OBSERVATION XXXVII
(M. Thore, Annales médico-phychologiques , 1850.)
Rougeole chez un adulte ; délire maniaque pendant la convalescence ; vingt-qualre heures de durée; hallucinations.
L , âgé de 27 ans, et employé comme charretier chez un
plâtrier, avait depuis quelques jours une toux dès-pénible,
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l'accompagnée de fièvre; il avait eu plusieurs épislaxis, lorsque, llle 12 juin 1847, il se manifeste une rougeole. L'éruption est l.couHuenle, et se développe avec uue parfaite régularité; l'ap- |(pélit revient rapidement, en même temps que la fièvre dihininue.
Le 14, il était tout à fait bien et avait pris avec plaisir un Lpeu de potage; l'éruption morbilleuse était tout à fait éteinte; Il la toux presque nulle, et il entrait en convalescence, lorsque Ile soir il se met brusquement à délirer; il ne sait plus où il çest, se croit entouré de personnes étrangères; il parle à ses ichevaux, qu'il dit être dans une armoire placée au pied du lit ; iil veut que la porte en reste ouverte, afin qu'il puisse mieux les ^surveiller ; il est en continuelle conversation avec eux. Au millieu de la nuit, il veut s'échapper et s'élancer dans la cour; on Ile contient avec beaucoup de peine et on le ramène dans son Oit, Mais, vers le malin, il trompe la surveillance de ses garrdiens. s'échappe de chez lui, se met à courir les champs^ et sarrive de grand matin chez le plâtrier qui l'occupe ordiuaireiment; il lui adresse des injures et lui demande pourquoi il lui (donne à conduire des vaches, tandis qu'il conduit habituellenment des chevaux, et qu'il ne veut pas consentir à cela. On le ffait reconduire chez lui; le délire maniaque continue avec Ibeaucoup d'intensité, il a des hallucinations de la vue et de H'ouïe ; on parvient à fixer ses idées et à obtenir quelques réponses toujours incohérentes. Le pouls est fort calme, apyrrexie; il tousse encore un peu; la rougeole laisse encore sur la peau quelques tâches brunâtres. Vers le soir, il commence à we calmer; il dort Irès-bien toute la nuit, et le lendemain il ne dlélire plus, les hallucinations ont cessé, il ne tarde point à rreprendre ses occupations.
•le l'ai revu depuis cette époque, jamais il n'a donné le moindre signe de folie. Il est d'ailleurs bon ouvrier, d'une conduite •'égulière, et ne fait point d'excès de boissons alcooliques.