‹ De la folie en matière de religionChapitre 38 sur 46 · L'H RÉFLEXION · texte numérisé non relu

L'H RÉFLEXION

ter; c'est-à-dire trop tard!... quand il ne sera plus temps!... Quels regrets alors de s'être perdus pour ces vanités!

Nous sommes bien avertis cependant, et par la parole divine, et par l'expérience même ; mais la légèreté de notre esprit, le défaut de réflexion nous fait oublier ces grandes vérités et tous les principes de la sagesse. Oui, c'est pour un grand nombre d'hommes un parti pris, une résolution arrêtée de ne pas penser à ces choses, de ne pas lever les yeux en haut ; Staluerunt oculos suos declinare. (Ps. xvi, 11.) Mais, enfin, pourquoi donc les pécheurs et les mondains ne veulentils pas réfléchir?. . . Parce qu'ils aiment leurs illusions : Notait inlellicjcre, ut bem ageret (Ps. xxxv, 4); ils ne veulent pas comprendre de peur d'être obligés à bien faire... J'ai connu un de ces pauvres malades, un jeune insensé, qui me conjurait un jour de ne pas prier pour lui, de peur de le désillusionner... et j'ai gardé cette lettre comme une preuve authentique de celte étrange folie des pécheurs. Il suffirait pourtant pour prévenir ces tristes égarements du cœur de les forcer à faire une seule réflexion, toute simple, et qui en a déjà éclairé et touché plusieurs; c'est qu'après tout, qu'ils y pensent ou qu'ils n'y pensent pas, qu'ils réfléchissent ou ne réfléchissent pas ; qu'ils changent et se convertissent, ou qu'ils restent comme ils sont et ne se convertissent pas ; cela ne fait rien du tout à la vérité : elle reste immuable : ils ont pourtant une àme, et ils n'en doivent pas moins mourir; bientôt mourir...

et dans ce jour ils verront; mais ils verront avec regrets, avec désespoir, parce qu'il n'y aura plus rien à faire. Ils verront alors ce que c'est que Dieu, et ce que c'est que leur came, et le temps et l'éternité, et le péché et la grâce: ils verront le néant de ce monde pour lequel ils se seront perdus.

Pensez-y donc, mon cher lecteur, aujourd'hui même, et, pendant que vous le pouvez encore utilement, réfléchissez, méditez! Méditer! vous pensez peut-être que cela est hon pour les prêtres seulement et pour les religieuses. Ce serait une grave erreur : on ne peut être saint, ni chrétien, sans la méditation; on ne peut être raisonnable même, sans la réflexion... et ceux qui laissent ainsi tout aux prêtres et aux religieuses : la méditation, la pénitence, etc., devraient craindre de leur laisser aussi le ciel ; car il est très-difficile d'y aller sans la réflexion ; et si vous marchez sans savoir où vous allez, il est bien à craindre que vous n'y arriviez pas un jour!

II. Mais voici une considération plus importante encore dans le sujet qui nous occupe. Ne pas voir c'est un malheur, un grand malheur; toutefois il y a quelque chose de plus triste, c'est de voir mal, de voir sous un faux jour. L'aveugle peut finir, et réellement finit encore assez souvent par comprendre qu'il lui manque un sens. . . il doute, et il demande, au moins reçoitil plus volontiers le conseil et le secours qu'on lui offre pour le remettre dans le chemin... Mais celui qui voit

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