Gesta
L'exercice musculaire n'est pas moins favoralDle à l'activité de plusieurs fonctions de la Tie intérieure, qu'à la santé en général. Il faut néanmoins pour en retirer d'heureux résultats , qu'il n'aille pas jusqu'à la fatigue , surtout d'une maziière soutenue j l'économie en souffrirait alorsautant que d'un repos presqu'absolu y ce sont deux extrêmes qu'on doit savoir éviter en se tenant , autant que possible , dans un juste milieu. Mais des êtres sans raison , ne suivent que ce que leur commande Tidée du moment j les maniaques , les furieux , toujours agités et en mouvement, faisant souvent les plus grands efforts pour vaincre des résistances plus ou moins au-desSus de leurs forces et ne se rebutant pas par un non succès , doivent nécessairement user à profusion le principe de la Tie. Leurs cris forcenés et prolongés , leurs cliants, le babil continuel de quelques-unes, faussent promptement l'organe de la voix , au point que le son qu'il rend est rauque, enroué ou même presque nul ; les poumons ne doivent pas être moins fatigues que le larynx ; la faiblesse qui en résuite dispose probablement
a la phtîiisie, que nous verrons très-fréquente chez ces malades j peut-être cette cause la produit-elle quelquefois. Les lypemaniaques ou mélancoliques nous offrent tout le contraire de t:e que nous venons d'observer 3 la plupart resteraient dans l'inaction , si on ne les engageait , si on ne les forçait même à se promener , a travailler ; quelques-unes se blottissent dans un coin où elles se tiennent cactées , tant qu'on ne vient pas les en retirer j ou bien elles font quelques tours de promenade seules et lentement , toujours accompagnées de la tristesse , du désespoir qui ne les quittent pas un instant. Il est des fonctions de l'économie, qui ont beisoin de jouir d'un repos particulier appelé sommeil j ce sont celles de la vie de relation 5 leur activité à-peu-près continuelle ne leur permet pas de se reposer pendant la veille. On peut compter qu'un tiers de notre existence est consacré à cet acte réparateur j on ne s'y sous^ trait pas long-temps sans de grands efforts, e^ sans en ressentir des effets plus ou moins nuisibles à la santé. Hé bien ! nous avons vu que les aliénées ne dorment pas, les unes parce que leur cerveau est irrité , en souffrance , et les autres parce que des idées dominantes les stimulent assez fortement pour les tenir éveillées. Il faut dire aussi que dans un grand établissement.
le bruit que font pendant la nuit les plus furieux , doit troubler le sommeil des voisins j il suffit, en outre, qu'un malade d'un dortoir fasse un peu de tapage pour éveiller tous les autres. Sans doute que chez ces malades , la force de l'habitude doit diminuer les mauvais effets de l'insomnie j la même chose arrive chez les personnes en santé ; néanmoins , à la longue l'économie ne peut qu'en souffrir, s'affaiblir considérablement.