CHAPITRE PREMIER
1j A folie j, comme toute autre maladie , a des symptômes propres , constans , distinctifs , c[ui tiennent immédiatement à l'altération des fonctions de Porgane encéphalique, et des symp^ tomes comm.uns k d'autres affections/dont l'apparition suit presque tout dérarigement subit d'un orgailé important j ceux-ci ne sont que là la conséquence des premiers y apparaissent et cessent avec eux. Tarit qii'on a Considéré cette maladie comme une lésion de l'âme, ou la manifestation des facultés intellectuelles coriime pouvant avoir lieu sans le concours du cerveau> on ne s'est en générai ocetipé qu'à observer le délire dans toutes ses formes et variétés , sans beaucoup faire attention aux autres désordre^ qui l'accompagnent. On a pris ce symptôme pour la folie elle-même \ delà est venu , qu'on a fait de volumineux ouvrages sur le délire , la mélancolie, la nostalgie, la démonomanie, etc., simples variétés du même phénomène , dans lesquels on ne s'est attaché qu'aie décrire minutieusement f sans faire à peine mention, ou
oubliant de parler de tous les autres^roubles qui "viennent de la même source, et servent cependant presqu'exclusivement à fixer la nature du traitement appelé médical. C'est la partie psycologique qui a presque toujours le plus frappe la plupart des observateurs •, ils n'ont vu que les gestes , les propos , les cris, les actions, l'extérieur enfin des aliénés. Et malgré la marche imprimée à l'étude de la folie par M. Pinel, et si heureusement suivie par M. Esquirol , tous les auteurs qui ont voulu imiter ou copier ces deux médecins , ont commis cette faute grave ; ils ont plutôt fait des romans que des descriptions pathologiques. Je prendrai pour exemple , une dissertation de plus de deux cent pages m-^,° , sur la mélancolie , publiée par M. Anceaume en 1818 : c'est un véritable roman écrit avec beaucoup d'esprit , il est vrai , dans lequel il n'est absolument question que des variétés de cette forme du délire 3 c'est en vain qu'on y cherche un seul mot sur l'insomnie , la céphalalgie, la paralysie , la congestion cérébrale, les troubles gastriques , menstruels , l'ordre de développement et la marche de ces divers phénomènes , etc. L'ouvrage de M. Foderé sur le délire , est fait dans le même sens.
Je pense que le défaut d'idées positives sur le isiége de la folie, a beaucoup contribué k rendra
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difficile l'étude de ses phénomènes j il faut dire aussi, qu'on doit l'observer long-temps, vivre au m^ilieu des malades eux-mêmes , pour saisir , apprécier une foule de détails qu'ils sont incapables de donner sur leur état.
Je vais parler successivement, i." des symp^ tomes locaux, essentiels, idiopatliiques ou cérébraux ; 2.° des symptômes généraux, éloignés ou sympathiques. Pour éviter des répétitions , je n'entrerai point maintenant dans des détails qui se trouveront indiqués dans la suite, quand je traiterai du développement et de la marche de la folie , et des différentes indications de traitement. Ici , je considérerai ces symptômes isolément , et comme caractères de la maladie ; plus loin nous les verrons combinés , naissant , parcourant leurs périodes et se terminant d'une manière quelconque.
§. I. Symptômes locaux ou cérébraux.
Le cerveau est comme nous venons de le dire , le siège immédiat de la folie j il donne seul naissance aux symptômes qui la caractérisent. Tous les aliénés présentent des dérange mens dans l'exercice de l'intelligence, ils ont du délire ; presque tous sont pris à.' insomnie ; la plupart éprouvent des mauoc de tête^ ou di-
Terses autres sensations désagréables de cha" leur, de teiision , de pesanteur dans cette partie ; les lésions de la sensibilité et de la contractilité musculaire sont fréquentes 3 la peau du crâne, de la façe^, offre des Yariations importantes a noter , dans sa coloration , sa température, etc. Nous observerons certains états de ces parties , que nous désignerons par les noms de congestion , à^ irritation injlammatoire , etc.