‹ De la folie en matière de religionChapitre 3 sur 46 · ETUDES GENERALES · texte numérisé non relu

ETUDES GENERALES

NOUONS, CARACTÈRES, DIVISION DES AFFECTIONS MENTALES; ANALOGIES FRAPPANTES AVEC L'ÉTAT D'UNE FOULE d'aMES.

Avant de commencer nos études sur ce triste sujet de la folie des hommes, et d'entrer dans l'examen des malades infortunés qui remplissent la terre, nous devons d'abord constater le fait et prouver l'existence du mal. Platon, que les siècles ont appelé le divin Platon, même depuis que la lumière du ciel est decendue parmi nous, et qu'un Dieu s'est fait lui-même noire maître,

Platon comparai!, le monde à un antre profond, où les hommes marchent dans les ténèbres, se heurtent et s'égarent, prenant l'ombre pour la vérité, le mensonge et l'apparence pour la réalité et l'essence des choses... Infortunés qui n'ont jamais vu la splendeur du jour et l'éclat du soleil. C'est une image sensible des illusions de la vie et des égarements de l'esprit humain... A peine si, dans cette multitude, il apparaît quelques sages qui ne sont pas les jouets de l'illusion et qui trouvent la vérité... La Grèce, le pays du monde le plus éclairé, en comptera sept dans toute la durée des siècles... Eh bien! appuyé sur la parole du plus sage des hommes, de celui même que Dieu daigna remplir de sa lumière, je vais comparer l'univers entier à nos tristes asiles d'aliénés, à une maison de fous. La terre, dit ce grand roi, est toute couverte de ces infortunés ; on en voit partout, leur nombre est infini : Stultorum infinilus est numerus. La plupart sont comme frappés et ne savent ni d'où ils viennent, ni où ils vont; ils marchent à l'aventure et se perdent, oubliant leur origine, comme leur fin et leur destinée. Les impies, les incrédules, les pécheurs, les mondains, les indifférents, etc., sont aliénés et comme perdus dans l'erreur, alienati sunt et erraverunt. (Ps. LVii, 4.) Le Seigneur, du haut des cieux, contemple la terre et cherche s'il y a encore quelques hommes qui comprennent, qui vivent avec la raison, qui pensent à lui, et il a peine à en trouver : Dominus de cœfa prospexit... ut rideat si est intelligent mit

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