‹ De la folie en matière de religionChapitre 6 sur 46 · PREMIÈRE SECTION FOLIE DES INCROYANTS · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION FOLIE DES INCROYANTS

PREMIERE CLASSE LESAT HÉES

TH.iit insipiens in corde xuo : non cal ])eus!

L'insensé a dit dans son cœur : il n'y a pas do Dieu! (Ps. Mil, I.)

Nous allons désormais classer nos malades, pour faire une étude plus spéciale des caractères et symptômes particuliers de chaque espèce, et essayer de les guérir. Après avoir parcouru ce vaste asile et considéré l'ensemble de l'édifice, en jetant un simple regard sur la foule qui l'habile, nous avons été aussitôt convaincus d'une chose, c'est que, dans la vérité, il y a un grand nombre d'insensés, une multitude infinie de fous ; mais nous ne pouvons nous contenler de celte vue générale et de ces éludes superficielles ; il faut maintenant entrer dans les principales galeries dont l'asile se compose, parcourir les diverses catégories

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d'aliénés, pénétrer dans les salles et interroger même ces pauvres malades pour lâcher de les ramener à la raison.

Or, de toutes les folies, la plus triste peut-être, c'est l'incrédulité. Les infortunés qui sont tombés dans cet état de démence habituelle, occupent une galerie immense au centre de l'édifice; et dans eelte galerie il y a trois sections ou classes principales. Nous y verrons les athées, les matérialistes et les déistes. On les réunit quelque/ois, parce qu'il y a beaucoup de rappcrls entre eux, mais il sera plus commode et plus utile de les visiter séparément. Nous commencerons par les athées, et, si nous ne pouvons parvenir à en guérir quelques-uns, car ils sont bien malades, nous pourrons toujours faire sur cet état singulier des réflexions sérieuses et très-importantes. Ils ne sont pas nombreux, mais il y en a encore plus qu'on ne croirait pouvoir en loger dans cette division, surtout quand on met avec eux un certain nombre de malades qui paraissent frappés de la môme manie : ainsi tous ceux qu'on appelle des alliées pratiques, et on fait bien de les mettre ensemble; ils s'entendent à merveille: et ces derniers parlent, en effet, et se conduisent à peu près comme les plus fous des athées.

Mais avant d'entrer dans cet examen, faisons encore une remarque importante et qui s'applique à toute celte classe de malades, que nous appellerons les incroyants ou les incrédules : un symptôme général et un caractère particulier les distingue entre les autres.

LES ATHEES. 59

Tous ces pauvres insensés se font aussi lui reconnaître à celte étrange prétention et à cette manie singulière; c'est qu'ils se croient el se disent les seuls sages. Ils ont toujours affecté de prendre des noms qui trahissent leur sotte vanité; ainsi dans un temps ils se sont donné le litre de philosophes; il y en a qui prennent aujourd'hui le nom de libres penseurs, el par là ils nous font connaître le principe même, la cause de leur maladie, qui est l'orgueil, un orgueil incroyable, et c'est aussi ce qui rend leur guérison plus difficile. On le conçoit bien, ils ne se croient pas frappés, cl surtout ils ne veulent pas qu'on le suppose ou qu'on le dise ; ils rejettent donc tous les remèdes et repoussent tous les soins qu'on voudrait leur donner. La vue des médecins préposés au traitement de l'asile les irrite; ils affectent des airs de mépris quand ils les rencontrent, cl ils se moquent de leurs sages conseils.

Le deuxième caractère de cel état de la folie d'incrédulité, c'est que toujours, ou presque toujours ceux qui en sont atteints sont portés au libertinage, à l'érolisme, à l'obscénité. La lumière de leur raison s'est éteinte dans la boue, vous pouvez en être sûr; il n'y a pas une seule exception, la foi même nous l'a révélé; mais l'expérience aurait suffi pour nous l'apprendre. Voici la parole de Dieu : Dixit imipiens in corde suo : non est Dais.... Corrupli sunt et abomina-biles facti mnt, non est qui fanât bonmn... non est usque ad unum.(Ps. lu, 2, 4.) o L'insensé a dit dans son cœur :

Jl n'y a pas de Dieu; Ions sont gâtés, corrompus, abominables 11 n'y en a pas qui fassent Je bien, qui

soient purs il n'y en a pas un. » Fouillez dans

leur eonscienee, vous verrez ; ouvrez leurs livres, quelles ordures ! lisez leurs confessions, car il y en a qui ont fait leur confession publique, et, quoique certainement ils n'aient pas tout dit... quelles abominations ! ... Je puis affimer qu'on n'a jamais vu dans la main d'un incrédule le lis de l'innocence; c'est donc là un des symptômes de cette folie insigne : le libertinage, l'impudicité, c'est ce qu'on appelle l'éliologie de la maladie des alliées.

Et maintenant on s'étonnera peut-être de voir que, dans cette première division des incrédules, je ne parle pas tout de suite de ces grands fous qu'on appelle pantbéisles. Ils sont là en effet, à l'entrée de la cour, et ils parlent tous ensemble et à la fois, ils crient, ils font de grands gestes circulaires... on entend toujours ces mots incobérents qu'ils répètent sans cesse du fini et de l'infini) du grand Tout, du Tout-Dieu, et encore le moi et le non-moi... au milieu de quelques phrases allemandes.... On n'y peut rien comprendre, ils ne s'entendent pas eux-mêmes : ils ne veulent rien écouter de ce qu'on leur dit, ils ne feraient rien de ce qu'on leur recommanderait. Cette classe est généralement regardée comme incurable: passons; et venons de suite à la catégorie des atbées dans laquelle il semble qu'on ferait bien de les forcer de rester, tant il y a d'analogies entre eux. Il ne s'agit dune plus ici que de ceux qui disent

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