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M. Rey rapporte au Congrès de Toulouse que cette double action à été manifeste chez un fusilier disciplinaire venu du Sénégal, et traité d'abord à l'hôpital militaire de Marseille pour fièvres el eachexie palustres. Entré à l'asile d’aliénés de Sani-Pierre, il offrait lous les caractères de ce délire mélancolique observé dans l'intoxication aiguë. 11 guérit. Réintégré plus tard à la suile d'un délit et après une ordonnance de nonheu, il n'a présenté que l'état maniaque avec l'allure bizarre qui est particulière aux dégénérés.
Puisque donc le paludisme peut être l’occasion de troubles cérébraux, 1l faut nous demander de quelle pathogénie ces troubles cérébraux relèvent. à
Il est universellement admis que les maïaüies infectieuses sont susceptibles d'être suivies à brève ou longue échéance de désordres mentaux à formes multiples.
La première des explications, la plus simple, la plus logique, semble-t-il, c'est celle de Gubler, de Kirn, de Guénon, cest-à-dire celle de l’asthénie, de l'épuisement nerveux que Kraepelin commence à attaquer, en y ajoutant l'influence 1rrilante ou « nécrobiotique du poison zygomatique ». Il dit même plus loin « quant à admettre que l’asthénie puisse encore agir comme agent névropathique, des années après l'épuisement de la maladie, on ne saurait le faire, son influence ne peut s'exercer au delà de quelques semaines, quelques mois au plus. »
Landouzy dans l'examen des diverses Théories proposées pour expliquer certains troubles nerveux après les maladies aiguës, déclare que la question de l’asthénie est jugée. « L'é- », puisement nerveux n'a élé créé que par analogie avec » l'épuisement musculaire. Quand, grâce au progrès de la . chimie biologique moderne, nous pourrons donner à l'ex » pression d'épuisement nerveux, une signification aussi con-
» crète qu'à celle d’épuisement musculaire, nous pourrons
» alors discuter. »
D'autres auteurs ont incriminé une altération dans la quantité et la qualité du sang, et ont fait de l’anémie, la base
d'une théorie. Nous ne croyons point qu'elle puisse donner
une explication suffisante des faits. Personne ne met en doute que les vésanies succèdent parfois aux affections aiguës anémiantes les plus diverses ; de là il y a loin à admettre l’anémie comme cause unique. Il existe évidemment autre chose qu'une altération dans la quantité du liquide nourricier.
En admellant que pendant quelques semaines on puisse proposer semblable explication, il est clair que pour les con-
équences lointaines de l'impaludisme, elle ne saurait être vaable.
Après l’anémie, une explication se présente d'elle-même la congestion cérébrale nous donnera-t-elle la clef de ces phénomènes ? [l'est encore facile d'écarter cette théorie, qui pourra bien à la rigueur, expliquer les désordres du cours de la maladie, mais qui à coup Sûr ne saurait intervenir dans l’explication des phénomènes plus tardifs. Elle ne peut être la “aison déterminante du complexus si varié d’une psychose.
Les premiers observateurs de la mélanémie, Helscht, Planer, n'avaient pas hésité à expliquer les accidents cérébraux de la malaria, par l'accumulation du pigment noir dans les capillaires du cerveau. Maisdéjà Frérichs déclarait que quelque attrayante que lui parût cette manière de voir, il ne pou-
vait la partager sans restriction, parce qu'il avait observé
des cas où en dépit de la coloration obscure du cerveau, il ne s'était présenté aucun trouble cérébral, et d’autres cas où lies désordres centraux existaient en l'absence de toute pigmentation de l'organe. Il est possible cependant, ajoute Quelst, que des lésions plus fines, visibles seulement sur de bonnes rréparations histologiques, existent dans ces cas où la co-
r- 49 loralion de la substance cérébrale n’est pas sensiblement modifiée. ;
Depuis que Laveran a démontré que le paludisme était une maladie infectieuse, il était tout naturel de faire Jouer à l'infection le rôle principal dans la production des troubles mentaux, et d'assiniler les fièvres intermittentes à la pneumome, Pinfluenza, la fièvre typhoïde, l’érysipèle, etc.
L'infection est caractérisée, dit M. le professeur Bouchard, par la pénélration et le développement dans l'organisme vivant, d'un contage animé aussi, et dont les exigences vitales sont en opposition avec celles du premier. Îl va donc y avoir lutte, et la lutte c'est la maladie imfectieuse. Il reste toujours après de pareils combals une altération de l'organisme que lon peut expliquer par un traumatisme microbien où une intoxication produite par ses déchets.
11 paraît plus prcbable cependant que la cause de l'excitalion exercée sur les centres cérébraux, soit plutôt représentée par les toxines que par l'hématozoaire. Les divers phénomènes nerveux qu'on rencontre au cours du paludisme, ne dispensent pas Laveran lui-même, de l'alternative, si une toxine particulière secrétée par le parasite palustre lui-même, sera la cause principale de tous ces phénomènes nerveux, ou bien si l'on pourrait en incriminer le parasite seul.
La théorie des troubles de la nutrition que MM. les proles- <eurs Mairetet Bosc ont parfailement définie, nous paraîtavoir l'avantage d'expliquer les faits, particuhèrement pour les psychoses post-fébriles. De plus, pathogéniquement, elle généralise et rassemble en un même groupe, toutes les aliénalions mentales étudiées par les auteurs sous autant de dénominations qu'il y à de causes d'infection susceptible de les produire. À
Si à la période fébrile, l'action des toxines ou de lhéma- {ezoaire lui-même domine la scène pathologique, si le délire
est un délire propre à l'infection, à la période de convalescence au contraire, la modalité revêtue, et l'évolution suivie par la maladie montrent bien que c'est la nutrition qui consüitue le seul élément pathogène. L'agent infectieux a déjà joué son rôle rapide, et la nutrition reste profondément lésée, languissante, et c'est elle manifestement qu'il faut incriminer.
MR En