‹ De la folie consécutive aux maladies aiguësChapitre 42 sur 43 · OBSERVATION XLIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLIII

Une jeune fille nous Put envoyée, à l'âge de 14 ans, dans un état de stupeur profonde, arrivée dans la période de convalescence de la fièvre typhoïde.

Je la soumis à un traitement hydrothérapique dont je n'eus qu'à me louer, et je la renvoyai parfaitement guérie en apparence au bout de sept à huit mois.

Elle resta pendant un an* bien portante, et nous fut ensuite renvoyée pour un état mental des plus bizarres. Il se produisit, chez cette jeune fille, des explosions soudaines de manie avec tendauce à des actes malfaisants. Uujour, elle emporte un enfant de son village dans ses bras, et veut, dit-elle, aux personnes qui l'inlerpellenl, le jeter dans une mare voisine. Son caractère devient impérieux en même temps qu'il est futile ; elle a de la propension à délirer dans le sens des idées de grandeur, et tout nous fait présager une terminaison funeste de cette affection.

III. — Nous avons peu de choses à dire pour ce qui concerne les affaires civiles, testaments, donations, etc. etc. Là, comme au point de vue crimi-

(t) Morel, Traité dev maladies mentales, p 107.

nel, tout se réduit à une affaire de diagnostic, ce qui d'ailleurs est loin d'être toujours facile. Cependant il est un point qui nous permettra de donner quelques indications dans le sujet particulier qui nous occupe. « On a le tort, dit M. Legrand du « Saulle (1), dans toutes ces affaires de testament « et autres, de ne pas s'occuper assez de la mala- « die à laquelle le testateur, par exemple, a suc- « combé. Ainsi , il est tout un ordre d'affections « dans lesquelles le malade meurt , sinon avec Pinci tégTité complète de son intelligence (ce qui est « exagéré), au moins en la conservant assez nette; « telles sont les affections du cœur, du foie, du tube « dig'estif en général, la pleurésie et les affections « des séreuses, etc. etc. » Il ne faudrait donc pas s'en laisser imposer; et de oe qu'un malade par exemple est mort d'une pleurésie, ou d'un rhumatisme articulaire aigu, en conclure <|u'il a succombé en pleine possession de son intelligence : il faul bien savoir qu'à la suite de ces maladies, comme le prouvent nos observations, il peut se développer un délire qui fait que le sujet, loin de se trouver en pleine possession de son intelligence est complètement aliéné.

Il y a là des laits dignes d'attention, encore peu connus, et sur lesquels nous insistons, en les signalant avec toute l'importance qu'ils méritent.

(I) Lefirand du Saulle, Cours fait a l'École pratique (1865).

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