I. Commençons par ceux qui lisent ces mauvais
livres, et disons d'abord ce que nous entendons par mauvais livres. C'est tout écrit eu opposition avec la foi ou la loi de Dieu, en opposition avec l'Evangile de Jésus-Christ , en opposition avec l'enseignement de l'Église. Ce sont tous ces petits romans du jour, où la vérité se voit méprisée, outragée par le blasphème et la plaisanterie ; où les passions se trouvent excitées par les peintures séduisantes du vice et par la glorification même de la chair. J'appelle encore mauvais livres, ces feuilles éphémères, ces journaux, ces feuilletons surtout, où chaque jour la religion est attaquée avec malice, calomniée avec fureur ; où ses ministres sont outragés avec mensonge dans leur mission divine, et jusque dans leurs plus sublimes dévouements. Et je dis que lire ces livres impies , ces romans infâmes, ces feuilles perfides, c'est une folie véritable, un délire insensé qui va jusqu'au suicide. Ces malheureux ressemblent à celui qui, au lieu de la nourriture saine et abondante qu'on lui présente chaque jour, irait de préférence se jeter sur de la boue infecte pour s'en nourrir, et ne voudrait que des poisons mortels pour breuvage. Ne dirait-on pas que cet homme est fou? et n'est-ce pas ce que font tous ceux qui lisent ces livres mauvais et qui se nourrissent de leurs doctrines impures? J'ai dit qu'ils vont dans cette folie malheureuse jusqu'au suicide, et je le prouve, car ils tuent leur esprit et leur cœur.
1° Ces insensés tuent leur esprit par ces mauvaises lectures. — C'est évident, car ils ne nourrissent leur
5t4 CAUSES DE LA FOLIE.
intelligence que de mensonges, et l'intelligence humaine ne peut vivre que de lumière et de vérité. Dans ces livres tout est faux. Les pensées comme les sentiments; les faits eux-mêmes sont inventés à plaisir par des esprits faux, volontairement, faux et à dessein, de parti pris. Le fonds, la forme, tout jusqu'aux circonstances les plus minutieuses, jusqu'aux plus petits détails, tout est pure fiction, mensonge positif: c'est du roman enfin, comme nous disons dans notre langue toujours admirable et si logique, c'est-à-dire tout mensonge.
Encore si dans ces œuvres d'imagination on parlait un langage propre à diriger l'esprit des hommes et leur intelligence vers le bien et le beau, j'entends ce qui est vrai, honnête, juste, réel; il y aurait bien moins de temps perdu dans ces lectures vaines et stériles. Mais hélas ! au contraire, on ne recueille de toutes ces fictions insensées que l'illusion de la vie, et mille erreurs, où l'imagination va se perdre à la poursuite de je ne sais quel idéal qui ne se trouve nulle part. Est-ce la vérité que je dis? et dans combien de familles n'a-t-on pas eu à déplorer de véritables folies, parce que les esprits trompés et les imaginations exaltées par ces tristes lectures s'étaient laissés emporter à l'ennui, au dégoût mortel de la vie réelle et positive, ou à la fureur des désirs les plus insensés. Allez donc et visitez les asiles d'aliénés, qui regorgent partout, allez et demandez combien il y a de ces vrais fous, surtout parmi les jeunes femmes que vous verre* passer rêveuses
devant vous, les yeux au ciel ou pleins de larmes ; el parmi les jeunes gens qui restent là trislement assis sur un banc dans le jardin; demandez combien il y en a qui ont perdu et tué leur intelligence par ces fatales lectures, et on vous le dira, comme on me l'a dit, et vous en serez effrayé.
2° Ils tuent leur cœur par la lecture de tous ces mauvais livres, irréligieux ou obscènes. Ils y perdent en effet non-seulement l'idée de ce qui est vrai, de ce qui est beau, mais l'amour même et jusqu'au sentiment de ce qui est bon et juste, de la vertu en un mot. Toutes les règles véritables de l'équité et de la morale sont sans cesse attaquées dans ces feuilles impies, je veux dire la conscience et l'Evangile, ces deux paroles divines, écrites l'une dans notre cœur, et l'autre dans un livre saint qui n'est que le code même des lois les plus sacrées. On s'en moque ouvertement; on les met en contradiction avec les principes de notre bonheur elles progrès de notre civilisation, tandis que d'autre part on vante, on exalte, on divinise les passions, même les plus viles, en montrant la vertu, les dévouements dans des cœurs misérables et dégradés par le plus infâme de tous les vices. Je vous le demande, estil possible de se nourrir de ces doctrines perverses, de n'étudier que ces exemples du mal, sans perdre et sans gâter entièrement son cœur? Qui pourrait encore aimer la vertu que l'on voit toujours malheureuse et méprisée? Qui pourrait longtemps rester pur et innocent au milieu de celle fange? Vous ne serez donc pas
('•tonne de voir des libertins de dix ans et des athées de douze. J'en ai vu de ces jeunes fous, et j'affirme que la maladie était en eux le fruit de ces lectures mauvaises. Des parents imprudents les avaient permises, ou du moins ils ne les avaient pas empêchées, par indifférence ou par impiété. Ces pauvres enfants avaient perdu, tué leur cœur; c'était un suicide moral1.
5° Et maintenant savez-vous quel a été le châtiment de ces malheureux parents? C'est que leurs enfants ont été jusqu'au suicide véritable. Avec la vie de l'âme ils ont perdu la santé, la vie du corps, par suite de leurs lectures coupables. Je n'exagère point, je ne dis que ce que j'ai vu moi-même, et ce que l'on voit tous les jours dans ces familles peu chrétiennes. — On s'épuise de veilles d'abord; disons le mol, on se tue à lire ces livres. Ces misérables romans. C'est une vraie passion ; on lit tout le jour, on y passe les nuits, et comme on dit, on les dévore, avec une sorte de frénésie qui agite, qui trouble, qui énerve, qui tue enfin. — Ce n'est pas assez, on se tuera bientôt d'excès, en se laissant emporter au torrent des passions ; c'est la fatale conséquence de ce qu'on vient d'apprendre, le jour où l'on a perdu l'innocence, en respirant le poison qui s'exhale de toutes les pages d'un livre impur. La jeunesse imprudente boit et s'enivre aussitôt à la coupe des plaisirs dont on lui a vanté les douceurs, elle boit et s'enivre, sans trouver le bonheur. — Cruelle illusion du monde!
1 La lecture assidue des romans a souvent amené le même événement, l'explosion du délire le plus furieux. (PineL p. 20.)
Horrible déception de la vie! dil-elle alors... Où est doue ee que j'ai rêvé, ce que l'on m'avait dit?... Et voilà que l'ennui commence, et le dégoût de tout. Avec les remords qui troublent, vient le désespoir qui exalte... Et que voit-on ensuite?... des morts volontaires, des suicides de jeunes fous, des suicides d'enfants. Ils se tuent de désespoir ou seulement par ennui, et on les trouve morts, tenant d'une main l'arme qui leur a brisé la tête, ou le poignard qui a percé leur cœur; et de l'autre, le livre, arme plus terrible encore, le livre qui avait d'abord frappé celte tête insensée, et blessé ce pauvre cœur ! . . .
0 parents infortunés ! je vous en prie, si vous aimez vos enfants, prévenez ce malbeur. Ne laissez pas sous leurs yeux un seul de ces livres coupables qui les perdraient; arrachez de leurs mains ces feuilles plus dangereuses encore peut-être, parce que l'on s'apereoit moins vite des ravages qu'elles produisent dans les esprits et dans les cœurs : le poison venant pour ainsi dire goutte à goutte. Mais il causerait certainement la mort, et bientôt, je vous en avertis... Si vous voyiez cet enfant que vous aimez, se saisir d'une arme meurtrière, prêt à se frapper, à se donner la mort, vous vous jetteriez sur lui, pour lui arracher le poignard des mains... Si vous voyiez votre fille unique prendre par mégarde un vase qui contiendrait un poison mortel et l'approcher de ses lèvres pour le boire, vous vous jeteriez sur elle pour lui arracher la coupe fatale et la briser... Eh bien! si vous aimez vos enfants, je le ré-
pète, il faut mettre encore plus d'ardeur cl d'empressement, pour soustraire à leurs regards, pour arracher de leurs mains ces livres funestes qui leur donneraient la mort aussi ; mais une mort bien plus terrible que celle du fer ou du poison. Le fer, le poison ne peuvent perdre que la vie du corps, la vie du temps, tandis que les lectures mauvaises, un livre impie, une seule page obscène peut donner la mort à l'âme, et la mort pour l'éternité !
II. Vendre ou louer, prêter ou donner un livre mauvais, c'est une folie qui devient criminelle, puisqu'elle va jusqu'à l'homicide des âmes. C'est un assassinat spirituel prémédité, et le plus souvent avec les circonstances odieuses d'un vil intérêt ou d'une passion abominable.
11 y en a sans doute, parmi ces malheureux, qui ne savent pas le mal qu'ils font; mais tous les fous en sont là, quand ils font du mal ; et c'est une raison de plus pour les craindre et les enfermer ; on ne peut trop se défier d'eux. On doit surtout comprimer ceux dont je parle ici et les empêcher enfin de nuire, autant qu'on peut, car ils font des ravages affreux, incalculables. Ces hommes sont comme les ennemis des sociétés humaines qu'ils troublent, les ennemis des familles, où ils mettent le désordre, les ennemis directs et personnels de quiconque ouvrira l'un de leurs mauvais romans.
1° El d'abord c'est se montrer ennemi de la société)
l.liS MAUVAISES LECTURES 54fl
de l'État, que de vendre, louer, prêter ou donner un de ces livres funestes, car e'est le moyen le plus puissant pour semer partout le désordre et l'anarchie. Le démon n'a pas d'armes plus perfides, Arma dsemonum mail libri, a dit un saint doetcur de l'Eglise; et un grand philosophe des temps modernes assure que l'apparition d'un livre eoupable, en français surtout, doit être regardée comme une déelaration de guerre laite à l'Europe entière. Et cela est vrai, en droit et en fait ; car l'expérience a donné à cette parole grave et prophétique une bien solennelle sanction. Qui ne voit en effet, qu'en remuant les fondements mêmes de la morale et les principes de la religion, on ébranle tout l'édifice social qui repose sur cette base? Et qui ne sait que l'enseignement du mensonge, et surtout l'excitation des passions au cœur de l'homme porte les esprits à la division, à l'envie, à la haine, et par une conséquence inévitable, à l'anarchie même et à la révolte? Une fois qu'une de ces maximes fatales est tombée au sein des sociétés, c'est comme un principe ou un germe qui s'y développe nécessairement, et qui portera ses fruits un jour. On l'a bien vu, et on le verra encore...
Les grandes révolutions ont éclaté après ce déluge de mauvais livres qui ont corrompu la lin du dernier siècle. On a tant parlé à l'homme de ses droits, qu'on lui a fait oublier tous ses devoirs... Aujourd'hui on ne parle que de l'or; eh bien ! tout le monde en voudra, et ceux qui n'en ont pas, en prendront à ceux qui en oui, et l'on ne traitera de voleurs que ceux-là même
ooO CAUSES DE LA FOLIE.
qui en possédaient. On a osé écrire, on a pu imprimer que Jésus-Christ n'est pas un Dieu. Eh bien! on ne croira plus ce qu'il a dit ; on ne fera plus rien de ce qu'il commande, et l'on retombera dans la barbarie et dans l'esclavage dont il avait affranchi le monde. Et nunc reges, intelligite, erudiminiquijudicatis terrain ! (Ps. n, 10.) Sachez donc et comprenez cela, princes de la terre, juges des peuples, et ne laissez pas miner votre puissance, ni ébranler vos trônes par ces doctrines insensées que propagent partout les livres impies et obscènes ! . . . Vous seriez les premiers victimes de ces désordres ; et fasse le ciel qu'il soit encore temps d'arrêter le mal, et de guérir les sociétés, que celte folie attaque et dévore sous nos veux ! ! !
"2° Efforcez-vous au moins, vous, mon cher lecteur, de prévenir autant que vous le pourrez tous ces malheurs dans votre famille ; car elle est menacée directement. Vous avez des ennemis personnels dans ces hommes cupides ou insensés, qui vendent ou louent, q ni prêtent ou donnent a vos enfants, ou à vos serviteurs, un de ces tristes livres. C'est le moyen le plus sûr pour introduire chez vous toutes sortes de désordres à la fois. Sans parler en effet du temps perdu à ces lectures coupables, qui absorbent les heures du jour et souvent bien des heures dans la nuit, il n'y a rien au monde de plus propre à dégoûter de tout travail sérieux, condition essentielle pour le bonheur d'une famille entière. Les cœurs désaffectionnés par ces vaines illusions, se désunissent, se divisent, se séparent. Un mari néglige ses
affaires et ses intérêts; une femme abandonne le soin de sa maison, et apprend bientôt, par ennui, à devenir infidèle à ses devoirs les plus sacrés. Les enfants ne veulent plus obéir et secouent, impatients, le joug- de toute autorité qui les gêne. Les domestiques apprennent vite dans ces livres à mépriser, à détester leurs maîtres qu'ils regardent comme des ennemis, ou bien ils se perdent comme eux à faire des intrigues... Je ne connais pas de moyen plus terrible pour se venger d'une famille entière; il n'y a qu'a faire entrer dans celte maison un mauvais livre ; autant vaudrait y jeler la peste, ou y mettre le feu.
Tremblez, parents imprudents, veillez avec soin, vous avez autant d'ennemis qu'il y a de mauvais livres dans le monde. Ce serait une folie que d'en laisser entrer cbez vous, une folie que d'en garder un seul, fût-ce dans une bibliothèque fermée ; car soyez sûrs que l'on saura bien trouver un jour ce poison mortel et qu'on le boira; soyez surs que cette étincelle cachée sous la cendre, mettra un jour le feu dans la maison de vos enfants. Voulez-vous donc leur laisser la mort pour héritage? Mais il n'y a que la mort dans ces livres impies ou obscènes. Ah ! plutôt, si vous aimez vos enfants, détournez d'eux un si grand danger, et, sans tarder plus longtemps, jetez tous ces livres dans les flammes. Ce sera un grand acte de prudence, un acte de vraie sagesse... Attende lectioni.
5° Je n'ajouterai plus qu'un seul mot pour éclairer le lecteur imprudent, qui a dans ses mains un de ces livres. Il a acheté, ou bien on vient de lui prêter ce
roman, qui court le monde et dont on parle partout. Prenez garde, celui qui vous l'a vendu ou donné ne vous aime pas; il vous trompe : c'est du poison qu'il vient de vous livrer, pour un vil intérêt ou par une lâche complaisance... Craignez les ravages que la lecture de ce roman a déjà faits dans une foule d'esprits et de cœurs, peut-être plus forts que votre esprit et votre cœur. .. Je vous répète que ceux qui répandent ces brochures impies, sont des ennemis, des assassins. Ceux qui empoisonneraient les sources publiques de la cité, ne feraient pas autant de mal aux habitants, que ces misérables à la société entière. Celui qui mêlerait un poison subtil et mortel à la nourriture préparée pour une famille ne ferait pas plus de mal, que celui qui introduirait un livre mauvais dans une maison. Celui qui, dans un accès de délire, frappe et tue son frère, ne lui ferait pas plus de mal que celui qui lui donne ou lui prêle un mauvais livre. Attende lectioni.
III. Que dire maintenant de ceux qui écrivent, composent et publient un livre de cette sorte, un roman impie, scandaleux; un journal où Dieu est sans cesse outragé, où la foi des chrétiens est attaquée, la religion méprisée; un livre où le vice impur est enseigné, préconisé, exalté?... Ah! ce sont les plus coupables sans doute de tous les hommes, mais aussi les plus insensés. De toutes les folies dont nous avons parlé, c'est la plus affreuse, et évidemment la plus incurable, en ce sens du moins que ces malheureux ont fait et feront toujours
un mal incalculable. No voyez-vous pas que ces pauvres malades, que ces fous s'attaquent à Dieu même? ils voudraient le détrôner, l'anéantir. Oui, leur folie va jusqu'au désir, jusqu'au vœu insensé de la mort de Dieu même; dans leur cœur ils sont vraiment déicides. Ah! misérables que vous êtes, il y a déjà eu beaucoup de fous comme vous au monde, et de plus Tiers que vous, et ils n'ont rien pu contre ce grand Dieu, ni contre la vérité, ni contre la vertu ; et vous ne pourrez rien non plus, allez! J'ai vu, dans un asile d'aliénés, un pauvre homme qui était furieux contre le soleil : le poing crispé, le bras tendu, il criait contre cet astre brillant, et le menaçait avec rage; il montait sur un banc du parc, comme s'il voulait l'atteindre et l'arrêter dans sa course; il lançait en l'air des pierres énormes dans la direction de ses feux... Ci is impuissants! vaine colère! le soleil continuait à éclairer ce fou de sa lumière et le réchauffait de ses plus doux rayons. . . Et je ne pouvais m'empêcher de penser, en souriant de pitié, à tous ces philosophes incrédules, à ces pauvres fous, ennemis de Dieu, qui ont écrit des livres contre lui. N'onlils pas essayé aussi de s'élever, en montant sur leurs paperasses, jusqu'au trône de Dieu, pour le faire tomber? Ils répétaient leurs blasphèmes : Ecrasons l'infâme!... Et le Très-Haut les regardait et les attendait avec patience, puis il les laissait mourir les uns après les autres... Patiens quia xtemus. (Tert.)
Mais il y a dans ce délire impie, dans cette folie horrible, dans cette guerre à Dieu, un caractère tout parti-
-»5i CAUSES DE LA FOLIE.
entier que je dois signaler, un caractère qui m'a fait «lire tout à l'heure que ces malheureux me semblaient incurables, un caractère enfin qui m'empêche en quelque sorte de pouvoir espérer leur guérison et de croire jamais à leur salut. C'est que le scandale de leurs livres ne peut plus avoir de fin; c'est que partout et toujours ils font et feront du mal... Non, je ne comprends pas comment un homme pourrait être heureux dans le ciel, et continuer sur la terre à combattre son Dieu, et à perdre des âmes pour lesquelles ce Dieu à tant souffert, pour lesquelles il a donné tout son sang. Or il est certain que ces livres impies continueront à jamais ce mal des âmes et ce combat contre la vérité. Le feu a été mis par une main imprudente; il a pris partout; déjà il a consumé la maison, il va dévorer la ville entière. Eh bien ! que le malheureux, que le fou qui a jeté l'étincelle, pleure tant qu'il voudra, il ne pourra pourtant pas éteindre la flamme!... Et celui dont je parle, cet impie savait bien ce qu'il faisait, lui ; il est bien plus coupable... Je ne dis pas pourtant, non, je ne dis pas qu'on le condamnera à la mort éternelle, s'il se repent, s'il pleure son crime avant de mourir; mais je répète que je ne comprends pas, que je ne puis comprendre comment cet homme pourrait jamais être heureux dans le ciel, et continuer à faire tant de mal sur la terre! Le scandale de sa folie embrasse tous les temps, tous les lieux; elle est vraiment incurable dans ce sens. Ses outrages contre Dieu, ses blasphèmes contre les mystères, ses sarcasmes contre la religion,
sos mensonges conlre l'Église, ses calomnies contre les ministres de l'autel ne passeront pas; toutes ses paroles demeureront et continueront l'œuvre de persécution contre Dieu et son Christ, et il ne cessera de le crucifier dans bien des cœurs. Comment pourrait-il le louer et le bénir dans la gloire? Ce serait un des mystères les plus profonds des miséricordes éternelles ; et, dans la vue de ce mystère, je crois qu'il faut toujours prier pour ceux qui ont eu le malheur de commettre ces scandales.
Et maintenant, pour terminer ce triste sujet, en indiquant au moins un remède à cette folie criminelle, je dirai d'abord : Ne lisez pas, ne lisez jamais un seul de ces livres mauvais, et, sous aucun prétexte, n'en gardez pas un; brûlez, brûlez-les tous; n'en laissez pas un seul à vos enfants, ce serait un bien triste héritage ; et vous les aimez tant !.. .
Ce n'est pas assez, si vous aimez Dieu, si vous aimez vos frères, vous ferez tout ce qui dépendra de vous pour vous opposer au mal, que fait partout la diffusion des mauvais livres; vous contribuerez par vos soins, par votre fortune même et par de généreux sacrifices à la propagation des bons livres qui portent à Dieu et qui sauvent des âmes. Celui qui donne le Voltaire des chaumières, met le feu dans nos campagnes; celui qui donne Y Évangile et l'Imitation, pourra l'éteindre, et y porter la lumière et la paix... Courage donc, luttons contre le mal et conlre le scandale. Il sera doux à la mort de penser, que l'on aura fait quelque chose pour la gloire de
Dieu, el que l'on contribue à le faire connaître, aimer el servir. — Enfin, nourrissez vous-même votre âme de ces pieuses lectures, qui portent toujours la foi et la consolation de Dieu dans les cœurs simples et fidèles... Attende lectioni. Lisez avec prière et réflexion, et Dieu même parlera à votre cœur.