TROISIEME CLASSE LES DÉISTES
Et dixerunl: Non videbit Dominas.. .
Intelligite insipidités, et slulti aliqùando sapite.
El ils disaient : Dieu ne le verra pas... Comprenez donc insensés, pauvres fous, est-ce que vous ne comprenez pas, enfin? (Ps. xem, 10.)
Voici la dernière classe des incrédules : ils s'appellent aussi philosophes, mais, pour les distinguer des athées et des matérialistes, on leur a donné le nom de déistes. Ils tiennent beaucoup à ne pas être confondus avec les deux premières classes ; mais on a bien fait de les réunir, car il y a beaucoup d'analogies entre eux; ils se touchent par mille points de ressemblance, et au fond c'est à peu près la même maladie. 11 y a eu, dans le dernier siècle, un grand nombre de déistes, il y en a encore, il y en aura toujours, car celte sorte de maladie, qui a sa source dans les passions du cœur humain, n'est pas trop incommode pour ceux qui en sont atteints. Hélait bien nécessaire cependant de les séparer de la société, car ils pourraient la bouleverser tout entière, si jamais leurs idées venaient à prendre; ils y feraient d'autant plus de mal que, sur une foule de points de philosophie et de morale, ils raisonnent encore assez bien ; on ne peut donc les juger et reconnaîlre
86 FOLIE liKS INCHOYANTS.
leur folie que lorsqu'on vient à toucher la question qui a déterminé en eux ce triste état de démence1.
I. Nous allons exposer la nature et les caractères de cette doctrine insensée du déisme, et nous verrons que c'est une véritable folie en matière de religion. II. Nous prouverons ensuite qu'il y a encore bien des hommes et des chrétiens qui, dans la pratique de la vie, se conduisent comme s'ils avaient perdu les lumières de la raison et de la foi, sur les mêmes points que ces pauvres malades.
I. Le déisme étant une sorte de folie rdixomtante, il importe de bien voir les points essentiels, et d'essayer de comprendre le fond de ce prétendu système. Or, voici ce qu'ont dit ou écrit les plus célèbres et les plus connus. Tout en faisant semblant de croire à Dieu et en affectant même de parler de lui, ils en ont l'idée la plus fausse et la plus extravagante; ils allèrent et dénaturent tellement l'essence divine qu'elle n'est plus qu'un vrai fantôme. Ils dépouillent la divinité de tous ses attributs de gloire. Ce Dieu qu'ils imaginent et qu'ils adorent dans leur cœur, disent-ils, repose dans la lu-
1 « Dans plusieurs cas de manie, j'ai vu les aliénés mettre Je l'enchaînement dans leurs idées : ils raisonnent, ils discutent leurs intérêts . et ils répliquent avec justesse aux objections qui leur sont faites. Quelques-uns même sont si susceptibles de fixer leur attention au milieu de leurs divagations chimériques, qu'ils peuvent écrire à leurs parents ou aux autorités constituées des lettres pleines de sens et de raison; c'est une des variétés de la manie qu'on appelle dans les hospices folie raisonnante, » etc. (Pinel, p. 80.)
mière des cieux, mais il n'a rien à faire sur la terre ; il serait indigne de sa majesté sainte de s'occuper de nous, pauvres petits vermisseaux qui rampons à la surface de ce monde, si petit lui-même, qu'il se perd comme un point dans les espaces infinis ; et ainsi ils font de l'Etre suprême, c'est le nom qu'ils affectent de donner à leur Dieu, un être aveugle, qui ne voit rien de ce qui se passe dans le monde, un être sourd qui n'entend rien de ce que nous pouvons lui dire; un être insouciant et oisif qui ne fait pas attention à tous ces petits événements d'ici-bas; et surtout un être muet... Ils ne veulent pas absolument que Dieu parle, ni qu'il ait parlé.
Le mot de révélation les irrite; la pensée de mystère surtout les révolte. C'est un symptôme des plus frappants de cette triste folie. Aussitôt que vous voyez un homme qui ne veut pas admettre la révélation de Jésus-Christ, et qui s'élève contre nos mystères, vous pouvez dire que c'est un déiste, et bien malade. — Leur idée, à eux, c'est que l'homme qui a de l'inlclligence et de la raison ne doit croire que ce qu'il comprend , qu'on ne peut admettre des mystères sans abaisser son esprit, et que Dieu lui-même ne peut commander à l'homme un sacrifice qui outrage la nature et la liberté de son âme, On a beau leur dire qu'ils sont bien obligés de croire eux-mêmes une foule de choses qu'ils ne voient pas, qu'ils ne comprennent pas, et qu'il y a des mystères partout dans la nature et dans eux-mêmes, ils ne se rendront jamais à vos bonnes
8g FOLIE DES INCHOYANTS.
misons; ils se fâcheront* Que voulez-vous? C'est une idée fixe ; on ne les fera jamais revenir sur ce point. Des mystères!... ils n'en voudront jamais. C'est la maladie.
Il en est de même des miracles : il suffira de prononcer ce mot devant un déiste ; il sera aussitôt reconnu ; il se lèvera et il voudra vous prouver que le miracle est impossible, qu'il est en opposition avec les attributs de la divinité même, qui a fait les lois de la nature, et qui, dans sa science infinie, a dû prévoir et régler toutes choses. N'essayez pas trop de raisonner sur ce point, car vous allez peut-être l'exalter encore et l'irriter... Ne dites pas que Dieu, étant libre, peut faire une dérogation à ses lois, et qu'il suffit que le fait soit constaté, prouvé, pour qu'un homme raisonnable puisse et doive admettre la réalité du prodige, il vous répondra toujours que c'est impossible, et qu'il ne croirait même pas quand il verrait de ses yeux un mort ressusciter... Ou bien, il vous proposera l'érection d'un jury, d'une commission en règle, pour examiner le fait et ses circonstances ; et si vous ajoutez que c'est précisément ce que fait l'Église dans ses procédures, et avant de reconnaître et de proclamer un fait merveilleux, je vous dis qn'il se tachera, qu'il ira jusqu'au blasphème. Ne parlez donc jamais de miracles à ces pauvres insensés : les déistes n'en veulent pas. C'est la maladie, encore une fois.
Il en est de même des sacrements et de la prière, D'abord les sacrements appartiennent à la révélation :
ils n'en veulent pas et ils s'offusquent de tout culte extérieur et de nos cérémonies saintes. Quant à la prière, ils donnent une foule de raisons pour prouver qu'elle est inutile, parce que surtout, disent-ils, Dieu sait bien ce qui nous est nécessaire; il n'a pas besoin qu'on le lui dise, et il est si bon qu'il n'a pas besoin qu'on le lui demande. On a beau leur répondre que, si Dieu a voulu mettre cette condition à ses grâces, l'homme n'a plus qu'a obéir, et qu'il est dans la nature même qu'un enfant témoigne sa reconnaissance et son amour à son père ; ils répondent en colère que ce n'est pas vrai, que ce n'est pas la même chose, et ils se fâchent en restant toujours attachés à leurs sentiments; c'est une idée fixe. C'est la maladie, toujours la maladie.
Mais le caractère spécial, le symptôme le plus frappant de celte monomanie du déisme, c'est de s'opiniatrer à rejeter tout ce qui est surnaturel. De là leur répugnance pour la foi et la révélation, leur horreur pour les miracles et tout ce qui lient à la religion et à son culle. Ils disent bien d'une manière générale qu'il faut de la religion pour le peuple, pour les ignoranls (remarquez en passant un symptôme de folie, indiqué déjà plusieurs fois, c'est que les hommes qui en sont atteints se croient toujours sages, seuls sages); mais des philosophes comme eux doivent mépriser ces vaines superstitions. Pour eux, c'est la lumière de la raison qui les dirige, et la loi de la nature suffit. Ils suivront les instincts sublimes de leur conscience, et ils étonneront le monde par l'éclat de leurs vertus mo-
S« FOLIE It ES INCROYANTS.
raies... On a beau leur dire qu'il faut une sanction à
ces belles lois de la nature, cl que le monde est plein de ruines de toutes ces belles vertus humaines et morales; ils répondent, toujours en se fâchant, que l'honneur suffit, que la nature est grande et que la conscience est droite, et que jamais ils ne consentiront à entrer dans le surnaturel. Seuls ils ne voient pas que tout le monde y est comme plongé. Mais, encore une fois, c'est leur idée fixe. C'est leur maladie.
Toutes les erreurs de ces insensés ont été recueillies et mises en ordre, développées même avec une certaine éloquence par un homme assez connu et qu'on appelle le philosophe de Genève ; c'est lui qui a fait comme un système raisonné du déisme; cet homme est J. J. Rousseau, pauvre tôle qui a fini par se perdre tout à fait dans ses vaines pensées, car il est constaté que dans un accès de noire mélancolie, ce malheureux, s'imaginanl que tout le monde en voulait à sa vie, se tua lui-même, pour tromper ses prétendus ennemis, et mourut sous le coup. C'était certainement un des plus fous parmi les déistes, comme on peut le voir dans ses écrits et notamment dans son Emile, où il expose le plan d'une éducation naturelle, éducation qui ressemble parfaitement à la manière d'élever les bêtes domestiques. Mais enfin, tout insensé qu'il était, il avait pourtant comme beaucoup d'autres déistes, il avait des moments lucides, et dans ces moments il a dit des choses admirables et qui font bien regretter qu'un esprit si élevé se soit laissé entraîner h Ter-
Peur... Ainsi il a écrit une belle page sur le duel,... et, que tout le monde commit. C'est lui encore qui, par une étrange contradiction, mais qui n'élounera personne, puisqu'il était malade, c'est lui qui a dit des choses sublimes sur l'Evangile de N. S. Jésus-Christ : La majesté, la simplicité de ce livre parle à mon cœur! Ce n'est pas ainsi qu'on invente ! celui qui aurait inventé ces choses serait aussi grand que le héros!.... Quelles paroles! et quel dommage encore une fois qu'une si belle intelligence soit tombée dans la nuit; que cet homme soit devenu fou! Mais il nous a dit lui-même ce qui a été la cause de ce malheur; il a, dans un autre de ses livres, raconté sa vie, il a fait ses confessions... Des nuages se sont élevés de son cœur gâté et corrompu, ce sont ces nuages impurs qui ont éteint sa lumière, et qui l'ont jeté dans toutes les erreurs et les folies de la philosophie déiste.
Au temps où vivait cet homme, à celte époque de la plus cruelle épreuve pour l'Eglise de Jésus-Christ, il y avait beaucoup de fous de celle espèce. La maladie était évidemment épidémique ou contagieuse; presque toutes les classes étaient frappées... et, chose singulière, tous ces incrédules, athées, matérialistes, déistes, ordinairement en dispute quand ils étaient ensemble, ne paraissaient s'entendre que sur un seul point; et, par exemple, ils s'accordaient sur-le-champ s'ils voyaient venir auprès d'eux, ou s'ils apercevaient de loin quelqu'un qui ne fut pas des leurs, un homme de bon sens, un chrétien, surloul un catholique. Cela
les faisait entrer en une sorte do fureur, et alors ils criaient tous à la fois contre lui, ils l'outrageaient de mille injures. La vue d'un prêtre, ou môme simplement d'une croix suffisait encore pour les mettre en colère, ils auraient voulu tuer tous les prêtres, abattre toutes les croix... et quand ils parlaient entre eux d'un sujet de religion, c'était toujours avec ces mêmes cris et ces sentiments de rancune. Le nom seul de Jésus-Christ produisait sur eux un effet singulier, on voyait aussitôt paraître dans leurs traits des sentiments d'envie, vie haine, de fureur. C'est surtout à ce Dieu Sauveur que ces pauvres insensés en ont toujours voulu, et dans leur rage ils s'efforçaient de lui ravir le cœur des hommes. Non contents de le détrôner, ils voulaient l'anéantir, 1' 'écraser! C'était même la triste et horrible manie de ces malheureux, et dans les accès de leur folie, ils disaient entre eux, ils écrivaient sur les murs ces paroles de blasphème impie : Ecrasons l'infâme! — II y en a quelques-uns qui l'ont dit jusqu'au dernier jour, en mourant!... et au moment même de paraître devant ce grand Dieu, qui allait les juger et les condamner!... Insensali! ... Insipientesl... o stulti aliquandol oh! les insensés! oh les fous!., oh ! les imbéciles de ce temps-là! ..
Assurément il n'y a plus beaucoup de ces fous furieux et à lier. La maladie a bien changé de caractère ; et, si vous exceptez quelques cas particuliers, on n'entend presque plus de cris ni de blasphèmes; mais c'est toujours le même principe et le même sentiment,
quoique la forme ait change : Guerre au Christ ! haine de sa foi! mépris de sa religion! Ceux d'autrefois n'ayant pu réussir à l'écraser, ceux d'aujourd'hui ont imaginé une autre lactique, ils essayent de prouver que Jésus n'est pas un Dieu; et ils expliquent sa vie cl ses miracles, mais d'une manière si singulière, si ridicule
que ce n'est pas tant la peine de s'en préoccuper
Ils ne feront pas grand mal ; les autres étaient Lien plus forts, et ils n'ont rien fait. Le Christ vit encore, il règne. . . et il est éternel ; il vous attend, allez ! Ratieris quia aetemm. 0 pauvres insensés, conprenez donc et revenez à la raison, à la vérité. Insipientes, intelligite, o stidti, aliquando sapite !....
II. Mais n'y a-t-il pas dans le monde, et même parmi les enfanls de Dieu, n'y a-t-il pas bien des âmes qui portent les signes et les caractères de celle triste maladie? Le déisme pralique, si commode aux passions, ne comple-l-il pas une foule de partisans parmi nous? C'est le sujet d'un examen sérieux et important, qui doit nous confondre, sans nous décourager, puisqu'il y a des remèdes efficaces et qui pourront toujours nous préserver de la mort. — Oui, de fait, il y a encore bien des hommes qui croient à Dieu et à l'immortalité de leur âme; mais par une inconséquence, qui ne peut s'expliquer que par la maladie dont nous parlons ici, la plupart rejettent la parole de ce grand Dieu et méprisent sa loi. La majesté, la simplicité de l'Évangile parle à leur cœur, mais les vertus dont Jésus-
9i POLIE DES INCROYANTS.
Christ a donné l'exemple effrayent ces lâches chrétiens , et les sacrifices que réclame son amour les découragent el les désespèrent. Comment, disent-ils, pouvoir vivre dans ce renoncement absolu, dans cette abnégation continuelle de soi-même, et toujours porter sa croix? Celle parole est trop dure, ce joug est insupportable. Faut-il donc pour être sauvé, renoncer à tous les plaisirs du monde? est-il même nécessaire de croire à lant de mystères, à tous ces miracles?... Oh! c'est être déjà bien près du langage des déisles insensé' ; si ce n'est pas encore l'état de folie caractérisée, c'est le commencement du délire avant-coureur, c'est un symptôme effrayant.
11 n'est pas rare de rencontrer aussi, parmi les enfants de l'Eglise, des hommes qui se contentent des vertus purement humaines et morales. Le surnaturel, dans le milieu duquel ils sont nés et qui les enveloppe de toutes parts, les gêne bien ; ils le regardent comme inutile, et lous les secours que la Religion leur présente, sont dédaignés par ces cœurs imprudents et ingrats. La prière, les sacrements, surtout de pénitence et d'eucharistie sont abandonnés pendant des années entières, et ces malheureux, privés de la grâce sans laquelle nous ne pouvons rien, n'auront jamais que des qualités naturelles : de l'honneur, delà probité, toutes choses qui empêcheront un homme d'aller aux galères, comme disait autrefois le saint Evêque de Genève, mais qui ne pourront jamais le conduire au ciel. — 0 vanité de toutes ces vertus que la pratique
tic la religion n'aura point élevées ni sanctifiées! Et tous les jours on voit combien peu solides sont ces prétendues qualités qui ne reposent pas sur le fondement de notre foi. Je l'ai dit, le monde est plein de ces grandes ruines de la probité humaine et de la sagesse naturelle; on en voit partout, et tous les ans au moins, on entend parler de ces malheurs qui plongent des familles d'ailleurs très-honorables dans la honte et le désespoir. Jl a suffi d'une occasion pour faire éclater la maladie et dévoiler ces tristes résultats. C'est dans les affaires et les industries, et quelquefois môme dans les jeux de bourse et les paris, que l'amour de l'or a entraîné ces sages du monde jusqu'au déshonneur. Oh! combien la jeunesse surtout a besoin de prier pour avoir la grâce divine, et de recourir aux sacrements pour éviter les désordres et toutes les folies de cet âge!
Mais sans aller aussi loin que ces malheureux pécheurs, qui semblent avoir comme renoncé à leur foi et qui méprisent les lois du Seigneur leur Dieu, vivant à peu près comme les déistes insensés, c'est-à-dire sans prière et sans aucune pratique de la religion, il y a encore, même dans le sein de l'Eglise, un grand nombre d'âmes qui passent au moins par quelques accès d'un délire analogue à ces égaremehls. Plusieurs dans la peine se laissent emporter à la plainte, au murmure contre la providence de Dieu et vont jusqu'à l'accuser d'injustice! Voici une des paroles les plus insensées et que, dans ces moments de délire, j'ai souvent entendues moi-même sortir de la bouche de ces pauvres
malades : Qu'ai-je donc fail à Dieu, pour qu'il me traite ainsi et qu'il me fasse tant souffrir? Vous pouvez être assuré que celui qui parle ainsi, commence à perdre la raison, puisqu'il s'en prend au ciel, et qu'il regarde comme un mal ce qui est un véritable bien pour lui, et une preuve certaine de l'amour même de son Dieu. Car c'est nier à la fois sa puissance, sa sagesse, sa bonté. Il en faut dire autant de ces pauvres chrétiens qui se révoltent contre les lois de l'Église leur mère, et qui violent ses préceptes saints, en disant qu'il est impossible maintenant de se conformer à ses commandements sacrés, de l'abstinence par exemple ou du jeûne; que ces rigueurs sont contraires aux lois de la nature, et que Dieu ne peut pas nous avoir donné des appétits, des goûts, des passions, en un mot, pour les combattre toujours et les contrarier. Les déistes, dans leurs plus grands accès de démence, ne parlent pas autrement que ces chrétiens imprudents, et ne se montrent pas plus opposés aux préceptes les plus formels de l'Évangile de Jésus-Christ.
11 n'est pas rare assurément de trouver, dans le monde et dans ses plus belles réunions du soir, des chrétiens qui plaisantent sur ces lois sacrées et sur les saintes austérités du cloître, sur les pénitences du Carmel ou de la Trappe. Eh bien! je vous dis que l'on verra un jour qui a été le plus fou, de ceux qui ont ri de toutes ces macérations, ou de ceux qui ont eu le courage de les pratiquer. Quelle surprise et quelle douleur pour les uns, quand, à l'heure delà mort et
en entrant dans leur éternité, ils verront (ouïe leur sagesse prétendue s'évanouir, et qu'ils seront convaincus de folie au tribunal de Dieu et des anges ! Dicentes se esse sapientes stuhi facti sunt... (Rom., i, 22.) Mais surtout au jour suprême des grandes assises du juge souverain, à l'heure desjuslices éternelles, quand tous ces pauvres chrétiens, confondus avec les malheureux incrédules et ces philosophes qui se disaient amis de la nature, comparaîtront en personne pour entendre la condamnation de leur doctrine insensée et leur sentence de mort, quels regrets et quels désespoirs!... Quand toutes les voix de la création, quand le ciel et la terre porteront plainte et témoignage contre eux, et que la nature même s'élèvera pour venger Dieu de leurs blasphèmes : Pugnabit cum Mo orbis terrarum contra in~ sensatos. (Sap.,\, 21 .)Ah ! c'est alors qu'ils diront tout couverts d'opprobres : Ergo errewimus! nos insensati! — Viclebunt! Oui, ils verront alors ce Dieu et son signe adorable de la croix dans les airs ; ils verront, autour du roi suprême, toute l'armée des élus, et ceux mêmes qu'ils avaient regardés comme des insensés, parce qu'ils crucifiaient leur chair avec ses convoitises! Us les verront monter à la gloire des cieux! Videbunt! Et ils déclareront à haute voix qu'ils n'ont été eux-mêmes que des fous, et que les saints enfants de Dieu, seuls étaient sages!... Nos insensati!... Ecce quomodo cornpuiati sunt inter fillos Dell... {Sap., v, 5.)