OBSERVATION \X\I
(Mesmel, Archives générales de médecine; juin 1856, p. 711.) Aliénation incniale avec chorée dans un cas de rhumatisme arliculaire.
\ , jeune homme de 23 ans, d'un tempérament nerveux,
n'ayant aucun de ses ascendants atteints d'aliénation mentale, se livrant avec excès au coït, tourmenté depuis quatre mois par une perte d'argent, et la crainte de l'autorité paternelle, lut pris, au commencement de lévrier, d'un point de côté à gauche (début d'une pleurésie caractérisée); puis, quelques jours après, de douleurs vives clans les genoux et dans les lombes; puis, enfin, d'un dérangement intellectuel consistant d'abord dans l'hébétude, des réponses lentes, des phrases inachevées, de la difficulté de trouver les mots, et, plus tard, dans un délire aigu, avec violence, hallucinations de la vue et de l'ouïe, conceptions délivrantes, croyauces à des soupçons, à des machinations. Il y avait depuis quiuze jours des périodes alternatives de rémission et d'exacerbalion, quand M. Mesmet vit le malade à La fin du mois de lévrier.
A partir de ce moment, ou voit d'une part le rhumatisme articulaire revêtir des caractères de plus en plus significatifs, passer de l'épaule au genou, du genou à l'articulation libiotarsienne, du pied à la main, et s'y manifester par de la rou-
geur el de la sensibilité à la pression; d'autre part, les symptômes de rhumatisme s'apaiser dès que le délire diminuait.
De plus, le 6 mars, commencèrent à se montrer des mouvements choréiques, prononcés surtout dans le bras droit, et qui, eux aussi, diminuaient ou augmentaient à l'inverse des désordres intellectuels.
Vers le 1 1, le délire aigu commence à faire place à un état d'hébétude analogue à celui du début; eu même temps, les symptômes rhumatismaux vont eu s'amoindrissant.
On constate le 21 un bruit de souffle systolique, mais ce bruit existait, sans doute, depuis quelque temps.
Les mouvements choréiques deviennent moins forts, se limitent au côté droit. Enfin, dans les premiers jours d'avril, toute trace de rhumatisme, toute trace de chorée disparaissent; l'intelligence revient plus lentement; mais le 15 la raison est complète; le malade a repris sa gaieté et son entrain.
La médication qui nique a été employée avec succès contre le rhumatisme.
OBSEBVATIO* XXXV.
D1 Délioux, Archives générales de médecine , juin 1857, p. 670.)
Rhumatisme articulaire aigu ; saignée, vëratrine ; guérison au bout de quinze jours; à cette époque, délire mélancolique cl hypochondiïaque; le malade devient momentanément gâteux ; bientôt incontinence d'urine et constipalion; calomel et vésicatoire; après quatorze jours passés dans cet état, épistaxis; amélioration : retour de l'intelligence et des forces.
Alexandre B , soldat d'uu régiment d'infanterie de marine,
âgé de 21 ans, bonne constitution, caractère doux et facile, entre k l'hôpital de Brest le 18 novembre 1856 ; son billet porte fièvre muqueuse.
11 fournit les renseignements suivants : Il est malade depuis deux jours, a eu des vomissements au début, puis de la céphalalgie, des douleurs non caractérisées dans les lombes et les membres inférieurs.
Nul éclaircissement sur la source éliologique ne peut être
obtenu.
Du 17 au 20, apparaît un ensemble de symptômes où dominent des troubles digestifs : vomissements, constipation, gar-
}> onil I etiien L iléo-etecal. et des troubles nerveux ; céphalalgie, douleurs erratiques, abattement.
Le 20, une attaque de rhumatisme articulaire aigu est positivemenl constituée. Saignée du bras de 400 grammes; onctions de potnttlâdé belladonée sur les articulations endolories.
Le 21, un peu d'amélioration ; mais les articulations prises sont très-gonflées et douloureuses, 10 sangsues autour de chaque articulation tibio-l'émorale. Traitement interne par la véralritie, une pilule de 5 milligrammes.
Le 23, amélioration générale; pas de fièvre
Le 24, les douleurs et la tuméfaction articulaire ont totalement disparu. La dose de vératrine n'a pas été augmentée et a clé continuée à 2 pilules par jour jusqu'au 27, et suspendue après une dernière pilule le 28. Jusqu'à celle époque, les articulations ont été tenues graissées de pommade à la belladone et eutourées de flanelle. La tendance à la constipation ne cessant pas, il Fallait pour la vaincre revenir souvent aux Lavements sulfatés.
Régime. Alexandre. B a été maintenu à la diète pendant les
cinq premiers jours de sou séjour à l'hôpital \ il dit n'avoir pas mange pendant les deux premiers jours de sa maladie; l'alimentation a donc été suspendue pendant sept jours. Du reste, il avait de l'inappétence ; ou se rappelle qu'au début il avait offert des troubles digestifs qui avaient fait croire à l'invasion d'une fièvre muqueuse.
Les 22 et 23, il a été mis au bouillon; les 24 et 25, il a pris chaque jour 2 potages; le 26, il a été admis au quart de talion avec du lait pour boisson; !e 30, à la demie avec le vin. Le vératrine d'à nullement influencé les organes digestifs; les premiers troubles observés de ce côté ont cessé depuis l'invasion franche du rhumatisme articulaire aigu; de façon qu'aussitôt que l'alimentation a été reprise, elle a été rapidement et complètement réparatrice.
Aucuue complication ne s'est déclarée dans les organes circulatoires, examinés avec soin pendant le cours de la maladie.
Les 1er et 2 décembre, Alexandre B se lève, marche, sans
éprouver aucun ressouvenir de ses douleurs tant musculaire