‹ De la folieChapitre 11 sur 73 · I V."'^ GENRE · texte numérisé non relu

I V."'^ GENRE

Stupidité.

Absence accidentelle de la manifestation de la pensée , soit que le malade n'ait pas d'idées, ou qu'il ne puisse les exprimer.

Les aliénés stupides paraissent être dans un état complet d'anéantissement moral, lis sont

s l6 SYMPTOMES

iîidifFérens a tout ce qui les etitoure, insensibles à l'action des objets environnans; leur extérieur annonce une tranquillité parfaite. La sensibilité générale est toujours affaiblie \ les malades ne se sententpas, urinent sans s'en apercevoir. Ce n'est qu'après la guérison qu'on peut savoir d'eux quel était le véritable état mental qui lés affectait j les exemples suivans en donneront une idée. Adèle Fouchet , âgée de trente-six ans, entra a la Salpétrière le i septembre 1817, pour la cinquième fois depuis dix ans , dans l'état suivant : insensibilité générale ; elle ne répond en aucune manière aux questions qu'on lui fait -, elle ne paraît même pas les entendre , et reste dans l'endroit et la position qu'on lui fait prendre. On la couche , on la lève, on lui fait faire tous ses besoins , elle n'y penserait pas sans cela. Un séton lui fut mis à la nuque' sans qu'elle en exprimât la moindre douleur. Cet état cessa subitement au bout de trois mois par un ptyalisme et delà céphalalgie j son intelligence reprit toute son activité ordinaire. Elle rendit alors ainsi compte de sa situation. Elle ne pensait a rien-, quand on lui parlait, elle ne retenait que le premier mot de la phrase, et n'avait pas la force de répondre \ elle n'avait pas senti de douleur quand on lui mit le séton. C'est le seul exemple que j'aie vu, d'une

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Stupidité aussi caractérisée , et revenue a la santé. Une jeune fillede 22 ans , à la suite d'une commotion morale c[u'elle éprouva le 26 août 181g, perdit la tête , et entra k l'hospice avec les symptômes suivans : pâleur générale, air Kébété , nulles réponses aux questions qu'on lui fait, indifférence pour les personnes et objets environnans , déjections involontaires ; depuis un peu de temps elle va m.ieux, commence a travailler et peut rendre compte de l'état antérieur de son esprit ; elle dit qu'elle entendait bien les questions qu'on lui adressait, mais que ses idées venaient en si grand nombre et si confusément qu'il lui était impossible d'en rendre aucune. D'autres malades disent qu'elles ne pouvaient rien exprimer parce qu'elles a^vaient une telle défaillance d'esprit , qu'il leur était impossible d'assembler deux idées, malgré tous les efforts tentés pour cela.

Tels sont les phénomènes intellectuels que j'ai cru devoir rassembler en un genre de délire, en les séparant et de l'idiotie et de la démence ; c'est aux observateurs à juger s'il était convenable de distinguer ce mode d'altération de ces deux-là j s'il leur ressemble en apparence , combien sa nature en diffère , puisqu'il n'y a jamais eu d'intelligence dans l'idio" tie , et qu'il n'y en aura plus dans la démence»

1 l'S SYMPTOMES

Je ne parle point des symptômes qui accompagnent chacun de ces trois genres de délire ; ils sont à-peu-près les mêmes pour tous , ils sont les symptômes de la folie et non ceu?: du délire , qui n'est qu'un symptôme lui-même j ce serait ainsi les répéter trois fois au lieu d'une. Ceci nous prouve encore que les divisions de cette maladie qui ne reposent que sur les désordres de l'intelligence sont loin d'être fondamentales ', c'est sur l'état organique qu'elles doivent être Pjasées.

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