‹ De la folieChapitre 14 sur 73 · Céphalalgies é · texte numérisé non relu

Céphalalgies é

Les céphalalgies sont très-fréquentes dans îa folie , sur-tout chez les femmes ; les hommes s'en plaignent beaucoup moins fréquemment. C'est ce qui arrive également dans les autres circonstances de la vie ; les migraines, les maux <ie tète , affectent continuellement ou périodiquement un grand nombre des premières , et sont très-rares au contraire chez les derniers , la dbfférence est peut-être de lo a i. Des céphalalgies intenses et internes ont souvent existé long-temps, des mois ou des années, avant que le délire ne soit survenu ou n'ait été provoqué par des secousses morales. Elles accompagnent presque toujours avec l'insomnie, la période d'incubation , deviennent très-fortes aux momens du début et pendant l'invasion. Dans îa période d'excitation au contraire , les malades ne s'en plaignentplus, quoique leur tête chaude et brûlante , l'activité de la circulation cérébrale, indiquent assez que la cause qui les avait fait naître n'a pas diminué d'intensité j c'est le cerveau lui-même qui devient alors incapable de percevoir ses propres souffrances. Mais aussitôt que l'état d'irritation diminue, que cet organe commence à reprendre l'exercice de ses

fonctions , les douleurs de tête se font sentir de nouveau 5 il arrive même quelquefois qu'elles n'avaient point incommodé auparavant. Elles cessent ou s'affaiblissent k mesure que la convalescence fait des progrès , et peuvent néantnoins persister même après la disparition de tous les autres symptômes , ce qui n'est pas en général d'un bon augure.

La douleur de tête varie par le lieu qu'elle occupe , la sensation que le malade en éprouve^ sa dure'e , etc. Tantôt elle est tout-à-fait extérieure, et semble tenir a l'état de tension, de chaleur , d'injection des parties épicrâniennes ; elle est alors ressentie ver« le front, le vertex, etc., mais rarement à la région sus-orbitaire comme dans certaines affections gastriques ; le malade se plaint d'un sentiment de tension , ou de resserrement ou autre. D'autrefois elle est intérieure , profonde , cérébrale , et consistée» des battemens, des pulsations , un sentiment de <'.Iialeur ou de plénitude, augmentés par les mouvemens brusques de la tête. Ces céphalalgies internes se présentent quelquefois d'un seul côté ', ce n'est pas non plus d'un bon augure, la paralysie est alors à ci'aindre. Les TQiaux de tête peuvent être continus ou ne revenir qu'a certaines époques, comme au retour des règles, ou au temps qu'elles devraient pa-

raître. Ils sont plus fréquensla nuit que le jour, le soir que le matin.

Ce symptôme disparaît, comme l'insomnie, avec le passage de la folie à la démence.

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