‹ De la folie en matière de religionChapitre 14 sur 46 · QUATRIEME CLASSE LES PROTESTANTS ET LES JUIFS · texte numérisé non relu

QUATRIEME CLASSE LES PROTESTANTS ET LES JUIFS

Iiisipicnx non cognosccl. Stullus n>in intelliget.

L'insensé ne comprendra point. Le fou ne pourra entendre. (Pu. xci, 7.)

Avant de quitter le quartier destiné aux ineréduîes dans cet asile immense des aliénés, il y a une dernière galerie que nous n'avons pas vue ; c'est une cour assez vaste, divisée en deux parties égales, et elle mérite bien que nuus y fassions une visite. C'est là que sont renfermés ceux qui s'appellent les protestants... et les juifs... espèce particulière d'insensés, et bien dignes de toute notre compassion. — Il pourra paraître dur h quelques esprits prévenus, que nous donnions ainsi le nom de fous à nos frères séparés et à toute la tribu d'Israël ; ils -en seront eux-mêmes scandalisés, sans doute; mais vraiment, en matière de religion, il est difficile de porter plus loin le délire : nous allons le prouver! Les protestants sont nos frères, nous les aimons de tout notre cœur, et c'est pour cela que nous les plaignons et que nous voudrions pouvoir les guérir; nous l'espérons même, mais il y en a si peu qui le désirent ! Ils ont peur de loul ce qui pourrait les ramener à la raison. Dans quelques-uns c'est mauvaise volonté, mauvaise foi : dans la plupart, c'est ignorance ou indif-

LES PKOTESTANTS ET LES JtfIFS. 9§

férence ; en un mot, c'est l'effet de la maladie même, et cela est si vrai qu'on en a vu qui ont été guéris instantanément et sauvés comme par hasard, en lisant quelques lignes d'un bon livre, en entendant un mot, la simple explication d'une chose qu'ils avaient toujours mal comprise, et qui les avait jetés et retenus dans leur erreur. 11 en est de même des juifs, avec celte différence que ceux-ci paraissent encore pins aveugles et plus entêtés. Il est donc plus rare qu'ils guérissent; et puis ils sont presque tous si occupés des choses de la terre, ils s'inquiètent si peu de l'étude de la religion, qu'ils n'ont pas même le temps de s'apercevoir qu'ils pensent et disent des choses impossibles et tout à fait insensées.

Nous les examinerons les uns après les autres d'abord, et puis nous verrons si nous n'avons pas peutêtre nous-mêmes un peu de cet esprit du protestantisme et du judaïsme, si nous ne participons pas à cette folie.

I. Commençons par les protestants. Le symptôme le plus frappant de cette classe de malades est la mobilité singulière, l'instabilité de leurs pensées, et les variations incessantes de leurs idées en matière de religion. Ils ne peuvent se fixer a rien. On ferait une histoire en dix volumes de leurs contradictions1. Ils ne procè-

1 Celte histoire a été faite, et de main de maître. Mais depuis que Bossuet a écrit ce beau livre, que de nouveautés encore et de changements!... 11 est impossible de compter les divisions, les sous-divisions.

dent ordinairement que p.ir la négation, et protestent contre une vérité reconnue, attestée par tous les autres. C'est pour cela même qu'on les appelle protestants. Mais quelquefois ils affirment aussi, et alors ce sont des énormilés incroyables, comme nous le dirons tout à l'heure. En général, ils ne protestent cependant que contre ce qui les gêne, et ils n'admettent que les vérités qui n'obligent à rien. C'est en ce point qu'ils ont des traits de ressemblance et d'analogie avec les incrédules; c'est pour cela que nous les avons rangés dans celte première division, quoiqu'ils touchent bien aussi à la catégorie des indifférents, que nous verrons tout à l'heure dans la deuxième division. Mais disons encore un mot de toutes ces variations et, de cette inconstance de principes, caractère essentiel de ces pauvres insensés. Il y en a qui ont fait ce qu'ils appellent des confessions de foi : ils se réunissaient un certain nombre de malades, pour se fixer enfin et arrêter un peu les bases de leurs croyances, et ils n'ont jamais pu s'entendre, et chaque fois qu'ils ont voulu statuer, déclarer, déterminer, c'étaient de nouvelles divisions qui se formaient, de nouvelles sectes qui s'élevaient... et ils en sont venus au point qu'ils ne tiennent plus à

les classes, les sectes: et quels noms barbares on a été obligé de leur donner !... Nous avons conseillé à quelques malades la lecture du livre de Bossuet ; il y en a qui ont été guéris ; mais en général ils n'aiment pas cet ouvrage. 11 faut les forcer, ne pas leur en donner d'autres pendant quelque temps; ils finissent par en lire quelques pages, et souvent c'est assez pour amener une grande amélioration dans l'état de leur esprit.

LES PROTESTANTS ET LES JUIl'S. - 101

rien, pas même à la divinité de Jésus-Christ!... Tous s'étaient accordés, dans un temps, à ne pas vouloir de la pénitence ni de la confession, et maintenant il yen a qui le regrettent et qui disent que c'est bien utile, que c'est nécessaire, que cela fait du bien! Je pourrais faire une foule de remarques analogues; mais il y a tant de traits singuliers dans cette folie qu'il est impossible de les signaler tous.

Un des plus étranges, c'est la manie qu'ils ont de lire toujours un livre, un beau livre, certes, la Bible! Mais ils le lisent sans le comprendre, et la preuve, c'est qu'ils le comprennent tous de différente manière. 11 est évident qu'il faudrait quelqu'un pour leur expliquer. Or ils ne le veulent pas, ils disent qu'ils sont inspirés, et que ce livre divin suffit à tout. Ils en font imprimer en quantité, ils en envoient partout ; on a beau leur dire qu'on ne les lit pas, que cela ne sert à rien qu'à enrichir les éditeurs, et qu'il y a des ballots de ces livres dans tous les docks du monde ; il est impossible de leur ôler cette idée de la tète : Que ça finira par faire penser tout le monde comme eux, et qu'alors on ne dira plus qu'ils sont malades !

Voici encore une de leurs idées fixes, un symptôme qui a été obserbé dès l'origine, c'est de vouloir réformer toute la terre et principalement l'Église de Jésus- Christ. Il y en a même beaucoup qui tiennent à ce que l'on donne ce nom de réformés à tous ceux qui protestent; quel que soit d'ailleurs le nom spécifique des innombrables catégories de luthériens, calvinistes,

102 POLIE l>ES INCROYANTS.

zwingliens, quakers, momiers, etc., etc. tout cela est la religion réformée. — Mais, en vérité, peut-il y avoir une folie plus claire et plus palpable?... Et qu'est-ce qu'ils ont réformé donc? et que veulent-ils réformer? Quomodo dieis fratri lu<> : Sine, ejiciam festueam de oculo tuo : cl ecce trabs est in octdo tuâ (Matin*, vu, 5) : a Comment pouvez-vous dire à votre frère : Permettez que j'ôte une petite paille de votre oui, et il y a une poutre dans le vôtre ! » Voilà de la Bible pourtant, c'est de l'Evangile pur, mais ils ne l'entendent pas comme nous, quoiqu'ils aient étudié le grec et le latin aussi bien que les autres. Ils sont malades, ils sont fous ! . . .

Voici une autre preuve : c'est l'obstination avec laquelle ils soutiennent des choses absurdes, incroyables. Ainsi ils assurent que nous autres catholiques, nous adorons la Sainle Vierge ; on a beau leur dire que non, que nous n'en avons jamais eu la pensée, et que les prêtres ont bien soin d'apprendre aux petits enfants qui vont au catéchisme, qu'on ne doit pas le faire, et qu'on ne doit adorer que Dieu seul ; ils nous accusent d'idolâtrie. Mais demandez donc aux autres, interrogez dans la rue le premier enfant que vous voudrez, et s'il vous dit qu'il adore la Sainte Vierge, donnez-lui le fouet tout de suite; car il est évident qu'il n'a pas étudié un seul mol de son catéchisme. — Eh bien, on a beau le leur dire, leur répéter ; ils diront, eux, ils répéteront, ils imprimeront que nous adorons la Sainle Vierge ; et moi je vous le demande : ne vaut-il pas mieux

Page 1