‹ De la folie en matière de religionChapitre 31 sur 46 · QUATRIEME CLASSE LES PÉCHÉS CAPITAUX · texte numérisé non relu

QUATRIEME CLASSE LES PÉCHÉS CAPITAUX

Videte instituas militas.

Considérez ici beaucoup de folie à la fois. (Amos, ni 0,)

Je vais réunir dans une seule conférence un grand nombre de preuves de la folie des hommes, et je me propose, en étudiant la nature des péchés capitaux, dont je n'ai pas encore parlé, de démontrer la proposition générale de tout ce traité religieux. Ces péchés, source impure de mille iniquités, ou plutôt ces tristes passions sont en effet une folie véritable, ou du inoins elles entraînent ceux qui en sont les victimes dans une foule d'illusions et d'extravagances ; elles sont toujours opposées à la droite raison et à la justice suprême ou à la vérité.

Il y a sept péchés capitaux: l'orgueil, l'avarice, la luxure, la colère, l'envie, la gourmandise, la paresse; et tous ils frappent et allèrent également l'intelligence et le cœur de l'homme. Mais comme il a été parlé déjà dans les pages précédentes des trois premiers sous le nom des trois grandes concupiscences, nous n'en dirons plus qu'un mot ici, et en passant.

I. L'orgueil. Sans revenir sur ce qui a été dit et prouvé, je me contenterai de faire remarquer ici deux

sortes de folies dans lesquelles l'Ame superbe est comme nécessairement entraînée, je veux dire la vanité et le mensonge. Est-il rien de plus ridicule, de plus sot que ces airs de grandeur ou de vaine complaisance qu'affecte toujours l'homme orgueilleux?... On ne le comparera plus seulement à un pauvre insensé qui se loue et s'admire, mais à un vil animal qui se gonfle ou se dresse pour paraître plus important et plus grand ; ou à cet oiseau stupide qui se pavane en se promenant au milieu des autres, qu'il étonne ou qu'il irrite par ses prétentions. Ces deux mots inséparables dans toutes les langues : une sotte vanité suffiraient, pour prouver notre proposition, car la vanité est lille de l'orgueil.

Mais le mensonge que cet amour déréglé de soimême, et que le désir de plaire et la soif de la gloire ne manquent jamais d'inspirer, nous paraîtra sans doute une preuve encore plus frappante de ce délire de l'orgueil. Mensonge pour se vanter, mensonge pour s'excuser, mensonge pour s'élever; à chaque instant on surprend l'homme avide de gloire dans quelqu'une de ces fautes que, dans le langage ordinaire, on appelle des mensonges d'orgueil. Or, c'est là un signe de folie d'après la sentence même du plus sage des Rois : Mendacium vivo insensato... (Ëcc/.,xxnv, 1 .) Il n'y a en effet qu'un enfant sans raison, ou un fou privé de sa raison, qui puisse mentir de cette manière et si souvent.

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