‹ De la folie en matière de religionChapitre 15 sur 46 · EES PROTESTANTS ET F,ES JUIFS · texte numérisé non relu

EES PROTESTANTS ET F,ES JUIFS

croire qu'ils sont malades, que do les accuser dé mentir, et de parler avec la plus mauvaise foi ? Car enfin il n'y a pas de milieu, ou ils mentent, ou ils sont fous. On ne peut pas dire qu'ils ne savent pas ; on le leur a dit trop souvent. C'est donc plus charitable, et j'aime mieux croire à la maladie, à la folie; c'est plus probable aussi ; oui, ce sont des insensés. Ils le sont tous. Mais il faut pourtant reconnaître qu'il y en a qui le sont plus ou moins parmi eux, dans ceLte grande division ; et, comme je disais au commencement, dans cette cour immense où je me figure les voir tous réunis, malgré la confusion qui règne partout et le mélange curieux de toutes les espèces de malades, il y en a une qui me parait encore plus étrange, ce sont les inspirés, les illuminés. Ceux-là sont comme frappés d'un coup de soleil, et ils ne sont plus maîtres d'eux-mêmes ; ils parlent, ils prêchent partout où l'esprit les saisit, dans l'église comme dans la rue; qu'il y ait du monde pour les entendre pérorer, ou qu'il n'y ait personne, c'est égal, ils prêchent, ils racontent leurs inspirations et font des prophéties. On en voit en Angleterre, aux Etals-Unis ; il y en a moins en France, mais cela commence, l'esprit prend, l'inspiration viendra, nous entendrons bientôt prêcher des illuminés sur la place de la Concorde ou sur la place Maubert ; mais il paraîtra sans doute plus prudent de commencer par quelques salons évangéliques, où la police aura moins d'accès. La cause de toutes ces folies est bien connue, et je puis encore assez facilement expliquer toutes ces aber-

loi FOLIE DES INCROYANTS.

rations de l'esprit; c'est l'orgueil qui on est le principe, et l'orgueil a toujours jeté les hommes dans les plus grandes extravagances.

Mais il y a un point d'erreur qui leur lient au cœur, et que toute cette classe soutient avec une sorte d'entêtement extraordinaire, et j'avoue que cela est plus difficile à expliquer. Ainsi tous ces pauvres frères égarés affirment qu'il n'y a pas de purgatoire, et ils laissent leurs morts dans l'oubli, ils ne font pas une prière pour eux. J'ai vu beaucoup de pauvres mères, j'ai vu des veuves infortunées, et bien des petits orphelins souffrir extrêmement de cette malheureuse idée qui s'était comme emparée de leur esprit, et que leur cœur semblait désavouer. Ils auraient voulu croire comme nous, mais il \ avait évidemment dans leur tète un principe héréditaire de cette triste folie ; et ils protestaient de nouveau contre la douce croyance du purgatoire... Quelquefois tout semblait faire présager une heureuse et prompte guérison, et puis soudain les idées transmises par l'éducation, et je ne sais quels souvenirs d'enfance prenaient le dessus, et ces pauvres malades restant dans le même état, soutenaient que tous les autres se trompaient et qu'eux seuls avaient raison. Toute discussion devenait inutile ; les plus fortes preuves de l'Ecriture sainte, des Pères et docteurs maîtres dans la foi, les plus touchants exemples, au lieu de les éclairer ou de les loucher, les irritaient et ne faisaient que redoubler les accès de ce délire fatal. Alors ces malheureux oublient même leur deuil et leurs larmes, Ils n'entendent plus, ils neveu-

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