‹ De la fièvre dite bilieuse inflammatoire à la GuyaneChapitre 7 sur 57 · DÉFINITION. — SYNONYMIE · texte numérisé non relu

DÉFINITION. — SYNONYMIE

tente typhoïde ou bronchique. — Typhoïde bilieuse ou à rechutes. — fièvre infectieuse à forme typhique. — Fièvre jaune légère.

Toutes les fièvres, à la Guyane, sont, pour le vulgaire, des insolations ; de là la coutume si générale de se faire tirer le coup de soleil. Je n'ai pas besoin de combattre cette dénomination, car si le soleil est très-souvent la cause déterminante et parfois la seule appréciable des maladies, il est très-rarement la cause première.

Les gens du pays disent encore, fièvre d'inflammation; et cette dénomination se rapproche de la nôtre. Ils tiennent compte des symptômes d'irritation qui se manifestent du côté du tube digestif. De là, l'habitude prise par les matrones de ne donner ni quinine, ni purgatifs au malade, avant de l'avoir rafraîchi au moins pendant trois jours.

Le nom de fièvre éphémère a été appliqué à la même maladie, nous en avons une preuve dans ce passage du rapport de M. Chapuis, sur les Iles du Salut, pour le 2e semestre 1858.

« Il est, du reste, à remarquer que, en môme temps que la fièvre jaune sévissait sur les hommes arrivés d'Europe depuis peu de temps, un grand nombre des anciens dans la colonie qui déjà avaient eu la maladie à une époque antérieure, présentaient des accès de fièvre éphémère, ayant tous les caractères du début de la fièvre jaune, mais la maladie se bornait chez eux à un accès de 36 à 40 heures, après lequel ils entraient en convalescence, en gardant seulement plus longtemps que la maladie ne pouvait le faire supposer, des courbatures et une lassitude générale. »

On dit « fièvres d'acclimatement » lorsqu'on veut exprimer qu'elles ne frappent que les nouveaux arrivés. Cette dénomination a l'avantage de faire savoir que les hommes qui en sont atteints subissent par elle une sorte d'inoculation qui les rendra moins aptes à ressentir l'influence du climat. Elle a le tort de faire croire que les anciens ou les acclimatés en sont complètement exempts.

L'expression de fièvre de chaleur ne peut pas non plus être adoptée, car c'est souvent dans les mois les plus pluvieux et les moins chauds que ces fièvres existent. M.Kerangal l'a appelée une fièvre rouge.se basant sur des symptômes principaux du début.

La dénomination de fièvre gastrique est très-employée, car,

en effet, elle est basée sur un symptôme très-important, l'état gastrique. Les cas les plus simples sont des embarras gastriques. Pour ne pas s'engager, on dit encore fièvre continue avec céphalalgie.

Les noms de fièvre rémittente simple, rémittente bilieuse sont souvent employés pour désiguer la même maladie. Voici du reste l'opinion de M. le médecin en chef Chapuis, exprimée dans son rapport du 3e trimestre 1860, sur l'hôpital de Cayenne.

« Les fièvres rémittentes bilieuses ont été fréquentes et graves. De nouvelles observations et des autopsies faites avec soin ont permis d'affirmer qu'on ne trouve aucune lésion caractéristique de l'appareil biliaire qui justifie le nom de fièvre bilieuse. La lésion principale est évidemment une altération du sang ; la fibrine se trouve sous forme de caillots ambrés dans les cavités du cœur et des gros vaisseaux; il y a pléthore sanguine aqueuse dans tous les tissus que le sérum colore en jaune ; les ecchymoses, les pétéchies, les congestions hypostatiques se forment avec une grande facilité. On trouve la muqueuse de l'estomac et de l'intestin couverte d'arborisartions et leur cavité remplie d'un liquide noirâtre semblable à de la gelée de groseille; enfin, rien ne justifie le nom de bilieuse donné à celle fièvre, qui se rapproche beaucoup de la fièvre jaune. C'est à cette fièvre que M. Soligniac, chirurgien de 2e classe de la marine, qui fut ramené de la Comté le 29 juillet, dans un état désespéré, succomba 4 jours après. »

En ne tenant compte que du caractère de rémittence de ces fièvres, qui est quelquefois très-marqué, et. des localisations morbides qu'elles entraînent, on les a appelées rémittentes typhoïdes ou bronchiques. Nous trouvons ces formes signalées par M. Chapuis, dans le service de la Transportation, en 1861. Notre collègue, M. le Dr Dupont, a fait paraître dernièrement un article, dans les Archives de médecine navale, sur une épidémie de rémittente typhoïde observée au Maroni, en 1875. Je me contenterai de faire remarquer ici que cette fièvre a été observée immédiatement après une épidémie de fièvre jaune. Il ressort, du reste, de cet article, que la maladie semble localisée en certains endroits.

La typhoïde bilieuse et la fièvre à rechutes a été également signalée par mon collègue et ami, le Dr Maurel, et encore dans les mêmes circonstances, quand une épidémie de fièvre jaune ctait à son déclin.

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