre jaune et que la personne sur laquelle s'est présenté le cas que je cite à grands traits, fréquentait assidûment l'hôpital. Une fièvre intense, une jface vultueuse, les yeux sortant de l'orbite, une peau sèche, une rougeur très prononcée du scrotum, un état d'agitation extrême, étaient les symptômes dominants. La quinine fut administrée à forte dose pendant les trois jours que dura la fièvre et je fus surpris de voir ce médicament impuissant à conjurer la période fébrile, augmenter môme les vomissements et déterminer une tendance à l'algidité et à la syncope. La convalescence fut longue et le malade présenta pendant longtemps des abcès et des furoncles.
Dans mon esprit, j'eus de la peine à classer ce fait, car je n'étais pas habitué à voir le paludisme procéder de la sorte. Les gens du pays qui entouraient le malade appelaient ce cas, mauvaise fièvre ou fièvre d'inflammation. En me reportant aux cas que je venais de voir à la Martinique, j'adoptai, à l'instar de