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et déraisonnable, il est bien plus insensé, car il snil qu'il tombera un jour entre les mains de ce Dieu lout- |)uissant qui le regarde et qui doit le juger. Je n'oserais dire laquelle de ces deux folies est plus criminelle, mais il me semble que la seconde est plus malheureuse ; cl elle est incomparablement plus fréquente, parmi les hommes surtout. Ils sont entraînés au fond de cet abîme du mépris, d'abord par le torrent des passions de la jeunesse, et puis par les idées matérielles des intérêts de la terre ou des affaires. Ils n'ont plus alors ni le temps ni le cœur de penser, ni de parler à leur Dieu ; ils s'en séparent absolument et s'en passent toute la vie, et il y en a qui meurent dans cet étal ! Mais quel réveil, ô mon Dieu! quand ils vous verront, tous ces malheureux! et qu'ils diront: Utique est Dfus!... nos immmti l ... Oh, insensés que nous étions! Oui, il y a un Dieu... Oui, il y en a un! Et ce Dieu éternel et infiniment juste les condamnera à vivre sans lui pour les siècles des siècles!... C'est la mort seconde, c'est l'enfer de l'enfer, l'horrible supplice du dam, la perte, la séparation d'un Dieu qui était leur fin comme leur principe, et la vie et le bonheur de ses enfants ! et ils seront condamnés à vivre loin de lui, sans lui, pour une éternité !
III. En finissant, je dirai un mol des remèdes qui peuvent guérir ces malheureux insensés, les incrédules cl plus parliculièremenl les alhées. Je n'en connais vraiment qu'un seul qui soit efficace, et encore y a-l-il
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un danger dans l'application.. . car il arrive parfois que les malades en deviennent plus furieux, et fous à lier, comme on dit dans les asiles d'aliénés. — Ce remède est la souffrance, un malheur quelconque, une peine de cœur, ou une maladie. On en a vu qui onl élé guéris en un jour; pour d'autres ce travail ^'est fait plus lentement, mais peu à peu les souvenirs des beaux jours de la foi se réveillaient dans leur âme, et la vie revenait à leur cœur. On a vu des athées convertis par la mort d'une femme vertueuse qui s'était dévouée pour leur salut : Dieu avait accepté ce généreux sacrifice, et avait exaucé leur première prière clans les cieux. — D'autres ont été sauvés par la mort d'un petit enfant, d'un fils unique: cet ange, en entrant au paradis, avait demandé et obtenu la grâce de lumière pour un père coupable et surtout malheureux. — Il y en a qui, frappés par la maladie, et forcément retirés des bruits du monde et du tumulte des affaires, ont entendu la voix de Dieu même, qui leur avait longtemps parlé en vain ; ils l'ont entendue, et ils lui ont répondu ! — -Il y en a qui, dans les souffrances horribles d'une longue maladie, se sont souvenus de ce Dieu et l'ont prié avec larmes.. . Heureux d'expier dans letemps, ils se hâtaient de racheter les années perdues et recouraient à la miséricorde. — Enfin on en a vu qui étaient tombés en un jour, du sein de la richesse et des délices d'une vie opulente, dans les misères et la honte de la pauvreté, et soudain, désillusionnés des vanités de la terre, ils se sont attachés a Dieu et se sont efforcés de travailler
LES A TU Ri: S. (il
pour une vie meilleure, el d'amasser quelques trésors dans le ciel, où l'on n'a rien à craindre des voleurs, ni de l'inconstance de la fortune.
C'est donc un acte de grande charité que de prier pour tous ces malheureux insensés; et la plus belle preuve d'amour qu'on puisse leur donner, c'est de demander à Dieu de ne pas les laisser dans celte triste nuit, dans cette indifférence de l'athéisme ; mais bien plutôt de les visiter et de les frapper dans sa justice miséricordieuse et dans sa colère môme. C'est pour le plus grand nombre le seul moyen de les sauver, et c'est à peine, si dans toute ma vie, de prêtre j'en ai vu un seul ramené à la vérité et à la vertu par les bienfaits de Dieu el les dons incessants de sa miséricordieuse bonté! Comblés des grâces de Dieu, ils le blasphémaient encore en niant son exislence, mais touchés de sa main, ils se taisaient d'abord, et souvent ils finissaient par demander pardon au ciel, et ils adoraient le Très-Haut comme nous. — Priez donc, et Dieu, qui connaît tous les secrets du cœur humain, saura bien comment il «loi l parler à cette àme, et il saura bien l'éclairer, la ramener à la vie, soit par une voie de larmes, soit en l'accablant pour ainsi dire de ses grâces et de ses faveurs.
Pour vous, mon cher lecteur, examinez-vous et voyez où en est votre foi en Dieu, et surtout ce qu'il y a de pratique dans votre foi. — Ce n'est pas assez de dire ce premier mot de notre symbole : Credo in Deum... Il faut l'adorer en esprit et en vérité, travailler pour sa
gloire, vivre pour son amour, aiin d'avoir nu jour le bonheur de le voir, de l'aimer, de le posséder pour l'éternité. Ce n'est pas assez de dire : Mon Dieu, mon Dieu, Seigneur, Seigneur, il faut obéira sa loi sainte pour mériter d'entrer un jour dans sa gloire.