‹ De la folie en matière de religionChapitre 41 sur 46 · DEUXIEME CAUSE LES MAUVAISES LECTURES · texte numérisé non relu

DEUXIEME CAUSE LES MAUVAISES LECTURES

Attende leclioni.

Faites bien attention, prenez garde à vos lectures. (I Tim., iv, 13.)

Je ne crains pas d'affirmer qu'une des causes les plus générales et les plus funestes de la folie des hommes en matière de religion, ce sont les mauvais livres. La vie des gens du monde, si futile d'ailleurs et si oiseuse, laisse peu de temps, il est vrai ; mais on le consacre ordinairement à des lectures vaines, imprudentes et dangereuses; et ces lectures sont pour un bon nombre la source des plus grands malheurs, et le principe des égarements les plus déplorables. Pour avoir ouvert et parcouru un seul de ces livres impies ou licencieux, il y en a qui sont devenus fous en un jour. Les uns sonl tombés dans l'incrédulité ; ils se sont faits athées, matérialistes, panthéistes même; et les autres se sont plongés dans le délire des passions honteuses, qui les a conduits à la mort de l'indifférence. — Parents, veillez, si vous voulez vous éviter bien des larmes.... Prenez garde aux lectures de vos enfants ; Attende leclioni. Voilà donc un des sujets les plus graves à traiter dans le plan de cet ouvrage. C'est une sorte de réquisi-

loire, en forme que j'entreprends conire cette manie curieuse et celle fureur de tout lire, de voir tout ce qui paraît. Je vais prouver que ees mauvaises lectures sont la cause d'une foule de désordres dans les esprits et dans les cœurs, un principe de folie véritable pour un très-grand nombre d'hommes; mais je dis de la folie la plus dangereuse et souvent la plus incurable; comme il n'est que trop prouvé par la vie et la mort de tous ces vieux insensés qu'on appelle des voltairiens. La race heureusement en diminue chaque année ; mais il s'en forme d'autres presque aussi méchants a des écoles nouvelles; et comme, en général, on sait moins son catéchisme aujourd'hui qu'au temps de ce philosophisme railleur, il y a encore plus de dangers peutêtre pour nous et pour nos enfants.

Nous aurons à examiner ici trois classes de malades : 1° ceux qui lisent ; II0 ceux qui prêtent ou qui vendent; et 111° ceux qui font les mauvais livres. Les premiers sont des insensés dont la folie va directement au suicide, et finit toujours par là ; les seconds sont des homicides, des assassins d'àmes; les troisièmes, dans leur fureur, s'en prennent à Dieu môme et sont des déicides. — ■ 11 est très-rare de guérir les fous de celte dernière espèce ; ils se révoltent conire tous les remèdes et se détient de tous les médecins qui voudraient les soigner. Ils ne croient plus à rien, ils sont presque toujours désespérés.

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