‹ De la folieChapitre 57 sur 73 · Excréta · texte numérisé non relu

Excréta

Plusieurs excrétions exercent une très-grande influence sur l'état de la santé. Ce sont la transpiration cutanée, les déjections alvines, et de plus chez la femme , l'écoulement menstruel. Les variations qui surviennent , surtout dans la première et la dernière, sont la cause d'une foule d'incommodités et de maladies , et les effets de beaucoup d'autres.

Les règles sont , comme on l'a dit , le thermomètre de la santé des femmes. Cette fonction, qui occasionne ou s'accompagne souvent de longs et graves accidens pour s'établir , produit des incommodités même quand elle est régulière ; on sait combien sa cessation , ou l'époque de la vie qui la voit disparaître poui: toujours, est quelquefois difficile à passer.

dangereuse. Je crois néanmoins cju'il ne faut pas regarder tous les phénomènes, qui surviennent dans ces différentes circonstances , comme des effets des dérangemens menstruels. Ce sont ordinairement des ciiangemens généraux qui ont lieu dans toute l'économie , dans l'utérus comme dans les autres organes ; tous les désordres qui se présentent sont eoncomitans et ne dépendent point les uns des autres ; si ceux de la menstruation fixent plus particulièrement l'attention, c'est qu'ils sont plus saiilans , et qu'en outre on aime souvent a donner l'explication des faits cju'on observe. Ces mêmes ciiangemens s'opèrent aussi chez l'homme a. la puberté , au passage delà jeunesse à la virilité , etc. ; si chez lui on remarque moins d'accidens alors , il faut convenir que c'est a-peu-près de même dans tout le cours de la vie ', il a souvent des maladies bien caractérisées, mais moii^|^de ces incommodités anomales , qui sont si fréquentes chez la femme. Je pense donc que si les irrégularités, la suppression accidentelle des règles sont cjuelquefois la cause d'affections, beaucoup yjlus souvent elles sont des effets de mauvaises dispositions organiques, un symptôme enfin.

Nous avons vu la folie produire ces désordres menstruels , et les règles se rétablir avec la

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convalescence, ou la gaérison. Chez îes incurables , dès que i'irrilalion a diminué ou cessé , elles peuvent de même redevenir régulières , quoique ce soit assez rare \ en général, ces malades sont mal réglées j la plupart ne le sont pas du tout j beaucoup ne le sont qu'irrégulièrement, soit pour les époques , pour la quantité du sang qui s'écoule , ou le nombre de jours que l'écoulement persiste. Chez un grand nombre d'aliénées , des suppressions sont occasionnées par les imprudences que font ces malades en s'exposant au froid , à l'humidité , ou par îes impressions morales vives qui peuvent naître de leur état mental , ou enfin par les progrès que fait l'affection cérébrale.

La transpiration cutanée doit souvent être supprimée ou altérée chez ces femmes , qui ne font aucune attention à l'état où elles se trouvent pour s'exposer à toutes les variations de . IdSImpérature , se plonger dans l'eau froide , ou s'inonder de ce liquide -, cette fonction doit ne plus pouvoir se faire, quand avec les progrès de la maladie ou même dès le commencement, la peau se dessèche, devient âpre et comme raccornie chez quelques-unes. Ces désordres, comme ceux de la menstruation, presque toujours effet de l'état cérébral, peuvent , comme eux , devenir à leur tour la source de

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nouveaux déraogemens dans l'exercice des autres fonctions.

Les gros intestins sont paresseux chez un grand nombre d'aliénées , sur-tout vers la fin de leur existence. La constipation qui en résulte trouvera sa place plus loin.

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