‹ De la force du droit et du droit de la force ou De la restauration du droit divin dans l'ordre social et du droit national dans l'ordre politique E. de ValmyChapitre 11 sur 31 · DU POUVOIR ABSOLU ET DE LA LIBERTÉ POLITIQUE · texte numérisé non relu

DU POUVOIR ABSOLU ET DE LA LIBERTÉ POLITIQUE

Rapport nécessaire entre la liberté et la civilisation La dignité de

l’homme désintéressée dans ia question. — La meilleure sauvegarde de la liberté , c’est la monarchie.

Il serait superflu de rechercher ici toutes les combinaisons législatives que le génie moins heureux que fécond des législateurs a inventées pour constituer un système de pouvoir représentatif, ou un système de pouvoir autocratique. Toutes les formules de droit politique à cet égard peuvent se réduire à deux termes généraux.

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Il n’y a, en réalité, que deux systèmes bien tranchés de gouvernement : le système qui refuse au peuple l’exercice des droits politiques , et le système qui lui accorde tout ou partie de ces droits; le régime du pouvoir absolu et le régime de la liberté politique. Telles sont les deux synthèses qui embrassent toutes les combinaisons possibles de gouvernement. Il va sans dire qu’il n’est pas ici question du pouvoir absolu dans le sens qu’on lui donne quelquefois; on ne discute pas la tyrannie et l’arbitraire, qui sont toujours exécrables : le pouvoir absolu , qui fait les lois , doit en même temps les respecter. Il faut dire à tous les pouvoirs avec Sully : La première loi des dominations légitimes est l’obéissance volontaire des sujets à leurs rois, et celle de l’absolue déférence des rois aux statuts et ordonnances des états qu’ils ont jurés en prenant possession d’iceux (1).

Posée dans ces termes précis et extrêmes, la

(1) Mémoires de Sully, pag. 1.

question du pouvoir absolu et de la liberté politique devient facile à résoudre; on peut la réduire à une simple question d’opportunité.

Chez un peuple où la civilisation commence à pénétrer, le pouvoir absolu peut être nécessaire ; il est à ce peuple ce que l’autorité paternelle est à des enfants mineurs incapables de se gouverner. Chez un peuple civilisé, au contraire, la liberté politique est nécessaire : c’est l’émancipation de l’autorité paternelle accordée à des enfants que l’âge , l’éducation et l’intelligence ont rendus dignes de la liberté. Après tout, rien n’est plus vulgaire que cette vérité; elle est proclamée tous les jours par les hommes les plus sincèrement dévoués à la liberté, lorsqu’ils disent que tel ou tel peuple n’est pas mûr pour telle institution.

Le pouvoir absolu n’est donc pas en lui-même une usurpation criminelle , ainsi qu’on le répète légèrement; mais il peut être juste ou injuste, selon l’application qui en est faite. Le développement de la liberté politique n’est pas non plus en tout temps un bienfait , mais seulement dans le cas où il corres-

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