‹ De la folie à double formeChapitre 16 sur 37 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Folie à double forme durant depuis quarafite-huit ans, délire ambitieux, léger embarras de la parole, congestions cérébrales. (Communiquée par M. Lunier à M. Bail-

large r.)

M. C., célibataire, d’un tempérament sanguin, d’une forte constitution, a

été admis pour la première fois à l’asile de Blois, le 29 octobre 1852, à l’âge de 60 ans. Sœur suicidée. On apprend que le malade n’a jamais été bien raisonnable. A 15 ou 16 ans, on dut songer à l’interdire, mais il ne fut déclaré atteint

d’aliénation mentale qu’à l’âge de 19 ou 20 ans. Depuis cette époque, M. C. a

eu tous les ans ou tous les deux ans des accès de folie plus ou moins violents, mais offrant à peu près constamment les mêmes caractères, à savoir : excitation maniaque survenant brusquement après plusieurs mois, rarement.plus d’une

année, suivie d’un état normal, ou du moins considéré comme tel. M. C.quitte

sa famille, fréquente les cabarets elles maisons de débauche, se montre hardi, provocateur, entreprenant ; il a des idées ambitieuses, de l’insomnie.

A cette excitation, qui dure de deux à six et même huit mois, suivant que M. C.est laissé libre ou mis dans une maison de santé, succède une prostration mélancolique qui dure trois ou quatre mois ; puis enfin M. C.revient à

son état normal ; il est alors doux, timide, prévenant même.

Puis, après six ou sept mois, l’excitation reparaît ; et cela dure ainsi depuis quarante-huit ans, sans changement notable dans l’état du malade.

On trouve sur les registres de l’établissement les notes suivantes:

15 et 16 février 1853. Symptômes de congestion cérébrale, cédant aux saignées et aux révulsifs.

Mars. Incohérence des idées, penchant à la violence, agitation, rémittence, prés dominance d’idées de grandeur et d’empoisonnement.

Juin. Tristesse.

Juillet. Sorti en ville, gaieté, tonne tenue ; M. C.est considéré comme guéri

et quitte l’asile le 24 octobre 1853.

Il est ramené à l’établissement le 24 juillet 1854.

Octobre 1854. Commencement de l’excitation maniaque, idées de grandeur,

M. G.a été commandant, il a assisté à plusieurs batailles , etc. (il n’a jamais

servi); habituellement d’une avarice sordide, il prodigue son argent, fait mille emplettes futiles, commande à son tailleur des vêtements eu grand nombre dont il n’a nul besoin; loquacité, insomnie.

15 avril 1855. Après uuc amélioration de peu de durée, l’agitation réparait plus violente que jamais, et se complique d’un amaigrissement rapide, affaissement des traits, peau terreuse, M. C.ne reconnaît personne.

5 mai. M. C.refuse de prendre des aliments, affaissement progressif, pe ré¬

pond à aucune question, insoinnie.

Le 12. Amélioration, M. C. mange et commence à répondre, mais toujours

avec incohérence, aux questions qu’on'lui adresse ; léger embarras de la parole, un peu d’hésitation dans la marche, agitation extrême, cris incessants, M. C,.... ne peut tenir en place.

Juin, Amélioration notable et progressive, taciturnité.

Les mois suivants, la tristesse disparait lentement, et M. C.revient progres¬

sivement à son état normal.

20 avril 1856. Congestion cérébrale légère qui disparaît sans laisser de traces.

26 septembre. M. C .se plaint de maux de tête et d’étourdissements, les con¬

jonctives sont injectées. — Sangsues au siège.

2 mai 1857. Accès de folie à double forme eu tout semblable aux autres, quoique moins prolongé et moins violent.

Au mois de septembre, M. C..... est à peu près revenu à son état normal. {Annales médico-psychoL, 1858, p. 401.)

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