A INTRODUCTION
M. le médecin en chef Bérenger Féraud, l'expression de fièvre inflammatoire, peut-être à cause du vague de la signification qui ne préjugeait en rien la nature de la maladie, mais aussi parce qu'elle rappelait les phénomènes congestifs du début qui avaient été très marqués.
Je dois ajouter que le malade une fois guéri n'hésita pas à dire qu'il avait eu la fièvre jaune; et moi-même, quand j'eus une connaissance plus complète de cette maladie, après avoir étudié attentivement les nombreux cas qui existaient à ce mo ment, à l'hôpital et en ville, je fus enclin à la caractériser de la même manière.
Un autre cas, non moins intéressant, m'a beaucoup frappé et m'a fait longuement réfléchir sur ces maladies dont on ne suspecte pas assez la nature quand on arrive dans les pays tropicaux et surtout dans les pays à fièvre amarile. Il s'agit d'un Européen, chercheur d'or, arrivé depuis quelques mois seule ment à la Guyane. Je fus appelé à lui donner des soins. Il était en proie à une agitation extrême avec intolérance de l'estomac. La fièvre était modérée. Insomnie et grande inquiétude. Je lui administrai un purgatif et je filai de la quiniue à dose assez forte. Quelques jours après, la peau semblait fraîche au toucher et croyant fermement au paludisme, je pensai que la fièvre ne reviendrait pas avec la quinine.
Cependant les symptômes généraux étaient loin de s'amender; l'agitation continuait, les vomissements devenaient incoercibles, une teinte jaune se manifestait sur les conjonctives; les urines étaient jaunes et albumineuses. La respiration était anxieuse. Malgré tout, je ne trouvai pas de fièvre. Préoccupé de cet état général qui allait en s' aggravant, j'envoyai le malad e à l'hôpital, sous "la rubrique fièvre ^rémittente bilieuse grave et le lendemain de son entrée il succombait, en présentant