PSYCHOSES PALUSTRES
Existe-t1l une psychose palustre ?
Nous voyons qu'un grand nombre d'auteurs ont cilé des formes mentales et des plus diverses consécutives au palu disme ; il semblerait en résulter que la folie par infection palustre n'offre aucun caractère particulier, qu’elle se manifeste d’une manière différente selon les sujets.
L'observation clinique des troubles intellectuels présentés par les paludéens qui délirent, soit pendant l'accès fébrile, soit pendant la convalescence de l’impaludisme, établit en effet nettement que ces troubles intellectuels ne présentent rien de spécial et que par conséquent il n’y a pas de folie palustre avec une symptomatologie spéciale, comme il y a une folie alcoolique.
Mais s'il n'existe point de forme vésanique malarienne, si toutes les psychoses peuvent survenir à la suite des fièvres intermittentes, il y en a cependant certaines qu’on observe plus fréquemment, et nous dirons avec Berthier que la folie consécutive à la fièvre des marais, se présente le plus souvent sous la forme de la mélancolie et de la stupeur. Il faut ajouter que les formes du délire ne sont pas toujours nettement tranchées et que chez le même malade on peut voir l'agitation alterner avec la stupeur ou le délire hypocondriaque.
D'après Thore, le plus souvent il n’y a qu’un accès de dé
TRS lire maniaque à courte durée ; il est violent, est accompagné d'une grande agitation d'hallucinations de la vue et de l’ouie.
Selon Baillarger, la folie provoquée par les fièvres intermitlentes prolongées, dégénère souvent en stupidité et cela parce que les hydropisies sont un des accidents les plus communs des fièvres intermittentes.
Sébastian, dans son mémoire, ajoute que la notion du délire varie selon la cause qui l’a produite, c'est Lantôt la monomanie ambitieuse, érotique ou religieuse, tantôt de la mélancolie.
Sydenham avance que les fièvres intermittentes, celles qui ont duré trop longtemps et surtout les quartes, sont parfois suivies de manie qui dure toute la vie ; Kræpelin n’a rencontré, lui aussi, que des manjiaques, et 1l croit la stupeur propre seulement à la cachexie malarienne. Maniaques étaient les paludéens délirants de Morgagni, d'E’Etmüller, de Borelli ; hypocondriaques ceux de Hoffmann ; démentes la dame et la petites filles soignées par Frérichs ; maniaques ou stupides ceux de Lemoine et de Chaumié.
Sur les 16 malades de M. Marandon de Montzel, qui étaient des lypémaniaques, 3 furent des maniaques, et 2 ont été frappés d'emblée d'une démence progressive, sans avoir jamais eu ni hallucination, n1 conception délirante.
Des recherches de MM. Rey et Boinet, il ressort que les troubles intellectuels apparaissant le plus souvent à la période de déclin des manifestations palustres, affectent de préférence la forme mélancolique avec idées de persécution, troubles sensoriels ; d’autres fois, c'est un état de stupeur, dans les cas les plus légérs c'est un état de dépression mélancolique simple.
Pour M. Régis, les troubles intellectuels de l'impaludisme élaient dus à une intoxication présentant tous les caractères des délires toxiques et rentrent par conséquent dans le groupe :: délires oniriques.
L'intoxication palustre ne s'accompagne pas seulement d'é-