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mandé si plus de péril n'était pas attaché aux plaques dures qu'aux plaques molles? |
- Un second fait digne de remarque, c’est la rareté des altérations du tissu sous-muqueux. En effet, si l’on parcourt nos descriptions , l’on verra que presque toujours nous avons trouvé le tissu sous-muqueux sain, poli, non injecté, non ramolli. D'après M. Louis, au contraire, les lésions de ce tissu seraient constantes chez l'adulte. Voici les propres expressions de ce savant pathologiste : « Si les plaques altérées offraient entre elles de notables différences relativement au mode de lésion du tissu cellulaire, elles se rapprochaient en ce que la lésion de ce tissu avait lieu dans tous les cas où les plaques étaient altérées, quelle que füt leur altération. »
En opposition avec une autorité aussi imposante que celle de M. Louis, que devons-nous croire? Devons-nous penser que la différence de nos descriptions tient aux différences de structure que présentent les plaques chez l'enfant, ou bien, au contraire, à ce que nous avons mal vu, et mal décrit les lésions des follicules agminés ? Pour nous disculper de ce reproche, nous dirons que nous avons toujours apporté la plus grande attention dans l'investigation des plaques malades. Après avoir pratiqué une incision qui traversait l'épaisseur des parois intestinales, nous examinions la surface de cette coupe, et l'état sous lequel se présentaient les trois tuniques, puis, en grattant une autre partie de la plaque, nous détachions la membrane muqueuse intimement adhérente à l'appareil folliculaire; restait le Üseu sous muqueux, que nous incisions de nouveau. Il serait difficile, avec ces précautions, que son altération nous eût échappé , et ce qui le prouve, c’est que, dans les cas où il était malade, nous avons eu bien soin de l'indiquer. Du reste, nous ne trouvons rien d'étonnant à ce que le tissu sous-muqueux ne présente pas d'altération dans les cas où la lésion des plaques est récente. En effet, dans quelle portion de la plaque siége la maladie ? est-ce dans la base sur laquelle elle repose, ou bien dans l'appareil folliculaire et la muqueuse qui la constituent ?
Évidemment c'est dans ces derniers tissus ; c'est à l'inflammation des follicules, à la modification de leur sécrétion, qu'est due l'altération des plaques. Si par tissu sous-muqueux on entend l’appareil folliculaire qu'il est presque impossible de séparer de la muqueuse, nous admettrons volontiers que le tissu sous-muqueux était lésé dans les cas que nous avons observés; mais si, avec tous les anatomistes, on réserve le nom de issu sous-muqueux à ce tissu particulier qui sépare la membrane muqueuse de la membrane musculaire, nous serons forcés, appuyés sur nos descriptions, de dire que dans les cas que nous avons cités le tissu sous-muqueux n’était pas malade. Ces lignes étaient déjà écrites, lorsque nous avons eu l’occasion de vérifier de nouveau l’exactitude des remarques que nous venons de présenter. Nous avons pratiqué, le 3 juin, l’autopsie d’un enfant de onze ans, mort au 19° jour d’une fièvre typhoiïde ataxo-adynamique. Dans ce cas remarquable, les plaques étaient molles, non ulcérées, et le tissu celiulaire n'avait pas subi d’altération.« A six pieds du cœcum, on commençait à apercevoir des plaques : les supérieures étaient blanches, pâles, aréolaires, consistantes ; le tissu sous-muqueux était sain. Dans les quatre derniers pieds de l’intestin environ, toutes les plaques étaient rouges, à peine saillantes, sauf l’une d'elles située à deux pouces de la valvule. Cette plaque était longue d’un pouce et demi, large d’un pouce, inégale à sa surface, couverte de plis valvulaires que lon effaçait assez facilement avec le dos du scalpel. A la coupe, le tissu sous-muqueux n'était ni injecté ni épaissi; le tissu de la plaque elle-même n’était pas ramolli. Toutes les autres plaques étaient d'un rouge vif, comme tomenteuses à leur surface, recouvertes par la muqueuse non ulcérée. A la coupe, les plaques n'avaient puère qu'un tiers de ligne d'épaisseur; au-dessous, on trouvait le tissu sous-muqueux mince, non injecté, non ramalli. La muqueuse de la plaque et l'appareil folliculaire étaient intimement unis. Les follicules, isolés, nombreux, coniques, du volume d’une tête d’épingle, ne contenaient pas de matière jaune.
Faisons observer, enfin, que l’époque à laquelle les plaques s’ulcèrent paraît être plus tardive chez l'enfant que chez l'adulte. C’est à par-
: Es tir du 9° jour que M. Chomel a constaté l'existence des ulcérations. Dans les cas que nous venons de citer, nous voyons les intestins des sujets morts les 7°, 9°, 10°, 19°, 20° et 21° jours, ne pas offrir encore d’ulcérations; car nous ne pouvons pas donner ce nom aux légères érosions que présentaient les plaques ou les follicules du jeune malade de quatre ans et demi, qui succomba au 9 jour.
Nous allons examiner maintenant l’aspect, la disposition, le siége, l'étendue des ulcérations, dans les cas où nous les avons observées.
S 11 Ulcérations.
Nous avons observé des ulcérations chez huit enfants morts à différentes époques de la fièvre typhoide.
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Nous n'avons pas cité ces observations par ordre de date, et c’est avec intention que nous avons placé les deux dernières à la fin du tableau, parce que, dans ces deux cas, les altérations des plaques établissent le passage entre l’ulcération proprement dite et la cicatrisation qui tend à s'effectuer.
Dans tous les cas, les ulcérations ont eu pour siége constant les plaques de Peyer. La plus élevée existait à quatre pieds de la valvule; mais, en général, on les observait dans les deux ou trois derniers pieds de l’iléon, et, comme chez l'adulte, elles étaient d'autant plus nombreuses qu’on se rapprochait de la valvule; leur forme était arrondie, leurs bords, rouges, saillants, taillés à pic chez des sujets qui avaient succombé le 20° et 23° jour, étaient, au contraire, minces et aplatis chez celui qui était mort au 37° jour, et chez un enfant de deux ans qui avait succombé au delà de cette époque; ils étaient si
minces, si aplatis, si près du fond, que nous les comparâmes à cette forme de chancre décrit par Evans sous le nom de venerola vulgaris.
Le fond des ulcérations était constitué une fois par le tissu sousmuqueux blanc non épaissi; dans les autres cas, par ce tissu rouge et épaissi; quelquefois par la membrane musculaire qui avait subi la même altération. Le fond de deux ulcérations seulement était constitué par la tunique péritonéale; deux fois, chez des enfants, dont l'un était mort le 20°, l’autre le 23° jour, nous avons trouvé dans le fond des deux ulcérations une petite quantité de matière jaunâtre, friable : la portion de la plaque non ulcérée n'en présentait pas trace. Dans un seul cas (20° jour), les ulcérations siégeaient dans les follicules isolés.
Nous n'avons jamais rencontré d’ulcérations dans le gros intestin, mais leur existence est signalée dans deux observations que nous empruntons, l’une aux Bulletins de la Société anatomique, V'autre à la Gazette médicale. Dans le premier de ces cas, les ulcérations étaient extrèmement nombreuses, semblaient faites avec un emporte-pièce et paraissaient siéger dans les follicules; dans l’autre , elles étaient au nombre de onze seulement.
Nous allons terminer cet article en donnant la description des plaques du sujet mort au 28° jour chez lequel la cicatrisation tendait à s'effectuer. « Dans les deux derniers pieds de l'intestin, les plaques sont nombreuses: elles offrent un tissu aréolaire très-évident; elles ont une teinte grisâtre et sont à peine saillantes, non ramollies. Elles varient de grandeur entre six lignes et un pouce et demi. Celle qui occupe l'extrémité inférieure de l'intestin grêle en remplit toute la circonférence; elle est couverte de petites villosités et de petites saillies tomenteuses, fibrillaires. À l'extrémité de cette plaque, on voit une érosion de [forme inégale entourée de tissu tomenteux : elle a deux lignes de diamètre; ses bords sont excessivement minces: elle ne paraît intéresser que la muqueuse; une autre érosion analogue existe au centre d’une autre plaque, à deux pieds du cœcum. » Le cas
que nous venons de citer établit le passage entre la période d’ulcération et celle de cicatrisation.