Quérison , convalescence
Le retour a la santé, comme l'invasion, peut avoir lieu subitement, soit sans cause extérieure et par un mouvement spontané de l'organisation , ou bien par quelques comm.otions morales, comme de vives remontrances, la vue d'objets jadis affectionnés, une punition, etc. Ces cas sont rares -, l'organisme , si facile a déranger, ne revient ordinairement que lentement vers le rétablissement. Cette plaie avec perte de substance , faite en un instant, met des semaines ou des mois a se cicatriser. J'ai cependant cité l'exemple d'une aliénée stupide , qui reprenait l'usage de son intelligence subitement : une jeune personne affectée du même genre de folie , se jette par une fenêtre , et , aussitôt l'effet de la commotion cérébrale passé , elle revient à la raison j peu de temps après , il est vrai, elle devint maniaque. Entr'autres exemples de ce genre, rapportés par M. Esquirol, je citerai les suivans: Une jeune demoiselle est plongée dans la mélancolie la plus profondcj par un amour contrarié \ elle refuse toute nourriture, tombe dans le marasme. Après quelques mois, son amant se présente à elle
avec l'assurance d'un mariage certain ; elle est guérie. Je pense néanmoins que cette jeune personne était plutôt affectée de chagrins profonds (jue d'un délire véritable j un mariage peut bien prévenir la folie, mais je ne crois pas qu'il la guérirait, une fois déclarée^ car alors le malade ayant perdu la raison, ne peut plus apprécier ce qu'on lui dit, ni les actions qu'il commet. Un aliéné refuse toute sorte de nourriture, l'honneur lui défend de manger ; après plusieurs jours vainement employés a le persuader qu'il est dans l'erreur, on lui apporte une patente simulée de son souverain , qui lui ordonne de manger , et qui le met a l'abri de toute atteinte contre l'honneur, s'il obéit : il prend l'ordonnance, la lit plusieurs fois. Après UQ combat moral de plusieurs heures, il cède , mange, et est rendu à la vie. Ces guérisons arrivées ainsi subitement , sont en général moins solides , plus sujettes aux rechutes, que lorsqu'il s'établit une période de déclin ou de convalescence. C'est le plus souvent de cette manière que se fait le retour a la santé.
La convalescence est annoncée et caractérisée par des signes , tirés de l'état moral et de l'état physique. Les malades qui étaient tout-à-fait étrangers aux objets et aux personnes qui les entouraient , s'en rapprochent 3 leur attention
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commence à revenir , en sorte qu'on peut discuter avec eux , les motifs erronnés sur lesquels ils appuient leurs raisonnemens. La sensibilité morale revient -, l'aliéné qui ne s'occupait plus de ses parens ou amis , de son sort présent, s'attendrit ou pleure quand on l'en occupe. Rien n'est d'un meilleur augure que ce retour aux affections naturelles, a l'amour de ses proches , de ses enfans ou de ses amis. La femme s'inquiète de l'état de son ménage et veut y retourner. Le travail, abandonné pendant tout le cours de la maladie , est repris d'abord avec indifférence, et bientôt avec autant d'ardeur comme par le passé. Le délire a de beaucoup diminué, mais il reste ordinairement pendant quelque temps , ou des idées fugaces et déraisonnables , ou une faiblesse d'esprit qui ne permet pas encore de porter des jugemens solides j l'aliéné est quelquefois incertain sur son état, il hésite-, ses résolutions paraissent lui être dictées plutôt par ce qui l'entoure , que pas son propre raisonnement. Enfin , les malades qui n'ont point oublié les moindres détails de leur état mental, s'en rappellent quelquefois quelques-uns avec peine ', néanmoins, eu général , ils supposent qu'on ne pense pas qu'ils les aient retenus , et que dès-lors ils peuvent nier ces souvenirs , aux personnes qui auraient l'imprudence de vouloir les en entretenir.
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A ces cliangemens favorables survenus dans l'exercice des fonctions intellectuelles , s'en joignent d'autres qui viennent en confirmer l'heureuse issue -, le sommeil revient. Toutes les fois que l'insomnie continue, ou que le sommeil est agité par des rêves , ou des réveils en sursaut provoqués par des frayeurs, des fantômes, la convalescence n'est pas solide, on doit craindre une rechute. Il arrive souvent que les malades, pour s'en aller plus vite chez eux , font tout ce qu'ils peuvent pour tromper sur leur situation morale j mais on se méprendra difficilement , en s'informant de cette circonstance de leur existence. La sensibilité physique, émoussée partout ailleurs que dans le cerveau , se rétablit : c'est souvent alors seulement , que les aliénés se plaignent du mal de tête. Ils ressentent ordinairement une lassitude générale , des douleurs dans les membres , le thorax ou l'abdomen , résultant des mouvemens auxquels ils se sont livrés pendant l'agitation. J'ai vu la céphalalgie continuer pendant cette période , et même après la guérison , mais moins vive, moins continue.
Toutes les autres fonctions qui ne se sont pas rétablies dans les périodes précédentes , reprennent leurs cours réguliers pendant la convalescence. Les règîles , si déjà elles n'ont paru , ne tardent pas a revenir, soit parles seuls efforts
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de la nature , ou a l'aide de quekfues moyens , en général, peu actifs. La constipation^ quelquefois assez tenace , cède de même a un régime convenable.
L'extérieur du corps présente des change^ mens extrêmement remarquables. Les mouvemens, naguères désordonnés ^ ne sont plus exé^ eûtes que sur des motifs raisonnes. La peau , dont la couleur , la consistance , le poli étaient altérés , reprend son état naturel ; cependant elle reste ordinairement pâle pendant plusieurs jours. Mais c'est sur-tout la figure, ce miroir fidèle d'une âme pure de toute dissimulation , qui change d'une manière étonnante. Souvent je n'ai pas reconnu , après quelque temps de convalescence, des aliénées que je voyais tous les jours depuis plusieurs mois. Les traits convulsifs du maniaque , les traits crispés du mélancolique, sont remplacés par une physionomie calme , quoiqu'expressivc. Voyez cette jeune fille , qui , dans son délire impudique tient les propos les plus obscènes, exprime par ses* gestes , son attitude , les désirs les plus ardens et le besoin de les satisfaire ; à peine le bon sens commence-t-ii a renaître, que son maintien devient celui de la décence , sa figure, l'image de la pudeur. Il ne faudrait cependant pas tou-jours se lier sur la tranquillité exprimée par le
faciès j on s'y tromperait j on voit assez souvent des malades^ sur-tout des monomaniaques, offrir toutes les apparences extérieures d'une intelligence saine , de passions calmes. Mais dans le sens contraire on ne se méprend pas facilement ; c'est-a-dire que toutes les fois que la figure n'a pas repris son expression ordinaire, on peut assurer que la folie n'est pas guérie , que le malade, en apparence tranquille, est encore tourmenté par des idées insolites.
Presque tous les aliénés semblent maigrir en entrant en voie de guérison , sur-tout si le passage à la convalescence se fait en peu de temps ; la figure pâlit , s'alonge j les traits sont moins sailians , les yeux moins sortans de l'orbite. Il ne faut pas se laisser tromper par ces apparences ;, il n'y a pas diminution , mais affaissement des parties , par la cessation de l'état de tension et d'érétliisme ^ le sang qui n'est plus appelé vers la tête , se tient dans les gros vaisseaux. C'est absolument aussi ce qui arrive dans les autres maladies aiguës , dans un accès de fièvre iatermiltente , par exemple, le malade a trèsbonne mine d'abord , et devient très-pâle après la sueur ; et quand cet affaissement n'a pas lieu chez l'aliéné , ce n'est ordinairement qu'une rémission qui survient, car l'éréthisme n'ayant
poiril; cessé , le cerveau est toujours dans un
éftit d'irritation.
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La folie se termine-t-elle par des crises ? Et d'abord qu'est-ce qu'une crise ?
Ce mot , quelqu'acception qu'on lui donne , signifie mouvemement violent , contraire a Tordre établi, dont l'effet est d'amener des changemens de situation prompts et marqués. Ainsi , les coups d'état dans les gouvernemens , qui tendent toujours k déplacer le pouvoir , et pour l'exécution desquels les lois sont violées ouvertement, constituent des crises politiques. On a donné ce nom en médecine , ii l'apparition de certains pkénomènes qui accompagnent quelquefois la terminaison des maladies. La doctrine des crises est très-ancienne ; le père de la médecine Pa établie , on pourrait même dire qu'il a bâti le système sur lequel elle repose , et que sans Pautorité imposante de son auteur, depuis long-temps on en eût reconnu la fausseté ; aujourd'hui on ne la soutient guère au lit des malades. Hippocrate ne s'est pas seulement borné a dire que les maladies se terminaient ou devaient se terminer par des crises *, mais il a voulu assigner des jours décrétoires où elles doivent survenir , des jours indicateurs qui les annoncent à l'avance. Ces théories m'ont tou^ jours paru fort belles dans les livres -, k la manière persuasive avec laquelle des médecins les enseignaient , je supposais qu'il devait élrç fuf
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cile d'en faire l'application clinique. Mais combien l'observation des malades m'a détrompé ; j'ai constamment vu la nature procéder lentement au rétablissement des organes ; la durée des maladies n'être relative qu'à l'intensité , a la nature de la lésion organique , à la constitution particulière du sujet, aux circonstances extérieures propres à l'aggraver ou a la diminuer. La plupart des maladies sans virus finissent par solution , c'est-à-dire sans cliangemens très -apparens, survenus subitement dans l'organe malade ou dans ceux avec lesquels il a des rapports intimes. 11 reste donc quelques cas où le contraire arrive, où quelques sécrétions supprimées se rétablissent , ou des désordres surviennent ailleurs , à la cessation des premiers. Tous ces phénomènes regardés comme critiques , sont des accidens, des complications de la maladie , et sur-tout des effets et non des causes des changemens favorables survenus dans la partie malade. Dans l'invasion et la période d'excitation , les tissus sont tendus , les sécrétions altérées , diminuées ou supprimées jil y a éréthisme. Lorsque l'excitation diminue ou vient à cesser , les organes glandulaires , folliculaires ou perspiratoires , avant de revenir à leur état ordinaire , sécrètent ordinairement en plus grande quantité et d'une
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qualité différente, les lluides qu'ils sont cliargés d'élaborer 5 c'est ainsi que surviennent le mucus nasal à la fin du coryza, l'expectoration pulmonaire dans les affections de poitrine , la sueur qui accompagne la fin de beaucoup de snaladies, et notamment le troisième temps d'un accès de fièvre intermittente. Cependant, si telle est la terminaison des maladies ordinaires , il n'en est pas tout-à-fait de même des affections contagieuses. Dans celles-ci on peut plus naturellement supposer qu'il existe un principe qui doit être rejeté de l'économie ; ©n peut, peut-être, admettre comme critiques, les phénomènes qu'offrent les systèmes cutané et lymphatique , a certaines époques de leur cours , marquées par de la diminution dans les symptômes généraux. C'est ainsi que la fièvre cesse avec l'apparition de l'éruption cutanée , dans la variole , la rougeole , la vaccine -, que les bubons , charbons , parotides , s'accompagnent d'un peu de diminution dans l'état général, dans la peste, les fièvres graves, contagieuses. Si des phénomènes critiques se fussent montrés ainsi dans les autres maladies , on aurait pu soutenir, avec quelque raison, que tel était leur caractère ; quoiqu'il serait également permis de penser que ces y^hénomènes constituent une période delà maladie, survien-
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lient en même temps qu'un mieux marqué ^ sans pour eeia en être la cause.
En résumé , je ne crois ni aux crises , ni aux jours critiques -, seulement , ies maladies contagieuses me paraissent offrir quelque càose d'assez relatif au caractère des premières.
La folie ne se termine donc point par des crises j dans presque tous les cas, le rétablisse- Hient graduel des fonctions lésées caractérise cette issue. J'ai vu plus de trois cents guérisonSj, et j'affirme que sur ce nombre, il ne s'en est pas trouvé quinze ou vingt , m.arquées par des phénomènes qu'on ait pu soupçonner d'être critiques j et ils l'étaient si peu , que dans beaucoup d'autres cas leur apparition n'avait amené , aucuns cbangemens dans les symptômes cérébraux , ou bien ceux-ci avaient persisté encore très-long-temps après. Gosse, âgée de vingt ans , maniaque furieuse, est atteinte d'un dé- Toiement continuel pendant les six derniers mois de sa maladie. Cet événement ne doit-il pas être considéré comme un pliénomène sym.pathique de l'affection cérébrale , ou un accident qui a pu peut-être produire l'effet d'un moyen dérivatif. Zimmerman , âgée d'environ vingt-cinq ans , devient maniac|ue à la suite d'une couche. Le sein gauclie est dur , douloureux j des foyens purulensse form,ent danssoii
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extérieur -, plusieurs ouvertures donnent issue au pus. L'inflammation semble vouloir se terminer par induration -, des douleurs vives et lancinantes se font sentir. Le délire est toujours extrêmement violent. Des cataplasmes arrosés avec le laudanum, renouvelles plusieurs fois par jour , calment d'abord les souffrances , ramollissent bientôt le sein, et finissent enfin par amener la résolution. Le délire a suivi la même marche ; il a diminué peu-àpeu, et a cessé à-peu-près au même temps. Dans ce cas, doit-on regarder comme une crise, la guérison de cette inflammation? D'abord elle ne s'est opérée que lentement j en outre , il me semble beaucoup plus conforme à la saine physiologie, de regarder la maladie du sein comme entretenant l'irritation cérébrale , k-peu-près comme des plaies déchirées, même légères, déterminent des convulsions , le tétanos. Une jeune fille de dix-neuf ans, maniaque depuis près d'un an , avait l'habitude de marcher sans bas ni souliers dans la cour , pendant l'hiver. Ses jambes et ses pieds se sont gonfles , d'abord sans changement de couleur à la peau , sans douleur j bientôt il s'est manifesté de la rougeur, des phlyctènes gangreneuses. Cette ^affection a guéri en même- temps que la maladie mentale. C'est encore ici uu accident qui a pu
agir comme moyen dérivatif. Cet accident, d'ailIeiMTs , se manifeste quelquefois chez les aliénées , sans amélioration de l'état m.entaJ. J'ai vu chez quelques malades, avec la convalescence , survenir des éruptions de furoncles ou de boutons •, mais c'est si rare €|ue je ne pense pas qu'on doive en tirer de conséquences.
Tel est le mode de terminaison de la folie par le retour à la santé , dans le plus grand nombre des cas où sa marche est régulière. A mesure que le cerveau reprend l'exercice de «es fonctions, l'ordre renaît dans tout le reste de l'économie. Cet organe, le premier et le plus gravement affecté, ne se rétablit que le dernier j déjà les autres fonctions s'exécutent parfaitement bien, l'embonpoint, la fraicheur de la peau sont revenus , que l'intelligence est encore faible , que les malades seraient très-sujets a une rechute , si on les rendait à leurs occupations ordinaires , s'ils se trouvaient de nouveau placés en présence des influences auxquelles ils doivent leur première maladie. La marche de la folie est donc la même que celle de toutes les autres maladies du corps humain.
Les signes qui annoncent la guérison parfaite de la folie , ne sont pas toujours assez positifs pour qu'on puisse prononcer sans crain-
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dre de se tromper •, il arrive quelquefois que le temps seul , ou l'essai que font les malades de reprendre leurs occupations accoutumées , assurent que leur esprit est bien ou mal rétabli. Néanmoins, lorsque toutes les fonctions ont repris leur exercice régulier 3 que l'extérieur , la physionomie, expriment l'assurance, la satisfaction et la tranquillité j que l'esprit paraît, non-seulement au médecin , mais encore avi ma lade lui-même, avoir recouvré toute sa vigueur; si celui-ci convient qu'il a eu la tête dérangée, et donne assez volontiers des détails sur son état d'alors ; s^il revient avec plaisir à ses travaux , à ses affections \ si tout cela dure un espace de temps , qui doit varier selon la durée , l'intensité , la nature du délire , on peut prononcer que la folie a cessé.
Cependant devrait-on demander toutes ces garanties , si l'on était appelé à constater juridiquement l'état d'un individu , soit pour le faire interdire, soit pour l'exempter des peines dues au crime, pour juger enfin s'il a abusé ou pourra abuser de ses droits, sans connaissance de cause ? La question est extrêmement grave. Le médecin va prononcer presque sans appel sur la liberté , l'honneur ou la vie d'un citoyen , sur la manière dont il a géré sa fortune. Je pense que dans la plupart des cas où un individu qui a été
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fou , OU paraît i'étre , commet des actions criminelles : dans la crainte de punir un innocent, on nedoit que le renfermerdansunhospice. Quanta l'interdiction, comme elle n'est proi'oquée que pour empêcher de commettre des actions refléchies , prèjudiciabicîj d'abcrd a leur auteur, qui demandent ordinairement le concours de plusieurs personnes , on ne doit la permettre que pour des cas de folie évidente» Il faut sur-tout que des actes qu'on veut faire miiulier, parce que l'un des contractans est présuûié n'avoir pas joui de sa raison quand jJ s st engagé , soient par eux-mêmes des preiiyes lîiea palpables d'un dérangement intellectuel. Sans cela il pourrait s'élever des contestations sans nombre , presque toujours au profit de la mauvaise foi.
11 est des aliénés , qui, après être guéris , con-^ servent quelque chose d'insolite dans l'esprit. Quelques-uns sont très- susceptibles, et croyent, si on leur rappelle leurs actions passées, que c'est pour les en blâmer. D'autres , très-involontairement sans doute , ont pendant leur maladie, injurié leurs parens ou amis, bkssé quelquefois des intérêts de réputation ou de fortune , et en conçoivent du chagrin étant guéris. En outre, l'indulgence est rarement portée assez loin envers eux ^ comme la folie n'a pas
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été toujours évidente aux yeux ordinaires, on suppose assez souvent que la méchanceté a dirigé plusieurs actions : de-lit des reproches qui contribuent beaucoup a entretenir de l'incertitude dans l'esprit, et peuvent amener une rechute. Ces personnes, doivent, pour conserver leur santé et fortifier leur tête , quitter autant que possible, leurs anciennes connaissances et aller vivre au milieu d'un monde nouveau. M.^^^ B...t, en devenant aliénée, perdit un état qui la faisait vivre honorablement ; elle sortit guérie de la Salpétrière , en mars 1818 , conservant seulement une susceptibilité extrême. Après un mois de séjour chez un frère qui lui fit éprouver des contrariétés , elle retomba malade. Depuis six mois qu'elle est de nouveau guérie et sortie de la Salpétrière , elle habite une petite ville des environs de Paris, où elle jouit d'une santé parfaite.