Lésions de la Contractilité musculaire
Les muscles sont susceptibles de deux ordres de maladies : les unes, propres à leur vie nutritive, à leur constitution physique^ peuvent être appelées musculaires j ce sont les plaies , les distensions ou déchirures, les inflammations , etc ', les autres, relatives à l'exercice de la contractilité volontaire, dépendent primitivement d'une lésion des nerfs qui président à cette fonction , sont essentiellement nerveuses ; ce n'est qu'accessoirement et comme agens des nerfs ^ que les muscles sont affectés j telles sont les affections convulsive^ , tétaniques, la paralysie, etc Les premières ne surviennent qu'accidentellement chez les aliénés, et comme chez les autres individus ; les secondes les atteignent plus particulièrement.
Quelquefois la folie déloute par plusieurs attaques convulsives ', néanmoins les convulsions sont en général très-rares dans tout le cours de la maladie. Beaucoup d'idiots sont épileptiques ; les autres aliénés ne présentent rien de particulier sous ce rapport.
On a dit que la plupart des femmes insensées étaient hystériques : les auteurs qui ont avancé cette opinion , ont confondu l'hystérie avec la nymphomanie ou fureur utérine. La première est une affection convulsive , dont les principaux phénomènes se passent dans la région épigastrique , la poitrine et la partie antérieure du col j ce n'est qu'au troisième degré qu'elle devient plus générale jles malades ne sont pas plus portées aux plaisirs de l'amour que dans les autres états de la vie, leur esprit est sain. La seconde consiste , au contraire , dans une exaltation des désirs vénériens, avec une irritation particulière des organes génitaux j la raison est ici rarement intacte ; la passion dominante dirige toutes les actions , la décence a disparu , etc j mais il n'y a jamais de mouvemens convulsifs biea marqués. L'Kystérie , telle qu'on doit l'entendre, est très-rare chez les aliénées •, la nymphomanie est beaucoup plus commune (i).
(i) Puisque je retrouve l'oocasion de parler encore de
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Pendant les premiers jours de la période d'excitation , quelques aliénés sont pris de roideur tétanique, rarement généralement, plus
la nature de l'hystérie , je dois dire ce que je pense sur l'un de ses phénomènes qu'on a appelé boule hystérique , et qui consiste dans la sensation d'un globe qui semble partir de l'abdomen , et remonter dans le thorax însqu'au col, en produisant de l'étouffement, un sentiment de strangulation. Plus j'observe ces malades , et plus je suis convaincu que chez eux la tête est le point primitivement et essentiellement affecté. Le caractère principal et extérieur de l'hyslérie , est une affection spasmodique, convulsive, partielle ou générale du système musculaire , le plus souvent bornée , sur-tout dans le principe, aux muscles de la partie antérieure du col , des parois du thorax , et au diaphragme. Tous les autres phénomènes qui surviennent pendant les accès , sont , pour ainsi dire , le résultat d'une action mécanique exercée par ces organes sur les différentes parties qui les avoisinent; ainsi , lorsque les muscles de la paitie antérieure du col sont seuls convulsés , il n'existe qu'un sentiment de strangulation ; le passage de l'air est intercepté par la compression du canal aérien : quand les muscles du thorax sont dans cet état , les côtes , tenues fixes , ne se prêtant plus aux mouvemens de cette cavité , les poumons ne peuvent se dilater pour recevoir le fluide aérien ; enfin , si le diaphragme est pris de convulsions , les malades ressentent la boule hystérique. Les auteurs qui avaient placé le siège de la maladie dans l'utéius , ont voulu la faire partir de c«t organe ; mais l'observation
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souvent daiis les élévateurs de la mâclioire ) on parvient difficilement alors k leur faire ouyrir la bouche , et si cet état persistait trop long-temps , on serait forcé de recourir a l'introduction d'une sonde par les narines , pour introduire des alimens dans l'estomac j il cesse Qrdinairement dans l'espace de quelques jours.
Nous avons vu combien l'énergie musculaire est augmentée dans la fureur.
La lésion de la contractUité musculaire la plus fréquente , c'est l'affaiblissement ^ la perte générale ou partielle du mouvement volontaire. La paralysie se montre quelquefois dès le début de la folie j cela arrive plus particulièrement
démontre que c'est dans la région épigastrique qu'elle se fait sentir ; elle remonte plus ou moins selon que ce» muscle se contracte plus ou moins violemment ; dan» les accès légers, ce ne sont que de simples ondulations. Les malades chez qui la boule est très-forte , sont prises , après l'accès , de maux d'estomac quelquefois très-intenses. Lorsque ces trois sortes de mnscles sont convulsés , contractés en même temps, il survient des^ suffocations effrayantes , qui peuvent durer de manière à mettre les jours en danger ; chez une jeune fille, l'attaque persiste une demi- heure, pendant laquelle elle peut à peine, toutes les deux ou trois minutes, introduire un peu d'air daus les poumons; la face est injectée et violette , les yeux semblent sortir de la tête , les veine» jugulaires sont grosses comme les doigts , etc.
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aux femmes de quarante ou quarante-cinq ans. C'est un symptôme fàclieux qui en annonce l'incurabilité. Le plus ordinairement, c'est dans la démence, lorsque la maladie fait des progrès en mal, que les muscles se paralysent. La moitié des idiots et des aliénés en démence sont paralytiques. (Nous reviendrons sur la description de ce symptôme.)
Généralement parlant , on peut dire que le système musculaire exerce bien ses fonctions chez les aliénés : presque tous peuvent se promener, courir, parler, travailler, etc. Très-peu sont forcés de garder le lit , a moins qu'ils ne soient atteints d'une maladie plus ou moins grave.
6.° Lésions des ençeloppes eoctérieures du Cerp'eau ; Expression de la physionomie.
Les phénomènes qui paraissent dans ces parties tiennent si immédiatement a l'état du cerveau , que je crois devoir les ranger avec les symptômes cérébraux ; je ne ferai que les inditjuer, parce que j'aurai souvent occasion de les rappeler en décrivant les périodes de la maladie et les indications curatives. Les vices de nutrition et de conformation du crâne seront exposés au chapitre des ouvertures cadavériques.
Ordinairement l'irritation cérébrale qui caractérise l'invasion et la période d'excitation , fait de la tête un centre de fluxion active trèsremarquable.
Les artères carotides battent avec force ; leurs pulsations sont dures , fortes , vibrantes , beaucoup plus que celles des autres artères : il n'y a pas de comparaison. Elles ne sont pas plus fréquentes , et ne peuvent l'être , puisque le cœur pousse le sang en même temps par-tout. Les branches qui naissent des carotides , présentent le même phénomène. Toutes les fois qu'on rencontre cette disposition de la circu lation cérébrale , à quelqu'époque de la maladie que ce soit , on peut être assuré qu'il y a céphalalgie et insomnie. Je me suis rarement trompé, en avançant le fait avant de m'en être assuré.
Les veines, et notamment les jugulaires, sont gonflées , sur-tout quand les malades se mettent en colère ou en fureur.
Les capillaires de la face , des yeux , de la peau du crâne , sont plus ou moins injectés et rendent la peau et la conjonctive rouges, brunes ou violacées, selon la coloration habituelle des individus. Le front, la face , quelquefois toute la tête offrent une chaleur plus forte que par-tout ailleurs ;,les malades s'en plaignent, ou au moins
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il est très-facile de s'en assurer par le touclier. Les yeux sont ordinairement alors brillans ^ Tifs , animés , quelquefois convulsifs.
Enfin tout annonce dans l'état de ces parties , qu'il existe près d'elles un foyer d'irritation.
Il est difficile de décrire la physionomie des aliénés *, il faut l'observer pour en conserver l'image. Les personnes sont méconnaissables alors -, les traits de la face ont changé de direction, leur ensemble est tout déformé. Les physionomies sont presqu'aussi différentes que les individus ; elles varient suivant les passions , les idées diverses qui les occupent ou les agitent, le caractèi^e du délire , l'époque de la maladie , etc. En général, la figure des idiots est niaise et insignifiante ; celle des maniaques , aussi agitée que leur esprit , est quelquefois crispée, convulsée ; chez les stupides, les traits sont abattus et n'ont aucune expression ; \e faciès des mélancoliques, contracté, porte l'empreinte de la douleur ou d'une préoccupation extrême 3 le monomaniaque roi , a l'air fier et haut j le dévot, humble, prie en fixant le ciel ou la terre ; Iç craintif fuit en regardant de côté , etc. Je m'en tiens a ce simple énoncé, la vue seule pouvanj: donner une idée du reste*
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§. IL Symptômes GENERAUX OU SYMPATHIQUES.
Nous regarderons comme symptômes sympathiques de la folie , les troubles qui se manifestent en même temps, ou peu après le développement de cette maladie. Nous éviterons ainsi de comprendre parmi eux , des lésions plus graves qui naissent évidem.ment de l'action d'iniîuences extérieures sur les malades , et dont nous parlerons plus tard.
Lés désordres qui surviennent dans l'économie , voisins du développement de la folie , et qui ne tiennent pas directement à l'altération des fonctions cérébrales , se réduisent a si peu de chose dans beaucoup de cas , ou paraissent si naturellement dépendre de l'affection primitive , que les auteurs qui ont écrit, même après une longue expérience sur cette maladie, ont à peine employé quelques lignes pour les indiquer sommairement ; le Traité de la Manie n'en dit rien d'une manière spéciale, et ils occupent moins d'une page dans l'article Folicy de M. Esquirol , (Dictionnaire des Sciences Médicales.) Tout, dans ces ouvrages, est consacré k la description des troubles nerveux. La vie intérieure ne participe presque pas aux souffrances de la vie extérieure 3 les malades n'éprouvent que de légers dérangeniens dans la première, dont ils
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se plaignent peu , et qui se dissipent promptenieiit , à-peu-près d'eux-mêmes ; en général ^ les aliénés ne sont jamais forcés de garder le lit. Parcourons, au reste, les principales fonctions. Le canal alinientair& est tellement en relation avec tous les organes, qu'il est peu d'affections subites , même légères , qui ne le dérangent dans l'exercice de ses fonctions. Il était même nécessaire que cela fut ainsi j par la le malade est averti qu'il doit laisser sa vie intérieure en repos, et ne point troubler le travail morbifique qui existe ailleurs. La plupart des aliénés, dans les premiers momens de leur agitation , éprouvent les incommodités djgestives suivantes : de la soif, delà perted'ap^ petit, du dégoût pour les alimens , ou au contraire un appétit voracej la langue est blanche ou légèrement jaunâtre, mais jamais très-rouge, brune, ou noire et fuligineuse , comme cela arrive dans les inflammations gastro- intestinales très-vives j quelquefois il existe de légères douleurs d'estomac ou des intestins , et quî toutefois sont rarement assez intenses pour que les malades s'en plaignent beaucoup ; la constipation est assez fréquente , même pendant tout le cours de la maladie -, la diarrliée est beaucoup plus rare. Ces légers désordres durent plus ou moins, depuis quelques joura
jusqu'à une semaine oudeux , et s'en vont d'euxinëraes ) passe ce temps, l'appétit revient souvent plus fort qu'avant, la langue est belle, les épigastralgies ont disparu, etc. La constipation est plus opiniâtre ; beaucoup de malades aussi, qui se dessèclient la bouclie a force de crier , et sont très-agités , prennent en abondance des boissons rafraîchissantes , de l'eau.
Toutes les affections aiguës, et même chroniques, apportent des cliangemens notables dans l'action du cœur. J'ai déjà parlé de la circulation cérébrale des aliénés : le pouls est de même fréquent , mais moins fort , moins dur que les battemens des artères cérébi^ales. Je crois qu'on peut dire que les aliénés offrent dans le commen- . cément de leur maladie , le mouvement général *qu'on appelle y^ècrcj ils en présentent la plupart des caractères, tels que fréquence et force du pouls, soif, perte d'appétit, douleur de tète , rougeur de la face. 11 manque seulement un état de faiblesse musculaire j qui oblige ordinairement le fiévreux à garder le lit j mais la fièvre est plus ou moins intense, selon la gravité de la lésion organique qui la produit ; ainsi elle est à peine sensible lors de l'éruption du vaccin , tandis qu'elle est très-forte dans une inflammation aiguë. Quelques insensés éprouvent des palpitations très-fréquentes 3 la
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moindre émotion moraie ies renouvelle. La fréquence, la force du pouls, persistent plus long-temps que les troubles du canal alimentaire ; tant que l'irritation cérébrale est active , l'action du cœur ne diminue point. Plus tard , je parlerai de la pléthore générale , comme formant une indication particulière de traitement.
La respiration ne présente point de phénomènes remarquables ; si la folie se développe chez des phthisiques , certainement cette fonction sera troublée j mais nous ne confondrons point une complication avec les effets de la maladie mentale. Des malades se plaignent quelquefois d'étouffemens passagers j on doit , je pense , les attribuer à des troubles de la circulation , ou les regarder comme des désordres hystériques.
La nutrition perd plus ou moins de son énergie j dès Pinstant que la digestion ne fournit plus autant de sucs réparateurs , ou que même l'organisme en dépense plus qu'à l'ordinaire , et qu'il existe un mouvement fébrile, l'embonpoint, la graisse, espèce de réserve pour ces sortes de situations de l'être vivant , doivent diminuer-, c'est ce qui arrive en effet. Les traits s'affaissent , la figure s'alonge , la peau est moins épaisse, etc. L'amaigrissement est cependant
quelquefois peu sensible : ceci a lieu loi^sque le délire est accompagné de peu d'excitation. A mesure que les forces digestives reprennent leur énergie , que ^irritation cérébrale s'amende ou cesse , les vésicules graisseuses reprennent bientôt leur ancien état , et les organes leurs formes , leur consistance.
La peau est assez souvent sèche , quelquefois âpre au toucher; les aliénés suent difficilement. Elle est souvent chaude, brûlante. Sa couleur s'altère quelquefois d'une manière remarquable •, elle devient brune , cuivreuse , sans qu'on puisse attribuer ce changement à l'action du soleil, puisqu'il a également lieu l'hiver comme l'été. La couleur naturelle revient peu-k-peu avec le retour à la santé.
U utérus est destiné a recevoir, conserver et mettre au monde le résultat de la conception , et à produire mensuellement un écoulement sanguin. La première de ces fonctions n'est point troublée dans la folie-, les aliénées n'avortent pas plus que les autres femmes, et mettent aussi facilement au monde un fœtus ù terme. 11 n'en est pas de même de la seconde : la suppression des règles est un effet , un symptôme à-peu-près constant de la maladie mentale; si elles ne sont pas supprimées , au moins viennent-elles moins abondamment et très-irrégulièrement.
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Voila les désordres sympathiques de la folie, chez la presque totalité des malades , ils peuvent même être encore plus légers. Quelquefois l'appétit n'a point cessé, la langue n'a point changé de couleur, la peau conserve sa fraîcheur, l'embonpoint est le même , et on ne se douterait pas que la santé est dérangée , si l'on ne tournait ses regards du côté des fonctions cérébrales. D'autres fois aussi , si l'économie d'un individu déjà délicat , a long-temps ou fortement souffert d'affections morales, causes du délire , si le délire porte le malade à une tristesse profonde et continue , au refus obstiné des alimens , les fonctions pourront être plus gravement troublées -, c'est alors qu'il survient une faiblesse , une maigreur extrêmes , quelquefois du dévoiement , une entérite aiguë , des apparences de phthisie ou une phthisie réelle s'il y avait disposition à cette maladie; mais ce sont là des exceptions très-rares.
Si nous voulons maintenant comparer les deux ordres de symptômes de la folie , je ne pense pas qu'il reste beaucoup de doutes sur leur importance relative. Nous verrons d'un côté , quelques dérangemens circulatoires ou digestifs, qui ne sont même pas constans, dont les malades souffrent a peine ^ ou au moins pen-
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dant peu de temps 3 de l'autre, des troubles constans , très-apparens , durables ;, qui constituent la maladie elle-même , et dont par conséquent , la terminaison est la fin de cette maladie. Et si nous devions prononcer sans autres éclaircis^emens , sur la question de savoir quels sont ceux qui ont dû exister primitivement et provoquer le développement des autres, aurions-nous long-temps a hésiter? Ne pourrionsnous pas , sans trop de crainte de nous tromper, les regarder les uns et les autres, comme provenant d'une source commune , une lésion cérébrale ? Mais l'étude de l'action des causes , de la marcbe de ces divers phénomènes, ne laissera plus aucun doute sur ce point de pathologie. L'exposition des faits vaut mieux que tous les raisonnemens possibles.
Maintenant, comment se fait-il qu'une affection aussi importante de l'organe intellectuel trouble si peu les autres fonctions? Cette disposition est commune à toutes les maladies qui ont leur siège exclusif dans la vie de relation. Ainsi le sourd ^ l'aveugle par suite d'une amaurosis , n'ont perdu que les facultés d'entendre et de voir -, les épileptiques n'ont que très-peu ou point d'incommodités entre leurs accès , les hystériques sont a-peu-près de mémej la plupart des paralytiques boivent et mangent bien jusqu'à la fin
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de leur existence; les névralgies n'existent guère au-delà du cordon nerveux qui en est le siège; le tétanos tue presque mécaniquement, en gênant la circulation du sang par la compression exercée par les muscles roides et tendus sur les vaisseaux, et en empêchant le thorax de se dilater, et le canal oesophagien de communiquer avec l'estomac. Ainsi , la folie ne diffère en rien sous ce rapport , de ces affections; cette ressemblance au contraire, prouve bien que cette maladie a aussi son siège primitif dans le système nerveux.
Il était essentiel que l'homme fût ainsi organisé. En effet, les fonctions qui le mettent en rapport avec les corps extérieurs, et notamment l'intelligence , sont susceptibles d'un exercice si continu et si varié , que la machine eût été à chaque instant ébranlée , si elles eussent exercé trop d'empire sur les rouages. Comment eût-il pu sans cela, penser et réfléchir tout le temps de la veille, éprouver des émotions vives de l'âme , des contrariétés sans nombre , fatiguer son cerveau par des travaux soutenus? Cette loi de l'organisme en santé doit être toujours la même dans les divers états de la vie ; les mêmes causes produisent les mêmes effets.
On pourrait peut-être dire que le cerveau affecté d'une inflammation , ou comprimé seu-î
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lemeiîl par quelques gouttes de sang , produit cependant des désordres très-graves dans toute l'économie ; ceci est vrai : mais le cerveau n'est pas seulement destiné à présider aux fonctions de relation , il exerce encore une influence immense sur toutes les autres. Voila pourquoi , s'il est lésé physiquement ou généralement , il n'y a pas seulement des troubles intellectuels. En outre , toutes les fois que l'organisation des parties est fortement altérée, la maladie cesse d'être locale •, tout se tient , s'enchaîne dans les êtres vivansj les organes compatissent mutuellement à leurs souffrances.