‹ De la folie en matière de religionChapitre 12 sur 46 · TOUR M'.S INCROYANTS · texte numérisé non relu

TOUR M'.S INCROYANTS

frappe au visage, et, par un signe, menace de le chasser de l;i maison... L'enfant pleure cl jette des cris... Un peu plus loin, il donne à un autre une lettre qu'il lui fait lire à l'instant, et celui-ci pleure à son tour, pousse des cris affreux, étouffe des sanglots, malgré les consolations et les caresses du bon père qui le pressait sur son cœur... Et puis, après un instant de silence, l'abbé, commençant la leçon, demande a tous pourquoi le premier de ces enfants pleurait? On répond par signes que c'est parce qu'il a été frappé. . . Et l'autre? Personne ne répondait. Et le maître savant et pieux leur dit que le second aussi avait été frappé. . . non pas dans le corps, mais dans l'âme, cetteautre substance spirituelle qui est en nous, qui pense, qui veut et qui aime. . . Celle lettre venait d'apprendre à ce pauvre enfant la mort de sa mère. . . Tous comprirent qu'ils avaient une âme, et ensemble ils levaient les yeux au ciel pour remercier Dieu, et ils bénissaient le saint prêtre qui leur révélait chaque jour quelques secrels divins sur leur origine et leur destinée. Eh bien ! pour guérir ces bommes aveugles et ces pauvres insensés, qui vivent comme s'ils n'avaient pas d'âme, et qui ne croient pas à leur âme, je ne connais pas non plus d'autre moyen... c'est la douleur : il faut qu'ils soienl frappés, qu'ils aient à souffrir. Priez pour eux; la main de Dieu les touchera, et quand ils se verront malades, accablés par l'excès de la souffrance, ils penseront à lui, ils se souviendront qu'ils ont une âme, surtout quand ils se verront près de la mort... II y en a qui, au joui' de larmes, ont recouvré toute leur

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intelligence, et qui sont revenus de leurs égarements. Un plus grand nombre encore sont revenus à la vérité, à la raison, par les blessures faites à leur cœur, et les coups portés à celte âme qu'ils oubliaient, et que peutêtre, dans leur aveuglement, ils auraient même voulu nier encore. Une peine cruelle, la mort d'un enfant chéri, a ramené plus d'un incrédule à la pensée de Dieu, à l'idée de l'éternité. Priez donc, encore une fois, je vous le dis, priez pour ces malheureux, et vous pourrez les sauver.

Mais vous-même, prenez garde : il est bien difficile de ne pas éprouver, par moments, un peu de ce vertige et de ce délire qui perd l'intelligence. Les illusions du monde font oublier Dieu; les passions entraînent dans mille erreurs, et le corps lui-même appesantit l'âme, au point de l'abaisser, et de l'attacher à la terre. Pour la dégager, il ne suffît pas de porter les regards en haut, il faut mortifier, il faut crucifier cette chair de péché; et dans ce sacrifice, il y a plus de douceur que dans l'ivresse des plus grands plaisirs du inonde. Mais c'est surtout à l'heure de la mort que le souvenir de ces sacrifices sera doux et que la récompense sera glorieuse ! Comparez et jugez. — Voyez, sur son lit de souffrances et de mort, cet homme de plaisir et de boue... et de l'autre côlé, voyez un de ces chrétiens fervents, un vrai disciple de Jésus, un saint, prêtre, un religieux de saint Bernard ou de saint Bruno, une fille de sainte Thérèse, à l'heure suprême de l'agonie... Quelle différence dans les pensées, dans les sentiments,

Si FOLIE DES INCROYANTS.

dans les désirs du cœur et les espérances de l'avenir ou de l'éternelle destinée! J'aime mieux vous livrer simplement l'idée de ce parallèle que delà développer; mais, si vous voulez la méditer un peu, ce sera pour vous la lumière même. Vous éviterez les égarements et les tristes folies de ces âmes terrestres, vous vivrez pour Dieu, et vous garderez dans un cœur fidèle toutes les espérances de l'immortalité,

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