Période d'excitation
• Le maniaque et le tnonomaniaque exaltés , dans une agitation extrême et toute extérieure , la face rouge , les yeux enflammés , le regard étincelant, les temporales batta d avec force , parlent, crient, chantent, se fâclient, entrent en fureur nuit et jour, et sans vouloir prendre de repos. Le monomaniaque mélancolique , aussi dans une agitation extrême, mais toute intérieure, va chercher dans l'ombre, un refuge à ses terreurs paniques, à ses idées sombres et désespérantes , des moyens de mettre à exécution ses funestes projets. Les aliénés stupides, incapables de rien , restent insensibles à tout ce qui les entoure , ne s'occupent même pas de satisfaire à leurs besoins les plus pressans. A cette époque de la folie, l'insomnie est con* stahte 5 les malades éprouvent souvent une tension , un sentiment de chaleur dans la tête , sans s'en plaindre \ l'action nerveuse qui produit la faculté de sentir, d'apprécier certaines qualités des corps extérieurs , la douleur qui accompagne l'altération des organes , est en général affaiblie, ou dû moins elle paraît toute concentrée dans le cerveau ; voifa pourquoi les aliénés se plaignent rarement des maux qui
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peuvent les affecter , endurent l'action des excitans les plus forts , comme le froid , l'application de vésicatoires ou de boutons de feu , sans paraître beaucoup s'en occuper.
Les phénomènes sympathiques, qui surviennent dans cette période , sont les mêmes que ceux que nous a présentés l'incubation , seule-ment augmentés d'intensité. L'extérieur des malades annonce toujours une altération profonde des fonctions nerveuses \ les traits de la face sont altérésj très-mobiles chez le maniaque et le monomaniaque ; fixes , chez le mélancolique , mais avec l'expression de la souffrance ; ils sont immobiles , inexpressifs dans la stupidité. L'embonpoint est ordinairement diminué j quelquefois cependant on ne s'en aperçoit pas, d'autres fois aussi il existe une maigreur extrême, La peau est sèche , quelquefois brûlante ; elle a ordinairement perdu de sa fraîcheur 3 elle est souvent brune chez les mélancoliques. Il y a presque toujours perte d'appétit , soif, et assez souvent constipation , dégoût pour les alimens , ou même des envies de vomir, des vomissemens. La langue est chargée d'un enduit blanc ou jaunâtre. Le pouls est en général fort, accéléré, quelquefois dur et plein. Il n'est pas rare de rencontrer des palpitations de cœur. On remarque chez quelques mélancoliques; ces symptômes qui en imposent au
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point de simuler la piitliisie. Si les règles , les lochies y la sécrétion du lait , etc. , n'ont point été supprimées précédemment , constamment ces écouleraens cessent pendant la période d'excitation.
La durée de cet état d'excitation est très- variable. La folie peut être assez peu intense pour qu'à peine il se manifeste. Le délire , quelques symptômes nerveux la constituent alors entièrem,ent. ïl peut durer quelques jours seulement, plusieurs semaineset rarement plusieurs mois. Les symptômes sympathiques ne se présentent guère en grand nombre. Assez ordinairement le délire, même violent, ne s'accompagne que de €[uekjues'uns d'entr'eux-, les plus fréquens sont ceux qui résultent d'une irritation gastrique.
Répéter ici ce que nous venons de dire de la nature et de la source première àe ces divers symptômes, me semble inutile et fastidieux. Le cerveau est malade , ses fonctions sont fortement troublées \ rien de plus naturel , d'après les lois qui régissent l'économie , que tous les autres organes s'en ressentent plus ou moins , selon leurs rapports avec lui. Les symptômes essentiels de la maladie étant dans toute leur intensité , doivent nécessairement faire accroître les phénomènes sympathiques.
ICJ^ DÉVELOPPEMENT , MARCHE , etc. 5.° Décroissernent.
Après un certain temps de séjour dans l'hospice , quelquefois plusieurs jours , plus ordinairement après plusieurs semaines , il sur- Tient de la rémission dans l'intensité des symptômes j les malades, séparées de tout ce qui a pu les contrarier , mises à un régime convenable, se calment un peu. Le canal alimentaire reprend l'exercice de ses fonctions comme par le passé. La constipation persiste quelquefois fort long-temps chez quelques mélancoliques. Tous les autres phénomènes sympathiques disparaissent aussi. Les règles seulement peuvent être plusieurs mois à se rétablir ; souvent même ce n*est qu'à l'époque de la convalescence qu'elles reparaissent. L'embonpoint ne tarde pas à revenir , à moins que la nature du délire ne détériore l'économie, comme par exemple, chez les malades qui ne veulent pas manger , ou dont les idées tristes tendent continuellement a affaiblir les ressorts des organes. Enfin après un espace de temps , souvent fort court, la folie ne consiste plus que dans des troubles des facultés intellectuelles , avec insomnie , de la céphalalgie , de l'excitation cérébrale *, toutes les autres fonctions s'exécutent régulièrement comme antérieurement. L'extérieur
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des aliénés annonce que la nutrition se fait parfaitement bien. Les organes , d'abord irrités par la maladie cérébrale, finissent par s'habituer à cette influence nouvelle , et bientôt se comportent comme si elle n'existait pas j à peu près comme il arrive après une opération chirurgicale majeure-, pendant les premiers jours , il y a fièvre générale et ensuite le travail morbifique se borne à l'endroit malade.
Cette période de décroissement, pendant laquelle les désordres intellectuels peuvent n'a- Toir que très-peu diminué d'intensité, varie extrêmement pour la durée. Elle s'étend depuis la fin de l*état d'excitation , jusqu'à la terminaison , laps de temps qu'il est très-difficile de déterminer. En effet , la guérison peut avoir lieu au bout de peu de jours , ou après deux années ou même plus d'existence de la folie j et toutes les fois qu'elle n'est pas reconnue pour être incurable dans le principe , ou dans son cours, par quelque signe propre a cela, on peut encore espérer qu'elle guérira , quelquefois même après trois ans, comme on va le voir bientôt.
§. II. Terminaisons.
La folie se termine de deux manières : par la guérison, et par un état chronique incu-
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rabie. Examinons l'un après l'autre ces deux modes de terminaison.