‹ De la folie à double formeChapitre 7 sur 37 · MODES DE TERMINAISON · texte numérisé non relu

MODES DE TERMINAISON

Sans empiéter ici sur le pronostic de la maladie, nous dirons que la folie à double forme se termine très-rarement par la guéri-

son, et quelle finit le plus souvent, par affecter une variété mentale simple, soit la démence, soit l’un ou l’autre des deux états qui la constituent, c’est-à-dire la manie ou la mélancolie.

La guérison, on le comprend, survient toujours dans des accès isolés ; aussi n’y insisterons-nous pas. Mais dans la folie à double forme vraiment périodique, elle peut survenir soit à l’aide de crises, soit par un traitement convenable, ce qui est malheureusement assez rare dans les deux cas. Enfin la guérison peut encore avoir lieu, et c’est là le mode le plus fréquent, en vertu des seules forces de la nature : on remarque alors que les périodes, tout en conservant une durée égale, sont caractérisées par des symptômes d’une moindre intensité.

Quant à la terminaison de la folie à double forme, par la manie ou la mélancolie simple, elle est due souvent, surtout quand les accès sont à longues périodes, à l’intensité des symptômes d’un des deux stades qui, par sa durée et sa force, finit par prédominer. Ou bien encore, il peut arriver qu’on parvienne à supprimer ou à prévenir l’une des deux périodes par un traitement approprié ; comme l’a observé M. Baillarger sur une jeune fille, où la période d’excitation a été supprimée. Dans ces deux cas, il reste une folie simple et à accès plus ou moins périodiques. Pour ce qui est relatif à la terminaison par la démence ou la stupidité, nous dirons que ces variétés mentales surviennent toujours quand la maladie étant devenue chronique, les intervalles lucides se signalent par une faiblesse intellectuelle de plus en plus prononcée. Cet intervalle lucide peut alors tellement diminuer, que les accès, d’intermittents, peuvent devenir continus, ce qui est un véritable mode de transformation.

Quant à la mort, lorsqu’elle survient dans la folie à double forme, elle présente les particularités propres à chaque état (manie, mélancolie) où elle a saisi le malade. Cependant nous ferons remarquer qu’il y a là un genre de mort assez habituel, c’est le suicide.

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