‹ De la fièvre dite bilieuse inflammatoire à la GuyaneChapitre 6 sur 57 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Définition. — Synonymie.

Définition. — Quand on observe pendant quelque temps à la Guyane, on est surpris du caractère des fièvres affectant pour la première fois un individu nouvellement arrivé. L'étranger n'a pas besoin, pour être atteint, d'être exposé longtemps aux émanations maremmatiques, ni de vivre dans les marais; il est pris souvent dès sont arrivée.

On remarque tout d'abord une fièvre continue durant en moyenne trois jours, sans que le traitement et surtout la quinine n'influence sa marche, d'une manière sensible. Elle est précédée souvent d'un état de malaise général assez peu marqué toutefois pour passer souvent inaperçu : C'est un peu de lassitude dans les jambes, une légère douleur de reins, avec suppression ou diminution de la transpiration; la peau devient sèche et le sujet éprouve une légère douleur au-dessus des orbites. Cet état s'accompagne de constipation, de perte d'appétit et de douleurs stomacales.

Bientôt la fièvre s'allume, souvent par un frisson; elle atteint rapidement un summum thermique très-élevé où elle se maintient quelque temps. La défervescence se fait lentement.

Pendant toute cette période fébrile, l'agitation du malade est grande, la face est vultueuse, les yeux sont gros et injectés ; les douleurs de reins et de tête augmentent. Il y a souvent des

vomissements, bilieux quelquefois, mais plutôt glaireux et aqueux. Les selles sont peu fréquentes, à moins qu'elles ne soient provoquées par des purgatifs. La langue est blanche et les gencives présentent un léger liséré blanchâtre. La peau du corps est rouge et la partie antérieure du scrotum est souvent plus foncée que d'habitude. ♦

La seconde période est apyrétique et, sans pouvoir préciser sa durée, on peut dire qu'elle est très-longue. Elle maintient le malade pendant plusieurs semaines et même plusieurs mois sous son influence. Les conjonctives deviennent légèrement jaunes, ainsi que la partie antérieure du tronc. L'appétit ne revient que peu à peu ; les jambes sont brisées et incapables d'une longue course.

La convalescence est souvent traversée, mais d'une manière irrégulière, par des accès de fièvre avec ou sans frissons. Ces accès se montrent tantôt toutes les semaines, tantôt tous les quinze jours; quelquefois même tous les mois.

Ils sont souvent occasionnés par un écart de régime ou un refroidissement.

Le malade peut tomber dans l'anémie.

Les rechutes sont fréquentes et se compliquent souvent d'accidents typhoïdes.

Ainsi donc la fièvre bilieuse inflammatoire est une maladie caractérisée par deux périodes : la première, fébrile, durant en moyenne trois jours, continue ou rémittente, accompagnée de symptômes congestifs et gastriques plus ou moins prononcés; la seconae, apyrétique, d'une durée variable, souvent traversée par de simples accès de fièvre ou de véritables rechutes menant parfois à l'anémie ou à des complications typhoïdes.

Synonymie. — Il me suffira de donner les différentes appellations employées à la Guyane et pouvant s'appliquer à la fièvre que je décris. Ces dénominations varient encore suivant les pays et les observateurs.

Insolation. — Fièvre d'inflammation. — Fièvre éphémère. — Fièvre d'acclimatement. — Fièvre ae chaleur.— Fièvre rouge.— Fièvre gastrique. — Embarras gastrique. — Fièvre continue. — Fièvre rémittente simple. — Fièvre bilieuse. — Rémittente bilieuse. — Rémit-

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