‹ De la folieChapitre 50 sur 73 · Suppression des Règles · texte numérisé non relu

Suppression des Règles

Quoique la cause éloignée qui avait provoqué la suppression des règles ait disparu , l'utérus depuis long-temps habitué à ne plus opérer cette sécrétion sanguine , semble quelquefois oublier qu'il doit y revenir pour que l'harmonie soit par-tout rétablie. H en peut résulter plusieurs accidens dont j'ai plusieurs fois parlé, tels que de la céphalalgie , des signes de pléthore générale ou cérébrale. Il arrive aussi qu'aucun dérangement n'en est la suite. Ou

n'en doit pas moins dans tous Its cas y porter remède. Les moyens spéciaux auxquels on a recours en pareils cas, sont connus; je ne parle point des moyens généraux que pourrait indiquer un e'tat général ou éloigné. Ce sont des excitans du système utérin , tels que le safran , Tarmoise , etc. , ou des dérivatifs, tels que les pédiluves synapisés , les bains de siège, la saignée du pied, ou mieux l'application de sang^ sues a la vulve. Ces évacuations sanguines ont le double avantage de parer aux accidens de la pléthore, et de diriger le sang vers la route qu'il doit suivre désormais. L'emploi méthodique de ces moyens se fera ainsi : si là suppression ne date que de quelques mois , on s'informera de l'époque où venaient les règles j dans le cas contraire , on en prendra une au hasard, ou d'après quelqu'indication plus ou moins pressante, et chaque mois on y reviendra iusqu'a ce qu'elles reparaissent. Les pédiluves , les bains de siège précéderont toujours de six ou huit jours l'application des sangsues. Quelques malades sont sorties de la maison parfciilement bien portantes , avant qu'on ait pu rétablir l'écoulement menstruel ; on leur a recommandé de continuer ce traitement , ne fut-ce que pour suppléer cette fonction.

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Des Rechutes.

Il s'agit ici de conserver la guérison solide , de prt^venir le retour de la maladie , ou d'en arrêter l'irruption lorsque la rechute paraît imminente.

J'ai donné ailleurs les règles hygiéniques que ces sortes de personnes doivent suivre, sur-tout reiativement a l'exercice des fonctions rétablies-, elles consistent particulièrement à éviter les causes anciennes ou de nouvelles, ou au moins les mettre dans une situation propre à en atténuer les effets. On a proposé le mariage, comme moyen préservatif dans beaucoup de cas : il peut consolider la guérison d'amans Cjui ont perdu la tête par amour j il satisfait une passion très-puissante, quoique devenue raisonnable. Mais sous tout autre rapport, je ne le crois pas utile , il peut même être dangereux. Le mariage est une source féconde de contrariétés et de chagrins continuels , ce qui n'est rien moins que propre a raffermir une tête ébranlée, irritable. Les couches, nous l'avons vu , prédisposent beaucoup les femmes à la folie , et on devra craindre que chaque grossesse ne devienne le prélude d'un accès. Une autre considération d'une haute importance , résulte de l'hérédité de cette maladie : comment ne pas

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frémir ù la seule idée d'en donner le germe a toute une génération ?

On devra apporter la plus grande attention aux moindres phénomènes qui pourront survenir du côté de la tête , sur-tout s'ils ont quelqu'analogie avec ceux qui ont précédé la première invasion , tels que de la pesanteur , des maux de tête , un sommeil agité , l'ascension du sang vers la tête, d'où résultent une rougeur subite , vive et quelquefois persistante , un sentiment de chaleur ou de battement dans cette partie. Les dérivatifs simples , les pédiluves sinapisés , les bains de siège ou entiers , quelques laxatifs , comme l'eau de Seltz ou de Sedlitz , seront alors mis en usage. Un cautère placé à demeure au bras , est un excellent moyen d'établir une irritation qui préserve le cerveau d'un état semblable. Si des signes de congestion cérébrale persistante , se faisaient remarquer , on n'hésiterait pas a tirer du sang , sur-tout si en même temps les règles chez les femmes devenaient moins abondantes. Dans ce cas , ce serait a la vulve qu'on appliquerait des sangsues immédiatement après la cessation de l'écoulement. Chez l'homme , la même opération * faite a l'anus produit d'excellens effets.

11 est extrêmement difficile de prévenir une rechute imminente , par la raison que pendant

la pédode d'incubation déjà écoulée , la maladie a fait trop de progrès pour qu'on puisse l'arrêter subitement dans sa marche. Si l'on était appelé à temps , outre les moyens que je Tiens d'indiquer, on pourrait tenter une forte dérivation sur le canal intestinal , au moyen de purgatifs , ou une secousse stomacale , avec un vomitif répété plusieurs fois à peu d'intervalle.

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