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C. 52 — de la deuxième portion du dernier contingent

Sur 77 cas de fièvre typhoïde observés dans ce régiment , 38 ont frappé des soldats de la catégorie B, qui n'ont que cinq mois de service, soit 19 p. iOO; 6 des hommes de la Catégorie G, qui n'ont qu'un mois, soit 12 p. 100; 33, ceux de la catégorie A, soit 9 p. 100.

Sur les 17 décès, 13 appartiennent à la catégorie B, 1 à la catégorie C, 3 à la catégorie A«

M. Delon, chargé, en outre, du service de santé de deux compagnies du 2 e régiment du train d'artillerie, casernées au fort Neuf de Vincennes, établit de même : 1° que l'effectif de ces compagnies s'élevait à 155 hommes, dont 67 anciens soldats (ayant plus d'un an de service) et 88 de la dernière classe ;

2° Que, sur 35 cas de fièvre typhoïde, 5 seulement ont frappé les soldats ayant pi lis d'un an de service, soit 7 p. 100 ;

et les 30 autres, soit 33 p. 1 00, ont été observés parmi les recrues du dernier contingent.

Dans un détachement de 212 hommes du 9* bataillon de chasseurs à pied atteint par cette même épidémie, il y avait 97 recrues du dernier contingent; M. Cheurlot constate que cette dernière catégorie a fourni , à elle seule, 25 atteintes sur les 29 premiers cas qui se déclarèrent dans le bataillon.

Les relevés de M. Lauza sont également très-signicatifs ; ils démontrent que, sur les 473 malades entrés à l'hôpital militaire de Vincennes, pour fièvre typhoïde, du 27 juillet au 1 er octobre 1874, 283 étaient nés en 1852, appartenant, dès lors, à la classe récemment arrivée au corps, soit du 1 er au 5 mars (l re portion du contingent); soit du 1 er au S juillet 1874 (2 e portion) ; que 97 autres appartenaient à la classe de l'année précédente, arrivée au corps, soit le 27 décembre 1872 (l re portion du contingent), soit le 1 er janvier 1873 (2 e portion).

Ainsi, plus de la moitié des atteintes a frappé des hommes ayant de 1 à 5 mois de présence au corps (283 sur 473); plus des trois quarts (380 sur 473) se sont manifestées chez des hommes ayant au plus 18 mois de service.

3° M on tau ban, Lons4e-Saunier, Tarascon. Pour l'épidémie deMontauban, M. Cotte, pour celle de Lons-le-SauInier, M. Blin, pour celle de Tarascon, M. Péria, démontrent également l'atteinte des jeunes soldats quelques semaines, parfois quelques jours après leur incorporation.

Exceptions. Et cependant, à côté de ces faits importants par leur nombre, qui viennent fournir une preuve nouvelle de la réceptivité morbide de cette classe de l'armée, quelques rapports signalent des exceptions remarquables à la règle et démontrent notamment l'extension de l'épidémie typhoïde au delà des limites d'âge qui, habituellement, lui sont imposées dans l'armée.

Sur 107 cas observés au 24 e de ligne, à son retour du camp d' Appeville, M. Nolle mentionne l'atteinte de 10 sousofficiers : 1 sergent-major, 9 sergents, et de 6 caporaux.

M. Renard signale l'atteinte de 3 sous -officiers et la mort d'un vieux brigadier du 13 e dragons, pendant l'épidémie de Compiègne.

M. Antony indique une proportion relativement forte des atteintes chez les anciens soldats (camp de Châlons, janvier 1876).

Voici ce que nous disions nous-même dans le rapport où nous signalions, d'après les faits observés au Val-de-Grâce, la recrudescence automnale de la fièvre typhoïde dans la garnison de Paris, en 1876 :

« Un caractère important de cette recrudescence, c'est sa généralisation simultanée à toutes les casernes. Non-seulement les divers quartiers militaires ont été atteints, mais ils l'ont été à la même date, quelle que soit leur distance réciproque.

G'estdans cette période de recrudescence qu'ont été surmontées les conditions habituelles d'immunité de certains âges et de certains corps. Les casernes de la garde républi-

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caine n'ont donné leurs premiers malades qa'à partir du 24 octobre ; les sous-officiers, à partir de cette date, ont été également atteints, en proportion relativement élevée.

Si la cause morbide a franchi ses limites locales habituelles, donnant lieu, non plus à une épidémie de caserne, mais à une épidémie de garnison, elle a donc aussi dépassé son degré ordinaire de gravité en ne bornant pas ses atteintes aux soldats les plus jeunes et le plus récemment arrivés à Paris.

Il importe de noter que nous n'avons pas à invoquer, cette fois, une des causes les plus banales et les plus réelles de la recrudescence de la fièvre typhoïde dans la garnison de Paris, l'arrivée de nouvelles recrues. La dernière classe n'est arrivée qu'à la fin de décembre et rien ne prouve, jusqu'ici, qu'elle ait subi l'imprégnation morbide et doive prolonger la durée de l'épidémie. » (L. Colin, rapport cité.)

On sait, en effet, et nous Pavons rappelé déjà, que d'ordinaire les recrudescences de l'endémie typhoïde des grandes garnisons de Paris et de Lyon correspondent à deux faits principaux : 1° Changements de garnison amenant en ces villes des régiments nouveaux ; 2° et, surtout, arrivée des jeunes soldats du contingent, qui ont à payer leur tribut d'acclimatement et à la vie militaire et au séjour de ces grandes villes.

En général, ce n'est que dans les exacerbations exceptioiinellement intenses de l'épidémie qu'on voit l'affection franchir les limites d'âge qui lui Sont imposées ; elle frappe alors,

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dans l'armée, et les vieux soldats et les enfants de troupe, double catégorie qui, habituellement, résiste aux épidémies moyennes . (Voir page 71).

À plusieurs reprises et spécialement à propos de la grave épidémie de 1863, j'ai observé et signalé cette invasion de la fièvre typhoïde parmi les anciens soldats, parmi ceux qui sont les types les incontestables de l'acclimatation à la vie militaire , et à la vie de Paris , les gardes de Paris et les sapeurs-pompiers.

Pour en revenir à la période qui nous occupe, c'est pendant la plus grave des épidémies signalées que le mal a franchi Je plus largement les limites qui lui sont habituellement imposées, soit par l'âge, soit par l'acclimatement. À Brest, en 1876, dans l'épidémie de la caserne du Château, sur environ 60 sous-officiers, il y a 14 atteints et S morts ; les musiciens, au nombre de Redonnent 13 cas. Us deux ordonnances du colonel, les deux ordonnances du lieutenanfccolonel, l'ordonnance du colonel du génie, deux secrétaires du général, sur trois, plusieurs ordonnances d'officiers, sont également frappés ( Aroo) ; en somme* sur 9! décédés, 14, e'est-àrdire presque la moitié* appartiennent à ht elasse ordinairement préservée.

Ç. Agglpmératifitt d'individus dp prédispositions identiques.

Une condition patfcogénique plus spécialement reprochée à l'armée, au point de vue de fa fièvre typhoïde, c'est Fencombrement.

C'est dans leâ atteintes de l'armée qu'on a certainement

trouvé les preuves les plus nombreuses de cette influence typholgène ; en maintes circonstances, on a vu et l'on voit encore la fréquence de la fièvre typhoïde, en une même caserne, varier parallèlement aux oscillations du chiffre de l'effectif. Mais les agglomérations de soldats, indépendamment des conditions de dimension et de salubrité des locaux, diffèrent en elles-mêmes de toute autre agglomération.

Quand des individus, identiques ou analogues par leur santé, par leur âge, par leur arrivée simultanée dans une localité nouvelle pour eux, par leur régime, leurs exercices, leurs fatigues et même leurs impressions morales, sont réunis en nombre plus ou moins considérable, chacun concourt parallèlement, par l'identité de cette prédisposition, à l'uniformité des maladies qui frapperont ce milieu, fournissant matière au développement d'une constitution médicale souvent différente de celle de la population avoîsinante et dont nous avons, pour notre compte, donné plusieurs fois la preuve.

Une telle réunion ne représente-t-elle point, en particulier, l'ensemble des conditions les plus favorables au développement d'une maladie spécifique propre à cette période de la vie et offrant de plus le double attribut, si facilement réalisable ici, 1° de naître ou de s'aggraver par l'influence des miasmes humains ; 2° et de se reproduire par le contage?

Ainsi, dans nos casernes, la fièvre typhoïde se développera plus facilement que dans une demeure entièrement identique, mais où seraient réunis des individus différents entre eux, tant par leur âge que par les autres éléments de leursap-

titudes morbides, individus parmi lesquels ceux qui seraient réfractaires à la fièvre typhoïde contribueraient à restreindre le développement de l'épidémie, et par leur propre immunité, et par leur innocuité plus grande pour les autres.

Il en est, jusqu'à un certain point, de ces casernes comme de ces services d'hôpitaux, où l'on ne reçoit que des blessés ou des femmes en couches, malades tous de même catégorie, de môme réceptivité, contribuant parallèment à l'élaboration d'un miasme commun, dangereux au même degré pour chacun d'eux, que ce soit le miasme typhique, chirurgical ou puerpéral (1).

Ce fait de la réunion de sujets identiques me paraît jouer actuellement, dans la majorité des épidémies de caserne, un rôle aussi considérable que l'encombrement proprement dit, dont, en somme, les progrès de l'hygiène diminuent chaque jour les chances de production. C'est ainsi que nous nous expliquons la fréquence et la ténacité relative de la fièvre typhoïde dans certaines casernes largement installées, bien ventilées,' proportionnées à l'effectif nombreux qu'elles abritent, tandis que la maladie est plus rare ou même nulle dans des casernes relativement bien moins aménagées, mais dont les dimensions plus modestes n'admettent qu'un chiffre plus restreint d'habitants. Nous en donnerons la preuve plus loin à l'occasion de l'épidémie de Compiègne de l'automne 1873 et de l'hiver suivant. (V. p. 105).

On comprend que le danger aille croissant avec le chiffre

(i) Voir Dict. encycl. des se. méd., art. Miame, p. 544 (1873).

de l'agglomération, dont toute augmentation accroîtra le degré de viciation de l'atmosphère commune, et les chances de contagion par la présence dans un même milieu d'individus malades ou commençant à l'être, et d'une masse relativement considérable d'autres individus aptes à contracter la même affection.

On comprend en outre la ténacité des épidémies de fièvre typhoïde dans ce milieu, par le fait seul du chiffre de ceux qui s'y trouvent. Dans une famille, le danger de contamination durera autant que la maladie des divers membres de cette famille, pendant quelques jours, quelques semaines, rarement davantage; les épidémies de maisons, quelle qu'en soit la nature, représentent en général les minima de durée des épidémies, vu le nombre restreint des sujets qui peuvent les entretenir ; dans une caserne renfermant des centaines de soldats, le nombre des atteintes successives pourra, au contraire, perpétuer, durant des mois, les chances de maladie pour l'ensemble de la population de cette caserne ; et tel individu qui avait résisté, faute de prédisposition, à la première impression d'infection ou de contage, se retrouvera, après une période souvent assez longue, en présence de la même influence môrbifique à laquelle, cette fois, il n'échappera peut-être pas.

Les trois prédispositions du soldat examinées jusqu'ici i âge, manque d accoutumance au séjour des villes, agglomération d'individus identiquement prédisposés, se retrouvent en certains groupes de la société. On a surtout rapproché,

à ces divers points de vue, la population des lycées de celle des casernes, rapprochement dont j'ai donné moimême tant de preuves dans l'article Morbidité militaire du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.

Durant la période triennale qui nous occupe, cette analogie de réceptivité s'est manifestée surtout lors de l'épidémie de Lyon (printemps 1874), où les élèves du lycée et les soldats ont été parallèlement atteints; cette simultanéité ressort et des rapports des médecins delà garnison, notamment de ceux de MM. Marmy, Dussourt, Alix, et du travail d'ensemble de M. Rollet (voir Recueil des travaux du Comité cons. (Thyg. publ., t. VI, p. 349) ; M. Weill signale aussi l'atteinte simultanée du lycée et de la garnison de Troyes

pendant l'été 1876 ; il en fut de même à Brest en 1876.

H est à noter cependant que dans les lycées, les épidémies de fièvre typhoïde sont en général plus éventuelles qu'en nos casernes. Alors qu'à Paris il est peu de régiments qui ne subissent un chiffre d'atteintes assez élevé pour constituer un groupe épidémique, l'endémie parisienne ne se traduit habituellement sur l'ensemble des lycées que par quelques cas disséminés ; c'est que, dans l'armée, chacune des conditions ci-dessus invoquées est à vrai dire plus complète: 1° plus avancé en âge, le soldat, comme nous l'avons dit précédemment (p* 64), a atteint la période de la vie la plus favorable au développement de la fièvre typhoïde; 2* s'éloignant de sa famille plus que le lycéen, dont le déplacement ne dépasse pas habituellement une certaine circonscription régionale, le soldat est soumis à des chances

d'acclimatement plus difficiles ; 3 ê enfin, il est réuni en agglomérations souvent bien plus nombreuses, comme à Lyon, dans cette grande caserne de la Part-Dieu, qui renferme 5,000 hommes et 2,000 chevaux*

L'armée, d'ailleurs, différera toujours des groupes de la population auxquels on l'a comparée, par sa mobilité incessante qui fait passer les régiments de garnison en garnison, renouvelant à chaque mutation les périls du manque d'aptitude à un nouveau milieu.

D. Conditions de santé antérieure.

Il existe, suivant nous, une autre condition de réceptivité, étrange au premier abord, mais qui nous paraît démontrée par la simple observation des faits ; c'est l'épuration préalable de l'armée par les conseils de révision. Loin de nous la pensée de contester l'utilité, la nécessité de cette ' opération, base fondamentale de la force et de la vitalité des armées ; mais peut-être est-on trop disposé à considérer cette sélection des soldats comme une garantie relative contre toutes les influences morbifiques, et à croire que la révision élimine, au bénéfice de l'armée, toutes les imminences morbides propres à l'ensemble de la population. Nous ne partageons pas [l'opinion des auteurs qui, généralisant un dogme ou plutôt une formule banale de l'hygiène, ont, ci priori, classé la fièvre typhoïdeparmijles affections que favorise une détérioration antérieure de l'économie par diverses causes débilitantes, notamment par des maladies chroniques.

Nous admettons l'influence prédisposante des fatigues,

mais non celle de l'épuisement, de date ancienne, entratné par des affections constitutionnelles.

Il faut bien le reconnaître, s'il est des maladies, comme le typhus, la peste, la dysenterie, qui réclament, pour leur développement épidémique, des organismes épuisés par la misère et les maladies, il en est qui préfèrent, comme terrain apte et fécond, des constitutions robustes, des tempéraments sanguins. Telle est la fièvre jaune ; telle est, bien qu'à un moindre degré, la fièvre typhoïde.

Faites venir dans une grande ville, c'est-à-dire dans un milieu typhoïgène, une série de cachectiques impropres au service militaire, ils subiront moins d'atteintes par fièvre typhoïde que nos soldats. Là se trouve en partie, suivant nous, le secret de l'antagonisme peut-être exagéré, mais réel, en certaines limites, entre la fièvre typhoïde et diverses affections diathésiques, comme la phthisie pulmonaire, l'anémie palustre, qui entraînent une débilitation plus ou moins considérable de l'économie.

Est-ce à dire, comme on l'a prétendu, que la fièvre typhoïde soit un incident d'évolution normale de l'organisme, puisqu'elle est plus commune chez les jeunes gens d'une santé vigoureuse et antérieurement intacte? Une pareille doctrine est insoutenable. Pourquoi ne pas regarder comme également normale l'explosion de la fièvre jaune, de cette maladie qui, entre toutes, s'adresse aux organismes les mieux constitués?

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Art. 4. — Conclusions.

En somme, les prédispositions des soldats, par le fait surtout de leur sélection et de leur arrivée récente dans les villes, sont bien plus considérables que celles de la population civile dont l'immunité, à un moment donné, ne peut être une garantie pour l'état sanitaire de la garnison.

Cette prédominance témoigne, d'une part, que dans la constitution de ce milieu complexe que nous avons qualifié de milieu épidémique, il ne faut pas tenir compte seulement des influences extérieures à l'homme, eussent-elles la précision d'un virus ou d'un parasite, mais encore des conditions de l'organisme soumis à leur action ; elle prouve, d'autre part, la nécessité de reconnaître, en hygiène professionnelle, d'autres influences morbides que celles du métier lui-même, et de tenir compte surtout des conditions de sélection préalablement imposées aux diverses corporations unies par un labeur commun.

Nous ne pouvons malheureusement contester aux grands rassemblements de soldats la puissance de procréer, sous l'influence de conditions hygiéniques mauvaises, les affections les plus redoutables ; malgré le scepticisme de quelques auteurs modernes, nous considérons les armées comme ayant été, pendant les trois derniers siècles, un foyer d'élaboration presque incessant de typhus pétéchial ; nous ne contesterons pas davantage l'influence évidente du mouvement des troupes sur la propagation des maladies épidémiques (voir Art. Morbidité militaire, p. 371).

Maison renverse peut-être trop facilement les rôles joués, en certaines circonstances, par les armées, dans la création et la dissémination des épidémies.

Que de cas où les soldats ne font que prendre et subir les maladies entretenues autour d'eux par la population civile 1 Le premier typhus même de l'armée française, celui qui la frappa en 1528, sous les murs de Naples, n'est, malgré sa gravité, qu'un épisode de la pandémie typhique qui, depuis 1505, s'étendait sur la péninsule italique, et dont nos trou* pes furent atteintes sans doute par contact. Les armées prennent le choléra plus souvent quelles ne le donnent ; il en est de même des maladies plus vulgaires. Paris, Lyon, imposent à leurs garnisons les dangers de l'endémie typhoïde permanente en ces grands centres de population, absolument comme elles leur imposent les germes des fièvres éruptives, presque aussi endémiques, en ces villes, que la fièvre typhoïde.

L'armée, d'ailleurs, malgré son homogénéité, dont nous avons indiqué toute l'importance pathogénique, se décompose parfois elle-même en groupes distincts au point de vue de leur réceptivité à l'égard de cette affection. Ainsi l'on n'est pas même en droit de préjuger la salubrité d'une garnison d'après les atteintes ou l'immunité de tel ou tel régiment qui l'aura occupée. Les différents corps de troupes sont très- diversement composés au point de vue de la constitution, de l'âge, au point de vue surtout des chances de préservation conférées à certains d'entre eux par l'explosion antérieure de la fièvre typhoïde. Notre garnison de Paris

ne renferme-t-elle pas des corps prédisposés, et par leur âge peu avancé, et par leur arrivée récente, à côté de régiments relativement réfractaires, parce que les hommes sont plus âgés et résident depuis plus longtemps à Paris?

Une circonstance qui, en ce travail, nous a rendu souvent difficile l'appréciation de certains faits de ce genre, c'est l'ignorance où beaucoup de rapports nous ont laissé sur les conditions antérieures de santé des régiments atteints.

Placez dans un foyer typboïgène deux corps de troupes, dont l'un aura subi peu auparavant une épidémie de cette affection, dont l'autre, au contraire, grâce à la salubrité de ses résidences antérieures, en aura été plus ou moins indemne, les chances d'explosion épidémique sont complètement différentes pour l'un et pour l'autre ; le premier bénéficiera d'une immunité relative, aussi bien par le fait d'un certain nombre d'atteintes que par l'assuétude des hommes aux miasmes morbifiques ; au second incomberont tous les dangers spéciaux aux nouveaux venus que ne préserve aucune accoutumance de ce genre.

C'est ainsi que la préservation du 5° de ligne en 1875, au camp d'Âppeville, où la maladie atteignait, à ses côtés, plusieurs autres régiments, nous paraît, comme à M. Nolle, la simple conséquence des atteintes si graves subies peu auparavant par ce régiment alors qu'il résidait à Caen.

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